Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


Archives pour la catégorie « Histoire »

Refaire la place de l’Hôtel-de-Ville pour 10 M$

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 18 février 2019 Aucun commentaire

Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil

La Ville de Québec demande 10 millions $ au nouveau ministre des Finances caquiste afin de réaménager et agrandir la place publique située entre l’hôtel de ville et la basilique-cathédrale.

En préparation pour le dépôt de son premier budget, le député Éric Girard reçoit les listes de souhaits de nombre d’entreprises, groupes de pression et organisations publiques. Et la mairie de la capitale n’a pas manqué sa chance de mousser ses projets prioritaires : le réseau structurant de transports de 3 milliards $; une future zone d’innovation dans Beauport-Maizerets-d’Estimauville pour remplacer les secteurs industriels; le financement récurrent du Fonds des grands événements de 5 millions $ par année.

S’ajoute la place de l’Hôtel-de-Ville qui serait transformée en «Espace de la Capitale-Nationale» si les subsides gouvernementaux percolent jusque dans les coffres de la mairie.

C’est quoi au juste? Disons-le d’emblée, la proposition est embryonnaire. «Les coûts ont été estimés à partir de projets similaires réalisés», explique d’ailleurs Audrey Perreault, conseillère en communications. «Cependant, cette évaluation devra être révisée en fonction de plans plus précis. Si le financement est octroyé, la Ville pourra aller de l’avant avec un concept plus précis et une démarche de consultation publique auprès de ses partenaires, des commerçants et des citoyens.»

N’empêche, les grandes lignes ont été dessinées pour séduire le ministre Girard. Et un argumentaire développé dans l’espoir qu’il autorise le transfert des fonds. «À proximité de cette place, plus de 16 millions $ ont été investis pour moderniser le secteur», rappelle la Ville. «Il ne reste que cet îlot central devant l’hôtel de ville qui n’a pas été retouché.»

(…)

Il est intéressant de souligner que l’animation de ce carrefour remonte loin dans l’histoire de la capitale. «Dès le Régime français, la place est occupée par le marché de la Haute-Ville. Jusqu’en 1875, les cultivateurs de la région viennent y offrir leurs produits. L’endroit est désigné Grande Place, Grande Place de la Haute-Ville et Place du Marché», raconte l’Office du tourisme dans son site Web. «À partir de 1900, la Place du Marché devient la Place de l’Hôtel-de-Ville après la construction de l’hôtel de ville. L’espace est aussi appelé Place Notre-Dame et Place de la basilique jusqu’au milieu du 20e siècle.»

Le lieu est classé au Répertoire du patrimoine culturel du Québec. On y trouve notamment le monument du Elzéar-Alexandre Taschereau; en 1886, il est devenu le premier Canadien élevé au rang de cardinal catholique.

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Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Histoire, Patrimoine et lieux historiques.

Terrains de la Défense nationale: le maire a raison

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 31 janvier 2019 1 commentaire

Gilles Drolet, Auteur de la bande dessinée «Missionnaire en Nouvelle-France, Pierre-Joseph Marie Chaumonot», Anne Sigier, 1989, 2011 (épuisée)

Point de vue
Le Soleil

Qui a raison? Le maire Régis Labeaume qui affirme : «On est chez nous» (Jean-François Néron, Le Soleil, 18 décembre 2018), ou le Grand Chef de la nation huronne-wendat Konrad Sioui qui prétend : «On est en plein corridor de la seigneurie de Sillery. Ici, c’est notre seigneurie, alors on est toujours dans l’optique d’agrandir Wendake à l’intérieur de nos terres ancestrales» (Guylaine Bussière, Ici Radio-Canada, 5 décembre 2018)?

C’est le maire de Québec qui a raison.

La seigneurie de Sillery n’a jamais été destinée ni concédée aux Hurons. Dès le début du texte du roi de France du 13 mars 1651, il y a ces mots : « Afin de rassembler les peuples errants de la Nouvelle-France en certains réduits afin qu’ils soient instruits en la religion chrétienne, nous leur donnons l’étendue d’une lieue de terre le long du grand fleuve Saint-Laurent, sur quatre lieues de profondeur.»

La «réduction» de Sillery était donc destinée aux peuples errants c’est-à-dire aux peuples chasseurs nomades qu’on espérait rendre agriculteurs et sédentaires. En 1637, le père jésuite Paul Le Jeune avait mis ce projet en route, après avoir réalisé la difficulté d’évangéliser les peuples chasseurs nomades qui couraient les forêts.

Les Hurons exclus

Ainsi, dès le départ, le terme «peuples errants» exclut les Hurons, déjà sédentaires et agriculteurs dans leur pays, près du lac Huron en Ontario, et qui avaient des missionnaires chez eux. La seigneurie de Sillery ne leur était donc pas destinée.

Les Hurons de Wendake ont cependant voulu démontrer une présence huronne à la mission de Sillery en 1637 et en 1651, mais cette prétention est insoutenable au plan historique.

S’appuyant sur les Relations des Jésuites, ils affirment dans leur Mémoire présenté le 22 avril 2013 au Conseil du patrimoine culturel du Québec : «En 1637, les Jésuites ont fondé la mission de Sillery où des Hurons-Wendat se sont établis afin de se convertir à la foi chrétienne» (p.5).

Or, il n’y a pas de Hurons à Sillery en 1637, comme l’atteste clairement la Relation de 1643 : «La bourgade de Saint-Joseph, dite de Sillery, est composée de 35 ou 40 familles. Ces familles “arrêtées” [devenues sédentaires] sont composées de deux sortes de personnes, les uns Montagnais, les autres Algonquins» (RJ, Thwaites, 23:302).

Il y a une seule mention de Hurons à Sillery : en 1642-1643, de jeunes Hurons sont envoyés au père Jean de Brébeuf qui est temporairement à Sillery. Or, ils sont logés et nourris tout l’hiver «grâce à la générosité du Gouverneur et des Hospitalières» dont le premier hôpital est tout près de la mission. On écrit qu’ils «n’ont point d’autre lieu de retraite», ou que, «faute de lieu, nous fûmes contraints de les loger avec nos ouvriers» (RJ 24:102-118.184). Il n’y a donc pas de familles huronnes établies à Sillery pour les accueillir. Au printemps, ils s’en retournent dans leur pays.

Le Mémoire de la Nation Huronne prétend également «qu’en 1651 — année de la concession de la seigneurie de Sillery — des Hurons étaient établis à Sillery» (p.7). Mais le père Pierre-Joseph-Marie Chaumonot écrit, à propos des 300 Hurons arrivés à Québec, le 28 juillet 1650, suite aux massacres des Iroquois dans leur pays : «Au printemps 1651, je les conduisis à l’Île d’Orléans » (Autobiographie). Les Hurons sont toujours sédentaires et agriculteurs à l’île, et ils sont déjà chrétiens.

Les Hurons de Wendake opèrent donc un faux déplacement de Hurons à Sillery, pour affirmer que «selon les termes de la concession, ce sont les Hurons-Wendat qui étaient les seigneurs de Sillery» (p.7)!

Le projet du père Le Jeune de transformer des peuples chasseurs en peuples agriculteurs n’a pas réussi. En 1690, il n’y a plus de «peuples errants» à Sillery et les Jésuites redeviennent propriétaires de la seigneurie en 1702.

Le Mémoire de la nation huronne qualifie ainsi cette récupération de la part des Jésuites : «Manœuvres, tractations, spoliation, vol, dépossession, violation, usurpation des droits, malhonnêteté, voracité, injustice.» Les Jésuites ont pourtant accompagné leurs ancêtres dans tous leurs déplacements dans la région de Québec, et ce, pendant 140 ans, de 1650 à 1790!

À propos des terrains de la Défense nationale à Sainte-Foy, les Hurons-Wendat peuvent les convoiter, mais ils ne peuvent les revendiquer au nom d’un droit de propriété comme le fait le Grand Chef Konrad Sioui, appuyé trop rapidement par le député de Louis-Hébert, Joël Lightbound : «La Nation Huronne-Wendat a des revendications historiques , les terrains se trouvant sur l’ancienne seigneurie de Sillery» (Guylaine Bussière, Ici Radio-Canada, 5 décembre 2018).

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Québec et Wendake lorgnent les terrains de la Défense nationale

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 23 janvier 2019 1 commentaire

Marie Maude Pontbriand
Radio-Canada

La Ville de Québec souhaite acquérir des terrains de la Défense nationale situés sur le boulevard Hochelaga dans le secteur Sainte-Foy. Une rivalité s’installe ainsi entre l’administration Labeaume et la Nation Huronne-Wendate qui a déjà fait connaître son intérêt pour ces mêmes terrains afin de prendre de l’expansion.

Dans une lettre datée du 23 janvier 2019, Régis Labeaume s’adresse au ministre de la Défense nationale, Harjit Singh Sarjjan, et à la ministre de l’Accessibilité, des Services publics et de l’Approvisionnement, Carla Qualtrough, afin de leur mentionner l’intérêt de la Ville de faire l’acquisition de ces terrains de 123 000 mètres carrés pour en faire du développement résidentiel.

La Ville tient mordicus à ce que des familles et non des commerces s’y installent.

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Déménagement de L’Hôtel-Dieu: des bâtiments menacés

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 14 janvier 2019 Aucun commentaire

Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil

EXCLUSIF / Le complexe hospitalier de L’Hôtel-Dieu compte une quinzaine de bâtiments dans le Vieux-Québec. Et il est loin d’être acquis qu’ils seront tous occupés après le départ des malades et des équipes de soins vers le mégahôpital en construction sur le site de l’Enfant-Jésus.
Certains risquent d’être écartés des plans quand viendra le temps d’offrir une nouvelle vocation à l’institution du Vieux-Québec dont les occupants déménageront à partir de 2020, prévient René Bouchard, directeur adjoint des communications du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux. En entrevue avec Le Soleil, il est clair : des immeubles pourraient est classés «excédentaires».

Un comité consultatif a été mis sur pied par le CIUSSS pour scénariser la mutation de l’hôpital. Et ce comité a décidé de changer de perspective. Au lieu de prendre la liste des édifices puis de chercher comment occuper tous les pieds carrés, les membres ont choisi d’évaluer, dans un premier temps, les besoins de la population du Vieux-Québec et de la région. «À partir de ce moment-là, ça va nous permettre de déterminer […] qu’est-ce qu’on a besoin pour offrir ces services-là.»

(…)

Et les Nouvelles-Casernes en rénovation en face de l’hôpital, auront-elles un rôle à jouer? La structure historique n’est pas dans la liste des immeubles évalués par le CIUSSS dans le cadre du mandat de transformation de L’Hôtel-Dieu. Seules les bâtisses appartenant déjà à l’hôpital y figurent.

Par contre, des discussions ont eu lieu avec la Commission de la capitale nationale du Québec pour évaluer si le réseau de la santé pourrait participer à la recherche d’une vocation aussi pour les Nouvelles-Casernes. «Mais c’est un dossier totalement à part.»

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Le cimetière de Gros-Pin: un lieu oublié du quartier Limoilou

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 13 janvier 2019 6 commentaires

Par Guillaume Lizotte ; d’après une idée et des recherches effectuées en collaboration avec Steve Vallières
Saint-Roch moderne

Il existe une quantité innombrable de lieux dans la ville dont la vocation passée a été complètement oubliée et que seul le tracé actuel des rues et des routes en définit encore l’espace. Aujourd’hui, on traverse souvent ces espaces en les imaginant comme ayant été toujours occupés de la même façon. On peut pousser l’audace et s’imaginer qu’il y avait, à la rigueur, autrefois un champ ou une forêt. C’est du moins l’hypothèse facile et qui s’avère dans la plupart des cas, vraie.

Mais parfois il y avait autre chose qu’un champ… Un collègue au travail m’a récemment entraîné dans sa « lubie » concernant les emplacements dans la ville de Québec autrefois occupés par des cimetières et dont nous avons complètement oublié l’existence aujourd’hui.

Ses trouvailles m’ont rappelé les rumeurs concernant un cimetière qui aurait autrefois existé au 19e siècle, sous l’actuel Ashton de la 1re Avenue, au coin de la rue des Bouleaux est, dans le secteur encore identifié par une majorité comme étant la paroisse Saint-Albert-le-Grand. Les rumeurs disaient que des ossements avaient autrefois été trouvés en creusant le viaduc ferroviaire, près du Natrel sur la 1re Avenue.

La 1re Avenue suit le tracé d’un chemin ouvert dans les environs de 1666 pour relier Québec et le Trait-Carré de Charlesbourg. Il nous apparaissait donc bizarre qu’on ait pu enterrer des défunts sous une route. À moins que les rumeurs sur l’emplacement exact de ce cimetière étaient erronées ? Nous nous sommes mis à fouiller sur le sujet afin de répondre à cette question :

Quel était l’emplacement exact du Cimetière de Gros-Pin ?

Mais avant d’exposer une hypothèse, un peu d’histoire s’impose …

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L’échéancier du sauvetage des Nouvelles-Casernes étiré d’un an

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 9 janvier 2019 5 commentaires

Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil

La Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ) étire d’au moins un an l’échéancier pour le sauvetage des Nouvelles-Casernes du Vieux-Québec. Et met de côté ses démarches pour trouver une vocation aux bâtiments patrimoniaux, réflexions qui ont encore abouti dans un cul-de-sac.
Les travaux de stabilisation de la phase 1 ont été lancé au printemps 2018, cinq ans après l’annonce du sauvetage de l’ensemble architectural bordé par la côte du Palais. Les ouvriers devaient conclure cette partie de l’entreprise d’ici l’été.

Mais la CCNQ vient de réviser ses objectifs, indique au Soleil la conseillère stratégique aux communications et relations publiques, Valérie Lesage.

L’entrepreneur a tenté de rattraper l’échéancier fuyant en enveloppant une partie de la structure pour l’hiver. Cela lui permet d’accélérer la cadence de reconstruction en chauffant; les maçons peuvent donc poursuivre la besogne malgré le climat hivernal.

Cependant, force est de constater que l’ouvrage ne sera pas fini cette année. «On parle plutôt de l’été 2020 dans le nouvel échéancier», dixit Valérie Lesage.

La préparation de la phase 2 débute néanmoins tranquillement, la Commission commençant à réunir une équipe d’experts en ingénierie pour l’épauler. Officiellement, ce second volet doit toujours être fini en 2021, tel qu’inscrit à l’échéancier initial. Mais cette portion de l’aventure pourrait aussi être repoussée, puisqu’elle doit débuter seulement une fois la phase 1 terminée, tel qu’inscrit dans les documents de la CCNQ.

Quoique le calendrier devienne élastique, Valérie Lesage maintient que le budget sera respecté. Une enveloppe de 20 millions $ avait été octroyée par Québec. Et les travaux de construction à proprement parler coûteront autour de 14 millions $.

Pas de vocation

À ce prix, il n’est aucunement question de réaliser des aménagements intérieurs pour y installer un musée, des bureaux ou des commerces, rappelle cependant Valérie Lesage. «On n’est pas dans des travaux d’aménagement.»

Il faut dire que la recherche de vocations est difficile. En 2014, un appel à tous pour trouver des occupants n’avait pas permis de dénicher suffisamment de projets pour faire revivre le vaste complexe historique.

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Coup d’oeil sur quatre magasins centenaires de Québec

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 6 janvier 2019 1 commentaire

Alice Chiche
Radio-Canada
Québec

Au gré de balades dans la ville de Québec, on passe parfois devant certains magasins sans pour autant connaître leur histoire, qui peut remonter à plusieurs décennies. Regard sur quatre commerces qui ont tous déjà soufflé leurs 100 bougies.

L’épicerie J.A. Moisan : dans une machine à remonter le temps. Le bâtiment situé au 699 de la rue Saint-Jean a été construit en 1871. Le capitaine John Dick, chef du port de l’anse au Foulon de Québec, en est alors le propriétaire. C’est quelques années après que Jean-Alfred Moisan fait l’acquisition de l’immeuble, transformant le premier étage en une épicerie réputée.

(…)

Brûlerie Rousseau : le savoir-faire de la torréfaction. Établie en 1867, la Brûlerie Rousseau a longtemps occupé la seule place sur la scène du café à Québec. Lorsque Jean-Baptiste Rousseau a lancé son entreprise, c’était du thé qui embaumait ses succursales répondant au nom de Rousseau T! T! T!. Il faut attendre 1889 pour que le propriétaire décide de se tourner vers le café, et 1938 pour que l’entreprise torréfie ses grains sur place.

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Voir aussi : Commercial, Histoire.

Le Château Frontenac a 125 ans aujourdh’ui

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 18 décembre 2018 Aucun commentaire

Crédit photo: Emmanuel Coveney

Jérôme Ouellet
Société historique de Québec (collaboration spéciale)
Journal de Québec

C’est il y a 125 ans aujourd’hui que le Château Frontenac ouvrait ses portes au public d’ici et d’ailleurs. On a tout dit, ou presque, de cet hôtel. La Société historique de Québec vous propose de découvrir, ou de redécouvrir, 10 curiosités, événements ou personnages intéressants qui ont jalonné l’histoire de l’hôtel dont la légende veut qu’il soit le plus photographié au monde.

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Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Histoire, Patrimoine et lieux historiques.

Démocratie Québec met de la pression pour sauver la Maison Pollack

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 18 décembre 2018 Aucun commentaire

Louise Boisvert
Radio-Canada

Le conseiller Jean Rousseau veut forcer la Ville de Québec à intervenir auprès du propriétaire de la Maison Pollack pour qu’il effectue les travaux nécessaires afin d’assurer sa pérennité.

Jean Rousseau demande à la Ville d’utiliser les outils disponibles pour le faire, notamment les amendements adoptés par le gouvernement du Québec en début d’année qui donnent plus de mordant aux villes pour intervenir auprès des propriétaires récalcitrants.

La loi a été « testée » cet automne, selon le conseiller. En octobre, Radio-Canada révélait que le propriétaire de deux immeubles du secteur de l’avenue Claude-Martin de Vanier a eu 30 jours pour apporter des modifications à ses bâtiments mal entretenus. Une démarche qui a porté fruit. Le propriétaire a exécuté les travaux.

Le conseiller Rousseau avait prévu une mise en scène pour aborder le sujet. Il avait en main un morceau d’une des volutes, élément architectural de la maison, qu’il a trouvé dans les poubelles du propriétaire en passant sur Grande Allée.

Le maire de Québec confirme que les démarches d’expropriation sont entamées. « On pense qu’on a les moyens de le faire », a-t-il dévoilé lors du conseil municipal.

Régis Labeaume est confiant que la loi permet à la Ville de forcer le propriétaire à s’en départir.

Le maire confirme du même souffle être en discussion avec des promoteurs intéressés à restaurer la maison et à honorer la mémoire de Maurice Pollack.

M. Pollack résidait dans cette résidence située au 1, Grande Allée dans la première tranche du 20e siècle. C’était un commerçant bien connu à l’époque. Sa maison fut construite en 1909-1910.

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Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Histoire.

Le premier lien

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 7 décembre 2018 2 commentaires

Société historique de Québec

On parle beaucoup ces temps-ci de troisième lien entre Québec et Lévis. Toutefois, le premier lien établit en 1917 avec l’inauguration du pont de Québec a mijoté longtemps. À partir de 1850, le développement du réseau ferroviaire du nord-est américain connaît un essor incroyable, et chez nous, c’est sur la rive sud que ça se passe. En effet, une ligne en provenance de Portland dans le Maine, via Richmond dans les Cantons-de-l’Est, arrive à Pointe-Lévy à cette époque. Quant au Grand Tronc, il arrive à Lévis en 1854. Québec est isolé sur la rive d’en face et ne veut pas regarder passer le train. À partir de 1851, plusieurs projets pour la construction d’un pont entre les deux rives sont présentés et échouent. Un de ces projets aurait changer considérablement la physionomie des deux villes voisines. Il s’agit de celui du jeune ingénieur Charles Baillairgé. Il n’avait alors que 25 ans.

Son projet consistait en un pont suspendu fait de quatre piliers de pierres reposant au fond du fleuve et reliant trois travées de 1200 pieds chacune et deux demi-travées de 600 pieds pour une longueur totale de 4800 pieds, et ce, entre le secteur des actuelles terrasse Dufferin et terrasse de Lévis. L’endroit choisi était le plus étroit entre les rives, mais également le plus profond dans l’eau. Le projet était estimé à 10 millions de dollars. Plusieurs ingénieurs, tant canadiens qu’américains, avaient ridiculisé ce projet. S’il avait été réalisé, le Château Frontenac et le Vieux-Québec n’existeraient simplement pas aujourd’hui.

Photographie : Projet de Charles Baillairgé, 1851, tiré du journal l’Action du 29 novembre 1967.

Voir aussi : Histoire, Projet - Troisième lien.