Le Devoir
Luc-Normand Tellier
Professeur émérite, Département d’études urbaines et touristique
J’aurai consacré toute ma vie professionnelle à l’enseignement de l’urbanisme. J’aurai fondé le Département d’études urbaines et touristiques de l’UQAM, il y a quarante ans, et conçu le tout premier baccalauréat en urbanisme de l’histoire du Québec. Je crois profondément à l’urbanisme, mais je me demande de plus en plus souvent si l’urbanisme québécois n’aurait pas fait fausse route.
Ce dernier a su se faire entendre et obtenir des législations qui ont permis à la profession de grandement se développer. L’urbanisme démocratique a pris racine. Des groupes de pression citoyenne se sont constitués et savent se faire entendre. Les référendums municipaux leur ont parfois servi de dernier recours. Les colloques et les publications se sont multipliés.
Cela dit, les interventions des uns et des autres sont généralement réactives et négatives. On s’oppose à tel ou tel projet. On monte au créneau. On crie au scandale face à des projets de démolition ou de construction. On dénonce certaines législations ou on en réclame de nouvelles.
De fait, notre société a accouché de deux types d’urbanistes : les « vocaux », qui critiquent sans cesse et déchirent leur chemise en public, et les « silencieux », qui engrangent les contrats et les promotions, qui font du fric et, parfois, se compromettent avec des promoteurs peu scrupuleux.





