Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


Ce que l’église Saint-Sacrement nous rappelle

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 12 avril 2018 Aucun commentaire

Jean-Marie Lebel, historien
Revue Prestige

Lorsqu’il y a 95 ans fut inaugurée l’église Saint-Sacrement, la côte Saint-Sacrement s’appelait encore la côte des Bell et la famille Ross habitait toujours le vieux domaine de Samuel Holland. Cependant, sur le chemin Sainte-Foy, aux abords de l’église, des marchands et des notables s’installaient. Une nouvelle paroisse et un nouveau quartier naissaient.

L’église Saint-Sacrement nous rappelle que nous sommes des bâtisseurs de cathédrales, que nous voyons grand et que nous défions le temps. On travaillait encore à la construction de la grande église Saint-Roch lorsqu’en 1920, les pères du Très-Saint-Sacrement se lancèrent dans la construction d’une église encore plus ambitieuse. Et, pourtant, cela ne faisait que sept ans que le chemin Sainte-Foy et ses abords, à l’ouest de l’avenue Salaberry, ainsi que tout le territoire de Ville-Montcalm avaient été fusionnés à la ville de Québec. Et lorsqu’en 1924, on érigera la paroisse du Très-Saint-Sacrement, détachée de la paroisse Notre-Dame-du-Chemin, il restera encore bien des champs et des grands domaines à lotir.

Le 16 septembre 1923, lors des journées de célébrations du grand Congrès eucharistique national de Québec, on avait vu une impressionnante délégation quitter le centre-ville et se rendre à la nouvelle église Saint-Sacrement. En présence d’une dizaine d’évêques et d’une centaine de prêtres, le cardinal Bégin avait béni et inauguré le nouveau temple.

(…)

L’église Saint-Sacrement nous rappelle que nous sommes des Français d’Amérique, toujours liés à la France, puisant même dans le lointain Moyen Âge français. Avec ses puissantes tours carrées et sa grande rose, la façade de l’église Saint-Sacrement a des airs de parenté avec Notre-Dame de Paris et d’autres cathédrales de France. Il en est aussi ainsi pour l’intérieur de l’église, avec ses trois nefs, ses grandes arcades, son triforium, son clair-étage.

Pour concevoir l’église Saint-Sacrement, les architectes Charles Bernier de Montréal et Oscar Beaulé de Québec, assistés par les abbés Jean-Thomas Nadeau et Alphonse Têtu, furent influencés par l’église Notre-Dame-de-la-Croix de Paris (1863), qui était un heureux mélange de lointaines traditions architecturales françaises. Ce qui explique pourquoi notre église Saint-Sacrement est romane dans ses détails et ses arcs en plein cintre, mais gothique dans ses proportions et ses élévations.

L’église Saint-Sacrement nous rappelle aussi que depuis de nombreuses décennies, des gens de toutes nationalités et de toutes confessions ont fait du quartier Saint-Sacrement leur milieu de vie et que pour eux, l’église Saint-Sacrement est un point de repère familier, une œuvre d’art, un patrimoine, un lieu de recueillement. Il y a de ces édifices que tous s’approprient comme un précieux héritage.

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Démolition envisagée

Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Histoire, Patrimoine et lieux historiques.

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