Une Agora renovée, plus confortable et agrémentée d’un parc urbain sera présentée aux Québécois aujourd’hui comme concept final d’aménagement de la Pointe-à-Carcy par Ottawa pour le 400e.
Selon les informations obtenues par Le Soleil, l’intégrité de la scène extérieure de l’agora, rénovée au coût de 500 000 $ en 2004, sera conservée. Mais les bancs en « grilles de barbecue » seront remplacés par quelque 3500 sièges avec dossier résistants aux intempéries. Les bancs du parterre seront amovibles de manière à dégager l’endroit pour certaines représentations. Un espace pour des spectateurs debout est aussi prévu à l’arrière, de même qu’un bâtiment d’accueil.
Beaucoup de verdure est ajoutée. Un parc urbain recouvrira une bonne partie du site, laissant néanmoins de la place pour une promenade le long du fleuve.
Lorsqu’il y aura un spectacle, une clôture enclavera l’ensemble de l’Agora et du parc pour empêcher quiconque de se faufiler sans billet.
Un traitement de beauté sera aussi donné au « petit agora », qui fait face à la terrasse du restaurant Le Café du monde.
Une passerelle fermée longera l’Agora, puis bifurquera pour aller rejoindre le terminal de croisières. Cela permettra aux croisiéristes étrangers d’aller se dédouaner avant de se lancer à la découverte de la ville. Lorsqu’un bateau accostera, une passerelle amovible le reliera à l’installation permanente.
L’édifice des douanes subira aussi une cure de rajeunissement, et plus d’espace sera dégagé pour la circulation devant sa façade.
Tel que l’écrivait Le Soleil hier, l’enveloppe budgétaire prévue de 16,4 millions $ sera respectée et les travaux seront terminés à temps pour les festivités de 2008. Les ministres Jean-Pierre Blackburn et Josée Verner procéderont à l’annonce cet après-midi.
A qui reviendra la gestion et l’exploitation de l’amphithéâtre ? La question demeure entière. Genex communications a déjà signifié son intention de poursuivre le Port pour bris de contrat s’il ne lui redonne pas les droits d’exploitation jusqu’en 2024.
Les péripéties entourant la vocation de Pointe-à-Carcy retiennent l’attention depuis belle lurette. En août 2005, les difficultés à rentabiliser la scène extérieure et les inconvénients du bruit pour l’industrie des bateaux de croisières ont été invoqués par le directeur du Port, Ross Gaudreault, pour justifier la fermeture de l’Agora. Il souhaitait que la zone devienne un parc familial avec fontaines et jeux d’eau.
En mai dernier, des consultations publiques très courues ont été tenues. Les amateurs de spectacles et des résidants du Vieux-Québec y ont tenu des positions diamétralement opposées. Le rapport des commissaires, qui présidaient les consultations a recommandé de déplacer l’Agora sur les plaines.
Finalement, en août, le gouvernement conservateur a tranché. L’Agora restera à Pointe-à-Carcy. Le temps aurait manqué pour construire une nouvelle scène extérieure sur les plaines pour le 400e. Les élus ont également souligné que la mobilisation de nombreux jeunes en faveur du maintien de l’Agora a pesé dans la balance.