Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


Le logement abordable «s’en va dans un mur»

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 8 mai 2026 4 commentaires

Félix Lajoie
Le Soleil

Alors qu’il apprécie l’aide apportée par la Ville de Québec, un promoteur qui lancera bientôt un nouveau chantier de logements à Loretteville déplore le manque d’implications des autres paliers gouvernementaux. «On passe à côté de la track», lance-t-il.

La rue Boucher, à Loretteville, devrait accueillir dans les prochains mois un immeuble de 48 logements neufs, alors que la réglementation du zonage permet un maximum de 36 unités par bâtiment. La Ville de Québec pourrait accepter le projet grâce à l’article 93 de la Loi modifiant diverses dispositions législatives en matière d’habitation (PL 31).

Le promoteur du projet, Marc-Antoine Cyr, voit cette aide apportée par la Ville de Québec d’un «bon œil» ainsi que l’émission des permis de construction via le PL31 comme «très positive».

Il croit toutefois que les programmes des autres paliers de gouvernement «devraient suivre», ce qu’ils ne font pas.

«En réalité, il ne manque pas de logements, il manque des logements modiques. C’est ça la situation au Québec», lance M. Cyr, qui est également président-directeur général de Gestipro, une entreprise qui gère près de 6000 portes à Québec et à Lévis.

Les logements construits avant les années 2000, loués «en bas de 1100 $ par mois», trouvent facilement preneur, soutient M. Cyr. Ceux construits récemment, qui se détaillent à 1500 $ par mois, ou plus, sont cependant plus difficiles à louer, poursuit-il.

(…)

Selon lui, le gouvernement provincial a manqué une occasion d’améliorer la situation en ne suivant pas l’exemple du fédéral et d’autres provinces, qui remboursent la taxe sur les produits et services et la taxe de vente provinciale sur la construction d’immeubles de logements.

«Juste ça, ça nous aurait permis de louer peut-être 200 $ ou 300 $ de moins par mois. C’est majeur», prétend M. Cyr.

La suite

Le projet

Voir aussi : 0 - Revue de presse, Arrondissement Haute-St-Charles, Logement locatif ou social.


4 commentaires

  1. Gepetto

    8 mai 2026 à 13 h 05

    Le logement abordable devrait permettre une certaine “percolation” : les ménages y entrent quand ils en ont besoin, puis en sortent quand leur situation s’améliore, libérant des places pour d’autres. Or, quand cette rotation ne se fait pas, le système se bloque et l’accès pour les ménages les plus en difficulté est réduit.

    Le problème tient à un mécanisme d’attribution et à des règles de maintien dans le logement qui font en sorte que le logement abordable ne remplit plus pleinement son rôle de tremplin.

    Il y a aussi une dimension de solidarité collective. Dans un système limité, la fluidité repose en partie sur la capacité à libérer les ressources lorsqu’on n’en a plus autant besoin.

    Il serait utile d’ouvrir une discussion plus honnête sur cette réalité, plutôt que de se limiter à des explications uniquement politiques ou réglementaires.

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  2. VilleQuebec Utilisateur de Québec Urbain

    9 mai 2026 à 14 h 08

    …Il y a aussi une dimension de solidarité collective. Dans un système limité, la fluidité repose en partie sur la capacité à libérer les ressources lorsqu’on n’en a plus autant besoin…

    Ca veut dire quoi concretement?

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    • Gepetto

      9 mai 2026 à 22 h 48

      Très concrètement, cela peut vouloir dire que lorsqu’on devient médecin, il serait peut-être temps de quitter un logement en coopérative d’habitation, ou encore de libérer un logement abordable lorsqu’on se permet une maison de campagne. Ce sont deux exemples, parmi d’autres que j’ai moi-même observés lorsque j’occupais ce type de logement plus jeune, alors que j’étais moins avancé dans la vie. On peut aussi penser aux personnes qui conservent un grand logement après le départ des enfants, alors que leurs besoins ont diminué.

      Ce que j’ai aussi observé, surtout dans les quartiers centraux, c’est que certaines personnes occupent des logements abordables alors qu’elles ont, sur papier, une forte capacité d’employabilité. Dans certains milieux, il est également valorisé de privilégier une image de vie plus simple, voire modeste, ce qui peut parfois créer une certaine distance par rapport à des modes de vie plus “aisés”, comme les condos, parfois associés, à tort ou à raison selon les perspectives, à des enjeux de gentrification, un concept souvent fortement chargé sur le plan idéologique dans certains milieux intellectuels.

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