Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


Archives pour la catégorie « Histoire »

La maison victorienne de la Grande Allée en 1968

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 16 mars 2019 Aucun commentaire

Jean-Simon Gagné
Patrice Laroche
Le Soleil

Les maisons victoriennes de la Grande Allée, en face du parlement, en janvier 1968. Quelques mois plus tard, le gouvernement du Québec annonce leur démolition pour construire le Complexe H, alias le «bunker» ou le «calorifère». Peu de temps auparavant, l’administration du maire Gilles Lamontagne avait discrètement amendé son règlement de construction pour autoriser les édifices en hauteur dans le secteur. Au Parlement, l’opposition officielle dénonce un «crime contre la beauté de Québec». Mais le ministre des Travaux publics, Armand Russell, déclare que les maisons n’ont pas de caractère historique. «Je ne peux pas être plus Québécois que les organismes consultés sur cette question», conclut-il. Seule concession aux critiques, la taille du monstre sera réduite de quelques étages. En 2002, l’édifice a été rebaptisé «Jean-Talon». Mais comme disait le chanteur Serge Gainsbourg : «La laideur a ceci de supérieur à la beauté : elle dure».

Les photos

Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Histoire.

Dans l’histoire des marchés publics de Québec

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 15 mars 2019 1 commentaire

José Doré
Historien
Monsaintroch.com

Inspiré par l’actualité autour du déménagement à Limoilou du Marché du Vieux-Port, José Doré remonte dans l’histoire des marchés jusqu’à l’époque de John Munn, figure du quartier Saint-Roch au coeur de ses recherches.

En 2014, le parc John-Munn, voisin de La Barberie, délimité par les rues de la Reine, Saint-Dominique, du Prince-Édouard et Saint-Roch, devenait un joli espace vert agrémenté d’une œuvre d’art, « Le Roi du fleuve » de Luce Pelletier, d’une table de ping-pong, de bancs publics, de supports à vélos. Une plaque commémorative rappelle la présence à cet endroit du chantier naval de John Munn (1788-1859).

En hiver, ce constructeur d’origine écossaise, qui résidait au coin des rues Grant [Monseigneur-Gauvreau] et de la Reine, pouvait employer jusqu’à 200 ouvriers, dont des charpentiers, calfats, gréeurs et menuisiers. Au lieu d’avoir vue sur le lugubre stationnement de béton du Palais de justice, ces travailleurs avaient plutôt comme décor l’embouchure de la rivière Saint-Charles, l’île d’Orléans, le fleuve Saint-Laurent et le marché Saint-Paul.

Le marché Saint-Paul (1833-1883)

Approvisionné par de nombreux voiliers durant la saison de navigation, ce marché public avait été construit à proximité du faubourg Saint-Roch, afin de répondre à une demande de la population.

En 1829, un comité de la Chambre d’assemblée du Bas-Canada, chargé d’étudier le contenu d’une pétition pour l’aménagement au nord de la rue Saint-Paul d’un marché public, rencontra plusieurs citoyens de Québec. À la question « Quelles sont les personnes les plus intéressées à avoir ce marché à proximité de leur résidence? », tous sauf un – qui n’avait pas compris la question – ont répondu « les gens de Saint-Roch », en raison de la distance d’environ deux kilomètres que ces derniers devaient parcourir pour se rendre aux marchés de la Basse-Ville, situés devant l’église Notre-Dame-des-Victoires et à l’emplacement de l’actuelle place de Paris.

Deux ans plus tard, les syndics[5] chargés de l’aménagement du nouveau marché, John Munn, Barthelemi Lachance, Augustin Gauthier, William Henderson et Colin McCallum, firent l’acquisition du terrain de « L’Ancien Chantier », là où se trouve aujourd’hui la place Jean-Pelletier, devant la gare du Palais.

(…)

Par un drôle de hasard, le marché du Vieux-Port déménagera bientôt à Limoilou dans de nouvelles installations. Et tout comme en 1922, il est aussi question de faciliter l’accès au site par un tramway. Mais, avant l’arrivée de ce mode de transport, les résidents de Saint-Roch devront dorénavant parcourir un kilomètre de plus à pied, à partir de leur église, pour se rendre à ExpoCité. En 1833, c’était l’inverse qui se produisait avec l’établissement du marché Saint-Paul à moins d’un kilomètre du chantier de John Munn.

(…)

Si John Munn était à nouveau en vie et reprenait son poste de conseiller municipal[12], il tenterait assurément d’établir un nouveau marché à Saint-Roch afin que lui, ses ouvriers et ses locataires puissent facilement y accéder à pied. Le marché Saint-Paul et le marché du Vieux-Port avaient un point en commun. Tous les deux favorisaient la marche. Serait-ce le cas pour le Grand Marché? Qu’en pensez-vous, Doc ?

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Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Histoire.

Consultation publique sur le plan de conservation du site patrimonial du Vieux-Québec

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 9 mars 2019 1 commentaire

Le Conseil du patrimoine culturel du Québec annonce la tenue d’une consultation publique sur le plan de conservation qui vient d’être publié par le ministère de la Culture et des Communications. En premier lieu, une séance d’information aura lieu le 21 mars prochain. Celle-ci sera suivie par une audience publique le 17 avril.

Inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, le site patrimonial du Vieux-Québec, couvrant environ 135 hectares, comprend 1 400 bâtiments construits à partir du 17e siècle. Le plan de conservation est destiné à guider le Ministère lors de l’autorisation d’interventions prévues dans la loi sur le patrimoine culturel.

Le Conseil du patrimoine culturel du Québec est un organisme de consultation avec pouvoir de recommandation. Il a pour mandat de tenir des consultations publiques sur toute question que lui confie la ministre.

La consultation publique se tiendra à l’Auditorium Roland-Arpin du Musée de la civilisation, 85, rue Dalhousie, Québec.

Elle se déroulera en deux temps :

Séance d’information le 21 mars, à 19 heures : présentation du plan de conservation par les représentants du ministère de la Culture et des Communications. Cette présentation sera suivie d’une période de questions.

Audience publique le 17 avril, à 19 heures.

Toutes les personnes intéressées sont invitées à assister à cette audience. Celles et ceux qui souhaitent exprimer une opinion à cette occasion peuvent s’inscrire par téléphone au 418 643-8378 (numéro sans frais 1 844 701-0912) ou par courriel (consultation.publique@cpcq.gouv.qc.ca) avant le 8 avril 2019, 16 heures.

Les personnes peuvent également exprimer leur opinion ou leurs commentaires en répondant au questionnaireOuverture dans une nouvelle fenêtre en ligne jusqu’au 22 avril 2019

Des communications écrites pourront également être transmises au Conseil. La date limite pour le dépôt des communications est le 8 avril 2019, 16 heures.

Le plan de conservation

Toutes les informations

Questionnaire en ligne

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Le Manège militaire Voltigeurs de Québec: un excellent article sur la renaissance de cet immeuble

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 27 février 2019 Aucun commentaire

Chroniques d’architecture

Dix ans après l’incendie qui l’a détruit en avril 2008, le Manège militaire Voltigeurs de Québec a été réhabilité par un consortium d’architectes – A49 / DFS / STGM -, lequel a établit un dialogue entre architecture patrimoniale et contemporaine. La restauration de ce joyau historique de 12 000 m² a été achevée en mai 2018, pour un coût de104M$ CA. Communiqué.

Services publics et Approvisionnement Canada, maîtres d’ouvrage, a mandaté l’équipe d’architectes pour concevoir et exécuter des travaux de reconstruction favorisant la protection du patrimoine et le respect de l’intégrité architecturale et des esquisses élaborées en 1885 par Eugène-Étienne Taché (1836-1912). Le mandat était également d’ouvrir l’édifice patrimonial, maison du Régiment des Voltigeurs de Québec de l’Armée canadienne, à la population de la Ville de Québec et ses visiteurs.

Amorcé en 2011, le projet de reconstruction du Manège militaire inclut quatre principales interventions : la restauration de l’aile est datant de 1913-14 qui abrite des bureaux pour les Voltigeurs de Québec, l’ajout d’un pont menant au Parc des Champs-de-Bataille et d’une nouvelle aile à l’ouest comprenant des bureaux du gouvernement fédéral, la reconstruction de la salle d’exercice convertie en une salle multifonctionnelle, la construction d’un nouveau foyer au sud de l’immeuble pour supporter les fonctions de cette nouvelle salle ainsi que la création d’un hall commémoratif pour les Voltigeurs.

Ces interventions ont nécessité à la fois des travaux de restauration majeure des murs de maçonnerie extérieurs et intérieurs, des plâtres, des portes et fenêtres en bois, la construction d’une nouvelle toiture avec couverture de cuivre et l’agrandissement complexe du bâtiment existant.

Situé à proximité de l’Arrondissement historique du Vieux-Québec, site du patrimoine mondial de l’UNESCO, le Manège militaire Voltigeurs de Québec ouvre sur les plaines d’Abraham, théâtre de l’affrontement des empires français et britannique qui changea le sort de l’Amérique en 1759.

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* Les magnifiques photos sont d’un collaborateur de Québec Urbain, Stéphane Groleau, photographe d’architecture

Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Histoire, Patrimoine et lieux historiques.

Tramway et vestiges historiques

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 26 février 2019 Aucun commentaire

Source : Taïeb Moalla, Le Journal de Québec, le 26 février 2019

Des vestiges datant de la préhistoire pourraient se trouver sur le parcours du futur réseau de transport structurant de la Ville de Québec.
C’est ce qu’on apprend à la lecture d’un document d’appel d’offres publié la semaine dernière. La municipalité veut retenir les services professionnels d’une firme qui sera chargée d’étudier « le potentiel archéologique des parcours » du tramway et du trambus.
On découvre ainsi que cinq zones (deux sur le parcours du tramway et trois sur celui du trambus) « devront faire l’objet d’une évaluation spécifique » pour mesurer leur « potentiel [archéologique] en préhistoire ».
Parmi les endroits identifiés, on évoque « le lieu présumé du village [iroquoien] de Stadaconné [sic] » dans le secteur Saint-Sauveur.
« Il conviendra de préciser les zones pouvant être considérées intègres et scruter l’ensemble des découvertes archéologiques afin d’en établir la qualité et la pertinence pour la suite des choses », précise-t-on.
Le document de l’appel d’offres se base sur une « évaluation sommaire du potentiel archéologique » qui a été réalisée en 2018. Il s’agit donc pour la Ville d’approfondir ses connaissances en matière archéologique sur les 23 km de tramway et les 17 km de trambus.
L’étude voulue par la Ville « vise à documenter et localiser de façon plus détaillée les sites et les zones à potentiel archéologique », explique-t-on.

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Voir aussi : Histoire, Projet - Tramway.

Voici 10 bâtiments disparus du paysage de la ville de Québec

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 24 février 2019 11 commentaires

Catherine Lavoie
Bibliothèque et archives nationales du Québec

La ville de Québec foisonne d’édifices historiques qui sont aujourd’hui disparus. Incendies, démolitions et l’indéniable effet du temps ont fait en sorte que ces témoins architecturaux de l’histoire de la ville sont maintenant choses du passé. En voici donc quelques-uns.

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Voir aussi : Histoire.

L’école St-Matthew : un témoin de la présence anglo-protestante dans Saint-Jean-Baptiste

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 24 février 2019 Aucun commentaire

Jérôme Ouellet
Historien
Le Bourdon

À l’angle des rues D’Aiguillon et Saint-Augustin se dresse un bâtiment qui, au premier coup d’œil, s’apparente quelque peu à une église par ses formes. S’il a effectivement servi un temps au culte à la fin du XXe siècle, il a d’abord été construit pour instruire les enfants de la communauté anglicane de Saint-Jean-Baptiste. Je vous propose de retracer l’histoire de ce lieu au passé méconnu.

Dans la première moitié du XIXe siècle, les législateurs s’efforcent d’implanter un système scolaire cohérent et durable au Bas-Canada (Québec). Cet embryon de réseau public, qui se structure à Québec autour des commissions scolaires confessionnelles à partir de 1846, côtoie alors un ensemble d’écoles privées. C’est notamment le cas dans la communauté protestante de Québec. Vers 1870, un nouvel établissement privé apparaît à l’angle des rues D’Aiguillon et Saint-Augustin. Il accueille plus d’une institution puisque l’école secondaire St-Peter[1] et l’école du dimanche St-Matthew, qui relève de l’église du même nom, y dispensent leurs cours[2]. La fermeture de l’école St-Peter en 1875 coïncide avec la fondation par la commission scolaire protestante de l’école publique St-Matthew, un établissement primaire pour filles[3].

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Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Histoire.

Refaire la place de l’Hôtel-de-Ville pour 10 M$

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 18 février 2019 1 commentaire

Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil

La Ville de Québec demande 10 millions $ au nouveau ministre des Finances caquiste afin de réaménager et agrandir la place publique située entre l’hôtel de ville et la basilique-cathédrale.

En préparation pour le dépôt de son premier budget, le député Éric Girard reçoit les listes de souhaits de nombre d’entreprises, groupes de pression et organisations publiques. Et la mairie de la capitale n’a pas manqué sa chance de mousser ses projets prioritaires : le réseau structurant de transports de 3 milliards $; une future zone d’innovation dans Beauport-Maizerets-d’Estimauville pour remplacer les secteurs industriels; le financement récurrent du Fonds des grands événements de 5 millions $ par année.

S’ajoute la place de l’Hôtel-de-Ville qui serait transformée en «Espace de la Capitale-Nationale» si les subsides gouvernementaux percolent jusque dans les coffres de la mairie.

C’est quoi au juste? Disons-le d’emblée, la proposition est embryonnaire. «Les coûts ont été estimés à partir de projets similaires réalisés», explique d’ailleurs Audrey Perreault, conseillère en communications. «Cependant, cette évaluation devra être révisée en fonction de plans plus précis. Si le financement est octroyé, la Ville pourra aller de l’avant avec un concept plus précis et une démarche de consultation publique auprès de ses partenaires, des commerçants et des citoyens.»

N’empêche, les grandes lignes ont été dessinées pour séduire le ministre Girard. Et un argumentaire développé dans l’espoir qu’il autorise le transfert des fonds. «À proximité de cette place, plus de 16 millions $ ont été investis pour moderniser le secteur», rappelle la Ville. «Il ne reste que cet îlot central devant l’hôtel de ville qui n’a pas été retouché.»

(…)

Il est intéressant de souligner que l’animation de ce carrefour remonte loin dans l’histoire de la capitale. «Dès le Régime français, la place est occupée par le marché de la Haute-Ville. Jusqu’en 1875, les cultivateurs de la région viennent y offrir leurs produits. L’endroit est désigné Grande Place, Grande Place de la Haute-Ville et Place du Marché», raconte l’Office du tourisme dans son site Web. «À partir de 1900, la Place du Marché devient la Place de l’Hôtel-de-Ville après la construction de l’hôtel de ville. L’espace est aussi appelé Place Notre-Dame et Place de la basilique jusqu’au milieu du 20e siècle.»

Le lieu est classé au Répertoire du patrimoine culturel du Québec. On y trouve notamment le monument du Elzéar-Alexandre Taschereau; en 1886, il est devenu le premier Canadien élevé au rang de cardinal catholique.

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Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Histoire, Patrimoine et lieux historiques.

Terrains de la Défense nationale: le maire a raison

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 31 janvier 2019 1 commentaire

Gilles Drolet, Auteur de la bande dessinée «Missionnaire en Nouvelle-France, Pierre-Joseph Marie Chaumonot», Anne Sigier, 1989, 2011 (épuisée)

Point de vue
Le Soleil

Qui a raison? Le maire Régis Labeaume qui affirme : «On est chez nous» (Jean-François Néron, Le Soleil, 18 décembre 2018), ou le Grand Chef de la nation huronne-wendat Konrad Sioui qui prétend : «On est en plein corridor de la seigneurie de Sillery. Ici, c’est notre seigneurie, alors on est toujours dans l’optique d’agrandir Wendake à l’intérieur de nos terres ancestrales» (Guylaine Bussière, Ici Radio-Canada, 5 décembre 2018)?

C’est le maire de Québec qui a raison.

La seigneurie de Sillery n’a jamais été destinée ni concédée aux Hurons. Dès le début du texte du roi de France du 13 mars 1651, il y a ces mots : « Afin de rassembler les peuples errants de la Nouvelle-France en certains réduits afin qu’ils soient instruits en la religion chrétienne, nous leur donnons l’étendue d’une lieue de terre le long du grand fleuve Saint-Laurent, sur quatre lieues de profondeur.»

La «réduction» de Sillery était donc destinée aux peuples errants c’est-à-dire aux peuples chasseurs nomades qu’on espérait rendre agriculteurs et sédentaires. En 1637, le père jésuite Paul Le Jeune avait mis ce projet en route, après avoir réalisé la difficulté d’évangéliser les peuples chasseurs nomades qui couraient les forêts.

Les Hurons exclus

Ainsi, dès le départ, le terme «peuples errants» exclut les Hurons, déjà sédentaires et agriculteurs dans leur pays, près du lac Huron en Ontario, et qui avaient des missionnaires chez eux. La seigneurie de Sillery ne leur était donc pas destinée.

Les Hurons de Wendake ont cependant voulu démontrer une présence huronne à la mission de Sillery en 1637 et en 1651, mais cette prétention est insoutenable au plan historique.

S’appuyant sur les Relations des Jésuites, ils affirment dans leur Mémoire présenté le 22 avril 2013 au Conseil du patrimoine culturel du Québec : «En 1637, les Jésuites ont fondé la mission de Sillery où des Hurons-Wendat se sont établis afin de se convertir à la foi chrétienne» (p.5).

Or, il n’y a pas de Hurons à Sillery en 1637, comme l’atteste clairement la Relation de 1643 : «La bourgade de Saint-Joseph, dite de Sillery, est composée de 35 ou 40 familles. Ces familles “arrêtées” [devenues sédentaires] sont composées de deux sortes de personnes, les uns Montagnais, les autres Algonquins» (RJ, Thwaites, 23:302).

Il y a une seule mention de Hurons à Sillery : en 1642-1643, de jeunes Hurons sont envoyés au père Jean de Brébeuf qui est temporairement à Sillery. Or, ils sont logés et nourris tout l’hiver «grâce à la générosité du Gouverneur et des Hospitalières» dont le premier hôpital est tout près de la mission. On écrit qu’ils «n’ont point d’autre lieu de retraite», ou que, «faute de lieu, nous fûmes contraints de les loger avec nos ouvriers» (RJ 24:102-118.184). Il n’y a donc pas de familles huronnes établies à Sillery pour les accueillir. Au printemps, ils s’en retournent dans leur pays.

Le Mémoire de la Nation Huronne prétend également «qu’en 1651 — année de la concession de la seigneurie de Sillery — des Hurons étaient établis à Sillery» (p.7). Mais le père Pierre-Joseph-Marie Chaumonot écrit, à propos des 300 Hurons arrivés à Québec, le 28 juillet 1650, suite aux massacres des Iroquois dans leur pays : «Au printemps 1651, je les conduisis à l’Île d’Orléans » (Autobiographie). Les Hurons sont toujours sédentaires et agriculteurs à l’île, et ils sont déjà chrétiens.

Les Hurons de Wendake opèrent donc un faux déplacement de Hurons à Sillery, pour affirmer que «selon les termes de la concession, ce sont les Hurons-Wendat qui étaient les seigneurs de Sillery» (p.7)!

Le projet du père Le Jeune de transformer des peuples chasseurs en peuples agriculteurs n’a pas réussi. En 1690, il n’y a plus de «peuples errants» à Sillery et les Jésuites redeviennent propriétaires de la seigneurie en 1702.

Le Mémoire de la nation huronne qualifie ainsi cette récupération de la part des Jésuites : «Manœuvres, tractations, spoliation, vol, dépossession, violation, usurpation des droits, malhonnêteté, voracité, injustice.» Les Jésuites ont pourtant accompagné leurs ancêtres dans tous leurs déplacements dans la région de Québec, et ce, pendant 140 ans, de 1650 à 1790!

À propos des terrains de la Défense nationale à Sainte-Foy, les Hurons-Wendat peuvent les convoiter, mais ils ne peuvent les revendiquer au nom d’un droit de propriété comme le fait le Grand Chef Konrad Sioui, appuyé trop rapidement par le député de Louis-Hébert, Joël Lightbound : «La Nation Huronne-Wendat a des revendications historiques , les terrains se trouvant sur l’ancienne seigneurie de Sillery» (Guylaine Bussière, Ici Radio-Canada, 5 décembre 2018).

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Voir aussi : Arrondissement Ste-Foy / Sillery / Cap-Rouge, Histoire.

Québec et Wendake lorgnent les terrains de la Défense nationale

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 23 janvier 2019 1 commentaire

Marie Maude Pontbriand
Radio-Canada

La Ville de Québec souhaite acquérir des terrains de la Défense nationale situés sur le boulevard Hochelaga dans le secteur Sainte-Foy. Une rivalité s’installe ainsi entre l’administration Labeaume et la Nation Huronne-Wendate qui a déjà fait connaître son intérêt pour ces mêmes terrains afin de prendre de l’expansion.

Dans une lettre datée du 23 janvier 2019, Régis Labeaume s’adresse au ministre de la Défense nationale, Harjit Singh Sarjjan, et à la ministre de l’Accessibilité, des Services publics et de l’Approvisionnement, Carla Qualtrough, afin de leur mentionner l’intérêt de la Ville de faire l’acquisition de ces terrains de 123 000 mètres carrés pour en faire du développement résidentiel.

La Ville tient mordicus à ce que des familles et non des commerces s’y installent.

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