Cela fait maintenant environ trois ans que l’on entend parler des fusions municipales. Autant avant ces fusions que lors du présent débat sur les défusions, c’est la même rengaine. Les taxes. L’argent. Les taxes. Accessoirement, comme pour montrer que ce n’est pas juste à cause des taxes qu’on est pour la défusion, on parle des « services » qui seraient maintenant moindres.
Personnellement, il me semble que le principe des fusions n’a rien à voir avec un meilleur partage des dépenses et des revenus à travers l’ensemble des citoyens de la région.
Le Soleil a bien expliqué ma vision dans un article publié samedi.
S’il y a un terrain où pro-fusions et défusionnistes peuvent se rejoindre, c’est bien celui de l’aménagement du territoire. Des efforts coordonnés permettraient à la Ville de Québec, mais aussi à la région, un développement plus efficace, cohérent, responsable et durable.
On n’a pas réinventé la roue : il y avait déjà, à l’époque de la Communauté urbaine de Québec (CUQ), un schéma d’aménagement du territoire pour la région. Mais toutes les bonnes intentions qu’il contenait étaient trop souvent mises de côté à la faveur de tractations et d’alliances stratégiques : « Permets-moi un développement résidentiel, j’appuierai ta grande surface. » C’était le « chacun pour soi et chacun chez soi ».
Le schéma guide les interventions d’une ville sur son territoire en matière de logement, d’agriculture, de diversification économique, de transport, etc. Or, avant le regroupement, il était plus difficile d’avoir une vue ensemble. On oubliait parfois des zones, surtout aux frontières, qui restaient en friche ou qui périclitaient, comme le secteur D’Estimauville.
Mais plus encore, « nous allons pouvoir développer une vision pour de grands projets », estime Odile Roy, responsable de l’aménagement du territoire au sein de l’exécutif de la Ville de Québec.
Les défusionnistes préconisent une mosaïque de municipalités, mais reconnaissent que le schéma est une responsabilité régionale.
Car abolir les frontières entre les municipalités permet de dresser un inventaire des terrains vacants, tant dans les centres-villes que dans les banlieues, afin de donner priorité au développement de ces secteurs et limiter l’étalement urbain. On évite ainsi l’implantation d’infrastructures coûteuses et on maximise celles qui sont déjà installées.
Québec est passé à l’acte depuis avec ses zones prioritaires de développement résidentiel. L’établissement de celles-ci permettra également, croit-on, une protection plus adéquate des milieux naturels. La Ville s’est d’ailleurs dotée d’un plan directeur de protection et de mise en valeur de ceux-ci et de la forêt urbaine.
Il est aussi plus facile d’assurer la continuité, par exemple, entre le centre-ville de Québec et le plateau de Sainte-Foy. « On ne vit plus une concurrence, mais un développement en axe qui favorisera aussi le déploiement du transport en commun », illustre Mme Roy.
Parlant de concurrence, la politique de gestion des parcs industriels a permis d’éliminer celle-ci et de faire augmenter le prix de vente des terrains industriels dans certains secteurs, à Saint-Augustin, par exemple.
Autre action posée en aménagement du territoire : le moratoire sur les grandes surfaces. De cette façon, la Ville peut juger du meilleur endroit pour les installer et limiter les répercussions sur le commerce local, le transport et l’environnement.
Avec le regroupement, Québec cherche à se donner les moyens de ses ambitions en matière d’intervention : la ville nouvelle a plus de ressources, tant financières que techniques, pour adopter une certaine unité dans l’urbanisme qui tient compte des spécificités locales et s’adapte à chacune des réalités.
La revitalisation annoncée de la rue Racine, par exemple, dans Loretteville, où on « importe » le programme d’aide à la rénovation des façades commerciales et résidentielles de Saint-Roch.
Une fois le plan directeur déposé, en décembre, et adopté, celui-ci fera partie du futur schéma d’aménagement et de développement économique de la Communauté métropolitaine de Québec (prévu pour 2006). Pour réaliser le schéma, les élus des 26 municipalités de la CMQ s’attaqueront à cinq thèmes vitaux pour la région : l’économie, l’environnement, le social, l’international et l’organisation du territoire.
A l’échelle de la ville d’abord, puis de la région ensuite, les élus souhaitent que ces schémas permettront à Québec de se donner un rôle de chef de file, un exemple à suivre en matière de développement.
« Ce sont des moyens qu’on s’est donné pour atteindre des objectifs de développement durable et environnementaux », résume Odile Roy.

Éric Moreault, 8 mai 2004. Reproduit avec autorisation



10 mai 2004 à 17 h 32
J’avais aussi lu et je ne peux qu’être d’accord. Malheureusement, le citoyen s’en branle et comme tu le dis, le mot « taxes » est le seul que les défusionneux ont en bouche. L’aménagement du territoire et l’urbanisme ratissent large et sont au coeur de nos vies et dessinent ou non l’harmonie de nos territoires. Conséquemment, selon la qualié de ce qui est proposé et fait, il a un impact sur les finances et les comptes de taxes.
Mais parler d’aménagement du territoire, c’est comme les investissements dans les aqueducs ou les égoûts : c’est moins « glamour » et moins payant politiquement, contrairement aux prolongements d’autoroutes (lequel en particulier ?) et aux taxes qui sont plus palpables.
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12 mai 2004 à 17 h 13
Le problème avec les taxes c’est qu’il s’agit d’un impot sur le capital et non pas sur le revenu. Pour certains citoyen, c’est négligeable dans leur budget, pour d’autres c’est vital. C’est le cas de plusieurs retraités qui vivent dans leur maison depusi 40 ans et qui soudainement se retrouve avec une évaluation qui explose sans que leur revenu change.
En passant, le simple phénomène d el’inflation du prix des maisons fait que beaucoup de contribuable voient leur taxes augmenter même si la ville fait des réajustements de ses taux de taxation. Les fluctuation autours de la moyenne n’étant pas corrigées.
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