Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


Le tramway va changer la ville

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 8 janvier 2020 5 commentaires

François Bourque
Le Soleil

CHRONIQUE / La commande était à la fois simple et ambitieuse : redessiner le centre-ville autour des futures stations souterraines du tramway de Québec. Rendre agréables les chemins qui y mènent, «générer de l’urbanité» et imaginer de nouveaux espaces publics.

Le professeur GianPiero Moretti avait donné carte blanche à la vingtaine d’étudiants de sa classe de maîtrise en architecture et design urbain. Ne laissez pas les enjeux techniques prendre le dessus sur votre imagination, leur a-t-il demandé.

J’ai assisté peu avant Noël à la présentation des travaux de session de ces équipes d’étudiants de l’Université Laval, dans les locaux de l’École d’architecture au Petit Séminaire. Je ressens toujours une espèce de fébrilité quand je vais ainsi à la rencontre des rêveurs de ville.

J’y ai trouvé beaucoup d’illustrations dans l’air du temps et par conséquent un peu prévisibles, mais aussi plusieurs idées fortes et inattendues qui mériteraient que les autorités publiques en regardent la faisabilité. L’architecte de la Ville de Québec présent ce matin-là dans la salle a probablement pris des notes.

J’ai retenu cinq de ces idées.

1- L’église Saint-Jean-Baptiste

Une entrée vers la station du Grand Théâtre pourrait être aménagée en face du parvis de l’église Saint-Jean-Baptiste, rue Saint-Jean. La rue de Claire-Fontaine serait réservée aux piétons entre les rues Saint-Jean et Lockwell.

* Ilustration de l’équipe de Victoria Deslandes-Lyon, de Carolane Jolin, d’Alexandre Isabelle et de Juliette Paget

Le tram roulera sous le boulevard René-Lévesque, mais une entrée pour la station du Grand Théâtre pourrait être aménagée au niveau de la rue Saint-Jean, devant l’église Saint-Jean-Baptiste.

Le parvis de l’église deviendrait alors un véritable carrefour piéton entre la basse-ville et la haute-ville. Dans ce scénario, l’équipe de Victoria Deslandes-Lyon, de Carolane Jolin, d’Alexandra Isabelle et de Juliette Paget propose que la côte de la rue de Claire-Fontaine devienne entièrement piétonne entre les rues Saint-Jean et Lockwell.

Le parvis de l’église serait élargi du côté nord et on viendrait y poser la statue de Saint-Jean-Baptiste et son socle qui sont actuellement au niveau de la rue D’Aiguillon.

De nouveaux locaux pour les besoins de l’école ou du voisinage seraient ainsi créés sous le parvis et le long de l’église en façade de la rue D’Aiguillon.

2- Place D’Youville

Le passage du tram à place D’Youville est une belle occasion de réaménager l’espace. Des étudiants proposent de modifier l’accès au stationnement souterrain pour le rendre moins visible depuis la place.

Ils suggèrent de prolonger vers l’ouest le parvis du Palais Montcalm et de le couvrir de verdure en esquissant un nouveau lien en gradins vers la colline Parlementaire et le parlement. Un arrêt d’autobus pour le parcours 807 serait conservé dans la partie nord de la place.

3- La sortie avenue des Érables

Le tunnel du tramway va sortir de terre à la hauteur de l’avenue des Érables. Des étudiants proposent de recouvrir la trémie (pente) qui fera une centaine de mètres par une structure de bois-sculpture.

Plutôt que de «nier» la trémie et essayer de la faire oublier, l’idée est de la mettre en valeur par un espace public surélevé au milieu du terre-plein avec végétation ou jardin communautaire, explique Louis Murray-Leclerc.

L’espace entre les poutres de soutien assurerait une certaine «perméabilité» visuelle entre les trottoirs au nord et au sud du boulevard René-Lévesque.

4- L’avenue Cartier

L’équipe de M. Murray-Leclerc propose de faire disparaître la station-service au coin de l’avenue Cartier et du boulevard René-Lévesque pour la remplacer par un nouvel immeuble public.

Une petite succursale de la bibliothèque municipale par exemple, avec un grand puits de lumière, une place publique devant et un accès à la station souterraine du tramway.

Ces étudiants proposent aussi de rendre la rue Cartier entièrement piétonne entre les rues Fraser et Crémazie.

La suite

Voir aussi : Projet - Tramway.


5 commentaires

  1. "Le" lecteur assidu

    8 janvier 2020 à 15 h 42

    * Je vous réfère à la proposition # 1

    – WOW !

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    • paradiso Utilisateur de Québec Urbain

      9 janvier 2020 à 13 h 29

      Le bas de la rue Claire-Fontaine a été réaménagé il y a quelques années, mais la portion en haut de la rue Lockwell est à refaire. Fils électriques disgracieux, trottoirs complètement défoncés.

      J’ai descendu cette rue des centaines de fois pour aller dans St-Roch, en plein hiver c’est une activité à haut risque.

      Voilà une proposition qui risque d’augmenter considérablement les coûts indirects du tramway, mais favoriserait grandement son confort d’utilisation et son adoption par un plus grand public.

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      • Insider

        9 janvier 2020 à 19 h 44

        « J’ai descendu cette rue des centaines de fois pour aller dans St-Roch, en plein hiver c’est une activité à haut risque. »

        @ paradiso

        Si je vous comprend bien, le besoin pour un aménagement plus sécuritaire est là depuis longtemps? Pour y faire du transports actif sur une base régulière, je peux confirmer votre constat.

        Peut-on dans ce contexte imputer les dépenses seulement au projet de Réseau structurant?

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      • paradiso Utilisateur de Québec Urbain

        10 janvier 2020 à 11 h 07

        @Insider : entre effectuer des réaménagements de surface (comme cela a été fait avec brio sur la côte Salaberry) et creuser un tunnel sur 200 mètres (avec possibles escaliers mobiles ou ascenseurs considérant l’importance du dénivelé), il y a une grande différence de coûts.

        Je présume que l’estimation des coûts du tramway inclut l’accès aux stations souterraines. Mais ici on parle d’un accès beaucoup plus élaboré, auquel se grefferaient des aménagements de surface.

        Donc augmentation des coûts directs et indirects.

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  2. PPDaoust

    10 janvier 2020 à 16 h 04

    L’idée est absolument lumineuse, mais encore faut-il déterminer précisément combien de personnes en profiteraient. Je pense que c’est là que le bât blesse.

    Je connais bien le secteur pour y avoir habité et, très malheureusement, faire la navette entre St-Jean et René-Lévesque n’est pas une habitude marquée chez résidents du Faubourg. Lorsqu’ils sortent, ils le font plus naturellement vers le nouvo st-Roch. C’est ma perception.

    Je dis le tout avec beaucoup de prudence. Je pense qu’il faudrait une enquête origine-destination pour mesurer convenablement le besoin.

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