Pascale Guéricolas
Au fil des évènements
Un colloque sur les capitales et le patrimoine au 21e siècle a réuni des ethnologues, des anthropologues, des historiens, des architectes, mais aussi des spécialistes en études touristiques. (…) En se penchant sur le cas de Québec, cité où il réside depuis 25 ans, l’historien de l’Université Laval Laurier Turgeon en a surpris plus d’un.



11 novembre 2009 à 21 h 47
Je n’aime pas votre titre, c’est pessimiste :P
Je crois que le message à retenir est qu’il faut continuer à investir dans le patrimoine immatériel, dans la culture, dans l’art.
Les véritables joyaux d’une ville comme Québec sont son peuple et ses traditions.
Les touristes achètent l’ambiance et l’aura d’une ville. Sans nos artistes, le Vieux-Québec ressemblerait à Saint-Sauveur (Désolé pour les gens du coin).
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14 novembre 2009 à 23 h 43
Il reste que si on exclut La Cité, l’environnement bâti de 90% du reste n’a rien de très distinctif comparé au reste de l’Amérique du nord. Il faut toutefois continuer à preserver ce qu’il y a de particulier dans l’environnement bâti à Québec et tenter de redonner un sens au quartiers historiques, qui ont été évacuées de leurs habitants et de leur vie authentique (hotels et autres commerces liés uniquement à l’économie touristique, demenagement de l’UL en banlieue, autoroutes, spectacles).
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15 novembre 2009 à 15 h 05
L’importance de l’Histoire.
L’Histoire, celle avec un H, est de plus en plus oubliée, surtout au Québec. Notre devise » je me souviens » n’est plus tellement vraie et présente. On fêtait l’an passé le 400e de Québec. L’occasion était belle pour faire revivre notre histoire et de faire parler les événements et personnages passés. Outre quelques commémorations ici et là, on est passé à côté d’un moment pour nous souvenir. On a certes parlé de Samuel de Champlain, mais est-ce le seul personnage historique de Québec ?
Les braises des accommodements raisonnables et de la Commission Bouchard-Taylor sont encore très récentes. On se demandait quoi faire pour protéger notre culture, notre identité. Mais une identité ne commence-t-elle pas par ce que nous étions ? Si on ne sait pas d’où nous venons, comment pouvons nous décrire et définir comme peuple ? Le Québec est davantage que des chicanes francais-anglais. Depuis des décennies, on se déchire sur cette question de souveraineté, mais notre Histoire est tellement plus vaste et complexe!
Il convient de rappeler que l’année du 400e anniversaire de la Capitale Nationale du Québec constituait un très puissant levier pour sensibiliser les jeunes et la population à l’importance de connaître les origines et l’évolution de la présence européenne en sol nord-américain. Au-delà d’une date toute symbolique et du rôle mémoriel de la commémoration, ces festivités pouvaient permettre de replacer ces événements dans une perspective de longue durée et ainsi de mettre en relief ce long processus d’adaptation et de métissage qui marque l’évolution de la société québécoise depuis 400 ans. Sans vouloir réduire l’histoire à une fonction strictement utilitaire, il va sans dire qu’une telle perspective ne peut qu’alimenter la réflexion et permettre de mieux décrypter la société actuelle dont le processus de métissage se poursuit toujours.
L’apprentissage de l’histoire contribue en effet à la formation d’individus susceptibles de mieux comprendre les débats et enjeux de leur société à la lumière du passé. Il permet à toute personne d’établir les balises historiques de leur citoyenneté. Il leur donne ainsi la possibilité de comprendre des enjeux du présent qui prennent véritablement leur sens quand ils sont envisagés dans une perspective historique. Les débats sur la question linguistique, par exemple, gagnent à être mis en perspective, puisque c’est en retraçant les origines et l’évolution de la présence française en Amérique que la population pourrait mieux comprendre le sens et la portée de la question linguistique actuelle.
Une telle démarche forge les bases d’une formation citoyenne conduisant à l’exercice d’une « participation civique éclairée » tout en permettant de « considérer l’histoire pour ce qu’elle est et non pour ce qu’on voudrait qu’elle soit. Connaître l’histoire offre en effet aux individus la possibilité « d’accéder aux outils intellectuels de la discipline historique et de son mode de pensée afin de les aider à mettre en perspective temporelle la réalité sociale dont les mémoires, les identités collectives et l’identité sociale sont des constituants majeurs, mais aussi à faire la critique des représentations du passé qu’on leur propose, surtout lorsque les ressorts de la dramatisation y sont fortement déployés.
A l’heure où règnent Facebook, Twitter et les Blackberry, bref, où rien ne va lentement, il est difficile d’intéresser les gens à l’Histoire. Voilà une raison majeure pourquoi l’intérêt pour ce domaine doit se faire d’abord dans les écoles, par des professeurs passionnés et intéressants. Si dès le départ, le goût de l’Histoire n’apparaît pas, il est difficile par la suite de sauter dans le train et de l’aimer. Cette période critique de notre vie, soit nos années scolaires (surtout au secondaire) forge ce que nous serons plus tard. Lorsque j’étais au secondaire, ce n’est pas probablement pas la matière elle-même qui m’a fait détester la science (la physique, la biologie etc.) mais bien les professeurs ternes et très peu pédagogues que j’ai eu. Il en est de même pour l’Histoire. La grande majorité des jeunes doivent se faire convaincre à cet âge d’aimer une matière ou une autre, d’où l’importance d’avoir de bons professeurs. Une infime quantité, moi inclus, était déjà intérieurement prédisposer à aimer l’Histoire, mais la majeure partie des jeunes n’embarque pas dans l’aventure et ont répudié ce sujet, les professeurs laissaient souvent à désirer. On continue de faire perdre l’apprentissage et l’intérêt de l’Histoire à des générations après générations. Dans 25 ans, on risque de voir une société québécoise complètement ignorante de son passé et de sa culture. Le Québec pouvait se targuer il n’y a pas si longtemps d’avoir une identité propre, distincte ; le danger de la perte identitaire nous menace. L’Histoire permet aussi de se forger une fierté, fierté qui semble être disparue au Québec. On se préoccupe très peu de certaines personnes ou groupe de gens par lâcheté ou ignorance intellectuelle. Les accommodements raisonnables en étaient une bonne preuve. La Commission Bouchard-Taylor n’était que de la poudre aux yeux et a vite été oubliée. La population se désintéresse de plus en plus de la politique, et se laisse gouverner sans rien dire, sans réagir et en laissant le soin à des groupes minoritaires de faire la loi. Je parle ici des groupes ethniques certes mais davantage des groupes de pressions.
Outre un enseignement de qualité, une autre façon de nous faire vivre et connaître l’Histoire est par les commémorations et de divers monuments. Je ne suis pas du tout pour la souveraineté du Québec, mais une fête comme celle des Patriotes, créée il y a une dizaine d’année, est un exemple de commémorations. Récemment, on a vu la suggestion de M. Gérard Deltell de changer le nom de « l’Autoroute Henri IV » pour « l’autoroute de la bravoure », en souvenir et soutient de notre armée. J’ai beaucoup de respect pour M. Deltell et je suis fier de nos soldats et de leur grand courage. Nos soldats sont des exemples à suivre. Toutefois, j’ai toujours hésité au fait d’accepter de changer le nom d’un endroit par un autre, surtout lorsqu’une personne ayant déjà existée et été importante, verrait supprimer sa renommée ou sa mémoire. À l’époque, je fus contre l’idée de renommée la « Plage Jacques Cartier » du nom d’Andrée P. Boucher, la défunte mairesse de Québec; on ne pouvait effacer un nom si célèbre. De même, Henri IV a été important car il a permis la fondation de Québec et jugeait nécessaire d’implanter une colonie en Amérique. Il a été un visionnaire et celui qui a permis à Samuel de Champlain de fonder la ville de Québec, en 1608. Henri IV a été un bon roi, le personnage clé et de notre fondation, et précurseur de notre histoire, pourquoi ainsi effacer sa mémoire. Un monument devrait même être crée en son honneur.
J’ai eu la chance de lire un magnifique ouvrage sur les 400 ans de Québec, « Les chroniques de La Capitale, 1608-2008 », écrit par M. Jean-Marie Lebel. Ce trésor de bouquin devrait être possédé et lu par chaque citoyen de la ville de Québec. Si j’avais été Maire de Québec en 2008, ce livre aurait été un beau cadeau à offrir gratuitement à tout les foyers de Québec. J’aurais aussi été de ceux à désirer, lors du 400e de Québec, de voir ériger un monument spectaculaire résumant l’histoire de la Ville de Québec. Un coin de notre ville qui aurait été un havre de paix, de réflexion, mais aussi un endroit phare pour le touriste venant découvrir Québec. La Ville de Québec se cherchait un legs pour le 400e, héritage qui se fait toujours attendre en passant. Ce genre de monument exclusif aurait été une parfaite réussite. Une grande oeuvre ressemblant à un grand livre ouvert, accessible 365 jours par année. Je fabule peut-être un peu, mais bon, j’aime ma ville, sa beauté, son histoire, je veux que plus de gens possible partage cet amour. Il n’y a rien de plus beau qu’un peuple fier et contemplatif de son passé.
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15 novembre 2009 à 16 h 53
Merci pour votre texte. Je suis actuellement un des étudiants du professeur Lebel sur l’HIstoire de Québec. Le cours est passionnant. Et son livre tout autant. Je vous invite aussi à écrire sur ce billet
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19 novembre 2009 à 19 h 24
Voici un lien pour lire un texte qui confirme le manque d’intérêt pour l’Histoire par le jeunes :
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/education/200911/18/01-922945-lhistoire-a-quoi-ca-sert.php
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