Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


Pour les fêtes du 400e, un pont de Québec… rouillé; La Coalition pour la sauvegarde envisage une poursuite

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 15 décembre 2004 11 commentaires

De toute évidence, le pont de Québec ne sera pas sur son trente-six pour les fêtes du 400e. Les négociations sont au point mort quant à la poursuite des travaux. A un point tel qu’une poursuite se profile à l’horizon.

L’entente de 60 millions $ pour la réfection du pont cantilever le plus long au monde arrivera à terme en 2006. A ce moment, les poutrelles rouillées y seront encore largement majoritaires. « Entre 30 et 40 % du pont aura été complété », affirme André Caron, du ministère des Transports du Québec (MTQ). Environ 50 millions $ supplémentaires seraient nécessaires, selon lui, pour terminer le travail.

Tant du côté d’Ottawa que de celui de Québec, on se tourne vers le propriétaire du pont, le Canadien National (CN), pour relancer les pourparlers. « C’est sûr qu’il y a certaines pressions en raison du 400e de Québec et 2008, indique Pierre Leclerc, porte-parole du CN. On comprend ça, mais la direction a pris des décisions réfléchies. Aujourd’hui, l’information est toujours qu’on n’investira pas plus de sous pour la réfection du pont de Québec. »

Et, même si les sommes étaient au rendez-vous, il est loin d’être certain que les travaux seraient terminés pour les célébrations. « Ça ne semble pas possible techniquement de réaliser l’ensemble des travaux pour 2008, ajoute M. Caron, du MTQ. (…) Techniquement, ça semble très difficile, mais les paramètres financiers sont les plus contraignants. »

Ratifiée en 1997, l’entente sur 10 ans prévoit un partage des coûts entre le CN (36 millions $), Québec (18 millions $) et Ottawa (6 millions $). Divers imprévus, dont un resserrement des normes environnementales, ont gonflé la note de plusieurs dizaines de millions de dollars.

« Le CN est le propriétaire du pont et nous n’avons pas eu d’autres demandes pour des fonds supplémentaires, indique le porte-parole de Transports Canada, Brian McGregor. Le CN est responsable. »

Même chose au MTQ, qui, après avoir manifesté un intérêt pour la poursuite des travaux, attend que le propriétaire se positionne. « Actuellement, il n’y a aucune négociation », indique M. Caron.

Au CN, on dit que les 36 millions $ convenus auront été investis et que la priorité était les travaux de sécurisation du pont. Il est maintenant « sécuritaire pour de nombreuses années », assure-t-on. Consciente de « l’irritant potentiel visuel », l’entreprise n’a toutefois plus de programme pour repeindre les ponts. « Il y a de l’entretien, mais on ne repeint plus les ponts à travers le réseau, affirme M. Leclerc. (…) Avoir une couche de peinture amène une protection supplémentaire, cependant, lorsqu’on voit la rouille sur un pont, ça devient aussi une couche protectrice. »

Poursuites

Pour le président de la Coalition pour la sauvegarde et la mise en valeur du pont de Québec, Jacques Jobin, l’équation est simple : un pont qui rouille est un pont qui se détériore. Laisser la situation perdurer revient à condamner la structure.

La Coalition a remis le dossier dans les mains d’un avocat et doit obtenir un avis juridique dès le début de l’année prochaine. Si l’avis est positif, l’organisme compte mettre des procédures en branle rapidement. « Le pont a été classé élément du patrimoine national par le gouvernement canadien et est considéré de par le monde comme une oeuvre du génie humain, affirme M. Jobin. Et le monde va voir, en 2008, comment nous traitons une oeuvre du génie humain. On la laisse rouiller. »

Il est de la responsabilité du gouvernement fédéral, estime M. Jobin, d’agir en tant que gardien des ententes sur la réfection du pont. Si le CN ne consent pas à terminer les travaux, dit-il, Ottawa doit redevenir le propriétaire du pont et des terrains qui ont été cédés à la compagnie en 1993.

Le ministère des Transports du Québec n’exclut pas non plus la possibilité d’emprunter la voie des tribunaux pour que la réfection soit complétée. « On pense que l’esprit de l’entente concernait la restauration complète du pont, dit André Caron, du MTQ. (…) Effectivement, ces éléments (obligations légales) vont être examinés tant de notre côté que chez Transports Canada. Il y a des vérifications qui vont être faites sur le plan légal, mais on n’est pas rendu là. Ce n’est pas la première voie à explorer. »


Simon Boivin, 15 décembre 2004. Reproduit avec autorisation

Voir aussi : Message d'intérêt public.


11 commentaires

  1. Benoît

    15 décembre 2004 à 12 h 17

    Comme c’est là, Québec n’aura rien pour son 400e. Plusieurs applaudiront sans doute, de l’argent gaspillé pour rien après tout, hein? Un pont unique au monde mais rouillé comme c’est pas possible, une promenade le long du fleuve réservée exclusivement aux automobilistes et aux camionneurs, une rivière urbaine semi-toxique semi-fréquentable, un service de transport en commun atypique, etc.

    Et personne pour réagir. À quatre ans du 400e, aucun projet n’est amorcé ni aucun ne faisant l’objet ne serait-ce que du moindre consensus.

    À défaut d’avoir des projets d’ingénierie, on pourrait au moins avoir des projets de société… La protection de l’environnement, l’interdiction d’utilisation de tous les Émile Loranger, Ralph Mercier et Jacques Langlois de la Terre. Mais non, même ça on n’a pas.

    C’est quand même incroyable!

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  2. Marc-André

    15 décembre 2004 à 14 h 12

    Le 400e est devenu l’excuse pour faire avancer tous les projets. Pourquoi Québec a attendu le 400e pour les faire avancer? En 2009, on fait quoi? On se laisse aller et on attends pour le 450e pour nettoyer?

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  3. Benoît

    15 décembre 2004 à 14 h 50

    Déjà qu’on se laisse aller en temps normal… Moi ce qui me préoccupe c’est qu’on se laisse aussi aller pour des célébrations dignes de mention, voilà tout.

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  4. Marc-André

    15 décembre 2004 à 15 h 45

    Pour moi, repeinturer le pont de Québec, c’est un travail d’entretien, au même titre que de repaver l’autoroute de la Capitale une fois de temps en temps.

    C’est bien que ça se fasse, mais ce serait ridicule de justifier ce travail par le 400e.

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  5. Serge Alain

    15 décembre 2004 à 19 h 52

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  6. bunny

    15 décembre 2004 à 22 h 42

    ont-ils un cahier des charges ici?un tableau des amortissements?
    Parfaitement d’accord avec ce qui s’est dit ci-dessus!Il y a des travaux qui n’ont rien avoir avec une celebration quelconque…quoi que cela serait quand même dingue que les routes soient en si mauvais état, le pont rouillé mais la ville super eclairée pour les fêtes du 400e!
    et la encore je vais me répéter mais quand est-ce que tous ces fameux projets démarreront? a la saint glinglin?
    Bref sur ce…bonne nuit!
    a+
    bunny

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  7. janou

    6 juin 2006 à 21 h 35

    sa serais bien si vous pouriez mettre des comparaison avec des ponts de moyen
    comme si vous diriez exemple:
    -le plus grand pont couteras 60 millions de dollard ,c’est beaucoup a comparer les autre pont qui coute normalement 15 millions(exemple)…

    merci de prendre le temps de regerder ce que jai écrit

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  8. André Doré

    7 décembre 2006 à 10 h 31

    Il est bien tard pour livrer un commentaire sur cet article paru il y aura bientôt deux ans. Je le livre quand même, comme on envoit une bouteille à la mer, dans l’espoir que quelqu’un quelque part en prendra connaissance.

    Ce qui m’amène à écrire ce commentaire, c’est que je viens tout juste de terminer la lecture du bouquin de Michel L’Heureux  »Une merveille du monde – Le Pont de Québec ».

    On y apprend que l’idée de relier les deux rives du fleuve remonte au milieu du 19e siècle (1851). Après des années discussions ce projet devient réel et sa construction débute en 1900, fort de l’appui de Sir Wilfrid Laurier, premier ministre du Canada, et de M. Simon-Napoléon Parent son vis-à-vis provincial. Il s’agit, pour l’époque, d’un projet colossal, un défit d’ingénierie.

    Confiants et fiers, nos arrières-grands-pères, voire, nos arrières-arrières-grands-pères, se lancent dans la réalisation de ce rêve incensé. Il est devenu réalité le 20 septembre 1917. C’était la plus grande structure (pont cantilever) de cette nature au monde. Aujourd’hui, près de cent annnées plus tard, il occupe encore le premier rang.

    Le fleuve a cependant exigé un lourd tribut pour se laissé conquérir: 76 morts lors de l’effondrement du pilier sud le 29 aôut 1907 et 13 autres lors de l’affaissement de la travée centrale le 16 septembre 1916.

    Notre nation était bien jeune au parachèvement de ce chef-d’oeuvre. À peine trois siècles. C’était une source de fierté nationale.

    À la mémoire de nos ancêtres qui ont, avec courage et peine, construit cette oeuvre, ne l’abandonnons pas à l’usure du temps. Quand vous le regarderai ou quand vous le traverserai, rappelez-vous les 89 personnes qui y ont laissé leur vie, sans connaître la joie immense de ceux qui ont posé le dernier boulon.

    À ceux de vous qui êtes les descendants de ces valeureux travailleurs provenant de St-Romuald, de Sillery, de Québec, de Caughnawaga, de Montréal, de Buffalo, de Boston, de New York, je vous dit:

    SALUT!

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  9. Denis

    8 décembre 2006 à 10 h 00

    M. Doré, je trouve votre hommage aux gens qui ont construit le pont de québec de loin supérieur à tous les individus qui en ont la gestion aujourd’hui, en particulier les individus du CN et le gouvernement fédéral.

    Je trouve affreux qu’on aille de la difficulté à restaurer le plus magnifique ouvrage de la ville de Québec!

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  10. André Doré

    8 décembre 2006 à 12 h 19

    Je voudrais apporter une correction à mon commentaire du 7 décembre 2006. L’auteur du volume intitulé  »Une merveille du monde – Le Pont de Québec » n’est pas M. Michel L’Heureux mais M. Michel L’HÉBREUX. Que M. L’Hébreux veuille bien me pardonner.

    Quand à vous Denis, je vous remercie de m’avoir lu. Vous savez, c’est dommage que l’on ait tendance à oublier les réalisations de nos ancêtres. Pour les gens de notre génération, ce pont magnifique semble avoir toujours été là. Nous ne le voyons plus. Il est pourtant partie intégrante de notre histoire. Nous avons oublié qu’il est une réalisation colossale qui a fortement contribué au développement de notre peuple. Heureusement que des gens comme vous s’en souvienne.

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  11. Roland Bouchard

    2 septembre 2007 à 18 h 54

    Painting with light, un projet de rêve pour notre pont après une vrai penture bien sûr…
    http://www.akzonobel.com/com/
    (la maison mère de Sico)

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