Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


Un milliard sur 25 ans pour restaurer le pont de Québec

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 16 mai 2024 4 commentaires

Sourc e : Taïeb Moalla, Journal de Québec, le 15 mai 2024

PHOTO STEVENS LEBLANC

En reprenant le pont de Québec, le gouvernement du Canada a annoncé qu’il investira 40 M$ par année, sur 25 ans, soit un total de 1 G$, pour «assurer la viabilité à long terme» de cette infrastructure «essentielle et historique» plus que centenaire. La moitié des sommes servira à la peinture du joyau patrimonial fortement rouillé. C’est ce que le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a fait savoir, mercredi matin, lors d’un point de presse très couru tenu à l’Aquarium de Québec avec le pont de Québec en toile de fond. Après de longues années de promesses et de négociations, M. Trudeau a donc confirmé qu’Ottawa a conclu une entente avec le Canadien National (CN) qui était propriétaire de l’infrastructure rouillée depuis 1993. Techniquement parlant, le fédéral redeviendra propriétaire à partir du 30 septembre après avoir payé un dollar symbolique au CN.

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Voir aussi : Arrondissement Ste-Foy / Sillery / Cap-Rouge, Patrimoine et lieux historiques, Transport.


4 commentaires

  1. PPDaoust

    16 mai 2024 à 14 h 18

    Je ne dirai pas que c’es la pire décision de l’histoire. Non.

    Mon point c’est que je trouve dommage qu’on ait refusé d’aborder, par une simple étude d’opportunité, la possibilité d’un remplacement complet du pont. À moins d’errer, ça n’a jamais été fait. C’est le genre d’idée qui, chez certains, bouscule les émotions. D’ailleurs Legault s’en est rendu compte en 2017, quand, souvenez-vous, il s’était dit ouvert à la démolition.

    Malgré tout, ce type de débat a récemment eu lieu à l’île Manitoulin en Ontario au sujet d’un pont ferroviaire tournant d’environ 110 ans. Oui, il est petit, mais la communauté y est très attachée. Ça met en relief ce conflit entre cette idée qu’un pont soit identitaire et le pragmatisme que notre société a également besoin.

    Au terme de l’exercice, les autorités ont opté pour son remplacement à l’identique, élargi et aux normes actuelles. Il est même prévu, comme je l’ai déjà proposé dans des billets précédents, de récupérer des éléments de l’ancien pont pour la construction du nouveau. J’ai trouvé ça bien intéressant.

    https://www.manitoulin.com/new-swing-bridge-gets-nod-from-mto/

    Une deuxième affaire que je trouve dommage, c’est le fait qu’en le conservant, on conserve un pont ne respectant pas les normes (trop étroit, tablier trop élevé etc.) liant 2 secteurs, au nord et au sud en plein boom démographique. En le remplaçant par plus large, permettant un accotement, une piste cyclable, même un LRT, on aurait pu pérenniser la question des liens inter-rives et ainsi contrer avec vigueur de l’idée du 3e lien et un développement déréglée à l’est qui semble vouloir venir avec.

    Enfin, j’ai hâte de voir comment ces travaux affecteront l’aspect visuel du pont. C’est un pont superbe, mais avec des échafauds, des tarps blanches et autres équipements accrochés dessus, disons qu’au cours des 25 prochaines années, les photos seront moins belles.

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  2. Jeff M

    16 mai 2024 à 16 h 16

    On va pouvoir penser à la mobilité inter-rives pour les prochaines décennies.
    Le tablier de la voie carrossable doit être remplacé prochainement. On a l’a une opportunité pour le rendre compatible avec un système lourd (SRB ou tramway). L’utilisation de la voie ferrée peut aussi entrer dans la réflexion, mais je dirais que ce serait à plus long terme.

    Le transport collectif doit être mieux développé entre les deux rives. Il passe environ 130 000 véhicules par jour. Ça semble être le niveau de saturation. Les passagers en transport collectif se compte seulement en quelques milliers. Mais cela pourrait changer vite. Les aménagements physiques vont devenir plus conviviaux pour les usager des TEC, puis la tarification du laisser passer métropolitain jouera certainement un rôle. Espérons ultimement que cela débouchera sur une plus grande fréquence de service. Il manque encore un appétit politique sur la rive sud pour affecter de nouvelles ressources. Mais clairement, on peut faire circuler beaucoup plus de gens par TEC sur les ponts.

    Un transport lourd peut théoriquement déplacer des dizaines de milliers de passagers à l’heure. C’est l’équivalent d’une autoroute à 20 voies. Sans aller à cette extrémité, nous avons clairement un potentiel sous exploité. Ça devient important de le souligner quand on se met à réclamer une nouvelle structure à grand frais. Un milliards de nos jours, ça semble peu.

    Avec l’inflation que l’on connaît dans la construction, il faut exclure les méga projets à brève échéance. J’inclus autant un 3e lien qu’un tramway. Ceci dit, on peut certainement faire beaucoup plus avec des bus sur les ponts pour les une ou deux prochaines décennies.

    Pour le transport collectif sur la rive nord, on verra ce que la Caisse de Dépôt va nous pondre. Je ne suis pas de ceux qui croient qu’ils vont réinventer la roue sur le cas de Québec, mais dans tout les cas, les investissements peuvent s’étirer dans le temps. Par exemple, une structure pensée pour un tram ou un SRB peut aussi servir à des bus en attendant. Ce qu’il nous faut au moins, c’est un master plan… puis une volonté politique… puis se brancher une fois pour toute… genre arrêter de faire croire qu’un tel a une meilleure idée… oui, je pointe du doigt des gens sur ce forum et ailleurs.

    Pour revenir au pont, j’avoue que c’est frustrant de ne pas avoir accès aux rapports remis au CN sur son état. Mais il faut arrêter de s’énerver avec ça. La pratique du génie civil est encadrée par l’ordre des ingénieurs. Il ne se fait pas n’importe quoi avec ce pont. L’âge du pont, ce n’est pas ça qui est déterminant. Il existe des logiciels très précis pour calculer la capacité portante d’une structure, même avec tout ses défauts. À la limite, je dirais que c’est aussi bien d’avoir sorti le débat public de cet enjeu et de laisser les professionnels travailler.

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    • PPDaoust

      16 mai 2024 à 22 h 14

      Je trouve que votre commentaire généralement est bon. Ça résume bien la situation. Ça se gâte à la fin. J’y reviendrai.

      Trois points.

      1. « On a l’a une opportunité pour le rendre compatible avec un système lourd (SRB ou tramway) »

      Pour l’heure, ce sera compatible avec le SRB seulement. À moins d’errer, même le nouveau tablier sera trop haut pour accommoder du LRT standard. Dans un horizon de 50 ans, « it’s a problem ».

      2. « Il existe des logiciels très précis pour calculer la capacité portante d’une structure, même avec tout ses défauts. »

      Vous semblez ne pas être au fait du glorieux épisode de la super poutre du pont Champlain. C’était en 2013. Un haut fait d’arme de l’ingénierie québécoise moderne initiée en urgence à la suite d’un simple constat visuel.

      Je ne connais pas votre âge à cette époque, mais je vous assure que les logiciels que vous évoquez, bien qu’ils existaient déjà, n’étaient d’aucune utilité.

      3. Tout ça pour dire que donner carte blanche aux professionnels (où à la technologie) ne mène pas à l’excellence. Qui plus est, ces ingénieurs, ces politiciens, qui penchent souvent dans l’orgueil, divergent probablement encore plus souvent d’opinion entre-eux que dans la population générale. Suffit d’avoir eu un beau-père ingénieur civil et ex-conseiller municipal pour en avoir un avant-goût.

      Selon moi Jeff, c’est la confrontation te toutes les idées qui permet de faire jaillir la lumière. Thèses + Antitièses = Synthèse. Ce processus, dont tous le monde devrait avoir accès, PREND DU TEMPS.

      L’histoire nous prouve que c’est le moins pire des modèles.

      L’importance de la volonté politique est super importante. Celle du savoir technique aussi. Mais l’apport de la population doit être considéré. Oui il y des cons au Québec, mais savez-vous qu’aujourd’hui 30% de la population active au Québec possède un diplôme universitaire et qu’on nombre encore plus important possède le pouvoir de la pensée critique?

      Ce qui m’amène à vous rappeler à l’ordre avec vigueur sur cette phrase que vous avez écrite.

      « genre arrêter de faire croire qu’un tel a une meilleure idée… oui, je pointe du doigt des gens sur ce forum et ailleurs »

      Je répond à ça que demander que des opinions divergentes au discours présentement dominant cessent d’être exprimées, même ici, sur un blog si marginal et sans influence, cela me semble révéler chez vous une tendance idéologique rigide que je continuerai à dénoncer.

      Bonne journée.

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      • Jeff M

        17 mai 2024 à 19 h 40

        PPDaoust, je pense que vous ne savez pas comment ce milieu fonctionne.

        Un ingénieur est lié par tout ce qu’il signe. Tant qu’il applique les pratiques reconnues, il sera protégé. L’ego d’un tel ou la pensée critique d’un tel ne pèse pas. C’est un domaine normé autant qui peut l’être.

        Oui, les pratiques évoluent. Mais vous conviendrai avec moi que leurs remises en question n’est pas à la portée de beaucoup de gens. Je veux dire par là, des gens qui ont autre chose que des opinions. Et c’est bien le nœud du problème quant à moi. Il y a une sacrée marge entre ça et des professionnels qui étudient la chose depuis des années.

        Votre propension à me dépeindre comme un idéologue semble traduire une frustration en vous. Celle de ne pas toujours avoir raison.

        Je sais que vous voulez croire que ce pont est bon pour la ferraille, mais vous n’avez aucun élément tangible à l’appui. C’est seulement votre opinion.

        Mes sources… Oui, oui, moi aussi j’ai mes sources… Au ministère des transports, ce qu’on dit, c’est que ce pont est bon pour l’usage qu’on en fait aujourd’hui. Par contre, on ne recréerait jamais le test des trois trains chargés côte à côte tout juste après sa construction. Ce pont était conçu pour un usage ferroviaire intensif. J’ai tu besoin de spécifier qu’un train chargé ça pèse en tabarnak.

        Mario Fafard, du département de génie civil de l’Université Laval, affirme que ce pont a été construit avec plus de métal que nécessaire à l’époque. C’est son point de vue. Je ne sais pas si d’autres le partage. Mais quand on regarde la première monture du pont qui semblait faite avec des des bâtonnets de cure-dent, ça semble convainquant. À cela s’ajoute la peur de refaire une erreur de calcul après l’effondrement. Pas étonnant qu’on est voulu compenser à la hausse. Ça rappelle le pont de Brooklyn où on avait ajouté plus de câblages que nécessaire au cas où les fournisseurs ne soient pas honnête sur la qualité de leur production. Brooklyn, voilà un pont encore plus vieux que celui de Québec qui tiens bien et pour lequel on ne fait pas du drama inutile.

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