Dans l’ensemble, Québec ne fait pas pitié en équipements récréatifs et culturels. Mais ses équipements accusent leur âge. La Ville devrait investir 111 millions $ supplémentaires d’ici 2010 simplement pour les maintenir en état. Et il y a des manques criants de terrains de soccer, de piscines publiques et de parcs adéquats. Sans parler des installations pour ses visiteurs…
Ce sont les principaux constats du plan directeur des équipements récréatifs et culturels présenté par le consortium formé des firmes Plurem et Sodem Recherche et Développement à la Ville de Québec. On recommande aussi, c’est dans l’air du temps, d’analyser l’opportunité de recourir au privé pour l’administration de certains équipements.
Le rapport « est un bon outil de gestion pour que les arrondissements puissent établir leurs priorités », estime Guylaine Noël, la présidente de la commission consultative sur les loisirs, les sports et la vie communautaire.
Une vue plus globale de la situation permettra aussi des choix plus judicieux. Comprendre : dans un contexte budgétaire serré, il faudra faire des choix – parfois douloureux.
Le rapport parle d’un « déficit d’entretien ». Il suggère également d’autres moyens que des sommes supplémentaires pour maintenir en bon état les équipements, comme rationaliser le parc immobilier et profiter des opportunités d’acquisition des édifices publics.
La conseillère considère que le montant de 111 milions $ paraît beaucoup plus élevé qu’il ne l’est en réalité. Il y a, dit-elle, déjà beaucoup de choses qui se font en donnant en exemple l’arrondissement Sainte-Foy-Sillery qui investira l’ensemble de ses 400 000 $ en 2005 dans un terrain synthétique de soccer – le central versera les 800 000 $ manquants. Beauport aussi se dotera d’un tel terrain (peut-être deux) l’an prochain, à proximité de l’aréna Giffard.
La Ville consacre un peu plus de 7millions $ par année au chapitre du fonctionnement et des investissements, mais il est impossible de savoir combien d’argent va à l’entretien des équipements. Chaque arrondissement gère les sommes, qui sont puisés dans divers postes budgétaires, au gré des responsables locaux.
De tous les arrondissements, Sainte-Foy-Sillery est celui dont la désuétude des équipements est la plus préoccupante et qui demanderait les plus importants investissements : 23 millions $. Mais les trois arrondissements de Québec suivent de proche. Sans surprise, compte tenu de leur développement plus récent, les arrondissements de la Haute-Sainte-Charles et Laurentien demandent peu d’efforts de conservation.
Lorsqu’on consulte le rapport, certaines urgences sautent aux yeux. Pour ce qui est des terrains de soccer, par exemple, la demande est forte dans tous les arrondissements (sauf Laurentien) alors que l’offre est faible. La situation est un peu moins préoccupante pour les gymnases, sauf dans La Cité où il faudrait y remédier le plus tôt possible.
Vieillissement
Le vieillissement de la population et l’étalement urbain contribuent aussi à certaines situations paradoxales. La Cité compte sur de nombreuses salles de spectacles pour la demande alors qu’à Beauport, la demande est très forte et l’offre, très faible.
Autre signe des temps et du déclin de la popularité du hockey, la fréquentation des patinoires intérieures s’annoncent faible dans les prochaines années alors que Québec compte sur un réseau, sauf exception, bien développé.
Néanmoins, le rapport recommande des études supplémentaires pour mesurer l’ampleur et l’adéquation entre les équipements et les besoins pour les gymnases, les piscines et les arénas ainsi que les équipements culturels de proximité et communautaires.
Toutefois, à l’approche du 400e de Québec, « le développement progressif en matière d’équipements récréatifs et culturels ne doit absolument pas se limiter à combler les besoins de ses citoyens. Elle doit également pouvoir offrir des expériences de calibre international à ses visiteurs », conclut le rapport.
Surtout que le réseau d’équipements sportifs intérieurs et extérieurs de Québec s’adapte difficilement aux besoins des athlètes de haut niveau de même qu’à la tenue d’événements sportifs de grande envergure.
Le rapport recommande donc la mise en place d’un comité de concertation pour que les projets, comme l’agrandissement du PEPS ou le Centre aquatique de Québec, soient complémentaires et répondent à une stratégie d’ensemble.
PROJETS PRIORITAIRES PAR ARRONDISSEMENT
La Cité
– Réaménagement des parcs Lucien-Borne et Berthelot
– Étude pour une bibliothèque dans Saint-SauveurDes Rivières
– Équipements sportifs et pavillon de services au parc de l’Escarpement
– Mise aux normes de plusieurs édificesSainte-Foy-Sillery
– Relocalisation de la piscine du parc Saint-Thomas
– Voies cyclables chemins Sainte-Foy, Saint-Louis et des Quatre-BourgeoisLaurentien
– Construction d’une piscine intérieure
– Expansion des pistes de ski de fond de la base de plein air Val-BélairBeauport
– Voies cyclables et raccordement de celles-ci aux autres arrondissements
– Local spécialisé pour la gymnastiqueLimoilou
– Rénovations majeures du centre Monseigneur-Marcoux
– Aménagement de parcs de voisinageHaute-Saint-Charles
– Aménagement des parcs existants et nouveaux parcs de voisinage
– Construction d’un gymnase à l’école AventureCharlesbourg
– Réaménagement des parcs des Verveines, Terrasse Bon Air et Notre-Dame
– Réfection de la piscine et des vestiaires de l’Arpidrome

Éric Moreault, 15 octobre 2004. Reproduit avec autorisation


