Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


Projet d’agro-parc: Québec veut acheter les terres des Sœurs de la Charité

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 15 septembre 2021 2 commentaires

Marc-André Gagnon
Journal de Québec

Le gouvernement Legault veut acheter les terres des Sœurs de la Charité pour y réaliser un projet novateur.

Après s’être opposé au dézonage des terres des Sœurs de la Charité à Québec, il y a deux ans, le gouvernement Legault a déposé une offre d’achat formelle pour y développer un parc d’innovation agricole, a appris Le Journal.

Si la congrégation religieuse accepte cette proposition déposée jeudi — elle dispose de 21 jours pour le faire — le gouvernement du Québec deviendra l’unique propriétaire des 211 hectares de terres agricoles enclavées au cœur de l’arrondissement Beauport.

Selon nos informations, le ministère de l’Agriculture souhaite s’inspirer de l’Espagne (Sabadell) et du Vermont (Intervale Center) pour y implanter un « agro-parc » axé sur l’autonomie alimentaire, l’enseignement, la recherche et la préservation de l’héritage historique des lieux.

Bien qu’il ait été impossible de connaître la valeur précise de l’offre, notre Bureau parlementaire a appris qu’elle correspondrait essentiellement à l’évaluation municipale.

La valeur foncière de ces terres anciennes frôlait les 30 millions $ lorsqu’elles ont été rétrocédées en décembre dernier aux Sœurs de la Charité, après l’abandon du projet de « mini-ville » de 6500 unités résidentielles, qui était porté par le promoteur Michel Dallaire, avec l’appui de l’administration Labeaume.

La réalisation de ce projet controversé, sur la table à dessin depuis 2014, passait d’abord par une modification à la vocation agricole des terres, ce que le gouvernement a toujours refusé, deux fois plutôt qu’une, au grand dam de Régis Labeaume.

Enjeu électoral

Avec son offre d’achat, le gouvernement Legault s’invite en quelque sorte dans la campagne électorale municipale, dont l’avenir des terres des Sœurs de la Charité de Québec est un des enjeux.
En mai dernier, le chef de Québec forte et fière, Bruno Marchand, avait promis, advenant sa victoire à la mairie, d’acheter le terrain pour y développer « le plus grand jardin de la ville ».

L’objectif recherché se résumait toutefois à celui d’y empêcher tout développement résidentiel ou commercial.

Québec veut impliquer la Ville et les Sœurs de la Charité dans le développement de son concept.

Le ministère envisage notamment la possibilité de vendre les produits agricoles du futur agro-parc au Grand Marché de Québec et d’utiliser les fertilisants provenant du Centre de biométhanisation de l’agglomération de Québec.

Il suggère également d’intégrer un parcours historique et pédagogique sur l’héritage agricole des Sœurs de la Charité et souhaite d’éventuels partenariats de recherche avec l’Université Laval.

Il s’agirait d’un jalon posé par le gouvernement afin d’accroître l’autonomie alimentaire du Québec, dont le besoin a été exacerbé avec la fermeture des frontières, pendant la première vague de pandémie.

La suite

Voir aussi : Agriculture urbaine, Arrondissement Beauport.


2 commentaires

  1. PPDaoust

    15 septembre 2021 à 17 h 59

    Rendons à César ce qui revient à michel et son commentaire remontant au 22 décembre 2020, lequel j’avais appuyé.

    Signaler ce commentaire

     ou annuler
  2. Urbanique

    16 septembre 2021 à 22 h 17

    Je me pose quelques questions par rapport à ce projet.

    Un projet de zone d’innovation en agriculture durable va potentiellement s’implanter à Victoriaville, et fera le pont avec l’enseignement, la recherche et l’économie. Ce projet est réalisé avec la collaboration avec plusieurs partenaires, dont le ministère de l’économie et de l’innovation.

    Le projet du gouvernement proposé ici pour les Terres des Soeurs de la charité va-t-il s’inspirer du projet à Victoriaville ? Malgré les volontés d’en faire un agro parc, quelle superficie du sol arable sera conservée? Est-ce que le projet possédera une zone d’innovation de nature plus industrielle ?

    Sommes toutes, le projet a du potentiel. Par contre, le délais donné aux propriétaires semble très court. Il est difficile d’évaluer l’ensemble des impacts d’un tel projet, alors que le gouvernement ne propose qu’à cette étape-ci qu’une vision préliminaire du secteur.
    Une vision qui pourrait changer.

    Signaler ce commentaire

     ou annuler

Poster un commentaire

ou

trente deux  +    =  trente six