Érik Chouinard
Radio-Canada
L’idée de convertir en boulevard urbain un tronçon de l’autoroute Laurentienne n’est plus dans les cartons du ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) depuis l’an passé. Le projet a été retiré du Plan québécois des infrastructures (PQI) de 2025, en même temps que les voies réservées en banlieue de Québec et le pont d’étagement à l’intersection de l’autoroute Robert-Bourassa et du boulevard Lebourgneuf.
Après l’abandon du projet de troisième lien de centre-ville à centre-ville, la conversion du tronçon entre les rues Soumande et de la Croix-Rouge avait été incluse dans le Réseau de mesures préférentielles en transport collectif (RMPTC) – région métropolitaine de Québec. Il incluait aussi les voies réservées, la reconfiguration de certaines artères et le pont d’étagement Robert-Bourassa–Lebourgneuf.
Un billet précédent en 2011







17 avril 2026 à 09 h 58
On voit encore ici une couverture qui présente la réorganisation du réseau routier comme une évolution naturelle, presque évidente.
On met de l’avant les objectifs et les intentions présumés, mais on parle très peu de l’efficacité réelle, de l’utilisation prévue, des compromis imposés, ni de la flexibilité du projet, c’est-à-dire sa capacité à évoluer vers d’autres améliorations du transport collectif.
On donne aussi beaucoup de place aux élus et aux visions politiques et universitaires convergentes, mais très peu aux usagers qui vivent ces changements au quotidien, ou, comme d’habitude, aux analyses critiques des coûts versus les bénéfices.
Pourtant, le ministère lui-même est composé d’experts capables d’évaluer ces projets de façon rigoureuse. Son travail est ici présenté comme étant uniquement le reflet d’orientations gouvernementales, alors qu’en pratique, l’analyse technique repose aussi sur une expertise professionnelle autonome qui contribue à structurer les recommandations. Pourquoi cet aspect est-il si peu mis de l’avant?
Ce type de cadrage se reflète d’ailleurs dans certaines analyses qui concluent rapidement à une solution “optimale”, sans démontrer de manière équivalente la valeur des alternatives, ni questionner les hypothèses de départ (achalandage, coûts, effets structurants) et celles qui prévalent dans le contexte changeant actuel.
Le BAPE avait d’ailleurs intégré ces éléments à son analyse, en les mettant clairement en évidence comme des facteurs déterminants dans une démarche d’évaluation indépendante, fondée sur une expertise technique et une rigueur reconnue.
On aboutit ainsi à une logique circulaire où une option est jugée supérieure parce qu’elle est plus poussée dans l’espace public, plutôt que parce qu’elle résulte d’une comparaison rigoureuse menée dans des analyses techniques et professionnelles, mais moins exposées.
C’est précisément ce manque de symétrie dans l’analyse qui alimente le scepticisme qu’on observe dans les réactions du public dans la section commentaire.
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17 avril 2026 à 13 h 37
Mathieu Grok-Côté : « Pourquoi cet aspect est-il si peu mis de l’avant? »
Parce que les « journalistes » ne sont plus capables de lire et analyser un texte et ne font que rapporter les communiqués de presse?
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17 avril 2026 à 15 h 04
Je ne suis pas certain de vous comprendre mais je tente le coup.
Ce que je note, au contraire, c’est qu’on ne se limite pas au simple relais du communiqué, ce qui est tout à fait légitime, mais que l’analyse emprunte largement à une lecture critique issue de certaines positions d’opposition, en reprenant notamment des éléments associés à Québec solidaire, comme si cette lecture journalistique servait en quelque sorte de relais ou de porte-voix.
Donc, il ne s’agit pas d’une absence d’analyse, mais plutôt d’une tendance, chez certains médias, à privilégier une lecture partielle qui met en avant certains éléments tout en laissant d’autres complètement inexplorés, notamment ceux liés à d’autres cadres d’évaluation. Et c’est cela qui, selon moi et d’autres observateurs, oriente la lecture.
Certes, on peut comprendre que ce type de cadrage existe dans un univers médiatique où les lignes éditoriales sont souvent bien marquées. Cela dit, c’est plus préoccupant lorsque cela provient d’une société d’État dotée du plus large pouvoir de diffusion, et qui s’inscrit, de façon croissante et plus ou moins subtile, dans ce type d’approche.
En espérant avoir bien mis en lumière cet angle mort, que les biais de confirmation tendent souvent à masquer.
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