Source: François Bourque, Le Soleil (Chronique), 10 mars 2008.
Jean-Paul L’Allier faisait penser à l’Europe. Régis Labeaume, à l’Amérique.
Sa façon états-unienne de vouloir que les choses soient simples, rapides et pratiques.
La familiarité des échanges humains, le tutoiement facile, l’empressement à laisser tomber la veste et la cravate pour sauter dans ses jeans.
Sa culture de l’entreprise privée. L’obsession de l’efficacité, de la performance et du profit. Le boys’ club, le football.
L’idée que tout est possible, qu’un monde nouveau est à portée de main et que les problèmes se régleraient bien mieux autour d’une bière et d’une pizza.
En 100 jours, on a vu Régis Labeaume incarner ces valeurs d’Amérique, parfois jusqu’à la caricature et l’excès.
Vous savez ce qui frappe dans les centres-villes américains, avant les gratte-ciel, les dollars ou le smog, ce qui frappe, ce sont les rues. Droites et méthodiques, avec des intersections à 90 degrés. Des rues dessinées pour être efficaces.
Dans un essai, La terre et moi publié en 1991, le géographe Luc Bureau suggérait que ces villes avec des rues à angles droits, les villes d’Amérique, étaient «masculines».
Par opposition, les villes d’Europe ou d’Asie, avec leurs rues enchevêtrées où on aime se perdre, évoquaient plutôt des valeurs plus «féminines».
Si Régis Labeaume était une ville, cette ville serait masculine. Et je dirais même, un brin macho. (…)
La suite. À consulter aussi, ce billet: Mairie de Québec: Régis Labeaume fait un bilan.










