Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


Le troisième lien: Où et comment traverser le fleuve?

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 1er décembre 2018 1 commentaire

François Bourque
Le Soleil

La meilleure nouvelle pour Québec dans le discours inaugural de François Legault fut cette volonté, réaffirmée, de connecter le projet de tramway de Québec avec Lévis.

Le gouvernement a parfaitement raison de vouloir forcer cette traversée, nonobstant les querelles politiques entre les maires Labeaume et Lehouillier.

Il faut offrir aux citoyens qui se tapent les ponts soir et matin la possibilité d’un transport collectif efficace pouvant les sortir des bouchons de circulation.

La question est de savoir où et comment traverser le fleuve.

C’est ici que les choses se compliquent et que la posture du nouveau gouvernement est difficile à suivre.

Les deux tiers des déplacements actuels en heure de pointe se font de l’ouest de Lévis vers l’ouest de Québec.

Un transport collectif intégré à un troisième lien du côté de l’île d’Orléans impliquerait un long détour qui aura un effet dissuasif. Le même argument que pour l’auto, il me semble.

La logique est d’aller chercher les voyageurs le plus près possible de leur domicile et de les mener le plus directement possible vers leur lieu d’étude ou de travail.

Le gros bon sens serait de traverser à l’ouest, par le pont de Québec par exemple, comme il était prévu dans le projet de tramway/SRB en 2010. On pourrait imaginer deux tronçons sur la Rive-Sud, un vers Lévis et l’autre vers Saint-Nicolas. Ce scénario existe déjà. Il suffirait de le réactiver.

Si le gouvernement s’entête à passer par l’île d’Orléans, le lien structurant de transport collectif avec vers la Rive-Sud perdra de son efficacité et de sa pertinence.

Il ne se sera qu’un prétexte pour essayer de faire croire que le troisième lien est un projet bon pour l’environnement.
Pareil pour cette idée (sympathique) de profiter d’un troisième lien pour enfouir les lignes de transmission d’Hydro-Québec qui traversent l’île d’Orléans.

On a vite compris que dans l’état actuel de la technologie, ce sera difficile. Hydro a déjà prouvé qu’elle pouvait innover, mais il faudra voir à quel prix et si c’est une priorité sociale. Je n’entends personne sur l’île ou sur le «continent» réclamer leur disparition.

L’idée d’enfouir les fils ressemble à une stratégie de communication : essayer d’associer le troisième lien à un gain pour l’environnement et le paysage.

Le développement futur pourrait-il un jour justifier un nouveau lien à l’est? C’est le débat de la poule et de l’œuf.

Sans nouveau lien, le développement à l’est sera moindre; sans développement à l’est, il y a moins de besoins pour un nouveau lien.

La suite

Voir aussi : Transport, Troisième lien.


Un commentaire

  1. michel desjardins

    2 décembre 2018 à 22 h 46

    Un 3e lien à l’est à la hauteur de l’échangeur ou tout près de l’actuel pont de l’île d’Orléans nécessiterait forcément un ajout au réseau structurant. Le raccordement avec Lévis ne pourrait pas se faire à partir de D’Estimauville. Le maire a tord lorsqu’il dit qu’il n’y a que 2 à 3 kilomètres. Entre D’Estimauville et l’échangeur, c’est plutôt 5 kilomètres; et entre D’Estimauville et le pont de l’île, 7 kilomètres. On parle donc d’un ajout se chiffrant entre 100 et 200 millions de dollars pour prolonger la ligne de trambus jusqu’au futur 3e lien. Ma question est la suivante: La CAQ va-t-elle augmenter sa contribution financière, ou va-t-elle plutôt exiger de la ville qu’elle s’organise pour faire fitter cet ajout dans son budget de 3 milliards? Car, qu’on soit d’accord ou pas, il va y avoir un 3e lien, et celui-ci va être à l’est.

    Signaler ce commentaire

     ou annuler

Poster un commentaire

ou

Répondez à la question *