Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


La CAQ en bloc contre la version tramway de la Ville

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 23 février 2021 6 commentaires

Jean-François Néron
Le Soleil

Pour ceux qui en doutaient encore, la Ville de Québec ne se trouvera aucun allié dans le gouvernement Legault pour défendre sa mouture de Réseau structurant de transport en commun. Le premier ministre a confirmé que «tout le gouvernement» se range derrière la nécessité de bonifier le projet au profit des banlieues.

«C’est tout le gouvernement qui est convaincu qu’actuellement le projet de transport structurant à Québec peut être bonifié pour mieux desservir les banlieues de Québec.» François Legault répondait mardi à des questions sur le tramway en marge d’un point de presse sur l’état de la vaccination au Québec.

Le PM a expliqué pourquoi une entente sur le tracé du tramway conclue en décembre entre le maire et le ministre des Transports ne tenait plus au retour des vacances des Fêtes.

«Il y a eu en janvier une plus grande consultation qui a été faite. Et on s’est rendu compte que beaucoup de personnes jugeaient que les banlieues n’étaient pas bien desservies ou pas assez desservies dans le nouveau projet. C’est pour ça qu’on est revenu à M. Labeaume en disant qu’il faut faire des changements au tracé qui est proposé», a relaté M. Legault, soulignant que la consultation s’est faite, entre autres, au conseil des ministres.

Lundi, le maire de Québec révélait les discussions qu’il avait eu avec la CAQ après avoir essuyé les accusations du premier ministre Legault, la semaine dernière, de manquer d’ouverture et d’être inflexible à tout changement de tracé.

Il demandait aussi au gouvernement de réexaminer les propositions qui étaient sur la table en décembre.

Il y a la proposition du ministère des Transports pour laquelle le maire avait conclu une entente. Elle prévoyait implanter le début du tracé nord à la 41e rue plutôt que la 76e rue. Le tram se rendait comme prévu jusqu’à la station Le Gendre selon l’itinéraire initial. Cette amputation du tracé représente une économie de 220 millions $ qui aurait été redistribuée pour améliorer la desserte dans les banlieues, notamment par l’ajout de voies réservées.

La Ville avait aussi proposé des modifications, qui impliquent de hausser l’enveloppe ferme de 3,3 milliards $.

La première prévoyait de conserver le tracé initial (76e rue à Le Gendre) et d’ajouter une seconde ligne de tramway, reliant D’Estimauville au pôle d’échange Saint-Roch. La facture supplémentaire est estimée à 450 millions $.

La seconde consiste à raccourcir le tracé nord de la 76e à la 41e rue. La seconde ligne de tramway de D’Estimauville à Saint-Roch coûterait alors 230 millions $ avec l’économie de 220 millions $ réalisés avec le raccourcissement du tracé dans Charlesbourg.

Ces deux propositions ont été rejetées par la CAQ.

Manque de leadership

Les groupes environnementaux Accès transports viables, le Conseil régional de l’environnement de la Capitale-Nationale, Équiterre et Vivre en Ville accusent le gouvernement de manquer de «leadership». Pour eux, les «récents développements illustrent la cacophonie et la discorde qui règnent dans la région, et qui risquent sérieusement de retarder le projet, ce qui pourrait lui être fatal et priver la région de 3,3 milliards de dollars d’investissements. Il incombe maintenant au Premier ministre M. François Legault de reprendre le leadership du dossier et d’assurer la réalisation du projet sans tarder s’il veut respecter ses engagements», écrivent-ils dans un communiqué conjoint.

Après avoir rejeté l’entente intervenue en décembre, le ministère des Transports a fait une proposition le 17 février, refusé par le maire, et déjà caduque, puisqu’il en prépare une autre. Dans cette proposition, le tramway ne se rendait plus dans le secteur Le Gendre. Il partait du secteur D’Estimauville, pour se rendre «quelque part» à Sainte-Foy. Pour le maire, il s’agissait d’une offre inacceptable. Selon lui, elle était «peu étoffée et faite sur la gueule».

L’article

* Merci au lecteur assidu

Voir aussi : Projet - Tramway, Projet - Troisième lien, Transport, Transport en commun.


6 commentaires

  1. Denis B

    23 février 2021 à 16 h 59

    Tout ce qu’il manque pour que mes vœux soient exaucés, c’est que Gosselin soit élu maire de Québec. Avec lui, les règles de financement du transport en commun qui favorisent grandement Montréal ne vont que pencher encore plus vers la métropole car c’est basé sur l’utilisation du transport en commun et je sens que l’écart va se creuser encore plus pendant 5 voire 10 ans !

    Je vais aller ouvrir une bouteille pour célébrer cette bonne nouvelle.

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  2. Kathy gobeil

    23 février 2021 à 17 h 02

    Bonjour, je n’utilise pas le transport en commun car ici à l’Ancienne-Lorette durant l’été je devrais prendre 3 autobus pour me rendre sur le chemin ste-foy. Et je dois souvent m’absenter en pm et lorsque nous sommes à l’extérieur des heure de travail, il est très compliqué de se déplacer avec le transport en commun.

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    • Luc

      24 février 2021 à 07 h 47

      Le projet qui risque d’être proposé par la CAQ malheureusement ne comblera pas votre besoin au niveau structurant. Parmi tout ce que j’ai vu des projets de la ville (tramway/trambus) ou encore ceux imaginés par la CAQ, l’ancienne Lorette continuera d’être un peu à l’écart des grand axes de déplacement.

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  3. Carl Utilisateur de Québec Urbain

    23 février 2021 à 22 h 11

    Ce qu’il faut comprendre, ici, c’est que sept ahuris (les députés de La Peltrie, Chauveau, Vanier-Les Rivières, Charlesbourg, Montmorency, Chutes-de-la-Chaudière et Lévis) ont décidé de faire fi de décennies de décisions en matière d’aménagement, et de l’expertise de générations d’urbanistes, d’ingénieurs en transport, et d’autres experts en la matière, pour dessiner sur le coin d’une table au Saint-Hubert un réseau de TeC en site propre qui desservira, oh magie, Saint-Augustin-de-Desmaures, Val Bélair, Sainte-Brigitte-de-Laval, Boischatel et Breakeyville. Bravo!

    Mention d’honneur est faite aux deux députés de la Rive Sud, les représentants de l’est et de l’ouest de Lévis, cette ville à l’étant quantique qui appartient soit à la région de Québec soit à la région de Chaudière-Appalaches, tout dépendant de quelle source de financement cette ville souhaite vampiriser.

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  4. Dany Lo.

    24 février 2021 à 07 h 46

    Ce que je remarque ici et ailleurs, c’est la volonté de critiquer le gouvernement de tout bord tout coté. Je suis pas la pour défendre la CAQ, Legault ou Bonnardel. Mais on peut quand même s’avouer que depuis l’annonce, les médias se font une obligation de critiquer par la voie de chacun de leurs chroniqueurs, et en relayant chaque parole qui est dite contre le gouvernement, que ça soit l’opposition à l’assemblée, la ville de Québec, les groupes environnementaux, les citoyens en faveur du projet, les élus un peu partout, etc. On se retrouve avec une vague de critique, comme si Bonnardel et Legault avait fait arrêter la terre de tourner. Je ne sais pas si c’est la frustration envers les mesures Covid 19 qui remonte à la surface dans ce dossier, mais tout le monde est là pour lancer son bois vert, chaque jour. Mon point est, est-ce qu’on est capable, ensemble, d’attendre un mois de voir le projet du gouvernement. Une fois qu’il sera public, on fera le point sur ce qui est bon ou pas. Si ça se trouve, le projet en sortira amélioré. Si ce n’est pas le cas, j’ai l’impression qu’on aura tout ce qui nous faut dans les médias pour le critiquer. Mais si il est meilleur, on aura attendu 1 mois, voir quelques mois, pour améliorer un projet qui devrait être la pour au moins les 35 prochaines années.

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