Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


Par Envoyer un courriel à l’auteur le 26 mai 2022 2 commentaires

Les chiffres sont sans appel: le Vieux-Québec est en pleine disneyfication:

Le déclin démographique remonte à loin : des 10 600 habitants qui peuplaient le quartier en 1951, il n’en restait que 5770 en 2016. Dans ce quartier qui figure parmi les plus beaux d’Amérique, 28 % des logements appartiennent aujourd’hui à des gens qui n’y vivent pas en permanence.

La capitale veut repeupler son Vieux-Québec s’attarde aux mesures que Québec veut mettre en place pour redonner le quartier historique aux citoyens.

Voir aussi : Arrondissement La Cité - Champlain / Vieux-port.

Les quartiers de la Canardière : une vision d’aménagement pour rêver un secteur où la qualité de vie prédomine

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 26 mai 2022 Aucun commentaire

Québec, le 26 mai 2022 – La Ville de Québec lance officiellement sa Vision d’aménagement pour les quartiers de la Canardière. Puisque l’aménagement et le développement d’une ville passent inévitablement par la participation des citoyens qui fréquentent ou habitent les quartiers visés, une deuxième phase de consultation est lancée afin d’élaborer une vision adaptée à ce secteur en pleine évolution.

« Il est primordial de consulter les citoyens pour créer des quartiers attrayants, vivants et dynamiques qui sauront plaire à tous, a déclaré le maire de Québec, M. Bruno Marchand. On cherche avant tout à améliorer la qualité de vie des résidants et des gens qui fréquentent ces lieux pour qu’ils aient envie de se les réapproprier. Par la mise en place de cette démarche de participation publique, on souhaite travailler de façon concertée et cohérente avec toutes les parties prenantes, et ce, en prenant en considération les divers projets qui verront le jour dans les années futures. »

Rappelons qu’une réflexion s’avère pertinente puisque les quartiers de Maizerets et du Vieux-Moulin accueilleront de nombreux projets publics et privés d’ici les prochaines années : l’implantation du tramway, le développement de l’écoquartier D’Estimauville et de l’Espace d’innovation D’Estimauville, le redéveloppement des Galeries de la Canardière, la construction du nouveau complexe hospitalier (NCH) et le déploiement éventuel de la zone InnoVitam. Il est temps de rêver d’un secteur à l’échelle humaine où la cohabitation des différents usages a été bien pensée.

« On cherche d’abord et avant tout à écouter ce que les gens ont à nous dire pour construire ensemble des quartiers où la qualité de vie est rehaussée, a souligné Mme Marie-Pierre Boucher, membre du comité exécutif responsable de la planification de l’aménagement du territoire. En offrant des zones vertes, en développant des pistes cyclables et piétonnes en plus d’améliorer les espaces publics, on souhaite offrir aux citoyens du secteur un endroit où il fait bon vivre, dont ils sont fiers et qui est attractif. »

La prochaine étape est celle de la mise en place d’une table d’acteurs clés. À l’occasion de quelques rencontres, une quinzaine de personnes incluant des citoyens des quartiers concernés, en plus de représentants de différents organismes locaux et partenaires du milieu, pourront confirmer les besoins du secteur, contribuer à l’élaboration des activités de participation publique à venir, identifier les priorités pour la planification à développer et plus encore.

Objectifs préliminaires

Les principaux objectifs poursuivis sont, entre autres :

Soutenir l’implantation du tramway;
Favoriser l’accessibilité et la diversification des types de logements, notamment des logements abordables;
Veiller à l’intégration harmonieuse des pôles d’emplois et des projets de développement à venir;
Connecter efficacement le secteur aux quartiers adjacents, entre autres vers les quartiers du Vieux-Limoilou et de Lairet;
Bonifier et sécuriser les déplacements piétonniers et cyclables;
Optimiser et multiplier les aménagements publics et les espaces verts;
Accroître considérablement l’indice de canopée (projection du feuillage au sol);
Valoriser le littoral en mettant en valeur et en reliant certains milieux d’intérêt;
Revitaliser le secteur en misant sur les bâtiments vacants et les terrains à potentiel de développement ou de redéveloppement, notamment pour créer une zone d’innovation;
Axer les interventions sur le développement durable, notamment en valorisant l’énergie générée par certaines installations municipales.

Territoire d’intervention

Le secteur visé concerne le quartier de Maizerets ainsi qu’une partie du quartier du Vieux-Moulin. Il est délimité par la voie ferrée parallèle au boulevard Henri-Bourrassa à l’ouest, l’autoroute Félix-Leclerc au nord, les avenues de la Lande et Saint-Ulric à l’est ainsi que l’autoroute Dufferin-Montmorency au sud. Le secteur d’intervention englobe ainsi trois stations de tramway, en plus du pôle d’échanges D’Estimauville.

Situation actuelle

Il s’agit d’un secteur urbain principalement résidentiel, traversé par des artères commerciales où se trouvent plusieurs équipements publics et des institutions.

Le Domaine de Maizerets et la Baie de Beauport, deux sites récréatifs d’importance, marquent aussi le territoire. Le littoral du fleuve Saint-Laurent demeure quant à lui peu accessible.

Une partie du territoire est caractérisée par un passé industriel et la présence de plusieurs infrastructures routières (autoroutes, bretelles d’accès, larges emprises de rues, vastes stationnements, etc.) en plus de barrières urbaines importantes (voie ferrée, cours d’eau).

Une démarche de participation publique à construire
Une première phase de collecte des besoins a été réalisée en 2021 afin de cerner les enjeux et les attentes de la population par rapport au développement de leur quartier. Les données recueillies ont permis de brosser un premier portrait d’ensemble.

Pour aller plus loin dans la démarche, la Ville met en place une table d’acteurs clés qui participera à l’élaboration du plan détaillé de participation publique. Il est prévu d’interpeller de nouveau l’ensemble des citoyens à l’automne 2022.

Des activités ont également été organisées l’an dernier en lien avec l’arrivée du tramway dans le secteur. Prochainement, des présentations sont prévues pour faire le point sur l’insertion fine du tramway, la localisation précise des stations et le concept de référence du Pôle D’Estimauville dans les quartiers de la Canardière.

Toutes les informations

Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Consultation publique.

Lac St-Charles, eau potable, et New York

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 24 mai 2022 1 commentaire

Dans un intéressant article de la série Droit de Cité, Le Devoir s’intéresse au piètre état du Lac St-Charles, la plus importante source d’eau potable de la ville de Québec.

La nature a longtemps su filtrer les contaminants elle-même avant qu’ils atteignent le lac. Aujourd’hui, elle ne suffit plus à la tâche : les forêts rapetissent, avalées par un étalement urbain qui n’a jamais eu à demander la permission avant de bétonner le bassin versant. L’azote et le phosphore s’écoulent désormais en quantité des engrais utilisés sur les golfs et les terrains privés, mais surtout des eaux usées provenant de fosses septiques désuètes, poreuses et concentrées. L’agence américaine de protection de l’environnement établit le seuil critique à 16 installations septiques par kilomètre carré. Certains secteurs de Stoneham en comptent 260. 

Le point intéressant: Québec et Stonham voudrait mettre en place des mesures en s’inspirant de… la ville de New-York!

Dans les années 1990, la pollution a commencé à altérer la pureté de l’eau contenue dans le bassin de Catskill-Delaware, situé à 150 km au nord de Manhattan et qui étanche 90 % des besoins de la mégapole. Pour assurer la santé des consommateurs, les autorités fédérales ont alors demandé à la Ville de bâtir une nouvelle usine de filtration. Son coût était astronomique : 8 milliards de dollars pour la construire, plus 300 millions par année pour l’exploiter.

New York a misé sur la nature pour éviter de payer cette somme exorbitante. Depuis 1997, la Ville a dépensé plus de deux milliards de dollars pour acheter des terrains dans le bassin de Catskill, de manière à créer une trame verte capable de filtrer la pollution.

Le texte complet: Québec et Stoneham au chevet du lac Saint-Charles

Voir aussi : Environnement.

L’église du Très-Saint-Sacrement classée par le ministère de la Culture

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 23 mai 2022 4 commentaires

Source : David Rémillard, Ici Québec, le 23 mai 2022

Après deux ans de tergiversations, l’église du Très-Saint-Sacrement est désormais classée et protégée par le ministère de la Culture, a appris Radio-Canada. Une décision qui va à l’encontre de la volonté de la paroisse Bienheureuse-Dina-Bélanger et du diocèse de Québec.

L’information a pu être confirmée auprès de deux sources près du dossier. La nouvelle devrait être officialisée lundi.

L’église du Très-Saint-Sacrement, située sur le chemin Sainte-Foy, est fermée au culte et désacralisée depuis 2019. Cette année-là, la paroisse avait dû condamner le bâtiment d’urgence après avoir décelé des problèmes de structure menaçant la sécurité des usagers. Deux ans plus tôt, des pierres du parement de l’église s’étaient effondrées.

la suite

Pourtant en 2018 :

La démolition de l’église du Très-Saint-Sacrement envisagée.

Une décision pour l’avenir La Fabrique doit pouvoir conclure la vente projetée en mai 2020 de l’ancienne église du Très-Saint-Sacrement. Cette vente est essentielle pour rembourser les dettes de la Fabrique encourues pour assurer sa sécurisation et son entretien, 1,8 M$ à ce jour, et pour générer des revenus de placement permettant d’assurer l’entretien et la préservation de l’église Saint-Michel. Il est impératif que la ministre de la Culture et des Communications ne classe pas bien patrimonial l’ancienne église du Très-Saint-Sacrement. Un classement rendrait impossible toute vente à la valeur du marché et condamnerait la Fabrique à la faillite. Cela entraînerait la fermeture des églises Saint-Michel et Saint-Charles-Garnier.

Mise à jour: Le communiqué officiel classant l’église comme bien patrimonial La ministre annonce également qu’elle compte octroyer une somme de 4 M$ pour permettre la réalisation des travaux les plus urgents qui pourraient permettre la réouverture au public de ce bâtiment d’exception

Le communiqué de la Ville de Québec en réaction au classement La Ville tend la main au Diocèse, aux acteurs de la communauté ainsi qu’aux gouvernements du Québec et du Canada, pour qu’une réflexion soit menée rapidement de manière concertée sur cet enjeu, en amont des fermetures, pour éviter de se retrouver devant des périodes de transition de plusieurs années. « La ville de Québec peut jouer un rôle de catalyseur en favorisant l’émergence de projets dont les retombées seront bénéfiques pour la vitalité des quartiers où sont situés les bâtiments, mais elle ne pourra pas en assumer tous les coûts, rappelle Mme Coulombe-Leduc. »

Voir aussi : Arrondissement La Cité - Haute-ville, Patrimoine et lieux historiques.

Patrimoine bâti : l’administration Marchand va resserrer l’étau réglementaire

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 23 mai 2022 Aucun commentaire

David Rémillard
Radio-Canada

Les responsables de bâtiments patrimoniaux partout sur le territoire de la ville de Québec auront bientôt davantage d’obligations. Pour se conformer aux nouvelles normes provinciales, mais aussi pour donner l’exemple, l’administration du maire Bruno Marchand veut serrer la vis aux propriétaires négligents et ajouter des immeubles à l’inventaire de la capitale.

« Québec, c’est le berceau de notre territoire, c’est le berceau de notre identité. Et le patrimoine fait selon moi partie de notre identité », affirme sans détour Mélissa Coulombe-Leduc, en entrevue à Radio-Canada.

Élue dans Cap-aux-Diamants sous la bannière de Québec forte et fière l’automne dernier, la nouvelle responsable du patrimoine au comité exécutif prévoit l’adoption de plusieurs modifications réglementaires dès cette année. « La Ville de Québec se doit d’être un des leaders, certainement, en matière de préservation du patrimoine bâti », insiste-t-elle.

D’emblée, la Ville ne tardera pas à se conformer aux nouvelles exigences de la Loi sur le patrimoine culturel et de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme, modernisées il y a un peu plus d’un an. Québec, assure Mme Coulombe-Leduc, ne se contentera pas de faire le minimum et ne va pas attendre l’échéance fixée par le provincial pour agir.

La feuille de route de l’administration Marchand prévoit plusieurs annonces d’ici la fin de l’année, dont certaines dès ce printemps.

« On a l’intention d’aller chercher ces pouvoirs-là dans les prochains mois pour donner plus de mordant à notre réglementation sur le patrimoine bâti ». Mélissa Coulombe-Leduc

Obliger l’entretien

La loi provinciale demande maintenant aux municipalités de se doter d’un règlement d’entretien d’ici 2026. Ces règlements, dont le contenu est à définir par chaque ville ou MRC, visent de façon générale à empêcher le dépérissement des bâtiments patrimoniaux sur leur territoire.

À Québec, la Ville veut forcer les propriétaires à prendre soin des immeubles sous leur responsabilité, même si ces derniers ne sont pas occupés. L’objectif est d’éviter ce qui est communément appelé le phénomène des démolitions « par abandon », un problème cité par la Vérificatrice générale du Québec en 2020.

« Si tu veux tuer ton chien, tu dis qu’il a la rage. En matière de patrimoine, ça prévaut aussi. Si tu veux démolir un bâtiment, tu dis qu’il n’est plus bon », image Mélissa Coulombe-Leduc. Trop souvent, déplore-t-elle, la Ville constatait qu’un immeuble n’était effectivement plus en état, voire non sécuritaire, ne laissant d’autre choix que de démolir.

Ces états de décrépitude avancée, dans certains cas, étaient le résultat de la négligence des propriétaires eux-mêmes, se désole l’élue, rappelant qu’il s’agit d’un problème répandu partout en province. « Souvent, on constatait qu’il y avait des propriétaires qui n’entretenaient pas un bâtiment délibérément. »

La Ville de Québec a présentement le pouvoir d’intervenir lorsque l’état d’un bâtiment compromet la sécurité des citoyens, par exemple. Elle peut aussi exproprier, mais ces démarches peuvent prendre des années avant de se conclure devant les tribunaux.

Elle veut maintenant aller plus loin et se doter de mécanismes d’intervention pour forcer des entretiens préventifs.

« Avant qu’on se rende là, comment on peut intervenir? C’est à ça qu’on veut s’attaquer ».  Mélissa Coulombe-Leduc

Selon Mélissa Coulombe-Leduc, la Ville entend notamment imposer des seuils minimum pour le chauffage d’un immeuble patrimonial inoccupé, ou encore décréter l’interdiction d’ouvrir les fenêtres l’hiver « pour accélérer la dégradation », une pratique semble-t-il connue des instances municipales.

L’élue refuse pour le moment de s’avancer sur les paramètres exacts de la réglementation, toujours en cours d’écriture, ni de dire si l’approche sera punitive, avec par exemple des amendes plus salées pour les contrevenants.

Les nouvelles lois provinciales exigent d’autre part que les municipalités se dotent d’une réglementation sur les démolitions. Dans la capitale, la Commission d’urbanisme et de conservation de Québec, instance unique dans la province, remplit en partie ce mandat, mais uniquement sur le territoire qui lui est assujetti.

« Dans un futur règlement, l’ensemble du territoire de la ville de Québec sera couvert par un règlement sur les démolitions », explique Mélissa Coulombe-Leduc.

Des ajouts à l’inventaire

La Ville de Québec, qui détient déjà un inventaire bien garni de ses bâtiments patrimoniaux, en ajoutera davantage à court terme.

Ces bâtiments se retrouveront sous la responsabilité de la commission d’urbanisme. Mélissa Coulombe-Leduc mentionne entre autres l’addition de bâtiments plus contemporains.

Dans la Loi sur le patrimoine culturel, il est inscrit « qu’une municipalité régionale de comté doit adopter et mettre à jour périodiquement un inventaire des immeubles construits avant 1940 qui sont situés sur son territoire et qui présentent une valeur patrimoniale ».

Il n’y a pas d’obligation au-delà de cette date, bien que toute municipalité « peut également y inclure des immeubles dont la construction est plus récente ». La Ville de Québec travaille actuellement à l’évaluation de certains bâtiments qui seront ajoutés « dans les prochaines semaines ».

Éviter les surprises

Si elle ne peut faire la promesse qu’il n’y aura plus de démolition de bâtiments patrimoniaux à Québec, Mélissa Coulombe-Leduc mise gros sur le dialogue pour éviter de se retrouver « devant les faits accomplis ». Son souhait est que la Ville « ne travaille plus dans l’urgence ».

Pour maintenir les canaux de communication ouverts, une table de concertation a déjà été mise en place avec différents acteurs de la société civile. « Il y a plusieurs experts, plusieurs intervenants, plusieurs acteurs de la société qui interviennent en matière de patrimoine bâti », souligne-t-elle.

La table n’aura pas de pouvoir réglementaire, mais pourra permettre les échanges et les réflexions sur les différentes orientations que souhaite prendre la Ville en matière de patrimoine bâti. L’ensemble des réglementations en cours d’écriture seront, par exemple, soumises à la réflexion de ces partenaires.

Les sociétés d’histoire, des groupes d’intérêts et divers experts pourront ainsi couvrir certains angles morts ou soumettre leurs préoccupations.

La Ville doit également rétablir les ponts avec le diocèse de Québec, avec qui les échanges ont été particulièrement difficiles dans le passé. Mme Coulombe-Leduc veut « voir venir les coups » et ainsi préparer longtemps d’avance la requalification de certains bâtiments excédentaires.

Elle évoque une perspective « de développement durable » et estime que la préservation du patrimoine religieux est nécessaire à la fois pour valoriser le patrimoine bâti que pour desservir les communautés.

Si elle s’engage à en faire plus, la Ville, prévient l’élue, ne peut tout porter seule. À Québec, la responsabilité de protéger le patrimoine bâti est selon elle « partagée » entre les propriétaires privés, la Ville et le ministère de la Culture.

Elle invite finalement à ne pas oublier le gouvernement fédéral dans l’équation, souvent « oublié » mais responsable de plusieurs bâtiments patrimoniaux dans la capitale, dont les Nouvelles Casernes.

L’article

Voir aussi : Patrimoine et lieux historiques.

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