Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


Projet McWilliam: fin de la contestation

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 28 septembre 2019 2 commentaires

Benoît Bossé
Marc Côté
Ginette Veilleux
Yves Boissinot
Louis-Philippe Noël
Au nom des citoyens et citoyennes concernés
Point de vue
Le Soleil

Depuis l’automne dernier, les résidants qui se sentaient affectés par le projet de construction résidentiel, communément désigné par le 8, rue McWilliam, ont participé activement aux consultations le concernant.

Tout au long du processus, les voisins du projet n’ont jamais remis en question l’implantation d’un complexe résidentiel sur le lot visé, jamais ils n’ont demandé de modifications à l’architecture du projet, au nombre de logements qui y seront créés, aux cases de stationnement qui y seront intégrés, ces choix, bien que certains restent discutables, appartiennent au promoteur et leur appréciation relève de la Commission d’urbanisme et de conservation de Québec.

Le projet initialement présenté avait une hauteur de 6 étages ou 23 mètres, soit 10 mètres de plus que ce que le règlement de zonage permettait. Une soixantaine de citoyens ont démontré leur désaccord face à cette hauteur, alors qu’une minorité de trois ou quatre personnes considérait ce projet comme acceptable.

Quelques mois plus tard, le promoteur nous est revenu avec un projet diminué d’un étage, mais dépassant toujours la hauteur réglementaire de 6 mètres soit 46% plus haut, sans parler du 10% supplémentaire auquel le promoteur a droit pour installer les équipements nécessaires (cage d’ascenseur, appareil de climatisation et/ou de chauffage, etc.). Le projet demeure plus haut que 15 des 16 bâtiments qui l’entourent. Encore une fois, la majorité des citoyens présents à cette consultation se sont montrés inquiets de la modification au règlement que ce projet entrainerait et des conséquences que celle-ci pourrait avoir ailleurs dans le Vieux-Québec.

Finalement, lors de la consultation publique exigée en vertu de la loi et tenue par le Conseil de quartier, les citoyens ont réitéré leur inquiétude et leur opposition à cette modification à la hauteur permise. Malgré cela, le conseil de quartier dont la mission première est de représenter les citoyens plutôt que de se substituer à eux a rendu une décision partagée, seul un tiers de ses membres étant en faveur, trois s’étant abstenus et trois autres étant absents, la convocation précipitée n’ayant pas tenue compte de leur absence.

Le 19 août, en dépit des représentations des citoyens, les élus de l’Équipe Labeaume ont voté en faveur de cette modification.

D’un autre côté, des architectes, faut-il s’en surprendre, ont pris la plume pour défendre ce projet, mais sans jamais soulever le moindre doute sur la hauteur du projet ni sur ses répercussions sur la protection et la mise en valeur du patrimoine du Vieux-Québec, qu’il soit passé, présent ou à venir. Certaines interventions avaient d’ailleurs plus l’air de commande que d’une réelle implication. Et les illustrations utilisées pour dépeindre le projet dans ces publications semblent avoir toutes été choisies pour optimiser l’implantation du bâtiment plutôt que de démontrer sa hauteur véritable par rapport aux bâtiments existants en périphérie. De plus, l’opinion du directeur de l’école d’architecture nous a laissés bouche bée, d’autant plus qu’il reprochait aux citoyens, à mots couverts, leur peu d’implication sur les projets situés «un peu plus à l’ouest, un peu plus au nord», alors que lui-même a laissé passer ces projets sans intervenir publiquement! D’autant plus surprenant que des citoyens se sont réellement élevés contre le projet de Saint-Louis-de-Gonzague et que les projets du Diamant et de l’hôtel du Capitole n’ont jamais été soumis à la consultation populaire. Bizarre!

Malgré notre bonne foi tout au long de l’exercice, notre vision concernant l’avenir du Vieux-Québec n’a malheureusement pas soulevé l’intérêt et l’appui de la population en générale quant à la protection et à la sauvegarde du patrimoine, ni d’ailleurs des organismes publics ou privés dont c’est pourtant la mission principale, en particulier Patrimoine Canada, le ministère de la Culture et des Communications et le Conseil du Patrimoine culturel du Québec. Pire, on nous a traités de revanchards, d’adeptes du «pas dans ma cour» alors que nous n’étions guidés que par notre amour pour notre quartier. On a même tenu des propos mesquins à notre égard, lors d’une réunion du Conseil municipal, nous qui ne pensons pas nécessairement comme l’administration municipale en termes de développement du Vieux-Québec, celle-ci semblant être plus soucieuse de s’en servir comme d’un outil promotionnel pour favoriser le tourisme, quitte à ce que la vie de quartier en soit perturbée, et comme une manière d’aller chercher davantage de taxes foncières.

Nous constatons aussi que, contrairement aux idées reçues, tenir un référendum est un exercice fastidieux et complexe. La lourdeur du processus référendaire impose aux défenseurs d’une réglementation plus appropriée de trouver du soutien dans un secteur du Vieux-Québec où les propriétaires sont trop souvent des non-résidants, peu impliqués dans la vie de quartier. Enfin, un référendum aurait ultimement permis une amélioration du projet et non sa disparition.

Face à tout cela, nous avons décidé, non sans peine, de nous retirer de la procédure pouvant mener à un référendum sur le projet de modification au règlement de zonage, non par faute d’appuis, mais plutôt en raison de la complexité du processus et du temps requis qui devrait y être consacré. À titre personnel, nous n’avons rien à gagner que la hauteur du projet soit abaissée ou pas. Quel que puisse être le résultat d’un éventuel référendum, le projet nous causera des inconvénients, à quatre comme à cinq étages.

Nous souhaitons que le promoteur interdise dans son règlement de copropriété l’hôtellerie illégale et la présence de Airbnb, d’autant plus que la ville sursoit à la possibilité de réglementer cette dernière forme d’hébergement touristique. Nous souhaitons aussi qu’il tienne sa parole et construise un projet qui attirera des familles plutôt que des résidants de passage.

Nous espérons que nos futurs voisins auront aussi à cœur que nous la préservation de ce patrimoine dont ils deviendront tout comme nous les dépositaires, tant pour leur bénéfice personnel que pour celui de toute la communauté.

Enfin, nous remercions tous ceux et celles qui nous ont soutenus dans nos démarches, en premier lieu notre conseiller municipal. M. Jean Rousseau, et le Comité des citoyens du Vieux-Québec, par la voix de son président, M. Michel Masse.

La suite

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Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Logement locatif ou social.


2 commentaires

  1. Jean François Côté

    29 septembre 2019 à 08 h 29

    Bonne affaire de réglé !

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  2. Joseph Bernier

    29 septembre 2019 à 16 h 47

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