Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


Le tramway, une balafre sur la ville

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 7 août 2020 Aucun commentaire

Donald Charette
Opinions
Le Soleil

Membres du BAPE, dès le départ, je tiens à préciser que je ne suis pas opposé au transport en commun. Personnellement, je crois que la Ville de Québec serait mieux servie par un métro — plus cher, mais plus durable, plus facile d’entretien, plus respectueux de l’environnement, etc. — ou devrait opter pour un mode de transport moins invasif du type autobus électrique.
Pour plonger dans la modernité comme ils disent, il devrait également être autonome. Le projet de réseau structurant de l’administration Labeaume est insensé. Il va paralyser la ville, la défigurer et littéralement la couper en deux avec sa dalle de béton infranchissable. Voici des éléments de réflexion.

Le tracé

Le tracé est calqué sur les express d’autobus 800-801 qui sont efficaces. Nous sommes face à un parcours 800 chromé. Le tramway ne dessert ni l’aéroport, ni la gare de train, ni le centre Vidéotron, ni le ministère du Revenu (3000 employés), ni le nouveau mégahôpital (5000 employés), ni le Centre des Congrès, mais se rend toutefois jusqu’au IKEA (!) dans un champ. Un touriste qui débarque à l’aéroport ne pourra pas l’utiliser pour relier le centre-ville, ce qui est déjà incongru. Par contre, le tramway va couper des quartiers densément peuplés comme Limoilou, Saint-Jean-Baptiste, Montcalm, Saint-Sacrement… Les citoyens ne pourront plus traverser la chaussée comme ils le font actuellement et devront se rendre à une traverse aménagée pour ce faire. On aura donc Montcalm-Nord et Montcalm-Sud, Limoilou-Est et Limoilou-Ouest par exemple, et tant pis pour la vie de quartier.

La paralysie

Les travaux pour déplacer les utilités publiques et couler la dalle de béton doivent durer des années. L’étude d’achalandage du Réseau structurant explique que 148 intersections interdiront le virage à gauche et que la circulation automobile sera redirigée vers des rues secondaires. Plus de 1200 cases de stationnement doivent disparaître. Des quartiers résidentiels devront composer avec cette pression supplémentaire. On indique, par exemple, dans les documents que dans le cas de la rue Holland-Saint-Sacrement, une porte d’entrée en haute-ville, la hausse sera de 244 % si bien qu’il faudra ajouter 11 minutes au trajet actuel. Cette pression supplémentaire est évaluée, en moyenne, à 65 %. Il faudra 21 minutes de plus pour relier en auto le quartier Saint-Roch à la colline parlementaire. On identifie 16 «collectrices» qui devront absorber cette circulation. En réponse aux interrogations du BAPE, les promoteurs ont précisé que le tramway, en interdisant les virages sur Charest, va nuire aux industries, au Port de Québec, ainsi qu’aux commerçants de la rue Saint-Joseph. Le quartier Limoilou va devenir un labyrinthe avec ses culs-de-sac alors que les ruelles, qui font partie de son charme, seront utilisées par les automobilistes. Les citoyens de la 1re Avenue et de la rue du Chalutier verront passer un tramway sur le pas de leur porte (à cinq mètres dans certains cas) et ce 18 heures par jour. Le réseau structurant reconnaît qu’il faudra revoir la couverture de risque dans les cas des pompiers et des ambulanciers. En effet, la dalle infranchissable va compliquer le travail des premiers répondants. On identifie certains goulots d’étranglement. Ainsi, à l’entrée de l’Université Laval (René-Lévesque–Myrand), la voie devra être partagée en alternance auto-tramway avec un feu de circulation. Le tramway va nécessiter, incidemment, l’abattage de 24 % des arbres sur son parcours, un vrai massacre. Une étude très documentée commandée par le réseau mentionne incidemment que le tramway fait peser une menace sur 42 sites archéologiques.

Le tunnel

Il s’agit d’un des aspects les plus controversés, un tunnel de 2,5 km entrant dans la falaise sur Dorchester pour déboucher sur Turnbull. La Ville dans ses documents parle de dynamiter 24 heures par jour durant 588 jours. On devra sortir 40 000 voyages de camion et acheminer le matériel dans une carrière à Beauport. On indique, en ce qui concerne les GES, qu’il faudra huit ans d’utilisation du tramway pour compenser ceux qui seront émis durant ce grand dérangement. Malgré tout ce bouleversement urbain, le tramway ne se rend pas au carré d’Youville, porte d’entrée du Vieux-Québec!

Pas de réponses

Il est extrêmement difficile d’obtenir des réponses précises sur des enjeux soulevés par ce projet comme vous l’avez vous-mêmes constaté. J’ai assisté à toutes les séances d’information et consulté une grande partie de la documentation publique. La Ville préfère présenter des dessins d’artistes bien léchés plutôt que de donner des explications. Parlez-en aux citoyens de Pie-XII, à ceux de la rue du Chalutier ou à ceux de la 1re Avenue, aux expropriés qui sont placés devant le fait accompli. Les rencontres de proximité se font en catimini et les comités dits de «bon voisinage» ont été déplacés après la tenue des audiences du BAPE. À ce jour, on ignore toujours quelle est la ventilation des coûts de ce projet, qui assumera les déficits, quels sont les coûts d’opération, qui va payer et combien pour le déplacement des utilités publiques de Bell, Hydro-Québec, Énergir, Vidéotron, qui va ramasser la facture pour la démolition de deux viaducs du CN. On ignore comment se fera concrètement le ramassage de la neige sur l’unique voie automobile, comment on va réduire le bruit provoqué par le crissement des rails dans les courbes, comment le matériel roulant va résister à nos hivers. Le O Train d’Ottawa a lamentablement échoué lors de son tout premier hiver, faut-il rappeler.

Déni de démocratie

Il y a bien longtemps qu’on parle de tramway à Québec. Le maire actuel, Régis Labeaume, a combattu durant toute sa carrière ce projet, ridiculisant ses partisans. Lors de la dernière campagne électorale, il a éludé le sujet après l’échec cuisant du SRB. Tout au plus, disait-il, il se donnait deux ans pour examiner les options. Retournement complet, quelque temps plus tard, le maire lançait son projet de tramway-trambus-voies réservées sans consultation. Cela explique en bonne partie l’impopularité de ce projet. Là encore, les gens de Québec ont été placés devant le fait accompli. Le caractère improvisé du projet est devenu évident. On modifie le tracé, largue le Phare et le pôle d’échange à Sainte-Foy, refait l’axe Dorchester–de la Couronne, élimine un centre d’entretien à l’est de la Ville, déplace le tramway sur du Chalutier, supprime des stations, raccourcit le tunnel, découvre que la côte d’Abraham est trop abrupte pour un tramway… Le budget, on le sait maintenant, est déjà défoncé en phase préliminaire et il faut parler davantage d’un investissement de 5 milliards $.

Dans ce projet, il manque, par ailleurs, une vision régionale. Le maire Labeaume s’est fait imposer un lien avec la Rive-Sud et il refuse d’arrimer le tramway avec le futur tunnel Québec-Lévis, laissant cet objectif incontournable au ministère des Transports du Québec. Le BAPE est devenu le dernier rempart des citoyens pour obtenir des réponses claires. La majorité des gens de Québec a l’impression d’avoir été dupée et menée en tramway. Il serait préférable, à mon avis, de scrapper ce mauvais projet, d’autant que la pandémie et la place prise par le télétravail ont fait en sorte que ses paramètres ne tiennent plus, et de proposer un projet moins invasif. Le tramway va balafrer la ville de Québec, la paralyser et risque de se traduire par un gouffre financier, tout cela pour un gain de mobilité, somme toute, modeste. Voilà.

La suite

Voir aussi : Projet - Tramway.

Hausse spectaculaire des ventes de maisons à Québec

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 7 août 2020 Aucun commentaire

Alain Rochefort
Radio-Canada

La levée des mesures exceptionnelles visant à contenir la propagation de la COVID-19 a provoqué une hausse spectaculaire des ventes de maisons dans la grande région de Québec, selon les plus récentes données publiées par l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ).

Au total, 899 ventes de propriétés ont été enregistrées en juillet dernier, un bond impressionnant de 43 % par rapport à juillet 2019.

Les courtiers immobiliers avaient constaté une effervescence similaire en mai et juin, au début de la période de déconfinement.

La suite

Voir aussi : Maison.

Tramway : le BAPE n’a pas tous les outils en main, déplore Québec 21

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 7 août 2020 1 commentaire

Marc-Antoine Lavoie
Radio-Canada

Avec un dossier d’affaires incomplet et des études désuètes en main, les travaux du BAPE sur le tramway seront sans valeur, estime Québec 21. L’opposition officielle demande de prolonger la commission d’enquête, le temps que la Ville de Québec fournisse des informations actuelles à la commission.

Lors du dépôt de son mémoire devant le Bureau des audiences publiques sur l’environnement (BAPE) jeudi soir, le chef de Québec 21 a fait valoir que la commission d’enquête doit pouvoir baser ses travaux sur des informations à jour.

Les audiences publiques ont mis de l’avant le manque d’informations disponibles sur le projet, des informations qui sont pourtant essentielles, a dénoncé Jean-François Gosselin.

Il rappelle que la Ville de Québec a fourni un dossier d’affaires datant de 2019 au BAPE alors que le projet de réseau structurant de transport en commun a subi plusieurs modifications depuis.

Le document comprend des éléments comme le trambus, qui a depuis été abandonné. Il fait aussi référence à deux tunnels, alors qu’il n’y en a qu’un seul de prévu maintenant, ainsi qu’au pôle d’échange du Phare, qui ne fait plus partie du projet non plus.

Pas avant janvier 2021

Le mandat de la commission d’enquête prend fin le 5 novembre, date à laquelle un rapport et des recommandations doivent être fournis au gouvernement du Québec.

Or, la Ville de Québec a précisé en juillet dernier qu’elle pourra seulement déposer au gouvernement une version à jour de son dossier d’affaires en janvier 2021.

C’est pourtant un élément crucial pour la suite des choses , selon Jean-François Gosselin qui a également argumenté sa position dans une lettre acheminée au premier ministre François Legault.

Attendre le 3e lien

Québec 21 craint également que les projets de 3e lien et du tramway créent des doublons. Le parti croit donc qu’il serait plus sage d’attendre que le tracé du tunnel entre Québec et Lévis soit définitif avant de prévoir un second tunnel sous le quartier Saint-Roch.

Il faut que ces deux projets soient intégrés, défend Jean-François Gosselin, déplorant du même coup qu’à Québec, on a un problème. Les deux maires ne se parlent pas, ce qui mine la cohésion dans ce dossier.

Notre opinion est connue depuis longtemps. Comme 84 % des citoyens de Québec, nous sommes favorables à l’amélioration du transport en commun. Mais, le projet de tramway n’est pas le bon projet pour Québec, a-t-il affirmé.

M. Gosselin a aussi soulevé qu’en prolongeant les travaux du BAPE, les contribuables de Québec auront possiblement l’occasion de se prononcer sur le projet lors des prochaines élections municipales en 2021.

Notre souhait le plus cher est que les contribuables puissent se prononcer et voter sur le plus gros projet de l’histoire de la ville de Québec. Ce projet va changer l’histoire de notre ville à jamais, a-t-il conclu.

Fin des séances publiques

La commission d’enquête du BAPE a complété jeudi soir sa dernière séance de consultations publiques. Les commissaires ont ensuite jusqu’au 5 novembre pour rédiger et remettre leur rapport.

La suite

Voir aussi : Projet - Tramway.

Projet de tramway et auditions du BAPE: des propositions au niveau des communications

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 6 août 2020 Aucun commentaire

Après avoir constaté la chute de l’appui de le population de Québec quant à ce projet, cet intervenant (Robert Langdeau) qui a une longue expérience en communications a déposé un mémoire au BAPE.

Ses propositions

Son mémoire très intéressant.

Définition des tâches en communication

Un article de Karine Gagnon (Journal de Québec)

Voir aussi : Projet - Tramway.

Le tramway de Québec, le projet d’une élite

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 6 août 2020 6 commentaires

Stéphane Lachance
Le comité Tramway non merci

Opinions
Le Devoir

Nous sommes pour l’amélioration de l’offre de services du Réseau de transport de la capitale (RTC), mais rien ne justifie le tramway, ce projet pharaonique mal adapté à notre région, de l’avis même des usagers. Affirmer le contraire relève de la partisanerie visant à faire accoucher un projet qui n’a pas été présenté de façon démocratique aux citoyens de Québec.

Avec la COVID-19, seul un prophète pourrait identifier les nouvelles habitudes de transport des citoyens de Québec […]. Notre économie est déjà affectée par la pandémie et nous croyons que les sommes qui avaient été prévues initialement seraient avantageusement réaffectées à l’aide aux entreprises éprouvées par le confinement. Le projet qui est présenté est le projet de tramway le plus cher au kilomètre au monde.

L’empressement des partisans du tramway de procéder à l’appel d’offres découle de la peur et de la constatation que les citoyens désapprouvent majoritairement le projet, et ce, à plus de 60 %, comme l’indique un récent sondage. À l’approche des élections municipales de novembre 2021, les partisans du tramway ont besoin de sécuriser les ententes afin d’empêcher qu’une nouvelle administration, démocratiquement élue, puisse annuler le projet. Nous trouvons franchement honteux ce type de comportement qui fait fi des préoccupations des contribuables de la région.

Improvisation

Le bureau de projet est incapable de répondre à plusieurs questions qui lui sont formulées. Ce serait de la pure folie de laisser un projet aussi incomplet et dénué de logique venir défigurer Québec. Pensons seulement aux 1701 arbres matures qui seront abattus. Comment des organismes qui ont pour but de défendre l’environnement peuvent-ils signer une missive en faveur de ce projet (Collectif, « Le tramway de Québec dans la dernière ligne droite », Le Devoir, 3 août 2020) ?

On mentionne que le directeur du bureau de projet parle de respecter les budgets prévus, mais il nous a dévoilé durant les audiences du BAPE avoir l’intention de demander une subvention additionnelle de 700 millions de dollars au Fond vert du gouvernement et à Hydro-Québec. D’ailleurs, les experts s’entendent pour dire qu’avec les modifications apportées, on parle maintenant non pas d’un projet de 3,3 milliards, mais bien plus d’un projet de 5 milliards de dollars. Une pure folie dans le contexte économique actuel. Ce même bureau de projet est incapable de répondre à des questions spécifiques que lui pose le BAPE.

On nous parle de qualité de vie avec ce projet. Parlez-en à ceux dont la résidence sera à cinq mètres du trajet de tramway. Aux commerçants qui auront à endurer pendant quatre ans des travaux qui empêcheront leur clientèle de venir visiter leurs commerces librement. Des 148 carrefours infranchissables par les voitures en raison de l’installation d’une dalle de béton. De l’augmentation de 244 % de la circulation au pied de la côte Saint-Sacrement. Des 21 minutes de plus pour accéder à la colline Parlementaire à partir du bas de la ville, dans Saint-Roch. Des 3 ans de dynamitage dans le quartier Saint-Jean-Baptiste et des 40 000 voyages de camion nécessaires pour évacuer le matériel. Qualité de vie, vraiment !

Le gouvernement doit faire preuve de logique et de bonne gestion et constater que ce projet ne correspond en rien à ses exigences initiales de couverture de la toile périphérique, d’interconnexion avec la rive-sud et de respect des budgets, comme l’avait mentionné la vice-première ministre, Geneviève Guilbault.

Besoins de la population

Les contribuables méritent un meilleur respect que ce que l’administration municipale actuelle a su démontrer en utilisant à plusieurs reprises sa majorité afin d’empêcher la tenue d’un référendum clair sur la question.

Nous tenons à affirmer que nous sommes pour l’amélioration du réseau de transport en commun de la capitale nationale et que ce réseau doit être accessible au plus grand nombre de citoyens. Considérant que le projet actuel ne compte pas desservir l’aéroport, le mégahôpital, l’édifice du Revenu, la gare de train ou le centre Vidéotron, il est clair qu’il ne correspond pas aux besoins de la population. Il s’agit plutôt du rêve d’une certaine élite qui ne rejoint en rien l’opinion majoritaire des contribuables.

Monsieur le premier ministre François Legault, laissez les gens de la région de Québec décider et établir clairement leurs besoins à l’élection de novembre 2021. Il faut décréter immédiatement un moratoire sur le projet actuel et un gel des sommes déjà octroyées dans le dossier.

Le texte

* Présentation de leur mémoire au BAPE ce soir.

Voir aussi : Projet - Tramway.

Autres billets récents