Charles D’Amboise
Radio-Canada (Québec)
Depuis une dizaine d’années, le centre-ville de Québec s’éclate et se redéfinit. Avec l’arrivée du réseau de transport structurant, où sera le centre-ville de la capitale dans quelques années? Résumé des transformations à venir.
Contrairement à d’autres centres urbains, la Ville de Québec a choisi de se développer autour de différents pôles d’activités. Au cours des prochaines années, quatre différents pôles vont redéfinir la notion de centre-ville, selon l’urbaniste Guillaume Neveu, directeur de la firme d’urbanisme BC2, à Québec.
Ainsi, le quartier des affaires de Sainte-Foy, le secteur D’Estimauville, le quartier Lebourgneuf et la colline Parlementaire deviendront en quelque sorte les nouveaux centre-villes de Québec.
Où seront concentrées les activités d’affaires? À Sainte-Foy, répond M. Neveu. « On a observé un déplacement des grands bureaux d’avocats et de comptables dans le secteur Sainte-Foy. Il semble clair qu’on s’oriente vers un pôle d’activités dominé par le boulevard Laurier et le plateau de Sainte-Foy », indique-t-il.
L’architecte Norman Hudon, qui est membre du conseil de l’Institut de développement urbain du Québec , précise que le secteur de Sainte-Foy jouit d’un avantage géographique en se trouvant à la tête des ponts. « Il est mieux connecté sur la Rive-Sud et sur Montréal. […] Il y a beaucoup de potentiel de redéveloppement, si on le compare avec l’arrondissement historique. »
Le secteur D’Estimauville, lui, devrait connaître beaucoup de vitalité en raison de l’arrivée de bureaux gouvernementaux, poursuit Guillaume Neveu.
Le quartier Lebourgneuf pourrait aussi connaître une forte concentration d’activités en raison de nombreux terrains qui « trouveront vite preneurs ». « Il semble y avoir une très grande effervescence dans le secteur Lebourgneuf », affirme l’expert.
Et le centre-ville actuel?
Bien qu’il soit difficile de densifier davantage le secteur du Vieux-Québec, le quartier historique continuera d’être un point névralgique pour le tourisme. Les développements commerciaux et immobiliers dans les quartiers près de la colline Parlementaire, eux, risquent de s’établir ailleurs.
« Chaque projet [proposé pour le quartier historique] doit être un projet d’exception qui va bonifier l’environnement bâti, indique l’architecte Normand Hudon. Il y a des contraintes de circulation et d’espace qui font que ça coûte plus cher de bâtir. »
Ainsi, plusieurs quartiers en périphérie du centre-ville (Saint-Roch, Limoilou, Saint-Sauveur) devraient poursuivre leur processus de gentrification.
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