Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


Stimuler l’étalement urbain

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 23 février 2017 9 commentaires

François Bourque
Le Soleil

(Québec) CHRONIQUE / On assiste cet hiver à une surenchère de projets routiers sortis des boules de cristal et parfois des boules à mites.

Ces projets prétendent soulager la congestion, ce qui est un objectif louable.

Ces projets vont cependant stimuler l’étalement urbain, alourdir les finances publiques et n’auront qu’un effet mitigé et éphémère sur le trafic. (…)

Le ministère des Transports est devenu un bar ouvert où se servent les élus à l’approche des élections municipales et provinciales.

On promet d’élargir l’autoroute Laurentienne, Henri-IV et la «20» à Lévis; on ressuscite le prolongement de l’autoroute Félix-Leclerc vers Saint-Augustin; on réclame un troisième lien, etc.

L’urgence électorale commande de faire croire aux citoyens coincés dans le trafic que les élus s’occupent d’eux. (…)

On apprenait la semaine dernière que Sainte-Brigitte-de-Laval, petite ville de la lointaine périphérie nord, va élargir sa rue principale.

Elle prévoit aussi une voie de contournement et un nouvel accès à travers bois vers Lac-Beauport et l’autoroute qui mène à Québec.

L’élargissement de Laurentienne est ainsi une bonne nouvelle pour les citoyens de Sainte-Brigitte et du Nord. Mais pas une bonne nouvelle pour le développement durable.

Sainte-Brigitte-de-Laval, c’est la quintessence de l’étalement urbain. La petite paroisse irlandaise, devenue ville forestière au milieu du siècle dernier, vit aujourd’hui un boom urbain. (…)

Sainte-Brigitte demande aussi une école secondaire pour éviter que les élèves passent une heure le matin dans l’autobus et une heure le soir pour revenir.

Je peux comprendre les parents et les élèves de vouloir améliorer leur qualité de vie. Mais pendant ce temps, on peine à garder des écoles ouvertes au coeur de l’agglomération.

La ville demandera ensuite un CLSC, un hôpital, un aréna, plus d’équipements sportifs et culturels, une meilleure desserte de transport en commun, encore plus de routes, etc.

Tout ça à la charge de l’État. (…)

Je veux bien que les citoyens aient le choix de s’installer où ils veulent, d’y payer leur maison moins cher qu’en ville et de vivre dans la nature.

À condition d’assumer les conséquences de leur choix. Pas en demandant aux autres de payer à leur place.

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Voir aussi : Étalement urbain, Transport, Transport en commun.


9 commentaires

  1. laéR

    23 février 2017 à 12 h 55

    Honnêtement, quels arguments pourraient-ils y avoir contre ce texte de François Bourque?

    Il y a plusieurs vérités individuelles, mais qu’une seule collective, et la voici. Ça ne peut pas être mieux dit.

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  2. Nathan

    23 février 2017 à 16 h 15

    Le jour où Saint-Augustin-de-Desmaures sera tellement étalé que le grand champs où est la 40 quand on dépasse. Ce grand champ sera une banlieue de maisons
    Ok 30 étages parfait, je respecte cette hauteur. Faudrait en bâtir plusieurs Logement sociaux, travaille, mixte et voilà la solution.
    Étaler = route = auto = congestion

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  3. Insider

    24 février 2017 à 09 h 54

    J’avoue avoir affiché un sourire en lisant ce passage:

    « Je ne sais pas si les mots veulent encore dire quelque chose, mais un «bureau de projet» arrive normalement après les études d’avant-projet.

    Et après que le financement eut été inscrit au Programme québécois des infrastructures, ce qui n’est pas le cas du projet de troisième lien. »

    Dans un billet ici sur QU je posais la question suivante:

    « Insider
    22 février 2017 à 20 h 46

    Selon vous, le bureau de projet est créé quand le politique se compromet? »

    en réponse à ce commentaire:

    « charles
    22 février 2017 à 08 h 47

    En 2017, ça prend maintenant des bureaux de projet pour dénouer les choses. Bureau de projet pour le SRB, bureau de projet pour le 3e lien, bureau de projet pour l’élargissement de la Laurentienne.
    Alors …. À quand un bureau de projet pour dénouer l’annonce du projet de réaménagement de la tête des ponts? »

    J’attends encore la réponse. Au moins j’ai le sentiment d’en avoir obtenue via François Bourque.

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    • charles

      24 février 2017 à 10 h 54

      @Insider
      Je ne saurais pas quoi répondre d’intelligent à votre question. J’imagine que vous avez une théorie … Peut-être que vous pourriez nous la partager. Je serais intéressé de la lire.

      Mon commentaire voulait simplement illustrer qu’en 2017, en période d’austérité, on annonce des bureaux de projets. On n’annonce plus d’enveloppes pour réaliser des projets, on ne fait pas de pelletées de terres. On annonce une mesure administrative (très … TRÈS TRÈS) en amont de la réalisation.

      Pour ma part, je trouve que c’est une belle façon pour nos politiciens d’acheter du temps et plus de ne pas se positionner.

      Mon constat s’arrête là.

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      • Insider

        24 février 2017 à 11 h 42

        La réponse est simple car elle est dans l’extrait cité:

        « mais un «bureau de projet» arrive normalement après les études d’avant-projet. »

        Pour résumer le politicien se trouve à mettre la charrue devant les bœufs et très peu de journalistes le lui reprochent.

        Que l’on fasse un bureau d’avant-projet avant de passer au bureau de projet relève d’une évidence qui a été énoncée bien avant 2017!

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      • Insider

        25 février 2017 à 10 h 31

        « Pour ma part, je trouve que c’est une belle façon pour nos politiciens d’acheter du temps et plus de ne pas se positionner. »

        Soit-dit en passant j’avais très bien compris ce point. Je souhaitais juste ajouter qu’à la base c’est ironique de voir quelqu’un qui obtient les conseils d’un sous-ministre et de plusieurs experts essayer de nous en passer une petite vite de ce genre…

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  4. Marc Guy

    24 février 2017 à 18 h 21

    La plupart des villes moyennes sont touchées par ce phénomène qui se développe partout de la même façon. Les boutiques se vident, et ce n’est que le symptôme d’une dévitalisation plus profonde

    Boutiques à vendre, fermeture des services de proximité… Olivier Razemon, auteur de « comment la France a tué ses villes »

    http://tempsreel.nouvelobs.com/immobilier/societe/20170209.OBS5088/les-centres-villes-se-meurent-comment-peut-on-les-sauver.html

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