Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


Les grandes surfaces font la vie dure aux PME agroalimentaires

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 13 avril 2004 5 commentaires

Les commerces de grande surface dans le secteur alimentaire au Québec font la vie dure aux petites et moyennes entreprises (PME) qui oeuvrent dans le secteur agroalimentaire.

Une étude qui brosse le « Portrait des commerces spécialisés en alimentation dans la ville de Québec », constate qu’au plus fort de la vague de fusions-acquisitions, plusieurs petits commerces de proximité ont fermé leurs portes.

« La vague de fusions-acquisitions dans ce secteur, constate l’étude réalisée par le Conseil de l’agriculture et de l’agroalimentaire pour le développement de la région de Québec (CAADRQ), crée une concentration telle que la pénétration de ce marché par la PME agroalimentaire devient très difficile. »

Mais, le CAARDQ laisse poindre une lueur d’espoir en laissant entendre que tout n’était pas perdu. « On constate que les commerces de proximité, souligne le rapport de 58 pages, ont beaucoup évolué et développé un positionnement particulier qui répond aux nouvelles tendances de consommation. »

RETOUR EN FORCE

Le Conseil explique que plusieurs observateurs décèlent une reprise et prévoient même un retour en force de ce type de commerce. Cet espoir repose sur le fait que même si ces commerces ont perdu des parts de marché importantes dans le passé, ils demeurent néanmoins plus présents que jamais dans l’environnement urbain.

Le document du CAARDQ met en lumière qu’à Québec, les trois grandes chaînes d’alimentation, Metro Richelieu, Sobeys et Loblaws, dominent largement le marché de l’alimentation. Elles possèdent 80 supermarchés qui accaparent 80 % des achats alimentaires.

A la fin de 2003, ces trois mastodontes de l’alimentation faisaient face à 203 commerces qui, selon le Conseil, répondent aux définitions des différentes catégories de commerces alimentaires, comme les épiceries fines, les épiceries santé, les boucheries-charcuteries, les boulangeries-pâtisseries, etc.

L’analyse du CAARDQ qui porte sur un échantillon de 48 commerces démontre que les commerces spécialisés en alimentation sont plus nombreux dans les arrondissements de La Cité et de

Sainte-Foy-Sillery. On n’oublie pas la présence de quatre halles d’alimentation qui regroupent 12 % des commerces.

Chose également intéressante à noter, c’est que 38 % des commerces s’articulent autour de neuf artères commerciales, comme Cartier, Saint-Jean, chemin Quatre-Bourgeois, Soumande, Maguire, Saint-Vallier, Saint-Joseph et avenue Royale.

Toute l’industrie alimentaire de Québec souffre de deux problèmes importants. Elle est d’abord confrontée au vieillissement de la population. De plus, on constate que la faiblesse de l’immigration limite le développement des commerces ethniques.

Fort heureusement, le tourisme vient combler certaines lacunes. L’étude du Conseil constate qu’il représente un élément d’influence important sur la demande alimentaire.

Certains autres éléments peuvent favoriser une plus grande fréquentation des commerces alimentaires spécialisés. On avance que le consommateur est de plus en plus à la recherche du choix et de la variété, qu’il achète moins à la fois, qu’il accorde davantage d’importance à la fraîcheur des aliments et au rapport qualité-prix. En outre, il affectionne un service personnalisé, il recherche un aspect familier tout en favorisant la proximité. Il a aussi plus de moyens et de temps libre, il est animé par un esprit de découverte et un goût croissant pour les produits traditionnels. Les aliments santé et l’innocuité alimentaire font partie de son credo alimentaire.

Même si le réseau actuel des commerces spécialisés en alimentation de Québec fait preuve d’un intérêt particulier pour les produits régionaux et du terroir, l’étude du CAARDQ précise que plusieurs freins à l’approvisionnement sont directement reliés à une mauvaise connaissance de l’offre régionale.

« L’offre agroalimentaire régionale, rapporte-t-on, n’est pas assez présente à l’intérieur des systèmes de distribution régionaux. »

Cette industrie est également confrontée à un autre défi de taille. Sans détour, l’étude affirme que « la main-d’oeuvre semble être un maillon faible auprès des commerces spécialisés ». En fait, 40 des 48 propriétaires d’entreprises interrogées déclarent trouver le recrutement du personnel très difficile à difficile.

« Les commerçants interrogés, souligne l’étude, attribuent ces difficultés à la rareté de la main-d’oeuvre qualifiée et à l’intérêt et la motivation des employés. »

On enregistre d’autres faiblesses comme l’effort de marketing que l’on qualifie de modeste, la connaissance des commerçants de l’offre régionale de produits agroalimentaires apparaît faible et l’intérêt qu’ils manifestent pour des activités de maillage est plus ou moins marqué


Réjean Lacombe, 13 avril 2004. Reproduit avec autorisation

Voir aussi : Commercial.


5 commentaires

  1. marypascal beauregard

    23 juillet 2004 à 20 h 40

    j’apprécie beaucoup lire des articles qui s’articulent comme celui ci. Le defi de la mise en marche pour les petites PME « du terroir » est enorme. Mon conjoint et moi sommes à faire connaitre nos produits (viande, fromage et yogourt de chevre). Nous devons parcourir des distances considerables pour rejoindre notre consommateur cible et c’est tres energivore.

    Nous remarquons que parfois, meme si nous offrons nos produits aux detaillants, les consommateurs preferent acheter ou voient les « gros » de l’alimentation ( a notre echelle, Tournevent, Damafro et cie).

    C’est aussi paradoxal, car les industriels du lait quebecois font aussi vivre des agriculteurs, mais sont dans un creneau de marche de masse…

    Alors oui a l’agriculture de proximite, ca permet de diversifier l’offre des produits. je souhaite qu’un equilibre harmonieux parvienne a s’etablir entre les marches d’alimentation et les marches de proximite, via les reseaux d’agriculture soutenue par la communaute, les marches publics estivaux et annuels, les vitrines de produits regionnaux.

    marypascal beauregard et fancis landry
    Caitya du Caprice Caprin
    Sawyerville, Québec

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  2. mike 18

    15 février 2006 à 06 h 08

    Mais, le CAARDQ laisse poindre une lueur d’espoir en laissant entendre que tout n’était pas perdu. « On constate que les commerces de proximité, souligne le rapport de 58 pages, ont beaucoup évolué et développé un positionnement particulier qui répond aux nouvelles tendances de consommation

    Mike 18

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