Ça revient chaque fois que la Ville annonce qu’elle investit dans le joli. Comme une crise d’urticaire, provoquée par une intolérance à ce que l’argent public serve à autre chose qu’à ouvrir des lits d’hôpitaux ou à remplir des nids-de-poule. Il y a à Québec, sachez-le, plusieurs allergiques au beau.
Qui se rappelle encore de la zone sinistrée qui est devenue le parc Saint-Roch ? Allez, allez, faites un petit effort de mémoire. Remontez en 1992, quand le maire L’Allier passait pour un hurluberlu chaque fois qu’il parlait de faire revivre le centre-ville, laissé pour mort depuis belle lurette.
Quand il a dit qu’il voulait mettre six millions de dollars de nos taxes gagnées à la sueur de notre front dans du gazon et une cascade, l’éruption cutanée a été immédiate. « Ça va être la place des putes », c’est « un trop beau parc pour Saint-Roch », un « parc de la police », disaient des allergiques. « Ce n’est pas un parc que nous voulons mais de nouveaux clients », a même lancé un commerçant, aussi atteint du mal.
La Ville ne s’est pas arrêtée là. Les millions – et les projets – se sont multipliés, les boutons aussi. Jusqu’au jour où les hypersensibles ont dû se rendre à l’évidence : Saint-Roch est revenue à la vie et la vie est revenue dans Saint-Roch. Qui s’ennuie du « parc des minounes », comme l’avaient baptisé les fonctionnaires de la ville ? Qui s’ennuie de l’édifice Lafayette, aussi affreux qu’orange ? Qui s’ennuie des taudis en ruine qui bordaient la côte d’Abraham avant que la Ville en fasse le complexe Méduse ?
Qui ?
Personne.
Mais les allergiques ne sont pas guéris. Leur aversion pour le beau dans le laid s’est convertie en répulsion pour le trop beau. Habitués au nouveau Saint-Roch et à tout ce qui s’est fait autour du parlement, ils sont, comme qui dirait, désensibilisés. Je les soupçonne même de trouver ça réussi quand ils partent de la porte Saint-Louis et descendent en basse ville.
Mais il y a des maudites limites, qu’ils disent aussi, en se grattant frénétiquement le dos.
Le maire L’Allier veut toujours plus de beau, les allergiques n’en peuvent plus. Après le parc de six millions, le nouveau Saint-Roch, la nouvelle gare, la métamorphose de la haute ville, il a voulu s’attaquer au trou de beigne : les maudites bretelles d’autoroutes qui ne vont nulle part. Il a voulu faire un autre parc, encore du gazon avec nos taxes gagnées à la sueur de notre front. Pas de cascade, mais un escalier.
Et Québec a été secouée par une véritable épidémie de rhume des foins public dépensé pour le joli.
Avec le 400e anniversaire de Québec qui s’en vient plus vite qu’il n’y paraît, on n’en a pas fini avec les poussées d’urticaire. C’est déjà commencé d’ailleurs, avec cette fontaine de Tourny, que M. Simons est allé débusquer chez nos cousins français et qui reprendra du service devant le parlement.
Premier projet concret, première réaction allergique. Un « cadeau de Grec » que m’a écrit un quidam, qui trouve que 1,8 million $ des payeurs de taxes, c’est un « scandale » pour une « patente » de 4 millions.
Qu’est-ce qu’aurait dû faire Simons pour montrer son attachement à la ville, monsieur ? Acheter des camions de pompiers ? Ou plutôt des patchers, ces machines révolutionnaires qui colmatent 300 nids-de-poule en une seule journée ? A 200 000 $ pièce, le mécène aurait pu en acheter une vingtaine et passer à l’histoire pour avoir éradiqué l’acné printanière de nos routes.
Ça me fait d’ailleurs penser à une enquête menée il y a une dizaine d’années, qui révélait qu’une bonne majorité des employés municipaux gagnant plus de 50 000 $ par an vivaient en banlieue. Je soupçonne qu’ils ne sont pas les seuls et que les allergiques au beau doivent y être plus nombreux qu’ailleurs. Comme si vivre en banlieue leur donnait le droit de chialer contre des choses dont ils ne profitent pas vraiment de toute façon.
Et que je n’en surprenne pas un à s’acheter une belle fontaine ou une « patente » hors de prix pour mettre sur son terrain, pendant que le robinet de l’évier fuit.

Mylène Moisan, 22 novembre 2004. Reproduit avec autorisation



22 novembre 2004 à 10 h 07
Ah! Excellent! Mme Moisan exprime parfaitement ma pensée. Les citoyens de Québec sont des champions chialeurs! Pendant ce temps, Québec est en train de devenir une ville dortoir, plate comme c’est pas permis.
Autrefois perçue comme une ville qui bouge, les gens des quelques autres forums de discussion sur l’ubanisme queje fréquente et vivant à l’extérieur de Québec se surprenne maintenant du peu de piétons ou de gens présents sur les quelques photos de Québec.
On veut convertir l’église Saint-Coeur-de-Marie? Ne faites surtout pas quelque chose de trop bruyant ou quelque chose qui attirerait plus de monde, ça dérangerait les voisins. Après tout, ils vivent en ville pour avoir la paix, non?
Ikéa à Québec? Oubliez ça. Nous avons eu droit à une réponse que je n’avais pas vu venir mais qui, ma foi, me paraît censée : la marchandise d’Ikéa est trop « cheap » pour les gens de Québec.
Un nouveau parc au pied des bretelles d’autoroute de Dufferin-Montmorency? Êtes-vous sérieux?!! De l’argent gaspillé! Prenez plutôt cet argent pour prolonger nos routes et nos autoroutes histoire de quitter le centre-ville le plus vite possible le soir venu et de pousser encore plus loin les limites de l’imaginaire en s’installant aux frontières du Parc des Laurentides ou du Lac-Beauport.
Eh! C’est l’fun Québec!
Pour un citoyen de Québec, une nouvelle succursale de Home Depot, ça c’est beau. Un nouveau hyper-méga Maxi, ça c’est bien. Un « stassstionnement » plus grand, ça c’est parfait. Toutefois, un parc pour tenter de redynamiser un quartier (surtout s’il est situé au centre-ville), ça c’est de l’argent gaspillé.
Résultat, Québec est entrain de devenir le plus grand foyer de personnes âgées au Canada. Les jeunes quittent la région à la vitesse « Grand V ». Au moment où nous devrions être plus solidaires que jamais, on se fait la guerre pour une maudite fontaine et on divise nos maigres forces en encourageant la progression de l’étalement urbain.
Manque de vision (commune), manque de leadership, manque de couilles. On manque de plusieurs choses à Québec à commencer par l’espoir.
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22 novembre 2004 à 10 h 59
Justement, il y avait longtemps que je ne m’était pas promené dans Saint-Roch un samedi après-midi… et j’ai trouvé qu’il y avait BEAUCOUP de monde, ça grouillait, c’était bien vivant!
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22 novembre 2004 à 11 h 02
Je suis de mauvais poil ce matin. Désolé. Je voulais juste ajouter en terminant que sans le Vieux-Québec, cette ville ne serait digne de mention en rien.
La seule activité répertoriée pour l’instant est le magasinage (en banlieue) dans des boutiques que toutes les autres villes canadiennes offrent de toute façon.
Les salles de cinéma (en banlieue) sont bondées de jeunes qui pourraient faire prospérer le coeur de la cité mais qui n’offre strictement rien d’agréable.
Québec est une ville de plus en plus ennuyante. Les jeunes préfèrent aller veiller dans un bar merdique du campus de l’université Laval qu’en ville. Les jeunes voyagent en voiture donc ne favorise pas l’échange ni la propagation d’énergie urbaine que seuls des lieux de rassemblement citadins peuvent apporter.
Les mauvaises nouvelles s’accumulent sur Québec depuis quelques semaines. J’en reviens du marasme dans lequel Québec est plongée.
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22 novembre 2004 à 11 h 15
Serge, j’ai remarqué la même chose. Ça fait un bout que j’habite le quartier et c’est la première fois que je remarque un achalandage comparable au Vieux-Québec durant la fin de semaine.
Ça sent bon la vie! :)
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22 novembre 2004 à 11 h 37
Québec devrait avoir honte avec Charrue d’avoir saboté la place de France.
Qu’on se ravive un peu, qu’on vise le haut pour une fois.
Le marasme c’est du passé. La ville de Sainte fOY, la mairesse Boucher et compagnie, c’est du passé. Le passé c’est pour les morts.
Il y a des jeunes à Québec qui veulent faire avancer les choses. Le centre ville est devenu splendide avec ses avenues Saint-Joseph et Saint Vallier, ainsi que Charest .
C’est notre capitale nationale, et lors qu’on lui donne du panache d’AvaNT GARDE, c’est TOUT le Québec en entier qui avance!!!
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22 novembre 2004 à 13 h 18
Ben là, tu me déçois Patrick… Moi qui croyait que ce que j’avais vu dans Saint-Roch samedi après-midi était probablement habituel. Est-ce à cause du magasin Benjo et de Noël qui approche???
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22 novembre 2004 à 15 h 05
Benjo, oui, et les 5 autres magasins qui ont ouvert leurs portes depuis quelques semaines. Je ne crois pas que ce soit passagé, mais c’est effectivement récent.
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22 novembre 2004 à 15 h 06
… 6 autres magasins. J’avais oublié la bijouterie!
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22 novembre 2004 à 22 h 22
Très bonne expression de Mylène Moisan, et surtout, bien articulée.
Je dois toutefois avouer que je suis de ceux qui n’appuient pas vraiment l’escalier, mais je suis entièrement pour qu’on développe un parc à cet endroit. Autrement dit, je trouve l’escalier un peu ridicule car on ne pourra pas l’emprunter 12 mois par année (je doute très fort qu’on le déglace et déneige continuellement), en plus d’aboutir entre 2 bretelles d’autoroute (les 2 bretelles restantes) en haut.
On pourrait néanmoins changer cet escalier en estrades (je suis certain qu’avec les bretelles restantes comme structures, il y aurait moyen de faire un bon show à cet endroit!), ou dans le plus tranquille, l’idée de jardins suspendus (en gardant des bretelles probablement) me plait beaucoup, bien qu’elle ne fut jamais évoquée à la ville…
On a un quadrilatère, des structures de béton, et un cap. Il doit y avoir moyen de faire mieux qu’un escalier!
Mais pour l’idée générale du message de Mylène, et dans le particulier, pour sa réplique aux « chialeux contre la fontaine de M. Simons », je ne peux être qu’entièrement d’accord avec elle.
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23 novembre 2004 à 09 h 26
Les « chiâleux » à Québec, il y en a deux sortes: ceux qui ne veulent pas de développement, et ceux qui trouvent qu’il n’y en a pas assez.
J’appartiens à cette deuxième catégorie. Ainsi, je fus de ceux qui chiâlaient contre le projet St-Roch, parce que je souhaitais qu’on en fasse au moins 4 fois plus. Ce qui a été fait, je le dis ouvertement, est très joli. Mais c’est bien peu. Bien insuffisant à mon goût. Avant que mon travail ne me conduise ailleurs (car j’y étais), j’ai eu le temps de voir fermer un café , qui déjà fermait ses portes à 18 heures. J’ai eu le temps de voir un parc qui tombe mort à 17 heures.
En ce qui concerne la place de France, je m’y suis opposé également. Parce que je rêve depuis que je suis tout petit de voir surgir de Québec quelque chose de merveilleux pour célébrer son rôle de phare de l’Amérique française. On ne viendra tout de même pas m’accuser d’avoir de petites ambitions, j’espère ? Qu’aie-je eu comme assiétée ? Un escalier.
Cependant, je trouve l’initiative de Simons superbe. Que ne devrait donc faire tout la ville ensemble si un commerçant peut donner tant à Québec, à lui seul ? Ce ne sera que la troisième fontaine digne de ce nom à Québec (si peu, est-ce croyable ?) et, si on ne compte pas la cochonnerie en tôles rouillées qui afflige la fantastique gare du Palais, ce sera la seule autre fontaine qui a de l’allure dans la capitale, après celle de la Place d’Armes.
Ne rien vouloir accepter, c’est tragique. Mais ne pas vouloir accepter du petit, quand on veut avoir du grand, ça se défend.
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23 novembre 2004 à 14 h 35
Juste un petit commentaire pour dire que moi non-plus je ne fais pas une fixation sur l’escalier « pour l’escalier » comme si « L’escalier était la finalité…
« Donnez-moi mon escalier sinon je meurs » n’est pas ce que je pense.
Le projet était un ébauche(il fallait bien partir d,un point de départ j’imagine) dont le but avoué était la destruction des bretelles Dufferin, l’aménagement d’un lieu en remplacement du « trou sous les bretelles et d’assurer un nouveau lien prestigieux entre haute-ville et basse-ville…de même que compléter l’axe ou la Place du Parlement par Honoré-Mercier jusqu’en basse-ville.
Ca aurait pu être un genre de rocaille fleurie avec des chemins de traverses…
Ca aurait pu être un genre d’escaliers à paliers asymétriques accompagné de sculptures d’art…
Dans le parc St-Roch il y a 2 escaliers et personne n’en parle…c’est l’ensemble du projet qu’on remarque.
Ici tout le monde ne parle que du tepee et de l’escalier alors que le projet n’a JAMAIS franchie l’étape de l’ébauche… c’est resté une PROPOSITION de départ »
Ce que j’ai toujours défendu , c’est un PROJET pas un objet…(et je le défends encore)
Certains pensent: »Bon tournons la page c’est chose du passé maintenant »
D’autres pensent: » plus le centre-ville/st-roch va se développer… plus la nécessité d’aménager ce lieu(le trou sous les bretelles) va revenir constamment,
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23 novembre 2004 à 15 h 45
Effectivement, je pense qu’il faut tourner la page… Sauf que, à titre de maire d’estrade, j’exige qu’il y ait une autre page. Une vraie, Une page sur laquelle on commémore 400 ans de présence en Amérique avec autre chose que la démolition d’une autoroute et un jardin.
Pensez-y comme il faut, là: un événement de l’envergure du 400ème, le prochain aura lieu en 2108. Allez-vous me faire croire que la démolition d’une autoroute et la construction d’un jardin sont des projets qu’on ne fait qu’une fois dans un siècle ?
Regardez de l’autre côté de la Haute-Ville pour voir ce que 1908 nous a donné… Vous ne trouvez pas qu’il y a une disproportion ridicule entre le Parc des Champs de bataille et feu Place de France ?
Pour le 400ème anniversaire de Québec, ce n’est rien de moins qu’un projet de l’ampleur de la revitalisation complète des berges de la capitale, du Parc Cartier-Brébeuf jusqu’aux ponts, qui serait de mise. Rien de moins.
Ce qui me sidère, c’est que, au lieu d’exiger collectivement un plancher en dessous duquel la ville ne devrait pas descendre, il y a la moitié des Québécois qui se contentent d’un plafond bas (un projet de démolition) et l’autre moitié qui se contente de rien (pas de projet pantoute).
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23 novembre 2004 à 16 h 42
On veut profiter du 400e pour recevoir des cadeaux sous forme d’infrastructure. C’est une belle occasion, mais il ne faut pas s’arrêter là.
L’anniversaire de Québec aura une grande attention internationale en 2008. J’espère que nous saurons en profiter pour dire au monde entier que Québec est une ville dynamique, moderne et ouverte sur le monde.
Des infrastructures, on peut s’en payer n’importe quand. Mais avoir une telle attention gratuite, ca ne reviendra pas avant un petit bout.
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23 novembre 2004 à 19 h 59
De gérant d’estrade à gérant d’estrade: « Selon-moi le projet « place de France » a plus d’impact…
La preuve?
Le projet « place de France » n’est pas LE projet du 400 ieme. C’est UN projet offert par la France, mis en vitrine à coté d’autres projets comme
-la revitalisation des berges du fleuve offert par le Canada , je crois
-la revitalisation de la riviere st-charles offert par le gouv. du Québec …
-la mise en place d’une fontaine offert par un donateur privé …(Simons)
-Et qui sait si la Chine offrira pas un boudha à mettre dans le parc Cartier-Brébeuf
Alors , pourquoi focuser sur le Projet Place de France???
Parce qu’il a un Impact; il ouvre des blessures!
Le maire Lamontagne y a vu une attaque ou une remise en cause de son administration
La Voirie Provinciale a tout fait pour que le projet ne se réalise jamais(gonflement de coûts)pcq il remet en cause son idéologie…
De même qu’il a réveillé les anti-France, les anti-urbains.les anti… euh les anti-tout!
Le maire Lamontagne dans sa grande sagesse l’a bien senti en écrivant: Pour un projet qui rassemble au lieu d’un projet qui divise »
Sauf que un projet qui rassemble , dans le contexte , ca veut dire qui déplaira à personne…un genre de musique d’ascenceur que personne aime mais qui agresse personne…
Tiens ; des fleurs, personne est contre ca des fleurs…
Moi ce qui m’intéresse dans le 400ieme , c’est commémorer ,pas occulter
Moi je fais le pari qu’on est assez mur pour commémorer sinon c’est : » Tiens des fleurs, personne est contre ca des fleurs »
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24 novembre 2004 à 09 h 05
Petite rectification à mon commentaire:
Au lieu de :
» … … Sinon ce sera… Des fleurs, Tiens des fleurs, personne n’est contre ca des Fleurs. »
il aurait fallu lire:
» … …Sinon ce sera… Des Hot-dogs, Tiens des hotdogs gratuits ; personne n’est contre ca des hot-dogs Gratuits… » -pour commemorer-
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24 novembre 2004 à 16 h 45
Je prête la plus grande attention à la Place de France parce que c’est un cadeau.
Je considère que la revitalisation des Plaines d’Abraham permirent d’immortaliser les souches britanniques de Québec, ne serait-ce que parce quelles intègrent une bonne partie du système défensif de l’époque du régime anglais, et aussi parce que l’aspect général des lieux présente un caractère nettement anglo-saxon. Et c’est très bien ainsi.
En contre-partie, je m’attend à ce que Québec se face un « lifting » AU MOINS de la même ampleur lors de son 400ème anniversaire, celui où la ville est supposée cette fois-ci mettre l’accent sur l’aspect français de son héritage.
Bien franchement, dites-mois lequel des deux projets aurait eu le plus d’ampleur et d’impact sur le visage de Québec, à choisir entre l’immense ensemble du Parc des Champs-de-batailles d’une part, et un éventuel escalier menant à Saint-Roch, d’autre part ?
Il me semble que la comparaison ne tient même pas la route…
Par ailleurs, je suis prêt à parier que la France est soulagée de ne pas avoir été obligée de gaspiller 25 M$ dans un escalier.
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24 novembre 2004 à 20 h 19
Je ne suis pas certain , comme vous , que la comparaison ne tient pas la route. Il aurait d’abord fallu attendre de voir le projet conceptualisé, dessiné…
Le Coeur d’une ville
le coeur de Paris se situe probablement sur l’ile de la cité pres de l’Église Notre-Dame
Le coeur de Montréal se situe probablement vers le croisement de La Main et de Mc-Gill ou à proximité…
Le coeur de Québec se situe probablement au croisement de la rue st-Jean(qui est comme une « Main »-street) et de Honoré-Mercier ..ou pres du carré d’Youville.(dans ce coin la ,en tout cas)
Le projet « place de France » frappe donc en plein coeur de la cité (en plein dans le 1000 points ,si vous avez déjà joué aux dards)
Alors quand vous dites:
« la ville est supposée cette fois-ci mettre l’accent sur l’aspect français de son héritage.
Il me semble que mettre le projet de la France en plein coeur(dans la zone des 1000 points)de la cité …c’est METTRE LA FRANCE EN SON COEUR!
Vous , vous semblez ne pas l’avoir remarqué …pourtant bon nombre d’opposants au projet , eux, l,ont remarqué immédiatement et ca a réveillé des rancunes venant de l’inconscient( Les Maudits Christ de F…viendront pas ecoeurer)
le mot ecoeurer signifie « nous déposséder de notre coeur » en prendre possession…
A mon avis, c’est d’ailleurs une des raisons majeures de l’échec du projet.
Maintenant que les Francais sont retiré du projet, il serait possible pour la comission de la capitale nationale d’aboutir avec cette opération d’urbanisme tout à fait indispensable à la cité.
C’est malheureux à dire… mais la premiere grave erreur a été d’appeler ce projet PLACE DE FRANCE
A partir de la (du nom) le NON était déja programmé…le même projet fait par les américains aurait passé comm dans du beurre de pinotte Kraft!
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25 novembre 2004 à 08 h 05
Si la France écoeure le monde, pourquoi n’y a-t-il pas un mouvement social pour faire enterrer le parc de l’Amérique française et pour faire mettre aux poubelles la statue de Louis XIV sur la Place Royale ?
Ce qui a choqué les gens, c’est qu’on utilise (entre autres sources de financement) un cadeau de 25 MILLIONS de dollars pour faire construire un escalier.
Ça ne rentre pas dans la tête des gens de mettre autant d’argent sur un escalier. Voilà tout.
Quant au coeur géographique de la ville, ce sera facile pour n’importe quel dénigrerur, comme moi, de contre-argumenter votre choix. Par exemple, et sur une carte ça ne se discute pas, le coeur de la NOUVELLE grande ville se situe beaucoup plus près de Duberger ou de Vanier que de la rue Saint-Jean. Que faites-vous de cet argument ?
Et puis, le coeur historique de Québec se situe à la Place Royale. Sur les rives du Saint-Laurent. Puisqu’il s’agit ici de célébrer l’HISTOIRE de Québec, ce coeur devrait au moins autant être dans la mire des travaux de commémoration que tout autre éventuel centre d’intérêt, si ce n’est pas davantage.
Tout ça pour dire que le Maire Lallier a cru que le chèque de 25 millions de la France ne pouvait être mieux utilisé qu’en poursuivant la revitalisation de Saint-Roch, et il s’avère que son idée n’a pas passé la rampe.
À la base, Lallier n’a pas su trouver une idée qui irait chercher à la fois l’appui des gouvernements du Québec, du Canada et de la France, et c’est hyper malheureux.
C’est ça qu’il faut voir. Son idée était sans doute potable pour une revitalisation, mais pas bonne, pas vendeuse pour une commémoration.
Et ça m’écoeure, parce que, moi, une Place de France, j’en voulais une.
Une vraie.
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30 avril 2008 à 18 h 48
Les Québécois sont peut-être le peuple occidental chez qui le sens de l’esthétique est le plus réduit.
Exemple: vous êtes-vous aperçus à quel point il est difficile pour quelqu’un de vivre dans le Vieux-Québec? C’est qu’on n’y trouve que des hôtels et des boutiques de «souvenirs» ridicules, aux produits fabriqués en Chine par-dessus le marché. J’ai travaillé dans une de ces boutiques quand j’avais 18 ans, la patronne nous disait: Collez les étiquettes de prix sur les inscriptions «made in China», comme ça les clients ne les verront pas. Wow, quel respect du patrimoine. La majorité des commerçants du Vieux n’a aucune idée de l’histoire de la ville, n’y intéresse pas, n’en comprend ni l’essence, ni la beauté, ni la valeur culturelle, ni quoi que ce soit. Ils se disent simplement: Tiens, les touristes ont l’air d’aimer ça, on va en profiter pour essayer de leur vendre le plus de choses possible, tirer d’eux le plus d’argent possible. Ils n’ont pas l’impression de vendre l’âme de Québec, car ils ne sont pas assez sensibles pour lui reconnaître une telle âme.
J’aimerais tant que, pour le 400e, on remplace ces horreurs de magasins de souvenirs par de vrais commerces où le vrai citoyen d’ici trouverait son compte. Le citoyen de Québec y passe sa vie alors que le touriste n’y reste qu’une semaine. Pourtant c’est de toute évidence le touriste qui reçoit le plus d’attention.
Voilà donc en gros en quoi consiste la mentalité québécoise en matière d’architecture et d’urbanisme: Exploiter à satiété ce que nous avons d’intéressant, croire malgré tout que de l’argent investi dans la beauté est de l’argent perdu, et se contenter de construire des boîtes carrées ou rectangulaires avec stationnements en cherchant à minimiser le plus possible les coûts esthétiques.
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30 avril 2008 à 19 h 33
« J’aimerais tant que, pour le 400e, on remplace ces horreurs de magasins de souvenirs par de vrais commerces où le vrai citoyen d’ici trouverait son compte. Le citoyen de Québec y passe sa vie alors que le touriste n’y reste qu’une semaine. Pourtant c’est de toute évidence le touriste qui reçoit le plus d’attention. » (Django)
J’ai conversé longuement avec une propriétaire de ce genre de boutiques. Son établissement sur St-Louis est d’ailleurs le seul à vendre autre chose que du « Made in China! ».
Elle m’a fait part que même si elle voulait vendre plus de choses parfaitement québécoises ou canadiennes, la chose deviens quasi impossible à réaliser. Devant la compétition étrangère, les artisans laissent tomber. Et certains de ses visiteurs étaient manifestement des chinois qui s’intéressaient à la marchandise produite ici pour d’abord l’acheter et ensuite la reproduire chez eux.
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