Vous le savez comme moi, ce n’est jamais facile de trouver le bon cadeau. La plupart du temps, on ne sait pas quoi acheter. Est-ce que la personne va l’aimer, cette lampe feng shui qui s’éteint et s’allume lorsqu’on tape dans les mains, cet ensemble de serviettes de bain aux couleurs de l’arc-en-ciel, ce nouveau livre de recettes sans gras trans ni cholestérol, mais bourrées d’omega-3 ?
On ne veut pas non plus payer trop cher, on ne veut pas passer pour un gratte-la-cenne itou. Non vraiment, ce n’est pas toujours un cadeau de trouver le bon cadeau, ceci dit sans aucune volonté sadique de ma part de vous signaler, juste comme ça, en passant, qu’il reste seulement 81 jours avant Noël.
Dans ma grande naïveté, je croyais que la tâche était plus facile lorsque celui qui recevait le cadeau nous aidait à magasiner et qu’il ramassait la facture. C’est encore pire. Regardez ce qui se passe entre la Ville de Québec et la France au sujet des Fêtes du 400e…
Maintenant que le projet d’escAllier monumental est mort et enterré, le maire L’Allier s’arrache les cheveux pour aider nos amis français à nous dénicher un cadeau qui a de l’allure. Le Tour de France, c’était bien beau, mais ça n’avait pas grand-chose à voir avec un « geste urbain durable ». Pas plus que l’idée, comme l’ont suggéré certains, de se faire offrir des égouts neufs. Non mais, ça va pas la tête…
En fin de semaine, Jean-Paul L’Allier a indiqué qu’il n’écartait pas l’idée de suggérer à nos généreux cousins de regarder ce qu’ils pourraient faire pour donner plus d’éclat à place de Paris.
Quoi ? Vous ne savez pas où est place de Paris ? Et si je vous disais que c’est là où se trouve un gros bloc de marbre blanc, qui jure dans le paysage de place Royale autant qu’un bouton sur le nez de Monica Bellucci. Un gros bloc monolithique qu’on croirait sorti du film 2001: L’odyssée de l’espace et qui représente, ça tombe bien, un homme du futur, la ressemblance est tellement évidente, ouvrez-vous les yeux. Un gros bloc sans âme et qui, malgré son attirante blancheur, n’a jamais été victime des amateurs de graffitis, allez comprendre quelque chose aux vandales…
Si l’idée d’une place de Paris rafraîchie vous sonne une cloche, c’est peut-être que vous l’avez lue ici même, dans cette page, il y a deux ans et demi. Car cette chronique, toujours à la recherche du gros bon sens, même s’il n’y en a jamais de facile, sait aussi faire dans la prophétie, ou du moins, dans le conseil qui se tient debout. Ainsi, au sujet de ce gros cube Rubik, témoignage de l’affection infinie des cousins français à notre égard, et affectueusement baptisé Colosse, je me demandais, le 23 avril 2002, s’il n’y aurait pas moyen de l’enjoliver, de lui faire subir une transformation extrême, une sorte de métamorphose miraculeuse comme c’est devenu la mode à la télé, bref, n’importe quoi en autant qu’on le remarque un peu moins, ou qu’on le remarque, mais pour les bonnes raisons.
A l’époque, je terminais même ma chronique par une suggestion à faire faire un salto arrière triple vrille à Nostradamus dans sa tombe : tiens, ce serait un bien beau projet pour les Fêtes du 400e…
Non mais, si ce n’est pas de la grosse prophétie ou du pif au cube, ça, dites-moi ce que c’est, nom d’une Bobinette, que je me force un peu plus les méninges afin de découvrir où se trouve le tombeau de Champlain…
A l’origine, il est bon de le rappeler, le projet de place de Paris n’était pas seulement une histoire de gros bloc tombé du ciel. Un urbaniste de la Ville de Québec, Jean Jobin, m’avait montré les plans originaux de l’ensemble de l’oeuvre, telle qu’elle devait apparaître une fois terminée. Colosse était toujours dans le décor, regardant platement le fleuve comme seul un beau bloc blanc peut le faire, mais il avait les pieds dans l’eau. Des marches conduisaient jusqu’au monument, depuis un bassin construit en continuité avec le fleuve. On devait aménager un petit pont dans la rue Dalhousie, à l’image de ceux qui traversent la Seine, à Paris. En face, les quais auraient subi une cure de rajeunissement pour améliorer le coup d’oeil.
Le projet avait de la gueule et du panache. Tout à coup, Colosse apparaissait moins orphelin. On donnait une signification à son insignifiance. Le projet ne s’est jamais réalisé. A l’époque, on évaluait le coût des travaux entre 15 et 20 millions $. C’était il y a 17 ans, allez savoir ce qu’il en coûterait aujourd’hui. Facilement le double, peut-être davantage. En plus, imaginez le bonheur, il n’y aurait rien à démolir, pas même une vieille bretelle d’autoroute qui arrive dans un mur. Il faudrait seulement déplacer Colosse pour quelque temps, voir le fleuve sous un autre jour pourrait lui être bénéfique, le pauvre.
C’est un projet qui vaudrait peut-être la peine de sortir des boules à mites. Le temps presse, 2008, c’est bientôt, il va bien falloir qu’on s’entende un jour avec nos donateurs français, sinon ils vont finir par le donner à un autre pays, leur cadeau. Et ils auront raison de le faire.
Puisque je suis un indécrottable prophète, j’y vais de ce pas d’une autre prédiction à vous défriser les couettes : si le projet original de place de Paris commence à faire parler de lui, quelqu’un trouvera bien une façon de monter une cabale au village pour dire que c’est le genre de cadeau dont on pourrait se passer…

Normand Provencher, 5 octobre 2004. Reproduit avec autorisation



7 octobre 2004 à 07 h 58
Ma pensée du jour:
3ans…le compte à rebours est lancé!
Le bassin louise va être refait…comment?
La place de paris revampé..ouah!
A regarder comment c’est passé la journée sans voiture ainsi que le passage de la Reine Marie 2…je me dis que tous ces travaux étalés sur 3 ans vont être tout un plaisir!
bonne journée
bunny
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