Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


L’église Saint-Cœur-de-Marie démolie demain… sans condition

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 25 juin 2019 20 commentaires

Alain Rochefort
Radio-Canada

L’église Saint-Cœur-de-Marie vit ses dernières heures. La Ville de Québec a autorisé sa démolition, sans condition.

Les travaux de démolition effectués par Groupe Lessard, qui souhaite construire une tour d’habitation de 18 étages à l’angle de la Grande Allée et de la rue de l’Amérique-Française, débuteront mercredi.

La Ville de Québec et le promoteur Louis Lessard se sont entendus vendredi dernier à la suite de longues négociations.

Groupe Lessard estime que le périmètre de sécurité sur la Grande Allée sera démantelé avant le 3 juillet 2019, date du début du Festival d’été de Québec.

La section élevée de la tour, qui donne directement sur la Grande Allée, sera retirée en premier pour libérer l’artère.

La suite

La position de la Ville de Québec Un extrait:

Québec, le 25 juin 2019 – Avec la démolition imminente de l’église Saint-Cœur-de-Marie, la Ville de Québec rappelle qu’elle suivra les recommandations de la Commission d’urbanisme et de conservation de Québec. Ces exigences formulées le 5 juin 2019 dernier sont :

La Commission demande de procéder à un relevé détaillé des façades du bâtiment avant d’entreprendre la démolition. À cette fin, la Commission informait le promoteur qu’elle exigera la reconstruction à l’identique de la portion avant du bâtiment, tel que les intentions illustrées dans le document pour approbation préliminaire préparé par Quanta Architecture et daté du 12 janvier 2016 (demande 20150902-042). Afin d’être en mesure de remplir cette exigence, la Commission recommande de procéder plutôt à une déconstruction afin de permettre la possible réutilisation de composantes dans un futur projet. À titre d’exemple, sans être exhaustive, la Commission suggère de conserver des pierres de revêtement et des ouvrages de ferblanterie. Enfin, elle informe le promoteur qu’elle aura de très hautes attentes quant aux qualités architecturales et urbaines d’un futur projet.

Dans l’attente des travaux de construction sur le site, le terrain devra être nettoyé des débris de démolition et nivelé. Si aucun projet de développement n’est mis de l’avant dans un délai de 12 mois, le terrain devra être engazonné et une clôture devra être mise en place au périmètre du site. Compte tenu du milieu environnant, la Commission demande la mise en place d’une clôture ornementale en métal. Celle-ci devra être préalablement validée auprès de la Commission.

Une attention particulière devra être portée aux murs mitoyens avec les voisins limitrophes afin d’éviter leur détérioration. Au besoin, avec l’accord des propriétaires voisins, une demande à cet égard devra être enregistrée afin de mettre en place un revêtement sur les murs qui seront laissés à nu par la démolition de l’église.

Les arbres existants sur le site devront être conservés. Les mesures de protection nécessaires devront être mises en œuvre afin d’assurer leur survie à long terme. Enfin, il a été recommandé au requérant d’attendre l’avis du ministère de la Culture et des Communications du gouvernement du Québec avant de poursuivre ses démarches dans ce dossier.

Le texte du règlement hors-cour entre la Ville et le propriétaire. Entre le communiqué de la Ville indiquant « qu’elle exigera la reconstruction à l’identique de la portion avant du bâtiment » et le paragraphe 4 de ce texte, il y a matière à interprétation …

Le propriétaire de la bâtisse démolira tout et sa poursuite contre la Ville de Québec continue

Communiqué du promoteur:

Introduction :

Merci aux personnes qui nous ont assistés mon fils Loïk et moi dans les démarches pour l’obtention de ce Permis de démolition inconditionnelle et exécutoire suivant la signature de cette entente homologuée par le Juge Bernard Tremblay de la Cour Supérieure de Québec jeudi et suivant l’émission du Permis vendredi le 21 juin 2019 à 13h00.

Merci à Monsieur Dean Fortin qui représente les commerçants de la Grande-Allée de nous recevoir (que je rencontre pour la première fois ) et à qui je confirme vouloir faire depuis vendredi 13h00 tous ce qui est en mon possible pour améliorer l’accès et la fluidité sur la Grande-Allée en ce temps de festivités crucial pour la ville de Québec, citoyens et touristes.

Voici un résumé des faits:

1- vendredi le 21 juin après plusieurs semaines de discussions avec les autorités de la Ville de Québec, le Permis de démolition de l’ancienne église Ste Cœur de Marie ( Le 530 Grande Allée ) a été émis sans conditions au groupe Lessard avec la collaboration de M William Noonan.

Les frais de démolition sont aux frais du propriétaire qui entend éventuellement entamer les procédures …. évaluées à 1 000 000 $ causé par une erreur de la Ville de Québec au niveau du branchement non-souhaité de l’aqueduc du bâtiment.

2- Lessard (9222) soumet que la façade ne pourra pas être conservée ni les Pierre et où le béton ornemental qui la compose car irrécupérable, Groupe Lessard ayant reçu 2 rapports d’expert le confirmant.

Le groupe Lessard a convenu avec la Ville de Québec ce que Les travaux soient finalisés avant le 31 octobre, 2019 gazon et clôtures installés.

3- Groupe Lessard entend prioritairement démolir la section élevée de la tour sur la Grande-Allée pour d’une part assurer la sécurité des passants et pour permettre la réduction du périmètre de sécurité sur la Grande-Allée dès que possible.

4- Cette première étape a été accélérée par le groupe Lessard pour réduire le périmètre de sécurité aux limites du trottoir, ce aura pour effet de libérer deux (2) voies de la Grande-Allée.

5- Les travaux prioritaires (libération du mur de la honte de la Grande-Allée qu’est le périmètre de sécurité) de démolition débuteront dès que possible pour éventuellement libérer la Grande-Allée avant le 3 juillet, 2019, date du début du festival d’été de Québec.

6- Cette prérogative est uniquement la décision du Groupe Lessard qui devra débourser 100,000 $ de plus en frais de démolition en ajoutant cette étape.

7- Ces travaux de libération de la Grande-Allée vont débuter dans les prochaines heures afin de réduire de façon importante le périmètre de sécurité sur la Grande-Allée en vue du Festival d’été de Québec.

8- La rue de l’Amérique Française sera utilisée par l’entrepreneur retenu pour exécuter les travaux et demeurera fermée (état actuel) pour plusieurs semaines.

9- Lessard (9222) déplore la lenteur de réaction depuis le 26 mars 2019 de la Ville de Québec et la visite complaisante du chef des pompiers Christian Paradis qui a mis la Ville de Québec et ses citoyens sur une fausse route en déclarant (alors qu’il a visité le bâtiment alors qu’il était au téléphone avec les avocats de la Ville) que la structure était sécuritaire alors qu’il avait en mains notre rapport d’expert concluant sans équivoque le contraire. Malheureusement, Lessard (9222) a été contraint d’avoir recours aux Tribunaux avant que la Ville ne consente à engager des ingénieurs qui ont reconnu l’instabilité de la structure et convenu du périmètre actuel de sécurité. Tout cela a créé un délai déraisonnable tout en exposant les citoyens, occupants et touristes à des risques inutiles. De fait, le bâtiment serait démoli depuis fort longtemps (mai et juin) si la Ville avait été proactive…..

10- La poursuite entreprise par le Groupe Lessard à l’encontre de la Ville de Québec sera entendue comme prévu en avril 2020, aucune quittance de part et d’autres n’ayant été donnée.

11- Je tiens toutefois à remercier et féliciter les différentes divisions de la Ville (chapeauté par Monsieur David Dionne) qui ont été d’une aide et secours importants (voirie, lampadaires, parcomètres etc.) depuis que la décision finale a été prise par la Ville de permettre la démolition pure et simple du bâtiment.

Bon été et bon festival à tous.

Louis Lessard
llessard@cfcite.ca
Centre financier de la Capitale

Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Église, Histoire, Patrimoine et lieux historiques.


20 commentaires

  1. Francis L

    25 juin 2019 à 14 h 20

    Et la ville à négocié quoi exactement? Un promoteur de plus gagnant sur toute la ligne… Je suis dégouté que nous perdions un joyeux comme cette église, en plus pour la remplacer par une tour à condo probablement sans âme et anonyme.

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  2. R. Bouffard

    25 juin 2019 à 19 h 22

    J’ai déjà écrit en commentaire « Honte à l’administration Labeaume », aujourd’hui il n’y a pas d’autre citation à répéter : Honte à l’administration Labeaume.

    Le hic, L. Lessard n’est pas du bon bord. En plus de faire face à un entêtement de l’administration.

    Comme très bien expliqué dans l’article de Québec Urbain du 16 mars 2017, https://www.quebecurbain.qc.ca/2017/03/16/eglise-saint-coeur-de-marie-les-9-travaux/ Le promoteur Lessard a soumis plusieurs projets à la ville tout en conservant une partie de l’architecture de l’église.

    Souvent le projet était accepté et finalement rejeté. Il n’avait pas le bon contracteur…!

    Des procédures au montant de $12 millions ont été prises contre la Ville. Lors d’un témoignage sous serment un fonctionnaire de la ville a déclaré candidement que c’était une question politique, le fait que les projets n’ont pas abouti. Suite à cette déclaration Lessard a augmenté sa réclamation contre la ville à $17 millions.

    Ce gâchis est une réussite lamentable.

    Une portion de ce monument historique aurait pu être conservée et intégrée à un nouvel immeuble tout en rappelant une partie de l’histoire de la plus vieille ville d’Amérique du Nord après Mexico, mais avant Boston ou Philadelphie.

    Après la perte d’un édifice historique, finalement ce sont les payeurs de taxes de l’accent d’Amérique qui vont payer.

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  3. Dédé

    26 juin 2019 à 06 h 01

    Le clocher rappelle beaucoup la maison Gomin.

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  4. Marc Guy

    26 juin 2019 à 18 h 22

    résutat d’année de négligence , quel est la suivante il faut choisir et rénové un promoteur achete le terrain il n’i a pas d’argent a faire avec un monument

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    • Gérald Gobeil Utilisateur de Québec Urbain

      26 juin 2019 à 20 h 00

      Le propriétaire de l’immeuble a eu finalement gain de cause à l’égard de la Commission d’urbanisme qui lui a refusé 9 projets d’un édifice à condos, dont tous incorporaient d’une façon ou l’autre une bonne partie de l’église. Dans un premier temps, il a poursuivi la Ville en dommages. Dans un deuxième, il a fait réévaluer la valeur de la bâtisse à 2$ pour fins de taxation municipale. Enfin, il a présenté au tribunal une requête afin de pouvoir démolir le tout. D’ici peu de temps, ce terrain sera un espace gazonné. Et avant que la Commission d’urbanisme autorise un nouveau projet de construction, il va se passer des années. Même le propriétaire avoue que ce ne sera pas nécessairement lui qui va y construire quelque chose. On se rappellera du dossier de l’Îlot St-Vincent-de-Paul ….

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  5. Gengis Khan

    26 juin 2019 à 21 h 31

    C’est tres simple: c’est un SCANDALE ABSOLU!
    Je ne sais pas pourquoi il n’y a pas une émeute maintenant pour protester contre ce crime. Je suis furieux! Il n’y a pas d’autre mot.

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    • Gérald Gobeil Utilisateur de Québec Urbain

      26 juin 2019 à 21 h 36

      Rappelons qu’un jugement, d’un tribunal, a entériné et donné force exécutoire au règlement hors-cour intervenu entre le propriétaire et la Ville de Québec. Une émeute ? Sérieux ? L’immeuble est abandonné depuis 1997, « au su et au vu des divers paliers gouvernementaux impassibles jusqu’au dénouement final prévisible » (Société historique de Québbec). Le propriétaire a présenté 9 projets à la Commission d’urbanisme de la Ville de Québec, puur un immeuble à condos, ce dernier incorporant de multiples façons une partie de l’église. Tous ces projets ont été refusés. Motifs ? Inconnus.

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      • Genghis Khan

        26 juin 2019 à 22 h 07

        Une émeute c’est une façon de parler, évidemment. Une manifestation quelconque, au moins. Il y a définitivement anguille sous roche quand on sait que 9 projets incorporant la structure de l’Église ont été refusés par la Commission d’urbanisme de la Ville de Québec. Peut-être qu’un peu de journalisme d’enquête, art qui se perd, fera lumière sur d’où est provenue la mauvaise volonté dans ce cas qui est l’Ilot Saint Vincent de Paul numéro 2. À quand le numéro 3?

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      • jeand Utilisateur de Québec Urbain

        27 juin 2019 à 08 h 05

        Pas besoin d’une grosse enquête, les culs terreux de l’urbanisme de la Ville ont pris le dossier/promoteur/projet en grippe et se sont serrés les coudes. Là la ville se retrouve devant la possibilité d’un autre procès coûteux et fait une entente avec deux doigts pour se boucher le nez, sans doute le même genre d’entente qui fait que la future centrale de police sera sur un terrain au nord est de la ville

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  6. Léonce Naud

    27 juin 2019 à 20 h 53

    Peut-être qu’avant de démolir nos églises, en particulier celles qui occupent un site stratégique, on pourrait réfléchir à la fonction qu’elles ont joué au temps du Canada-français dans l’affirmation de la force d’une NATION et pas seulement de la force d’une RELIGION.

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  7. Simon Bastien

    28 juin 2019 à 16 h 32

    @Genghis Khan : le numéro 3, je parie sérieusement que ce sera la maison Pollack, une autre histoire qui s’enlise.

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