Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


Tramway: 42 nouvelles questions du BAPE à la Ville de Québec

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 20 juillet 2020 6 commentaires

Jean-Luc Lavallée
Journal de Québec

Les commissaires du BAPE, qui étudient en détail le projet de tramway, ont adressé une nouvelle série de questions à la Ville de Québec. Ils s’interrogent notamment sur les coûts, l’emplacement du garage à l’ouest et l’interconnexion avec Lévis.

La lettre du BAPE contient pas moins de 42 questions sur six pages. La Ville l’a reçue vendredi dernier. Les commissaires exigent des réponses d’ici mercredi à 9h «compte tenu de l’échéancier dont dispose la commission pour ses travaux», peut-on lire dans la correspondance envoyée au directeur de projet, Daniel Genest.

Plusieurs questions sont liées aux coûts du projet et de certaines de ses composantes. Les commissaires veulent connaître, entre autres, les coûts pour la construction du futur viaduc Mendel. Ils réclament aussi une mise à jour des coûts d’exploitation à la lumière des récents changements annoncés par l’administration Labeaume et ils s’intéressent aux coûts d’exploitation en hiver, n’ayant pas trouvé d’estimation précise dans la documentation disponible.

«Il manque encore beaucoup de détails et de précisions par rapport aux coûts et c’est préoccupant, a réagi le chef de l’opposition Jean-François Gosselin. C’est assez particulier de constater que la Ville utilise encore les mêmes coûts d’exploitation même si le projet a changé dramatiquement. On est contents que la commission demande ces informations-là pour qu’on puisse les avoir. C’est important de le savoir», a-t-il fait valoir.

Le choix de Legendre

Les commissaires réclament aussi des explications additionnelles sur le choix de l’emplacement du centre d’exploitation et d’entretien principal dans le secteur Chaudière (Legendre). Dans le préambule d’une question, ils notent la faible densité humaine projetée à l’ouest du Pôle Sainte-Foy en 2036 et demandent à la Ville de Québec de justifier sa décision. Ils se demandent par ailleurs quels sont les autres endroits qui ont été considérés pour l’implantation du garage principal.

L’absence de lien entre le tramway et l’aéroport ainsi que les gares ferroviaires interpelle aussi le BAPE qui se questionne sur le tracé. «Quel aurait été le coût d’une antenne Legendre-Aéroport et l’achalandage potentiel ?», s’interrogent les commissaires.

Interconnexion avec Lévis

L’enjeu de l’interconnexion avec la Ville de Lévis amène aussi son lot de questions. «Avez-vous des précisions sur l’entrée des autobus de la STL dans le pôle d’échange de Sainte-Foy ? Comment se ferait l’entrée de façon à ne pas couper la circulation sur le boulevard Laurier ? Pouvez-vous préciser le projet d’interconnexion avec la Rive-Sud et l’impact anticipé sur les déplacements entre les deux rives ? Comment s’effectue la coordination entre les deux services de transport en commun du RTC et de la STL ?», peut-on lire dans le document.

D’autres demandes de précisions font référence à l’étude comparative de Systra sur les différents modes de transport, à la gestion du camionnage et au bruit, au nombre de tunnels secondaires (exemple : désenfumage, aération, accès d’urgence), à la volonté de la Ville de construire des logements sociaux le long du tracé ou encore à la surveillance des travaux.

Rappelons que la deuxième partie des audiences publiques reprendra dans la semaine du 3 août. Le BAPE devra remettre son rapport au ministre de l’Environnement, Benoit Charette, au plus tard le 5 novembre.

La suite

* Merci à un fidèle lecteur assidu

Voir aussi : Projet - Tramway.


6 commentaires

  1. Guibert

    21 juillet 2020 à 09 h 41

    C’est un outil fabuleux le Bape, mais je me questionne sur la méthode pour l’examen d’un projet aussi vaste dont les impacts sont aussi divers et diffus dans certains cas. On est pas dans un grand projet d’installation industrielle ou une ligne de transport en rase campagne. Je m’étonne aussi des questions assez générales sur des concept d’aménagement et de transports. Le concept de TOD, les PMAD et SAD sont dans le portrait depuis longtemps et reposent sur une démarche assez consensuelle (du moins au plan du discours). Ça donne l’impression de revenir à la case départ en matière d’arrimage de l’aménagement et du transport. Tout semble au même niveau, de l’impact très localisé d’une coupe d’arbre(impact réel pour le riverain, mais marginal au plan collectif), jusqu’aux paramètres de gouvernance et de financement public…

    Aussi c’est un dossier très polarisé et ça donne une vague impression que la vénérable institution est invitée à un souper dans lequel il y a une chicane sans trop se rendre compte de ce qui se passe. Disons que plusieurs complaintes offensée à l’égard de la transparence, de la participation publique ou encore à la protection des arbres matures sonnent beaucoup plus comme du wedge politic qu’autre chose.

    Ce serait assez paradoxal que le chien de garde de l’environnement finisse par nuire à un projet d’amélioration de l’environnement. Ce serait une grande victoire pour les climatosceptiques et les tenants de l’individualisme hostiles à une vision collective de l’aménagement du territoire et des transports. Ce serait naïf d’ignorer tous les efforts qu’ils déploient pour la remporter.

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  2. JpDuval

    21 juillet 2020 à 14 h 37

    « Ce serait assez paradoxal que le chien de garde de l’environnement finisse par nuire à un projet d’amélioration de l’environnement »

    Quand je vois tout le développement que l’on prévoit dans les champs de l’avenue Legendre je me demande si ce projet ne risque pas d’être un agent qui favorise l’étalement urbain.

    « Ce serait une grande victoire pour les climatosceptiques et les tenants de l’individualisme hostiles à une vision collective de l’aménagement du territoire et des transports »

    Minute….On se calme et prend gare aux amalgames. Ce n’est pas parce que des gens soulèvent des questions sur les aspects budgétaires du tramway que ça en fait des climatosceptiques.

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    • Guibert

      21 juillet 2020 à 14 h 50

      Pour votre premier point, je ne suis pas chaud à l’urbanisation massive du secteur Chaudière. Remarquez, c’est déjà commencé sous forme de grosse boite bleue et jaune. Ceci-dit, il faudrait être prudent avant de qualifier le tout d’étalement urbain, disons que ça se discute dans la mesure où le secteur est inclus dans le périmètre d’urbanisation. Ma vraie crainte d’étalement liée au projet est liée au parc o bus Le Gendre. C’est probablement à même de favoriser un certain étalement dans Portneuf.

      Autre point, je vous concède que tous les opposants sont loin d’être climatosceptiques. Je crois que ma phrase a été mal comprise. Je voulais dire que certains groupes qui le sont font du wedge politic pour élargir la base des mécontents en soulevant pleins de questions susceptibles de toucher des sensibilités (légitimes ou non). C’est une tactique de polarisation et de zizanie sociale connue et mise de l’avant sur certains sujets à Québec.
      Par ailleurs, je ne nie pas la nécessité de questionner, mais certains questionnent et se fichent bien des réponses ou de l’information déjà disponible. C’est flagrant sur la question du mode tramway vs le métro.

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      • Guibert

        21 juillet 2020 à 15 h 12

        Pour compléter sur Chaudière, tramway ou pas, les arbres tomberont pour faire place à des maisons à tourelle et des boîtes de tôle. Dans cet optique, un TOD serait un moindre mal. D’ailleurs, fondamentalement un TOD concentre, il n’étale pas… En somme il propose un modèle alternatif à l’étalement urbain, néanmoins il peut étendre l’aire d’urbanisation ou la consolider. Bref, c’est pas si simple.

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