Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


Des promoteurs immobiliers zieutent Duberger-Les Saules

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 10 octobre 2021 Aucun commentaire

Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil

Le développement effréné des rives de l’autoroute-boulevard Robert-Bourassa ne semble pas décélérer. Et les promoteurs immobiliers, qui s’en donnent à cœur joie dans Lebourgneuf, ne paraissent pas rassasiés. Certains zieutent maintenant le quartier Duberger-Les Saules, plus au sud.

La mutation accélérée de ce secteur de la capitale autrefois boisé, qui a commencé avec le prolongement de Robert-Bourassa vers le nord en 2006, se poursuit donc. Des milliers de copropriétés, appartements pour aînés et maisons de ville sont apparus au-dessus du boulevard Lebourgneuf. Des milliers d’autres germent sous cette frontière, en direction de Sainte-Foy.

Le plus gros projet, le Quartier Mozaïque, progresse toujours du côté ouest des commerces des Galeries de la capitale. La résidence pour personnes âgées le Marc-Aurèle est debout. Tout comme son voisin, le Saphir de 223 appartements. Lors de notre récent passage, les ouvriers s’affairaient sur deux autres bâtiments du complexe qui en comptera 11. Une réalisation de Kevlar et Constrobourg.

Félix-Leclerc

Il faut toutefois rouler encore un peu direction sud pour nous retrouver officiellement dans Duberger-Les Saules. Dès l’autoroute Félix-Leclerc traversée, nous y sommes.

À l’est, nous voyons le vaste terrain boisé du Groupe Dallaire collé sur le Réno-Dépôt. Tout de suite après, le chantier grouillant de L’Aventura du Groupe Huot. Environ un millier de logements neufs sont annoncés en 10 phases de travaux. Déjà, plusieurs bâtiments ont été complétés sur le grand lot.

La suite

En poursuivant notre route vers Sainte-Foy, nous constatons qu’il ne reste plus beaucoup de terrains disponibles : il y a des parcs municipaux, des propriétés d’Hydro-Québec, une zone industrielle.

L’autoroute Robert-Bourassa offrirait néanmoins encore de belles opportunités pour les investisseurs. Aussi, deux tours totalisant quelque 300 logements seront érigées au croisement du boulevard Père-Lelièvre, devant la rivière Saint-Charles.

Juste à côté, la Ville prévoit la construction d’une centaine d’appartements abordables communautaires. Histoire d’assurer une certaine mixité sociale.

Examinons les infos que nous avons grappillées…

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DUBERGER-LES SAULES AURAIT BESOIN DE NOUVEAUTÉ

«Les besoins étaient là pour construire ces logements», assure le promoteur George Blouin, de Synchro immobilier, l’entreprise désirant édifier les deux tours de Père-Lelièvre. «Sinon je n’aurais aucun intérêt à investir dans ce projet s’il n’y avait pas de demande. Des logements neufs à Duberger, il n’y en a pas présentement, donc c’est intéressant d’offrir un autre type de logements à la clientèle dans un parc résidentiel plus âgé.»

Cette citation est tirée du compte-rendu d’un exposé qu’a récemment effectué l’homme d’affaires devant les membres du conseil de quartier. Cet exercice est obligatoire afin d’obtenir le changement au règlement de zonage qu’il souhaite. Un prérequis à l’obtention des permis de la Ville.

Les représentants des citoyens élus au conseil ont exprimé des craintes quant à la grosseur des tours projetées, quant à la circulation automobile, quant à la protection de la rivière Saint-Charles. Ils n’ont pas l’habitude de voir des bâtiments de tels gabarits dans leur coin.

Le développeur s’est fait rassurant. Tout comme les représentants de la Ville de Québec. L’imposant stationnement souterrain ainsi que la proximité de l’autoroute devraient assurer une fluidité dans le trafic. Et des normes de construction édictées par la mairie devraient protéger le cours d’eau.

Renouvellement

Nous avons appelé George Blouin afin d’obtenir quelques détails supplémentaires. Il est convaincu que le quartier Duberger-Les Saules est mûr pour la densification. «Le milieu bâti de Duberger, au niveau de l’offre en location, est assez âgé», réitère-t-il. Mais il y aurait une clientèle intéressée à s’y installer.

«Tranquillement, Père-Lelièvre est en train de se renouveler. C’est un secteur où il y a de la place pour restaurer des bâtiments existants ou en bâtir des neufs.»

Son projet : deux édifices totalisant plus ou moins 280 portes sur les terrains abandonnés de l’intersection sud-ouest de Père-Lelièvre et Robert-Bourassa. Le site est en friche depuis la démolition de maisons mal en point. Ne subsiste qu’un commerce fermé qui sera également éliminé.

Sur les dessins architecturaux que nous avons dénichés, nous constatons qu’il y aura trois niveaux souterrains pour les voitures. Au-dessus du sol, un immeuble comptera 8 étages ; l’autre 12.

«On vise la clientèle typique en mesure de se payer du logement neuf, entre 900-1500$ [par mois].» Le plus petit bâtiment, le B sur les plans, s’élèvera en premier. Il faudra environ 13 mois pour le compléter. La gestation du «C» sera plus longue ; il devrait naître un an plus tard.

L’échéancier n’est pas encore coulé dans le béton. M. Blouin escompte néanmoins lancer son chantier fin 2022 pour une livraison en 2024. Les plans seront peaufinés au cours des prochains moins.

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OUI, MAIS IL Y A DES CONDITIONS

«Le projet offre l’occasion de revaloriser un ensemble de terrains vacants», souligne la Ville dans une analyse publiée récemment. «Le projet contribue ainsi à l’atteinte des objectifs d’urbanisme de consolidation urbaine. Toutefois, considérant le nombre de logements et le gabarit du bâtiment projeté, il importe d’assurer une intégration harmonieuse du projet dans le milieu construit environnant.»

L’administration municipale a donc établi une liste de conditions à remplir avant que Synchro obtienne son permis de construction : verdissement, impact limité sur les voisins, protection de la rivière…

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DES LOGEMENTS SOCIAUX

Sur les plans que nous avons consultés, il y a un troisième bâtiment. Le bâtiment A, situé à l’ouest des deux qu’érigera Synchro immobilier.

L’investisseur privé s’est entendu avec la Ville et les organismes Un Toit en Réserve, Solidarité familles ainsi que l’Association du Québec pour l’intégration sociale. Il leur a vendu une partie de son terrain pour 1,3 million $ plus taxes.

Que verra-t-on sur cette portion du lot ? C’est là que les groupes populaires planteront un nouvel édifice à vocation sociale. «Le projet comprend 95 logements distribués en six étages», lit-on dans un document officiel. «Trente-six logements sont destinés pour des familles, 35 logements pour des personnes ayant une déficience intellectuelle, 12 logements pour des familles monoparentales, 12 logements pour des personnes ayant une problématique de santé mentale et 12 espaces dédiés à des organismes communautaires.»

La suite

Voir aussi : Arrondissement Les Rivières, Condo, Logement locatif ou social.

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