Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


L’ancienne maison du maire Labeaume détruite sans permis

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 13 février 2020 4 commentaires

Isabelle Porter
Le Devoir

L’ancienne résidence du maire de Québec, un bâtiment à valeur patrimoniale, a été démolie par ses nouveaux propriétaires sans permis pour le faire. La Ville envisage d’intenter des recours judiciaires.

En octobre, l’actuel propriétaire Yves Laperrière a obtenu un permis de la Ville pour agrandir la résidence sur la rue du Cap-au-Diable, sur le flanc des falaises de Sillery. Le plan qui avait été soumis permettait aux yeux de la Ville de préserver l’intérêt architectural de la maison érigée en 1966.

Or le 22 janvier, des inspecteurs ont découvert que la maison avait été détruite. La Résidence Paul-H. Bilodeau figure pourtant au répertoire du patrimoine urbain de la municipalité. Elle ne fait pas l’objet d’un classement en tant que tel, mais sa valeur est jugée d’intérêt.

Résidence Paul-H.-Bilodeau

Elle a été dessinée par un architecte réputé et est considérée comme représentative du courant moderne en architecture de l’époque. Sur sa fiche, on précise que « sa forme générale doit être préservée ».

L’architecte qui a dessiné ses plans, André Robitaille (1922-2009) a aussi dessiné le pavillon principal de la Forêt Montmorency et les résidences de l’Université Laval (pavillon Parent), entre autres.

À la Ville, on a confirmé cette semaine qu’elle avait été détruite sans autorisation. « Compte tenu de cet état de fait, la Ville a demandé l’arrêt des travaux et évalue présentement ses recours en lien avec la réglementation d’urbanisme », a commenté son porte-parole David O’Brien.

Sur place, une clôture bloque l’accès au terrain mais on peut voir au travers du treillis qu’il ne reste plus rien de l’imposante maison face au fleuve. À l’avant, une pancarte rappelle les plans originaux d’agrandissement prévus à l’origine pour la « Villa Cap-au-Diable ». On y souligne qu’elle constitue « une pièce importante du mouvement moderne de l’architecture résidentielle à Québec. »

Joint mercredi, le propriétaire Yves Laperrière n’a pas voulu faire de commentaires. M. Laperrière a acquis la maison de la famille Labeaume en mai 2019 au coût de 1 215 000 $.

Selon nos informations, il ne pourra pas construire de nouveau bâtiment sur le terrain, le règlement de contrôle intérimaire interdisant les nouvelles constructions dans les secteurs en forte pente.

Par ailleurs, la Ville est en train de resserrer ses règles pour mieux protéger les bâtiments d’intérêt patrimonial. Plus tôt cette semaine, Le Soleil révélait que pas moins de 500 immeubles pourraient s’ajouter à la liste des maisons de valeur jugée « supérieure » ou « exceptionnelle » protégées par la Commission d’urbanisme.

Ces derniers mois, les menaces pesant sur plusieurs bâtiments d’intérêt ont fait les manchettes à Québec : maison Pasquier, maison Jolin-Bédard, maison Déry, église Saint-Coeur-de-Marie et plus récemment, l’église Saint-Sacrement.

La suite

Un billet précédent: Défense du patrimoine immobilier: critiquée, la Ville de Québec lance une offensive

Voir aussi : Architecture urbaine, Arrondissement Ste-Foy / Sillery / Cap-Rouge, Patrimoine et lieux historiques.


4 commentaires

  1. Dany Lo.

    13 février 2020 à 08 h 33

    Acheter une maison 1,2 millions, pour la démolir et ne pas pouvoir reconstruire, ça fait cher le terrain vague il me semble…

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  2. Francis L

    13 février 2020 à 14 h 22

    Surtout quand tu l’achètes du maire de la ville! Il me semble que tu devrais te douter que tu seras doublement scruté.

    Si le propriétaire actuel n’arrive plus à reconstruire à cause des nouvelles règles, bonne affaires! On ne doit pas laisser place à ce genre de comportement.

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  3. Antoine

    13 février 2020 à 21 h 44

    J’espère que la ville n’autorisera pas le propriétaire de construire son chateau. C’est totalement ridicule comme situation, cette maison était des plus intéressante et construite par uin architecte qui a réalisé des maisons modernes de qualité. L’ancienne résidence de maire avait besoin d’un peu de rénovation mais de là à la démolir… la ville va faire comme d’habitude, lui donner une petite tappe sur les doigts…

    Sérieusement quand tu démolis une maison sans permis, d’intéret patrimoniale, sur un terrain en forte pente tu ne mérites pas de reconstruire là…

    Le proprio va surement nous dire qu’il y avait des souris !

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  4. urbanoïd

    14 février 2020 à 15 h 24

    C’est le maire de Lévis le nouveau propriétaire ? Avec le nouveau lien, il pourrait être à Lévis en 10 minutes !

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