Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


Québec serre la vis aux «densifieurs» immobiliers

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 27 avril 2020 2 commentaires

Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil

La Ville de Québec entend serrer la vis aux «densifieurs» qui rasent des résidences vieillottes pour faire pousser des immeubles de plusieurs logements. De nouvelles contraintes urbanistiques seront imposées afin d’assurer l’intégration cohérente de leurs créations dans les quartiers.

Depuis quelques années, la capitale encadre les promoteurs immobiliers lorsqu’ils projettent l’érection d’un bâtiment comptant entre un et trois logements sur les gravats d’une ancienne propriété. En vertu d’un plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA), l’administration municipale peut avoir des exigences plus strictes afin d’assurer l’harmonisation des constructions.

Un document récemment remis aux élus énumère des exemples de contraintes: recul du bâtiment par rapport à la rue (marge de recul), la hauteur du rez-de-chaussée, les matériaux, les couleurs, la préservation des arbres matures et l’obligation de planter des arbustes…

Voici que la mairie veut donner un tour de vis supplémentaire. «Il appert que des bonifications pourraient être apportées [au PIIA] afin que les projets de densification dans les milieux résidentiels de faible densité s’intègrent encore mieux.»

Les nouveautés? D’abord, des projets comptant plus d’appartements seront soumis aux normes d’un PIIA, énonce Audrey Perreault, conseillère en communication. «La Ville souhaite s’assurer que la construction d’un nouvel immeuble résidentiel de huit logements ou moins, de même que l’aménagement de son terrain, s’intègrent harmonieusement au milieu construit.»

Les dossiers qui seront maintenant auscultés sous la loupe d’un PIIA ne passeront donc plus comme lettre à la poste, même si le zonage est respecté. «Cette procédure permet d’évaluer des projets selon des critères qualitatifs», précise Mme Perreault. «Les critères d’évaluation sont ainsi adaptés en fonction du milieu. Lors d’une demande de permis, en plus de suivre le processus normal, les projets soumis à un PIIA sont évalués par un comité consultatif d’urbanisme (CCU) qui effectue une recommandation au conseil d’arrondissement.»

Parmi les critères d’évaluation durcis, Mme Perreault cite les dimensions des cours, l’impact des aires de stationnement, l’espace disponible pour l’entreposage de la neige, les dimensions de l’immeuble dans son environnement, les matériaux de revêtement qui ne détonnent pas…

L’administration du maire Régis Labeaume n’a jamais caché son penchant favorable pour la densification des quartiers déjà habités de la capitale. Mais l’apparition de bâtiments au gabarit imposant a parfois secoué les propriétaires de maisons moins volumineuses. L’automne dernier, des résidents d’unifamiliales de la rue Terrasse Laurentienne, dans le secteur Sainte-Foy, avaient justement dénoncé l’apparition d’un immeuble de six logements sur trois étages dans leur environnement. Une densification qui était légale.

Les autorités n’avaient pu intervenir, mais elles avaient néanmoins resserré ensuite le zonage du quartier.

La Ville de Québec semble donc vouloir éviter de nouveaux remous, du moins les atténuer. Dans l’ébauche de sa Vision de l’habitation 2020-2030, elle évoque d’ailleurs maintenant une «densification réfléchie» qui s’adaptera «aux particularités des différents milieux».

Les nouvelles règles seront incluses dans le Règlement d’harmonisation sur l’urbanisme de la Ville de Québec. Avant leur adoption définitive, il y aura toutefois une assemblée populaire afin de présenter les modifications et permettre aux citoyens et entrepreneurs de poser des questions, souligne Audrey Perreault. «La date sera connue ultérieurement.»

Soulignons que la Ville révise, en outre, plusieurs règlements d’arrondissement sur l’urbanisme «afin de favoriser une intégration plus harmonieuse des projets de densification dans les milieux résidentiels de faible densité», dixit un document municipal.

La suite

Voir aussi : Architecture urbaine.


2 commentaires

  1. ANTOINE

    27 avril 2020 à 07 h 21

    Et que dire aussi de ceux qui rasent des propriétés conventuelles comme celle, magnifique, sur St-Louis voisine de pères maristes, pour possiblement trippler la capacité des lieux avec des architectures douteuses… C’est la même chose, Québec s’attaque aux petits promoteurs et laisse faire n’importe quoi aux gros… regardez sur Grande Allée, proche de Cartier, l’immeuble immense construit …

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  2. paradiso Utilisateur de Québec Urbain

    27 avril 2020 à 10 h 53

    Il était temps d’agir, car la densification est le prétexte pour construire n’importe quoi. Je pense aux boîtes carrées de six logements au milieu de rangées de bungalows des années 1960, par exemple… Aucun respect de la trame urbaine, matériaux cheap qui vont mal vieillir. La ville s’enlaidit de manière accélérée.

    Par ailleurs, la Covid-19 et la crise des CHSLD devrait être l’occasion d’accélérer la construction de logements intergénérationnels.

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