Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


Chantier pentu dans le Cap-Blanc!

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 8 novembre 2020 Aucun commentaire

Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil

La Ville lancera sous peu un chantier pentu! Les tuyaux d’égout et d’aqueduc du Cap-Blanc, ceux qui longent le grand escalier reliant les plaines d’Abraham et le boulevard Champlain, devront être retapés en deux temps, cet automne et au printemps.

«Les conduites sont dégradées et elles nécessitent une réhabilitation pour prolonger leur durée de vie utile», explique au Soleil la conseillère en communication municipale Wendy Whittom. «En plus de la réhabilitation, des travaux préparatoires comprennent l’aménagement d’une voie d’accès temporaire sur le lieu des travaux pour la machinerie et l’installation de regards pour accéder aux conduites.»

Il y aura donc des perturbations pour les habitués des plaines. Selon les plans que nous avons consultés, le site où est érigée une scène à l’occasion de la fête nationale et du Festival d’été de Québec servira de base d’opérations pour les ouvriers. Sur l’avenue Ontario et dans les sentiers pédestres sera aménagée une route pour les véhicules. L’escalier du Cap-Blanc se trouve au coeur du chantier.

«Les travaux préparatoires, soit l’aménagement de la voie d’accès et l’installation des regards, seront effectués cet automne, pour une durée d’environ quatre semaines, en novembre et décembre», précise Wendy Whittom. «Les travaux de réhabilitation seront effectués au printemps, pour une durée d’environ huit semaines, en avril et mai.»

Arbres coupés

Malheureusement pour les amateurs de verdure, des végétaux ne survivront pas au passage des pelleteuses. «Au total, 16 arbres risquent d’être retirés», lit-on dans des documents remis aux élus municipaux. La Ville devra donc indemniser (un peu) la Commission des champs de bataille nationaux, gestionnaire des plaines : «Ces arbres ont une valeur monétaire totale de 3 378 $.»

«Les arbres ont pris de l’ampleur au fil des ans et leurs racines mettent à risque l’intégrité des conduites», justifie Wendy Whittom. «Également, certains arbres sont situés dans la zone d’accès et dans la zone du chantier. Une fois les travaux complétés, le site sera renaturalisé, c’est-à-dire qu’il sera réaménagé par de nouvelles plantations.»

La Ville ne veut pas dévoiler le coût des travaux : «Le contrat n’est pas encore octroyé, le prix sera disponible lorsque le contrat sera attribué.»

Ressortir le contrat de 1931

Afin de réaliser des travaux sur les terres de la Reine, sur les plaines d’Abraham, il a fallu sortir des archives un contrat signé en 1931 par les autorités municipales et le gouvernement canadien.

À l’époque, la Ville s’est entendue avec le fédéral afin de construire un immense réservoir d’eau potable sous les plaines d’Abraham, près de l’hôtel Le Concorde. En 2012, nous avions publié une histoire de cette cathédrale souterraine creusée à la pelle afin de donner du travail au plus grand nombre après le krach boursier de 1929.

Donc, il a fallu dépoussiérer l’entente ratifiée le 23 juillet 1931 afin de réaliser le chantier de 2020-2021. «Cette convention a autorisé la Cité de Québec à construire un réservoir municipal de 30 millions de gallons, à raccorder au réservoir des conduites d’eau et de drainage ainsi qu’à réaliser tous travaux d’entretien et de réparation», lit-on dans des documents municipaux. «Toutefois, dans le cadre des présents travaux, la Ville a besoin temporairement d’une plus grande superficie de terrain que ce qui est prévu à la convention de 1931 et doit également intervenir sur une conduite unitaire, non incluse dans la convention.»

Le document ancien avait été signé devant le notaire Charles Delagrave par le négociant et politique sir Georges Garneau, président de la Commission des champs de bataille nationaux, et par le maire de Québec Henri Lavigueur.

Un escalier construit en 1869

Vous trouverez de belles photos anciennes de l’escalier du Cap-Blanc dans le site internet de la Ville. Surprenant de voir la falaise presque nue.

Il y a aussi une capsule historique audio. On y apprend notamment que 398 marches en bois composent le plus grand escalier de la capitale. Il a été construit en 1869.

Quand les chantiers maritimes ont investi les battures du fleuve, plusieurs ouvriers habitant dans le faubourg Saint-Jean empruntaient l’escalier.

Plus tard, il a été utilisé par la population ouvrière du quartier Cap-Blanc devant se rendre à pied à leur travail dans les usines de munitions de la Ross Riffle plantées sur les Cove Fields (les plaines d’Abraham), raconte l’Office du tourisme du Québec ici.

L’escalier actuel date de 1980.

De gros sous

Pour l’anecdote, soulignons que les plaines d’Abraham ont une valeur, selon le rôle municipal d’évaluation, de 54 085 000 $. Le réservoir d’eau potable de la Ville de Québec caché sous le gazon situé entre le jardin Jeanne-d’Arc et la tour Martello 1 vaudrait plus ou moins 2,3 millions $. Il avait coûté la coquette somme de 516 000 $ durant les années 1930.

L’article

Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Plaines d’Abraham.

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