Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


Une solution de rechange d’ici au tramway boudée par Québec

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 5 décembre 2020 11 commentaires

Martin Jolicoeur
Journal de Montréal

Un groupe d’ingénieurs québécois, convaincu d’avoir développé une solution de rechange viable et avantageuse aux coûteux systèmes de transport collectif par tramway, se désole de ne pouvoir parvenir à obtenir l’attention espérée du gouvernement du Québec.

Regroupés au sein de Groupe Pantero, une jeune entreprise encore méconnue de Montréal, ces ingénieurs d’expérience travaillent depuis une décennie dans l’ombre au développement d’un nouveau type de véhicule électrique (appelé Tram routier), à mi-chemin entre l’autobus et le tramway comme envisagé actuellement par la Ville de Québec.

«Nous nous expliquons mal cette difficulté d’obtenir l’attention requise de nos élus», affirme son président, Jean-François Audet, convaincu que ce nouveau système pourrait devenir la clé de voûte d’un «prochain fleuron» de l’industrie québécoise des transports.

«C’est dommage de l’exprimer ainsi, mais je suis convaincu que si nous étions Alstom ou Volvo, il y a longtemps que la question serait réglée», se désole-t-il

Le Tram routier, auquel Pantero cherche en vain depuis deux ans à intéresser le gouvernement, est présenté comme plus efficace que l’autobus articulé et moins dispendieux que les systèmes traditionnels de tramway.

Offert en configurations de deux à quatre modules articulés, l’engin proposé se distingue principalement de l’autobus articulé par sa grande capacité d’accueil, réduisant d’autant le nombre de chauffeurs requis par les sociétés de transport.

Dans sa version la plus longue, par exemple, le véhicule proposé serait en mesure d’accueillir jusqu’à 295 passagers! Et, contrairement au tramway traditionnel, qui pourrait en accueillir autant, il ne requiert l’installation d’aucune infrastructure ferroviaire.

Ce produit unique est le résultat du travail d’ingénieurs dirigés par le québécois Jean Raymond, titulaire d’une vaste expérience dans le domaine au sein d’entreprises comme Nova Bus, Orion Bus Industries et GE Transport.

L’entreprise jouit de l’appui de l’ex-président de Nova Bus, puis ex-V.-P. principal de Volvo Buses, Jean-Pierre Baracat. Il en va de même de Jean-Noël Debroisse, ancien vice-président d’Alstom, géant de l’industrie ferroviaire. Tous deux siègent au conseil consultatif de l’entreprise.

«On ne réalise pas que ce que l’on a réussi ici, cela fait 30 ans que l’industrie essaie de le faire ailleurs, se réjouit M. Audet. Ce n’est pas un simple “me too” de ce qui existe déjà; ça n’existe tout simplement pas. Notre technologie en est une de rupture qui dérange bien des joueurs, croyez-moi.»

Une volonté politique?

Outre le projet de Québec, plusieurs autres projets de tramway sont actuellement à l’étude. C’est le cas de Longueuil, de Gatineau et de Laval. À Montréal, le projet de prolongement de la ligne rose vers l’ouest, entre le centre-ville et Lachine, pourrait aussi faire une place au tramway.

«Est-ce réaliste de penser que tous ces projets voient le jour au coût de 3 à 4 G$ chacun? Compte tenu de l’état de nos finances publiques, la question se pose.»

Avant qu’il ne soit trop tard, Pantero espère des nouvelles de Québec.

«Avec toute l’expertise que nous avons au Québec, ça n’a pas de maudit bon sens qu’on n’arrive pas à faire naître ce projet.»

«Je suis sûr que si nous étions réunis entre quatre murs, on pourrait joindre le dossier. Tout ce que ça nous prendrait, c’est un peu de volonté politique.»

L’article

* Merci à un fidèle lecteur trèa assidu.

Voir aussi : Transport, Transport en commun.


11 commentaires

  1. « Le » lecteur assidu

    5 décembre 2020 à 10 h 20

    * Question….

    Se pourrait-il que j’aie déjà vu quelque chose de ➕ ou ➖ similaire en Chine❓

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  2. Dédé

    5 décembre 2020 à 10 h 40

    Conçu ici ???? Malheur !!!!

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  3. Insider

    5 décembre 2020 à 10 h 51

    Les avantages viennent aussi avec des inconvénients. Comme j’ai ma dose d’avoir à continuellement me répéter à ce sujet, je vais me contenter d’écrire que si ils ont l’appui de Volvo et qu’ils démontrent que leur véhicules sont efficaces et fiables combiné à une capacité de livrer un nombre suffisant de véhicules aux sociétés de canadienne de TEC leurs véhicules seront utilisés à Québec ou ailleurs au Canada sur différent type de parcours grâce à la flexibilité qu’ils apportent.

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  4. julien

    5 décembre 2020 à 12 h 47

    intéressant, mais on n’a que le point de vue du vendeur. J’aurais bien aimé aussi comprendre les contraintes techniques qui peuvent en résulter.
    Par exemple, est-ce que le Tram routier à 4 wagons est en mesure de monter les côtes? Est-ce qu’il faut prévoir des courbes plus larges que les autobus actuels pour pouvoir tourner.

    et, il ne faut pas oublier que la vitesse et la fiabilité ne sont pas uniquement dues au mode de transport, mais à la qualité de l’infrastructure. Voies dédiées, bloquées aux voitures, feux prioritaires, etc.

    Et, la largeur requise pour les autobus est probablement plus large que pour un tramway. Sur René Lévesque, par exemple, il faudrait prévoir plus d’expropriation et encore retirer une voie aux autos sur certaines sections pour pouvoir en assurer le passage. Les contraintes du Tramway vues par les automobilistes ne sont pas dues qu’aux rails mais aussi au besoin d’avoir un terrain dédié au TEC.

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  5. Che

    5 décembre 2020 à 23 h 51

    Probablement que le projet actuel est trop avancé pour faire un virage par rapport à la technologie utilisée.

    Je leur souhaite tout de même la meilleure des chances. C’est difficile de percer avec une nouvelle technologie.

    Il y a beaucoup des projets de tramway/SRB à venir dans la région de Montréal. De plus, on peut espérer que le RSTC n’est qu’à ses débuts et qu’il va y avoir des nouvelles lignes et extensions dans le futur.

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  6. Insider

    6 décembre 2020 à 09 h 48

    « la disponibilité et l’ampleur du déploiement de ces technologies et méthodes, notamment celles qui permettent d’éliminer le dioxyde de carbone, sont incertaines » [ Le groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (Giec) ]

    Je présume qu’ils souhaitent que l’on agisse dès maintenant et surtout ne pas être paralysé en affirmant que le projet peut être amélioré et attendre que la nouvelle technologie salvatrice ait fait ses preuves.

    Le mystère Québec encore à l’oeuvre?

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