
Source: François Bourque, Le Soleil, 2 juillet 2007.
Serrant les coudes pour la photo, trois maires de Québec, trois générations. Un loup, un renard, un lion.
Gilles Lamontagne, le patriarche, vieux renard. Le maire de la Révolution tranquille. Celui qui a structuré la fonction publique et relancé une ville alors à l’abandon. (…)
À l’autre bout de la photo, le lion, dont le regard et le verbe fougueux rappellent combien ce politicien flamboyant en imposait.
Il a ramené des équipements publics en basse ville (bibliothèque, palais de justice), fait inscrire Québec au patrimoine de l’UNESCO, a ouvert sa ville à l’international. (…)
Au centre, le jeune loup qui arrive et mord dans sa ville. Il a pour elle les plus grandes ambitions, veut qu’elle devienne «la plus attrayante au Canada».
Il veut valoriser la recherche et la culture, accueillir davantage d’immigrants, façonner une ville qui plaira aux jeunes et offrira des «jobs à 150 000 $». (…)
La ville moderne et bétonnée de M. Lamontagne, conforme aux valeurs dominantes de l’époque, est bien sûr différente de celle de Jean-Paul L’Allier qui suscite aujourd’hui l’admiration.
Mais entre les maires, on sent qu’au-delà des ruptures et des priorités propres à chacun, il y a des fils conducteurs.
Le désir de garder cette ville à «taille humaine». Personne ne semble regretter la grande ville de un million de personnes annoncée par les prophètes des années 60 et qui ne sera pas.
Le rôle de la culture comme moteur du développement. Une volonté d’en protéger le caractère francophone. (…)
La suite. À consulter aussi, ce billet: Chapeau, M. L’Allier!.