Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


Les blues du piéton d’hiver

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 19 janvier 2019 11 commentaires

François Bourque
Le Soleil

CHRONIQUE / L’histoire commence par une lettre de lectrice. Une toute petite histoire. Mais notre relation à l’hiver tient souvent à de petites choses qui font une différence.

La lectrice déplorait qu’on ait cessé de déneiger les accès à la promenade Samuel-De Champlain au pied des côtes du Verger, Gignac et de Sillery.

Elle fut déçue des explications après avoir fait part de son mécontentement. On lui a dit qu’il était «impossible de déneiger, les infrastructures n’étant pas conçues pour ça».

La réponse m’a aussi étonné.

Voire si, dans une ville rompue à l’hiver, il puisse être impossible de déneiger trois bouts de trottoirs de quelques mètres pour permettre l’accès, dût-on y aller à la pelle.

J’aurais été moins étonné si on avait évoqué les coûts ou la faible fréquentation de la promenade en hiver. Qui veut aller se les geler au vent du fleuve par 20 sous zéro en janvier?

La réalité est qu’ils sont beaucoup plus nombreux qu’on pense. Les sentiers tapés en témoignent.

(…)

Quoi qu’il en soit, les questions ont eu leur effet. La Ville a mené une nouvelle «analyse» et s’est ravisée. Elle reprend dès maintenant le déneigement des accès à la promenade au pied des côtes. Bonne nouvelle.

(…)

L’urbaniste canadien Norman Pressman, professeur à l’Université Waterloo, a utilisé il y a quelques années un indice de rigueur de climat développé par Environnement Canada pour comparer les villes du monde.

Cet indice tient compte du refroidissement éolien (température et vents), de la durée de l’hiver (nombre de mois sous zéro) et de la température moyenne du mois le plus froid.

Son verdict, rapporté dans l’essai Maudit hiver du journaliste Alain Dubuc : Québec (54) est tout juste derrière Saskatoon (55) et Winnipeg (56) au palmarès des villes les plus froides du monde. À l’exception de quelques bleds de Sibérie où il y a cependant moins de neige (et de trottoirs à déblayer).

La suite

Voir aussi : Québec La cité.


11 commentaires

  1. Carl

    20 janvier 2019 à 04 h 14

    J’écris mon travail de baccalauréat en Suède sur l’optimisation des infrastructures piétonnes et cyclistes pour les conditions hivernales. J’envoie mon travail à la Ville de Québec une fois terminé! Haha

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    • Insider

      20 janvier 2019 à 09 h 48

      @ Carl

      Que pensez-vous de l’exécution des contrats de déneigement privés? Je ne sais combien de fois j’ai vu un champion bloquer le passage complètement sur un trottoir ou encore pire l’accès à une sortie d’urgence en cas d’évacuation !

      @ Tous

      J’ai vécu un épisode en repartant de l’hôpital Enfant-Jésus après avoir consulté à l’urgence, j’ai mon feu pour piétons à l’intersection de Vitré/Canardière depuis quelques secondes, j’entends un camion je décide de ne pas m’engager dans la rue, car c’est une nuit d’opération déneigement.

      Ce fut probablement la meilleure décision de ma vie, car le camion a ignoré le feu rouge. Le résultat aurait été dans le meilleur des scénarios un retour à l’urgence. Plus probable un séjour au bureau du médecin légal. Tout ça à deux coins de rue de l’urgence d’un hôpital!

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  2. Pierre Tremblay

    20 janvier 2019 à 22 h 31

    « Ce fut probablement la meilleure décision de ma vie, car le camion a ignoré le feu rouge. Le résultat aurait été dans le meilleur des scénarios un retour à l’urgence. »
    Des cas semblables peuvent être multiplier par 10 les soirs/nuits de déneigement. Il y a plusieurs années j’ai aussi frôlé la mort lorsqu’un camion de déneigement a ignoré un arrêt obligatoire au coin de Bardy et de Fondsville. Je circulais en voiture direction nord et le camion direction est et il s’en est fallu de peu pour qu’un impact se produise.

    Il y a une vingtaine d’années mon travail m’amenait à circuler la nuit et croyez moi j’en ai vu des comportements irresponsables. Il ne faut jamais généraliser mais un grand nombre de chauffeurs de ces camions n’ont aucun respect pour les règles élémentaires de sécurité.
    Il y a bien des opérations policières spéciales mais elles sont trop peu nombreuses. Voilà pourtant une occasion de distribuer des contraventions pleinement méritées.

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  3. Denisb

    21 janvier 2019 à 07 h 49

    Enfin une petite victoire pour les piétons à la ville. Elles sont très rares. J’ai écrit quelques fois pour la très mauvaise qualité de l’entretien des trottoires et pour le fait qu’elle n’ait même pas mis de trottoir sur une rue qui vient juste d’être refait et qui mène à un tout nouveau quartier commercial. Soit que la ville me répond des absurdités, ou soit qu’elle ne me répond tout simplement pas. Pas facile d’être piéton à Québec avec une telle considération de la ville à notre égard.

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    • PPDaoust

      21 janvier 2019 à 09 h 20

      Tellement!

      Cet été j’appelle la ville pour dénoncer le fait que ma rue, à l’entrée d’une zone résidentielle, sert souvent de piste d’accélération. Mon interlocuteur va sur son ordi et me sort la largeur de la rue pour me dire ensuite qu’il ne peut rien faire, la limite imposée correspondant aux barèmes correspondant à la largeur de la rue en question. Jamais ne lui est-il passé par la tête de considérer le manque de sécurité que j’ai dénoncé. Son outil de travail, ce n’est pas sa tête, c’est le livre…

      Plutôt que nommer des responsables en fonction de leur créativité, la ville de Québec nomme des professionnels désirant chausser les mêmes pantoufles que leurs prédécesseurs. Le résultat et que l’administration de la ville, dans ses pratiques, n’est point pas à jour, en plus d’être sclérosée.

      Plus souvent qu’autrement, la ville prend des décisions selon les critères du dogme de l’urbanisme moderne. Vous citez un exemple actuel parfait. D’une part, ça fait l’affaire à une majorité de citoyens. D’autre part, c’est payant politiquement. Rien pour aider ceux qui veulent se déplacer autrement en sécurité.

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  4. Undefined

    21 janvier 2019 à 10 h 15

    @ PPDaoust
    « Plus souvent qu’autrement, la ville prend des décisions selon les critères du dogme de l’urbanisme moderne. »

    Il n’a de moderne que le nom, en ce qui me concerne les villes ne devraient plus en être là avec ce genre de critères ou barèmes inflexibles. Il est temps de passer au « nouvel urbanisme » qui est centré sur l’humain au lieu de la voiture comme l’était l’urbanisme du mouvement moderne.

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    • PPDaoust

      21 janvier 2019 à 11 h 20

      Les villes avant-gardistes font des gestes forts de ré-humaniser l’espace urbain (nouvel urbanisme). Québec ne fait malheureusement pas partie de cette catégorie. On fait semblant de planifier. L’exemple du PPU Ste-Foy me permet de le dire sans gène.

      L’article récent de François Cardinal sur le projet Royalmount en fait la démonstration. Ça en dit long sur les tendances urbanistiques à l’échelle du Québec. Je vous invite à le lire.

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      • Undefined

        21 janvier 2019 à 11 h 24

        Merci pour la suggestion, j’en ferai la lecture!

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      • Undefined

        21 janvier 2019 à 12 h 54

        J’ai lu l’article pendant ma pause repas, c’est une démonstration que l’on fait semblent de planifier.

        Ça fait penser à ce que j’ai vu dans une émission sur PBS qui s’appelle Portraits in Architecture.

        Dans l’épisode d’hier on faisait le portrait de David M. Schwarz. J’ai seulement eu l’occasion de visionner un court extrait. J’ai toutefois eu l’occasion de constater qu’à Québec (au Québec?) le problème ce n’est pas les matières utilisées (brique), le budget. Le problème c’est les mandats qui sont donnés aux architectes.

        Allez-voir ce qui a été fait à Sundance Square (Forth Worth, Texas), les immeubles en briques peuvent côtoyer des buildings dans un style plus moderne sans que ça ne jure. Ils ont redonné des aménagements plus agréables aux piétons. La fresque « Chisholm Trail » est magnifique!

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      • Insider

        21 janvier 2019 à 19 h 03

        L’épisode et du contenu exclusif sont disponibles sur cette page internet:

        https://interactive.wttw.com/schwarz/video

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  5. Marc Guy

    21 janvier 2019 à 13 h 23

    un jour faudra demandé au déneigeur de marcher dans leur secteur de travaille pour qu’il realise la difficulté d’etre piétons dans la neige a Quebec

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