Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


La dérive des hauteurs

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 31 octobre 2018 8 commentaires

*Illustration: GM Développement

François Bourque
Le Soleil

CHRONIQUE / Le projet immobilier à l’ancienne école Saint-Louis-de-Gonzague, dans le Vieux-Québec, n’a pas la démesure de celui du Phare, mais soulève lui aussi un enjeu de hauteur, d’architecture et d’impact sur le paysage.

Contrairement au Phare qui va atterrir dans le désert de la tête des ponts, on est ici dans un environnement sensible, au cœur de l’arrondissement historique reconnu par l’UNESCO.

Le promoteur GM Développement prévoit aménager 200 logements dans les bâtiments patrimoniaux de l’ancienne école Saint-Louis-de-Gonzague (1898) et de l’ancien foyer pour personnes âgées Nazareth (1860) et dans deux nouvelles ailes à construire.

Tous ces logements sont bienvenus et font l’unanimité dans ce quartier qui peine à maintenir l’équilibre entre les fonctions touristiques, de divertissement et d’habitation. En prime, une vingtaine de logements «sociaux» seront offerts à prix abordable.

Beau projet donc. Mais est-il nécessaire de grimper si haut et d’altérer la ligne d’horizon du Vieux-Québec?

L’ancienne école de briques rouges, qui faisait cinq étages, en comptera 11 avec ses nouveaux étages de verre et de métal.

Il sera pour cela nécessaire de modifier le Programme particulier d’urbanisme (PPU).

De nombreux citoyens s’y opposent. Parmi eux, l’ex-directeur général de la Ville, l’urbaniste et architecte Serge Viau, qui y voit une «disproportion nettement disgracieuse» avec les immeubles historiques voisins.

C’est d’autant plus étonnant, dit-il que ce projet arrive au moment où on envisage retrancher six étages à la tour de l’hôpital de L’Hôtel-Dieu pour «harmoniser et rétablir le paysage historique».

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Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Patrimoine et lieux historiques.


8 commentaires

  1. Jean François Côté

    31 octobre 2018 à 12 h 04

    Je dirais que c’est plus une phobie des hauteurs qu’une dérive.

    Tout les projets de 10 étages et plus sont contestés à Québec.

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    • Gérald Gobeil Utilisateur de Québec Urbain

      31 octobre 2018 à 12 h 51

      Les images télévisées de l’audience lors de la séance d’information pour Le Phare nous indiquaient que les plus jeunes n’y étaient pas pour approuver le projet, à une ou deux exceptions près. Pour ce qui est des projets que vous soulignez, notons que contestation il y eut pour un projet de plus de 4 étages sur l’îlot Esso (coin Cartier/René-Lévesque).

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      • Roger

        31 octobre 2018 à 13 h 11

        @Jean-François Côté

        Je ne pense pas que c’est tant la hauteur et le nombre d’étages que les gens n’aiment pas.

        Par exemple, dans le cas du Phare, le PPU suggère une 30aine d’étages vers le projet qui lui, en fera le double. Je crois que c’est ça la vraie raison, à savoir le non-respect par la Ville de ce qui a été approuvé par les citoyens.

        Faudrait arrêter de penser que les gens crient uniquement sur le nombre d’étages. La densification, c’est une chose, mais quand ça se fait en cabochon au détriment de l’urbanisme de la Ville, là, y’a de quoi se choquer.

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    • PPD

      31 octobre 2018 à 13 h 32

      Tour Fresk, Condos Origine, édifice Beenox, siège social de la Capitale… À mon souvenir, ces projets n’ont pas soulevé de grands tollés. Pourquoi? Lire Roger.

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  2. paradiso Utilisateur de Québec Urbain

    31 octobre 2018 à 12 h 31

    Personnellement je ne vois pas de problème avec le volume de ce projet. Il est situé sous les édifices les plus massifs de Place d’Youville, son impact visuel sur le Vieux-Québec sera nul. Son empreinte au sol est assez réduite pour garder un espace vert, alors la Maison Mère-Mallet ne sera pas plus confinée qu’elle ne l’est déjà.

    Par contre, il semble que GM «pitche» des projets de plus en plus banals sans jamais démarrer un seul chantier ces derniers temps. On dirait un projet de finissant de cégep, alors que l’emplacement demanderait l’intervention d’un cabinet d’architectes renommé.

    Laval ou Lebourgneuf à l’entrée du Vieux-Québec? Non merci.

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  3. paradiso Utilisateur de Québec Urbain

    31 octobre 2018 à 12 h 38

    Quant à retrancher six étages à la tour de l’hôpital de L’Hôtel-Dieu pour «harmoniser et rétablir le paysage historique», eh bien à ce compte il faudrait aussi rabaisser l’édifice Price, démolir la tour centrale du Château Frontenac et raser tous les immeubles de la Colline parlementaire qui sont plus hauts que la tour du Parlement.

    Le problème de la tour de l’Hôtel-Dieu est un problème d’enveloppe, de fenestration et surtout d’imagination par rapport à sa fonction future. Une qualité qui fait totalement défaut à nos élus et fonctionnaires.

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  4. Nicolas B Utilisateur de Québec Urbain

    1er novembre 2018 à 09 h 08

    Je retiens surtout cet aspect de la chronique de M. Bourque :
    « On obtient ainsi la même offre de logements et de bureaux en occupant davantage le vide des terrains vagues et stationnement de surface. »
    Je pense qu’il y a un, un peu partout en ville, plusieurs espaces vides à combler, à optimiser, avant de construire et d’étirer « par-dessus » quelque chose d’existant, comme dans ce cas-ci.

    Est-ce que l’on sait si la Ville a un plan de « lutte aux vides »?

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