Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


Archives pour la catégorie « Histoire »

L’héritage oublié du système seigneurial et le Séminaire de Québec

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 24 juin 2018 1 commentaire

Benoît Grenier, historien
Point de vue
Le Soleil

En réaction à la chronique «Le Séminaire, société secrète», de François Bourque, parue le 19 juin

François Bourque évoque la richesse du Séminaire de Québec et ses fameuses terres forestières de la «Seigneurie de Beaupré». Comme historien, mes recherches portent sur les persistances de la propriété seigneuriale au Québec et j’ai eu l’occasion de réfléchir au cas fascinant de la Seigneurie de Beaupré.

Cette seigneurie, l’une des plus anciennes de l’histoire du Québec (érigée dès 1636), est entrée dans le giron du Séminaire par une donation de l’évêque François de Laval qui avait personnellement acquis ces terres entre 1662 et 1668. Contrairement à d’autres seigneuries appartenant aux ecclésiastiques, elle ne fut pas concédée par le roi. La précision est importante. Mais il y a surtout lieu de constater que F. Bourque omet de contextualiser l’historique en vertu duquel le Séminaire, comme tous les autres propriétaires seigneuriaux en place au moment de l’abolition de ce régime, a été maintenu dans ses droits de propriété.

Les 1600 km carrés de terres forestières sont effectivement un héritage direct du processus d’abolition, une propriété privée qui doit sa légitimité (en ce début de 21e siècle) au législateur qui, en 1854, a laissé la pleine jouissance aux seigneurs de toutes les terres alors non concédées. Certes, ce fut peut-être le plus grand cadeau jamais consenti au privé par l’État canadien (c’est sous le régime de l’Union qu’on a aboli le régime seigneurial), mais ni le Séminaire, ni l’Église catholique en général, n’a alors obtenu plus que les autres seigneurs en place en 1854. À cette époque, l’abolition se réalise dans un contexte très soucieux des droits de propriété privée; on est bien loin de la Révolution française qui mit fin à la féodalité en France.

M. Bourque aurait pu mentionner au passage (mais il l’ignore probablement, comme la majorité des Québécois) que ce processus d’abolition a créé des rentes constituées en remplacement des rentes seigneuriales, lesquelles ne seront complètement éteintes qu’en 1970. D’ailleurs, j’ai montré dans un article que l’Église représente un bien petit joueur en termes de propriété seigneuriale au moment de l’abolition. Mais, surtout, ce processus a maintenu la propriété privée des terres non concédées. Dans certaines seigneuries, comme à Beaupré, cela représentait de vastes étendues foncières dans des zones peu propices à l’agriculture où aucun censitaire n’avait été établi. Ailleurs, c’est parfois la totalité de la seigneurie qui devient un domaine privé.

L’exemple le plus étonnant est sans doute celui de l’île d’Anticosti. Cette île, grande comme la Corse, devint alors la pleine propriété des derniers seigneurs qui la vendront au chocolatier parisien Henri Menier, lequel agira comme un véritable seigneur en y établissant ses fameux chevreuils. C’est la famille Menier qui vendra à son tour cette île privée (pour ne pas dire cette seigneurie) à une compagnie forestière qui l’exploitera jusqu’à ce que, comble de l’ironie, le gouvernement du Québec doive la racheter, en 1972, pour en faire la réserve naturelle qu’on connaît aujourd’hui.

Plusieurs autres cas seraient à documenter (Minganie, Lac Témiscouata, seigneuries du pourtour de la Gaspésie…). Force est de constater que l’abolition du régime seigneurial a laissé une empreinte plus importante que ce que laissent croire nos manuels scolaires. Cette abolition a été, il faut le reconnaître, très favorable aux seigneurs en place, mais combien d’entreprises ou d’individus ont tiré des profits de ces terres privatisées en 1854, sans redonner quoi que ce soit à quiconque, la question reste à éclaircir.

Ces précisions historiques, qui sembleront peut-être un peu pointues, sont essentielles pour éviter de tomber dans la voie facile et trop souvent empruntée des critiques envers des institutions religieuses qui, sans être sans reproches, ont contribué à façonner la société québécoise dont nous sommes héritiers. Comme historien, il ne m’appartient pas de me prononcer sur l’usage que l’institution peut faire de ses ressources, mais force est de constater que le Séminaire de Québec préserve depuis 350 ans l’héritage de François de Laval. Combien de familles ou d’entreprises auraient réussi à conserver sur une telle durée un patrimoine de cette ampleur?

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La réponse du Séminaire de Québec à la chronique de François Bourque

Voir aussi : Histoire.

Ces 27 municipalités formaient la Ville de Québec en 1960

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 24 juin 2018 Commentaires fermés sur Ces 27 municipalités formaient la Ville de Québec en 1960

Jean-François Caron, historien
Société historique de Québec

Journal de Québec

Le 1er janvier 2002, une nouvelle ville de Québec voyait le jour à la suite d’une grande fusion imposée par le gouvernement provincial.

Quatre ans plus tard, à la suite d’un référendum, les citoyens des villes de L’Ancienne-Lorette et de Saint-Augustin-de-Desmaures décidaient de se reconstituer en municipalités autonomes. Comment sont donc apparues toutes ces municipalités autour de la ville-mère de Québec qui les a englobées?

Pour vous donner une idée, voici les 27 municipalités qui, en 1960, formaient l’actuel territoire de la Ville de Québec :

Beauport
Beauport-Ouest
Bélair
Charlesbourg
Charlesbourg-Est
Charlesbourg-Ouest
Château-d’eau
Courville
Giffard
Lac-Saint-Charles
Les Saules
Loretteville
Montmorency
Neufchâtel
Notre-Dame-des-Laurentides
Orsainville
Petite-Rivière
Québec
Québec-Ouest
Saint-Émile
Saint-Félix-du-Cap-Rouge
Saint-Michel-Archange
Sainte-Foy
Sainte-Thérèse-de-Lisieux
Sillery
Val-Saint-Michel
Villeneuve

(…)

C’est avec l’Acte constitutionnel de 1791 qu’on fixe les premières limites de la ville de Québec. Au sud, à l’est et au nord, on retrouve des limites naturelles, soit le fleuve Saint-Laurent et la rivière Saint-Charles. Pour ce qui est de la limite ouest, on trace une ligne droite à partir de l’Hôpital Général, en bordure de la rivière. Cette ligne suit l’axe de la rue Saint-Ours (aujourd’hui le boulevard Langelier) jusqu’à la haute-ville où elle passe en diagonal entre les actuelles avenues De Salaberry et Cartier, puis traverse les plaines jusqu’au fleuve. Au-delà de cette ligne, on était dans ce qu’on appelait alors la banlieue.

(…)

En périphérie, sous le Régime français, on avait distribué des seigneuries qui vont donner naissance à des villages. Ils deviendront la banlieue, au sens où on l’entend aujourd’hui. Ainsi apparaîtront les villages de Beauport, Charlesbourg, Sillery et Sainte-Foy qui seront tous incorporés en 1855. Le même phénomène se produira autour de ces bourgs et plusieurs villages satellites apparaîtront à leur tour, comme par exemple Giffard, Courville ou Loretteville.

(…)

Les fusions avec Québec débuteront en 1889 avec Saint-Sauveur et se poursuivront en 1908 avec Saint-Malo, en 1909 avec Limoilou et en 1913 avec Montcalm. Entre 1970 et 1973, ce sont Duberger, Les Saules, Neufchâtel et Charlesbourg-Ouest qui se joignent à la capitale. Enfin, en 1976 seront créées les grandes villes de Beauport et Charlesbourg qui engloberont les petites municipalités limitrophes. Aujourd’hui, exception faite des villes de Saint-Augustin-de-Desmaures et de L’Ancienne-Lorette, il existe deux municipalités qui ont échappé à la grande fusion de 2002, soit Notre-Dame-des-Anges, qui englobe le territoire de l’Hôpital-Général de Québec, et Wendake, la réserve Huronne-Wendat.

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Généalogie de la Ville

Illustration chronologique des fusions

Voir aussi : Histoire, Québec La cité.

« Only the Longley » : un peu d’histoire sous les bretelles d’autoroute

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 17 juin 2018 Commentaires fermés sur « Only the Longley » : un peu d’histoire sous les bretelles d’autoroute

José Doré
monsaintroch

Dans le Programme particulier d’urbanisme (PPU) du secteur sud du centre-ville de Saint-Roch, la Ville de Québec propose d’aménager sous les bretelles de l’autoroute Dufferin-Montmorency un « espace public polyvalent et appropriable » qui pourrait, entre autres, « permettre la tenue de spectacles et de manifestations artistiques diverses » et « former un point de rencontre pour les [résidents] du secteur ». Si cela se réalise – je l’espère fortement! – je propose que cet espace soit nommé en l’honneur de Stephen Lane et de son épouse Elizabeth Longley.

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Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Histoire.

Église Saint-Coeur-de-Marie: des révélations

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 16 juin 2018 Commentaires fermés sur Église Saint-Coeur-de-Marie: des révélations

Nicolas Lachance
Journal de Québec

Selon le directeur du Bureau des grands projets de la Ville, la décision aurait été «politique». Le directeur du Bureau des grands projets de la Ville de Québec, Charles Marceau, a affirmé, dans une déclaration sous serment, que la décision de bloquer le projet immobilier sur le site de l’église Saint-Cœur-de-Marie était « politique » et « non rationnelle ».

Cette révélation apparaît dans une requête amendée déposée au Palais de justice de Québec cette semaine par le promoteur immobilier Louis Lessard, qui est en litige avec la Ville sur ce dossier.

Le document cite un interrogatoire de Charles Marceau effectué en vue du procès prévu en octobre prochain. M. Lessard poursuit maintenant la Ville de Québec pour une somme de 17 millions $, alors qu’elle était auparavant de 12 millions $.

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Des illustrations des 9 projets présentés à la Ville de Québec par le promoteur

L’église Saint-Coeur-de-Marie bientôt convertie? dans un billet de …. 2004 paru sur Québec Urbain

Voir aussi : Architecture urbaine, Arrondissement La Cité-Limoilou, Histoire.

L’église Saint-Cœur-de-Marie vaut 2$

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 15 juin 2018 Commentaires fermés sur L’église Saint-Cœur-de-Marie vaut 2$

Nicolas Lachance
Journal de Québec

Le propriétaire de l’église désertée Saint-Cœur-de-Marie sur Grande Allée a réussi à faire baisser la valeur de son immeuble à seulement deux dollars, lui permettant d’alléger son fardeau fiscal, car il ne peut pas jouir de son bien.

« La valeur a baissé, étant donné que je ne peux rien faire avec le bâtiment », a mentionné Louis Lessard, le propriétaire de l’immeuble qui poursuit la Ville de Québec pour 12 millions $. Le litige avec la Ville l’empêche de commenter le dossier.

Le rôle d’évaluation municipale précédent indiquait que l’immeuble valait 630 001 $, ce qui coûtait des milliers de dollars à M. Lessard chaque année en taxes sans pouvoir utiliser son bien.

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* On se rappellera que Québec Urbain en avait parlé le 4 juin dernier

Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Histoire, Patrimoine et lieux historiques.

Église Saint-Coeur-de-Marie: bâtiment incendié et inutilisable ?

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 4 juin 2018 Commentaires fermés sur Église Saint-Coeur-de-Marie: bâtiment incendié et inutilisable ?

Bonjour monsieur Gobeil,

Il y a du nouveau pour le 530 Grande-Allée Est au rôle d’évaluation, la valeur de l’immeuble a été réduite à 2$ et la catégorie est « terrain vague desservi», Est-ce que ceci prédit une démolition?

Rôle d’évaluation 2018 de l’Église Saint-Coeur-de-Marie

Marie-Josée

Le Journal de Québec en parle le 15 juin

Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Histoire, Patrimoine et lieux historiques.

Parc des Plaines d’Abraham: ouvert à la circulation automobile

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 4 mai 2018 Commentaires fermés sur Parc des Plaines d’Abraham: ouvert à la circulation automobile

Et si ce magnifique parc n’était plus ouvert à la circulation automobile, comme à Central Park ?

Le parc est maintenant ouvert à la circulation automobile. Nous comptons sur l’habituelle collaboration des usagers des plaines d’Abraham, automobilistes, piétons et cyclistes, pour partager les rues avec diligence. La limite de vitesse permise demeure à 30 km/h et les agents de sûreté sont habiletés à faire respecter la signalisation en place et ce, 24 h / 24.

Merci et bonne saison sur les Plaines!

Le communiqué

Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Histoire, Patrimoine et lieux historiques.

Anciens tunnels à Québec: légende ou réalité

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 30 avril 2018 Commentaires fermés sur Anciens tunnels à Québec: légende ou réalité

Anciens tunnels à Québec : légende ou réalité ?

Par Léonce Naud

En 2015, Québec Urbain a fait état de la présence possible d’anciens tunnels dans les parages de la Citadelle ou de l’Assemblée nationale. Un fidèle contributeur du blogue, « davedeux », avait alors posté le 30 mars 2015 cet intriguant message:

« 1. Il y a effectivement une entrée de tunnel se dirigeant vers la Citadelle, qui se trouve dans le sous-sol coin sud, façade du Parlement. Protégé par une porte métallique, ce tunnel est en voûte de brique rougeâtre. Impraticable car effondré dans son milieu. Je pourrais sans doute avoir une tite photo de ce tunnel.

« 2. Les tunnels de la Citadelle. Dans les années soixante, je demeurais sur la rue de Bernières est. Les tunnels de la Citadelle étaient notre terrain de jeu. Nous avions accès par les meurtrières à canon pas loin du Parlement (aujourd’hui clôturé). À partir de ce point, nous pouvions nous promener dans les murs de la Citadelle, mais pas tous car beaucoup de passages avec portes barrées.

« 3. Oui, il y a des passerelles sur la Colline parlementaire. Celui qui dit le contraire devrait sortir un peu plus souvent… :-) » Voilà pour l’intriguant message de « davedeux » en 2015.

De mon côté, dans le même ordre d’idées, en 1980 j’ai rencontré une demoiselle dont la famille résidait dans la petite maison qui jouxte la tour Martello No. 2, coin Wilfrid-Laurier et Taché. En voyant mes photos de galeries souterraines devant le Parlement, elle a tout de suite reconnu de quoi il s’agissait et m’a dit que ses frères s’étaient amusés à explorer d’anciens tunnels à partir des environs de la tour Martello. Le message posté en 2015 par « davedeux » décrit des activités semblables à ce que m’a dit en 1980 cette demoiselle qui avait résidé à proximité de la tour Martello.

Par ailleurs, un cadre du ministère des Travaux Publics du Québec m’a déjà assuré avoir visité un tunnel reliant le sous-sol de la maison Sewell – coin Saint-Louis et d’Auteuil – à la Citadelle. Il me disait qu’il avait eu connaissance d’autres anciens tunnels ici et là, souvent détruits sans plus de réflexion quant à leur intérêt historique voire touristique.

Appel aux fidèles lecteurs de Québec Urbain : un effort groupé de la communauté de Québec-Urbain pourrait-il un de ces jours éclairer Jos Public sur ces énigmatiques tunnels à Québec ?

Un billet précédent

Mémoire au Président de l’Assemblée nationale du Québec

Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Histoire, Patrimoine et lieux historiques.

La Redoute Dauphine: état des travaux

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 24 avril 2018 Commentaires fermés sur La Redoute Dauphine: état des travaux

Les travaux de réfection de la maçonnerie de la Redoute Dauphine se poursuivent.

Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Histoire, Patrimoine et lieux historiques.