Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


Archives pour la catégorie « Patrimoine et lieux historiques »

La saison 2019 de La Promenade des écrivains : neuf parcours pour découvrir des lieux d’écrivains et leurs espaces imaginaires.

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 17 mai 2019 Aucun commentaire

Québec, le mardi 14 mai – La Promenade des écrivains est fière de présenter sa saison 2019 qui sera inaugurée ce dimanche 19 mai. Un nouveau volet s’ajoute cette année aux habituels circuits littéraires. « Lieux d’écrivains » offre une visite biographique des sites fréquentés par un grand auteur classique. Cet été, les marcheurs pourront découvrir les endroits familiers de Philippe Aubert de Gaspé. En tout, neuf parcours seront proposés pour découvrir les lieux réels et imaginaires d’auteurs amoureux de la capitale.

Volet « Lieux d’écrivains » : avec Jean-Marie Lebel

Parcours Le nostalgique Vieux-Québec de Philippe Aubert de Gaspé
Tous les dimanches, du 19 mai au 25 août, de 10 h 30 à 12 h 30
Départ : Maison de la littérature, 40, rue Saint-Stanislas, Québec

Philippe Aubert de Gaspé (1786-1871) est un personnage complexe et fascinant : à la fois aristocrate et bourgeois, citadin et campagnard, il a fréquenté l’élite francophone et anglophone, il a été shérif et également prisonnier. Son roman Les Anciens Canadiens (1863) et ses Mémoires (1866) sont encore de nos jours constamment réédités. Dans le Vieux-Québec, de nombreux éléments rappellent toujours le destin du célèbre écrivain qui y résida de très nombreuses années, et où il rédigea ses œuvres. L’historien Jean-Marie Lebel fera revivre le premier auteur de romans historiques de notre histoire par la visite des lieux où il a grandi, étudié, écrit, participé à la vie mondaine et littéraire de son temps.

Volet « Espaces imaginaires » : avec Marie-Ève Sévigny

Huit parcours littéraires dans cinq quartiers
Du 20 juillet au 31 août, les samedis, de 10 h 30 à 12 h 30
Tous les samedis et dimanches de septembre, de 10h30 à 12h30
Départ : consulter le site Internet promenade-ecrivains.qc.ca

Marie-Ève Sévigny sera de retour en juillet avec huit de ses balades littéraires, consacrées à la reconstitution de la ville imaginaire de Chrystine Brouillet, Anne Hébert, Sylvain Lelièvre, Roger Lemelin, Jacques Poulin et une vingtaine d’autres plumes d’ici et d’ailleurs. Ces lectures publiques d’œuvres littéraires explorent les plus beaux quartiers de Québec d’après les fictions qui y sont déployées.

Promenades à la carte
Sur rendez-vous, du 2 juin au 30 septembre

Vous prévoyez une activité en famille ou entre amis? Vous organisez une rencontre professionnelle et désirez visiter la capitale d’une façon ludique et poétique? Les parcours du volet « Espaces imaginaires » s’offrent sur rendez-vous aux groupes de 10 personnes et plus. Information et réservation : promenade.ecrivains@yahoo.ca

Sur réservation : 418 641-6797
Tarif : 20 $ par personne (taxes et frais de service inclus)
Information : promenade.ecrivains@yahoo.ca

Détails et calendrier des parcours

Marie-Ève Sévigny, auteure et directrice de La Promenade des écrivains, a une formation en littérature. Avec la romancière Chrystine Brouillet, elle a publié Sur la piste de Maud Graham, Promenades et gourmandises (Parfum d’encre, 2014), Prix Marcel-Couture 2014. Son roman, Sans terre (Héliotrope, 2016) a été sélectionné au Prix France-Québec et a été finaliste au Prix coup de cœur des Amis du polar 2017. Doctorante en littérature à l’Université du Québec à Montréal, elle mène une recherche sur la représentation de Québec dans le roman québécois.

L’historien Jean-Marie Lebel a consacré une bonne partie de sa carrière à faire connaître et apprécier l’histoire du Vieux-Québec. Il continue à relever ce passionnant défi par ses cours à l’UTAQ de l’Université Laval, ses conférences, ses chroniques dans le magazine Prestige, ses promenades commentées, ses formations pour les guides touristiques, ses implications comme vice-président de la Société historique de Québec, ses recherches et ses publications. Son Vieux-Québec : guide du promeneur (éditions du Septentrion) permet de découvrir l’arrondissement historique au fil des rues.

La Promenade des écrivains est présentée en collaboration avec la Maison de la littérature, ainsi qu’avec le Morrin Center.

Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Conférences / évènements, Histoire, Patrimoine et lieux historiques.

Conférences sur le patrimoine

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 9 mai 2019 Aucun commentaire

La Ville de Québec vous invite à assister à deux conférences gratuites : l’une portant sur le patrimoine bâti du secteur de Charlesbourg et l’autre sur celui de Beauport.

Animées par les consultants ayant réalisé les inventaires pour le compte de la Ville, les conférences porteront sur les résultats obtenus dans le cadre de leur travail et feront découvrir certains bâtiments d’intérêt et des particularités architecturales de chaque secteur. Les conférenciers partageront aussi leurs bâtiments « coups de cœur ».

Le patrimoine bâti de Charlesbourg

M. Martin Dubois de la firme Patri-Arch, conférencier

Mercredi 15 mai 2019, à 19 h

Moulin des Jésuites, 7960, boulevard Henri-Bourassa

Le patrimoine bâti de Beauport

M. Claude Bergeron de la firme Bergeron Gagnon, conférencier

Mercredi 29 mai 2019, à 19 h

Bibliothèque Étienne-Parent, 3515, rue Clemenceau

La Ville profitera de l’occasion pour présenter la section Patrimoine du site internet de la Ville de Québec, un outil qui permet d’en savoir davantage sur plus de 14 000 bâtiments à valeur patrimoniale.

Renseignements : 418 641-6411, poste 2619

Voir aussi : Conférences / évènements, Histoire, Message d'intérêt public, Patrimoine et lieux historiques.

Protéger le patrimoine avec une loi qui a manifestement besoin d’être revisée

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 7 mai 2019 Aucun commentaire

Jean-François Nadeau

Le Devoir 04.05.2019

Après la démolition intempestive de la maison du patriote Boileau à Chambly, la perspective de voir rasé le monastère des Moniales à Berthierville a eu l’effet d’un électrochoc dans les milieux voués à la protection du patrimoine. « Les municipalités ne sont pas outillées pour répondre à la nécessité de protéger le patrimoine », explique en entrevue au Devoir Renée Genet, directrice d’Action patrimoine, le plus important regroupement d’organismes du genre au Québec.

« Ce n’est pas juste Berthierville », partout au Québec, « chaque année, chaque semaine », nous nous trouvons dépossédés de nos bâtiments patrimoniaux, en moins de deux, rappelait le 29 avril Catherine Dorion, députée de Taschereau, à l’occasion d’une séance d’étude des crédits du ministère de la Culture et des Communications dirigé par Nathalie Roy. Celle-ci, très attentive, a affirmé qu’elle en arrivait aux mêmes conclusions : « Les conclusions auxquelles vous arrivez, je suis en train de les vivre, je vis les mêmes », lui a répondu la ministre Nathalie Roy, en ne cachant pas un certain désarroi devant le manque d’attention portée au patrimoine dans plusieurs municipalités.

« Il y a une loi actuellement qui s’appelle Loi sur le patrimoine culturel, a expliqué la ministre. La loi a été adoptée. Il y a eu une réforme en 2011. […] Elle a été mise en vigueur en 2012. Et une loi, c’est en l’appliquant qu’on voit dans quelle mesure on peut travailler avec, ce qui existe à l’intérieur, ce qui n’existe pas à l’intérieur. Les constats auxquels vous arrivez, je fais pas mal les mêmes. […] Qu’on agisse à la pièce, en catastrophe, ça devient vraiment problématique. »

En vertu des pouvoirs conférés par la loi de l’État québécois, les municipalités ont le pouvoir de citer des bâtiments pour les protéger, au nom de l’intérêt collectif. Or, dans bien des cas, constatent les spécialistes, les municipalités prêtent moins attention à la protection du patrimoine qu’aux intérêts des promoteurs.

Un bel exemple

À cet égard, le monastère des Moniales de Berthierville, construit en 1934 selon les plans d’un architecte de l’École des beaux-arts, apparaît exemplaire. Après avoir décidé d’accorder très rapidement un permis de démolition au nouveau propriétaire, la municipalité a vu sa décision être contestée par des groupes de défense du patrimoine, avant d’être invalidée par le ministère de la Culture. La ministre Nathalie Roy a finalement annoncé, le 29 avril, qu’elle demandait au Conseil du patrimoine de classer ce lieu à titre de patrimoine national.

Tout comme dans plusieurs autres cas du genre dans d’autres municipalités, Berthierville se défend d’avoir mal agi. « Pendant près de sept ans, Berthierville a agi pour tenter de trouver une solution dans le dossier du monastère pour éviter sa démolition », affirme au Devoir la directrice générale de la Ville, Sylvie Dubois, au lendemain de l’annonce faite par la ministre. « Entre 2012 et 2018, la Ville a été interpellée par divers promoteurs pour discuter du zonage du secteur en rapport avec leurs projets, explique Sylvie Dubois. La Ville s’est toujours montrée réceptive à tout projet afin de préserver le bâtiment. »

Une vingtaine de représentants de groupes communautaires et d’organismes voués à la santé s’étaient réunis le 16 janvier 2019 pour structurer un projet de reconversion du monastère. « Nous n’avons eu aucun encouragement de la mairesse [Suzanne Nantel], qui était présente à cette séance et qui était très négative face à tout projet de relance du site », affirme au Devoir un des participants de cette rencontre.

L’avocat Louis-V. Sylvestre avait pour sa part présenté dès 2014 un autre plan de reconversion du site, en prenant en compte, lui aussi, le fait qu’il « ne se trouve plus de centre communautaire multifonctionnel à Berthierville ». Il affirme avoir été accueilli très froidement par l’administration municipale. En entrevue au Devoir, M. Sylvestre soutient que la mairesse avait tout de suite rejeté ce projet. Pour l’avocat, ce dossier illustre bien « le conflit entre la préservation du patrimoine bâti et l’appât fiscal ». Les municipalités, censées protéger le patrimoine commun, sont essentiellement tributaires de revenus perçus par les taxes foncières. Comment concilier la protection du patrimoine commun avec la recherche de revenus de taxation supplémentaires ?

Citation au combat

La municipalité de Berthierville, confirme au Devoir sa directrice générale, n’a jamais considéré citer ce bâtiment, comme la loi lui permet de le faire et comme la Municipalité régionale de comté (MRC) d’Autray l’encourageait à le faire. Pourquoi ? « Ce n’est pas l’option qui a été retenue », se contente de dire Sylvie Dubois.

La citation est un statut légal qu’une municipalité peut attribuer à un bien patrimonial. En citant un bâtiment, explique le ministère, « la municipalité reconnaît formellement sa valeur patrimoniale. Elle assure la protection du bien et favorise sa transmission aux générations futures ». Le bien patrimonial cité est inscrit au Registre du patrimoine culturel, ce qui contribue à sa mise en valeur auprès de la collectivité. Il empêche légalement sa destruction. Et le lieu peut alors profiter, à certaines conditions, de subventions gouvernementales pour la restauration de l’ordre de 25 %.

Le 5 avril dernier, le nouveau propriétaire du site, l’entrepreneur André Saint-Martin, affirmait que dès l’été 2018 « un inspecteur en urbanisme et environnement de la MRC d’Autray » lui avait confirmé « qu’il serait possible de démolir le bâtiment » si tel était son souhait.

Le permis de démolition, affirme au Devoir la directrice générale de Berthierville, « a été délivré en vertu de la réglementation en vigueur à l’issue de la transaction entre le promoteur et les propriétaires ». Comme la municipalité s’était refusée à citer le bâtiment tel qu’on le lui avait pourtant recommandé, le nouveau propriétaire pouvait donc en disposer. Le même scénario se rejoue, à des échelles différentes, partout et tout le temps sur le territoire québécois.

« Si on prend l’exemple de la France, ils ont procédé à l’inverse, affirme la ministre Nathalie Roy. Tout est protégé d’emblée. Ils ont décidé de tout protéger, de tout classer. Lorsque quelqu’un achète quelque chose, il le sait que c’est patrimonial. Il le sait qu’il y a une valeur, qu’il y a une protection. Pas ici. Ici, c’est l’inverse. Ici, on classe à la pièce. » On laisse aux municipalités le soin de faire les premiers pas en matière de protection. Un pas que la plupart ne font pas.

Réécrire la loi ?

La députée de Taschereau faisait remarquer, dans ses questions lors de l’étude des crédits, qu’il devrait y avoir, en matière de patrimoine, des mesures incitatives mais aussi punitives. Ce à quoi la ministre Nathalie Roy rétorquait à raison qu’il y en a déjà. « Dans la loi, il y en a ! Mais la question est de savoir dans quelle mesure il est pertinent de les appliquer. Entre autres, il y a cette ordonnance que j’ai utilisée à quelques reprises depuis que je suis arrivée en poste. […] Il y a [aussi] une mesure dans la loi qui fait que je pourrais envoyer des amendes de 190 000 $. Mais on arrive à quoi avec une amende de 190 000 $ si la personne ne s’occupe pas davantage du bâtiment ? »

Il est bien, croit la directrice générale d’Action patrimoine, que la ministre Nathalie Roy se pose des questions sur l’efficacité de la loi dans sa forme actuelle. « On n’oblige pas les municipalités à se munir des outils juridiques et réglementaires pour protéger le patrimoine. C’est bien de faire des inventaires des biens patrimoniaux exceptionnels, comme la MRC d’Autray l’a fait dans le cas du monastère de Berthierville. Mais, au bout du compte, les municipalités ne les protègent pas. Il y a beaucoup de lacunes. »

Voir aussi : Patrimoine et lieux historiques.

Le Vieux-Québec et le tourisme

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 20 avril 2019 2 commentaires

François Bourque
Le Soleil

CHRONIQUE / La venue du navire de croisière Disney Magic au Port de Québec l’été dernier fut un des faits saillants d’une année touristique record. Québec courtisait depuis quatre ans ce fleuron de la compagnie de croisières «la plus recherchée au monde», avait raconté l’Office du tourisme. Ce n’est pas les 1800 passagers qui ont fait événement ce jour-là (Québec accueille souvent de plus gros navires), mais son prestige et l’effet d’entraînement espéré. Une réussite donc. Mais pas seulement une réussite. Le symbole Disney est fort, mais ambigu. Il représente le succès de masse auquel aspire Québec, mais est aussi l’incarnation exacte de ce que le Vieux-Québec ne veut pas devenir : un parc d’attractions pour touristes.

C’est le dilemme des quartiers historiques habités : essayer attirer toujours et toujours plus de visiteurs sans se laisser submerger.

L’équilibre n’est pas facile. Plusieurs villes y ont échoué et cherchent depuis comment réparer les dégâts.

Venise a dû imposer des sens uniques pour piétons sur certaines rues du centre pendant le Carnaval et en interdire d’autres aux visiteurs.

Elle vient de bannir de sa lagune les gros bateaux de croisière, a imposé un moratoire sur les hôtels et tente de réduire les permis Airbnb.

Madrid a aussi décrété des sens uniques pour piétons sur des artères commerciales pendant la période des fêtes 2017.

Cela a fait débat. Des résidents y ont vu une entrave à leur liberté. Ils avaient l’impression d’être pris dans une manifestation ou dans un troupeau de moutons.

Des résidents de Barcelone ont manifesté contre le tourisme en 2017; Santorini (Grèce) a dû limiter le nombre de débarquements sur l’île; Cinque Terre (Italie) ferme des sentiers publics les jours de trop forte affluence.

Florence (Italie) arrose les marches des monuments historiques à l’heure du lunch pour empêcher les pique-niques intempestifs, ai-je lu dans l’édition du soir de Ouest France (avril 2018).

Québec n’en est pas là, mais on ne voudrait pas y arriver, car il est difficile alors de revenir en arrière.

Il y a longtemps que des résidents du Vieux-Québec s’en inquiètent, mais pour la première fois l’automne dernier, la critique est venue d’un commerçant.

«Trop de monde, trop cher, trop de tourisme de masse, on marche porté par la foule et on ne voit rien», ont confié des visiteurs à Romuald Georgeon, propriétaire du Château Fleur de Lys.

Cette fin de semaine là (début octobre), sept navires de croisière ont débarqué à Québec avec plus de 10 000 touristes.

La saison 2018 s’est soldée par un record de 230 000 croisiéristes, chiffre que le Port espère doubler d’ici 2025.

Le Port semble croire que le second terminal qui ouvrira en 2020 derrière les silos de la Bunge va aider à désengorger le secteur de la Pointe-à-Carcy. Peut-être pour les opérations sur les quais, mais où pensez-vous que les visiteurs vont aller sitôt débarqués?

(…)

L’enjeu du tourisme de masse a été soulevé dans plusieurs des mémoires déposés cette semaine aux audiences publiques sur le Plan de conservation du Vieux-Québec du ministère de la Culture.

Le ton y est parfois très dur, trop peut-être, mais il témoigne d’un niveau d’exaspération certain. Le conseil d’administration des Maisons de Beaucours, un ensemble résidentiel luxueux voisin du Château, écrit par exemple ceci :

«Derrière l’écran d’une ville pétaradante de bruit et de feux d’artifice à 95 000 $ le quinze minutes, et cotée haut à la bourse mondiale des attractions touristiques, la vérité crue est que notre Vieux-Québec est de plus en plus invivable».

Bruit, appropriation de l’espace, absence de familles, pas d’épicerie et de boucherie, malaise écologique, débordements festifs, départ de l’Hôtel-Dieu. La liste de leurs griefs est longue.

(…)

Le plus récent épisode est celui du projet (insensé) de passerelle aérienne pour vélos à la Pointe-à-Carcy, que Québec vient de mettre sur la glace.

Cette passerelle avait été improvisée en désespoir de cause pour régler un conflit d’usage entre les vélos et l’industrie des croisières.

On a beaucoup débattu des coûts (démesurés) de cette passerelle et de son impact (injustifiable) dans le paysage du fleuve. Mais très peu (pas assez peut-être) de l’enjeu derrière ce «besoin» de passerelle : l’appétit de croissance de l’industrie portuaire.

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Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Patrimoine et lieux historiques, Tourisme.

Ces bâtiments qu’il nous ferait mal de perdre…

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 20 avril 2019 1 commentaire

François Higgins
Le Soleil

Quels bâtiments de Québec serait-on le plus triste de voir disparaître?

Sombre question à soupeser, s’il en est une! Mais toute curiosité n’est pas malsaine.

L’incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris plus tôt cette semaine a brisé le cœur des Français, sonnés qu’ils étaient de perdre ce pilier du paysage parisien depuis huit siècles. Alors nous sommes en droit de nous demander la perte de quels édifices provoquerait pareille désolation chez les habitants de Québec. En concédant évidemment que toute comparaison est boiteuse…

Notre chroniqueur François Bourque a osé un début de réponse, au lendemain du drame. «On se croise les doigts pour le Château Frontenac, le Séminaire, l’édifice Price, le Parlement. On ne veut pas y penser. J’y ajouterais le pont de Québec et quelques autres immeubles essentiels […] Nous rebâtirons Notre-Dame, parce que c’est ce que les Français veulent et parce que notre histoire le mérite, a dit le président Macron. […] De combien de nos bâtiments pourrions-nous dire la même chose?» demandait-il pour finir.

Le Soleil a donc fait un rapide coup de sonde — tout ce qu’il y a de non scientifique — auprès d’architectes et d’historiens de la capitale. Voici leur palmarès des bâtiments qu’il nous ferait mal de perdre.

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Voir aussi : Histoire, Patrimoine et lieux historiques.

Préserver la mémoire du patrimoine bâti de Québec

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 20 avril 2019 Aucun commentaire

Louis Gagné
Radio-Canada

La reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris s’annonce longue et complexe, d’autant que les dessins originaux de la plus célèbre église du monde ont disparu depuis belle lurette. Qu’en est-il des plans des édifices patrimoniaux de Québec? Existent-ils encore? Sont-ils bien conservés? Peut-on les retrouver facilement? Survol d’une mémoire architecturale aussi éclatée qu’affutée.

La sauvegarde du patrimoine bâti représente un défi de taille dans une ville comme Québec, ne serait-ce qu’en raison de l’évolution constante de l’architecture et des techniques de construction.

Avec des métiers et savoir-faire traditionnels qui tendent à se perdre, le recours aux plans originaux devient un incontournable lorsque vient le temps de reconstruire, agrandir ou rénover un édifice patrimonial.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) est l’un des plus importants dépositaires de dessins d’architecture de bâtiments historiques se trouvant sur le territoire de la capitale.

Certains des architectes qui ont le plus marqué le paysage de Québec ont légué leur fonds à BAnQ.

On n’a qu’à penser à Eugène-Étienne Tâché, qui a dessiné les plans du Manège militaire et de l’hôtel du Parlement, entre autres, ou encore à Raoul Chênevert, à qui l’on doit la conception des plans de la Maison Gomin, de l’Hôtel Clarendon et de l’édifice Honoré-Mercier, pour ne nommer que ceux-là.

BAnQ conserve la plupart de ses plans au Pavillon Louis-Jacques-Casault, sur le campus de l’Université Laval. Certains peuvent aussi être entreposés à l’intérieur du Complexe scientifique du Québec situé sur la rue Einstein, dans le Parc technologique du Québec métropolitain.

« Nos deux endroits de conservation ont des systèmes de gicleurs et de surveillance avec alarme. La température, l’humidité et la lumière sont contrôlées pour assurer la pérennité des documents », indique Nathalie Vaillancourt, archivistes à BAnQ Québec.

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BAnQ

Voir aussi : Histoire, Patrimoine et lieux historiques.

Nouvelle parution: Curiosités de Québec, tome 2

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 3 avril 2019 Aucun commentaire

Éditions GID

Selon les dictionnaires, la curiosité est la qualité de quelque chose d’étrange, d’original, de bizarre; c’est ce qui retient l’attention, l’intérêt; c’est une tendance qui porte à apprendre, à s’informer, à connaître des choses nouvelles. La collection « CURIOSITÉS » publiée par Les Éditions GID s’inscrit dans cet esprit. Elle présente des sujets insolites de différentes régions du Québec. Chaque numéro s’intéresse à l’histoire d’un lieu souvent méconnue, parfois oubliée, mais toujours d’intérêt, afin de garder en mémoire l’identité régionale.

Le premier tome de la collection « Curiosités » proposait la découverte de quelques-uns des secrets les mieux gardés de la ville de Québec. Or, les auteurs étaient conscients alors de ne couvrir qu’une petite partie des trésors de la capitale. D’autant plus petite que Québec s’étend, depuis les fusions municipales, bien au-delà du territoire qu’ils avaient examiné. Cette fois-ci, ils jettent un regard curieux sur Limoilou, Beauport, Charlesbourg, Saint-Émile, Wendake, Loretteville, Vanier, Duberger, Les Saules, Neufchâtel, Val-Bélair, L’Ancienne-Lorette et la petite municipalité de Notre-Dame-des-Anges.

Ce territoire est vaste, soit près de 500 kilomètres carrés. Souvent, les touristes — et même les Québécois ! — tendent à associer le cachet historique de Québec aux seuls vestiges du Vieux-Québec. Ce serait dommage d’occulter de vastes pans de notre histoire et c’est pourquoi ils sont invités à sortir des sentiers battus pour découvrir une centaine de preuves que la Basse-Ville et les quartiers du nord de la capitale regorgent d’un patrimoine fort diversifié et trop méconnu. Chacun des sujets proposés est ancré dans l’histoire du lieu. Parfois, il s’agit de légendes ou de moments insolites, ailleurs ce sera l’architecture, l’aménagement du territoire ou un mystère non élucidé, voire un repère effacé.

Le lecteur est convié à découvrir ces petits nids cachés qui font l’objet de chemins moins fréquentés, mais que les auteurs ont redécouverts. Leur seul objectif : raconter le territoire et sa fascinante histoire.

Les auteurs Jean-François Caron et Pierre Lahoud

Voir aussi : Conférences / évènements, Histoire, Patrimoine et lieux historiques.

La 3e avenue dans le rétroviseur

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 28 mars 2019 Aucun commentaire

Pascale Guéricolas
Le Fil

Un étudiant à la maîtrise en histoire a offert un retour sur le passé de la célèbre artère commerciale de Limoilou.

À l’invitation de la Société historique de Limoilou, René Laliberté a fait renaître la réalité de la 3e avenue des années 1950, dans une salle comble du Centre communautaire Jean-Guy Drolet. C’était l’occasion pour cet étudiant en histoire de partager avec le public ses recherches effectuées dans le cadre d’un cours sur la ville de Québec. La diversité des 110 commerces qui avaient pignon sur rue à l’époque a frappé le chercheur. «On retrouvait dans le secteur pas moins d’une vingtaine de commerces d’alimentation, des boutiques de vêtements, des quincailleries, dont certaines comme Juneau et Frères existent encore. Sans oublier un cinéma de 800 places, où se trouve aujourd’hui Demers bicyclettes et skis de fond, et une église baptiste devenue une habitation», raconte le conférencier lui-même natif de Limoilou.

La lecture du journal local le Courrier de Limoilou ainsi que celle des annuaires téléphoniques Marcotte, qui recensaient les habitants rue par rue, lui ont permis de reconstituer une tranche de vie de cette artère. Une artère où demeuraient aussi bien des ouvriers des usines des alentours que des membres de professions libérales ou de petits entrepreneurs. Déjà à l’époque, les commerçants lançaient régulièrement des concours et des promotions pour inciter la population du quartier à magasiner sur la 3e avenue, tout comme le fait aujourd’hui la Société de développement commercial.

Il faut dire que Limoilou, annexé à la ville de Québec en 1909, connaît une progression fulgurante dans la première moitié du vingtième siècle. De 1901 à 1927, le nombre d’habitants est multiplié par sept, passant à 30 000 personnes en 1930. Un groupe de promoteurs se lance dans la construction de bâtiments d’au moins deux étages, avec un dégagement de trois mètres entre la façade et le trottoir. En trois décennies, ils font surgir de terre le quartier tel qu’on le connaît, en se dotant de normes communes qui donnent une unité architecturale à cet ensemble immobilier. Pour bâtir des rues rectilignes, à partir d’un plan géométrique qu’on compare souvent à celui de New York, ils utilisent les terrains d’un immense domaine agricole acheté aux héritiers Anderson. Le chantier-école de l’Université Laval y a d’ailleurs fait des fouilles l’été dernier.

Comme le rappelle René Laliberté, Anthony Anderson profite, au milieu du 19e siècle, de l’engouement des Britanniques pour le bois provenant du Québec. Son fils, Hedley, développe un hameau autour de la 3e rue, alors appelé Hedleyville, avant qu’un grave incendie ne ravage quelques dizaines de bâtiments dans ce nouveau secteur en 1892. Très rapidement, la construction reprend cependant. Les quartiers adjacents de Québec manquent d’espace et il faut loger les ouvriers qui travaillent pour le chemin de fer ou l’usine de pâtes et papier. Voilà comment Limoilou se greffe aux autres quartiers centraux de Québec, pour devenir aujourd’hui un lieu de résidence de choix pour les citoyens, qui apprécient ses rues ombragées et sa riche vie locale.

L’article et La suite Vivre à Limoilou au 19e siècle

Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Histoire, Patrimoine et lieux historiques.

Consultation publique sur le plan de conservation du site patrimonial du Vieux-Québec

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 9 mars 2019 1 commentaire

Le Conseil du patrimoine culturel du Québec annonce la tenue d’une consultation publique sur le plan de conservation qui vient d’être publié par le ministère de la Culture et des Communications. En premier lieu, une séance d’information aura lieu le 21 mars prochain. Celle-ci sera suivie par une audience publique le 17 avril.

Inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, le site patrimonial du Vieux-Québec, couvrant environ 135 hectares, comprend 1 400 bâtiments construits à partir du 17e siècle. Le plan de conservation est destiné à guider le Ministère lors de l’autorisation d’interventions prévues dans la loi sur le patrimoine culturel.

Le Conseil du patrimoine culturel du Québec est un organisme de consultation avec pouvoir de recommandation. Il a pour mandat de tenir des consultations publiques sur toute question que lui confie la ministre.

La consultation publique se tiendra à l’Auditorium Roland-Arpin du Musée de la civilisation, 85, rue Dalhousie, Québec.

Elle se déroulera en deux temps :

Séance d’information le 21 mars, à 19 heures : présentation du plan de conservation par les représentants du ministère de la Culture et des Communications. Cette présentation sera suivie d’une période de questions.

Audience publique le 17 avril, à 19 heures.

Toutes les personnes intéressées sont invitées à assister à cette audience. Celles et ceux qui souhaitent exprimer une opinion à cette occasion peuvent s’inscrire par téléphone au 418 643-8378 (numéro sans frais 1 844 701-0912) ou par courriel (consultation.publique@cpcq.gouv.qc.ca) avant le 8 avril 2019, 16 heures.

Les personnes peuvent également exprimer leur opinion ou leurs commentaires en répondant au questionnaireOuverture dans une nouvelle fenêtre en ligne jusqu’au 22 avril 2019

Des communications écrites pourront également être transmises au Conseil. La date limite pour le dépôt des communications est le 8 avril 2019, 16 heures.

Le plan de conservation

Toutes les informations

Questionnaire en ligne

Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Conférences / évènements, Histoire, Message d'intérêt public, Patrimoine et lieux historiques.

Le Manège militaire Voltigeurs de Québec: un excellent article sur la renaissance de cet immeuble

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 27 février 2019 Aucun commentaire

Chroniques d’architecture

Dix ans après l’incendie qui l’a détruit en avril 2008, le Manège militaire Voltigeurs de Québec a été réhabilité par un consortium d’architectes – A49 / DFS / STGM -, lequel a établit un dialogue entre architecture patrimoniale et contemporaine. La restauration de ce joyau historique de 12 000 m² a été achevée en mai 2018, pour un coût de104M$ CA. Communiqué.

Services publics et Approvisionnement Canada, maîtres d’ouvrage, a mandaté l’équipe d’architectes pour concevoir et exécuter des travaux de reconstruction favorisant la protection du patrimoine et le respect de l’intégrité architecturale et des esquisses élaborées en 1885 par Eugène-Étienne Taché (1836-1912). Le mandat était également d’ouvrir l’édifice patrimonial, maison du Régiment des Voltigeurs de Québec de l’Armée canadienne, à la population de la Ville de Québec et ses visiteurs.

Amorcé en 2011, le projet de reconstruction du Manège militaire inclut quatre principales interventions : la restauration de l’aile est datant de 1913-14 qui abrite des bureaux pour les Voltigeurs de Québec, l’ajout d’un pont menant au Parc des Champs-de-Bataille et d’une nouvelle aile à l’ouest comprenant des bureaux du gouvernement fédéral, la reconstruction de la salle d’exercice convertie en une salle multifonctionnelle, la construction d’un nouveau foyer au sud de l’immeuble pour supporter les fonctions de cette nouvelle salle ainsi que la création d’un hall commémoratif pour les Voltigeurs.

Ces interventions ont nécessité à la fois des travaux de restauration majeure des murs de maçonnerie extérieurs et intérieurs, des plâtres, des portes et fenêtres en bois, la construction d’une nouvelle toiture avec couverture de cuivre et l’agrandissement complexe du bâtiment existant.

Situé à proximité de l’Arrondissement historique du Vieux-Québec, site du patrimoine mondial de l’UNESCO, le Manège militaire Voltigeurs de Québec ouvre sur les plaines d’Abraham, théâtre de l’affrontement des empires français et britannique qui changea le sort de l’Amérique en 1759.

La suite

* Les magnifiques photos sont d’un collaborateur de Québec Urbain, Stéphane Groleau, photographe d’architecture

Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Histoire, Patrimoine et lieux historiques.