Nicolas Labrie
Aarchitecte
La Presse
À Québec, un promoteur refait ses calculs avant de déposer ses plans… À quel prix devra-t-il fixer ses logements pour que le projet tienne debout ?
Dernièrement, la crise du logement est devenue une crise d’abordabilité. Les logements sont juste trop chers. La réaction facile ? Montrer du doigt les promoteurs et les accuser de profits excessifs.
La vérité est plus complexe ; la régulation en fait partie. Ce mille-feuille de règles qui s’accumule dans l’immobilier finit par paralyser des projets et faire exploser la facture.
Des règles, il en faut. Mais à force de vouloir tout encadrer, on brise le marché.
Code du bâtiment, SCHL, critères bancaires, lourdeurs et délais municipaux : chaque exigence peut avoir sa logique. Le problème arrive quand on les empile. Les coûts montent, les projets deviennent plus difficiles à démarrer et les logements abordables, plus difficiles à construire.
Sans ce surplus de réglementation, jusqu’à 30 % plus de logements abordables pourraient voir le jour.
Revenons à notre promoteur.
Son terrain peut accueillir 80 logements compacts. Puis les exigences s’imposent : salles de bains plus grandes, couloirs plus larges, quota de deux et trois chambres, et j’en passe.
On refait la mathématique. Résultat : 52 logements.


