Merci à M. Jacques Martin pour cette merveilleuse photo !
Voir aussi : Québec La cité.
Source : Pierre Asselin, Le Soleil, le 15 janvier 2012
(Québec) Grossir la tour de L’Hôtel-Dieu, comme le prévoit le projet actuel, c’est comme l’enfermer dans un sarcophage qui nous empêchera à tout jamais de corriger cette erreur architecturale, conclut un architecte qui a étudié ce site patrimonial lors de ses études.
Matthieu Lachance est l’un des étudiants en architecture de l’Université Laval qui ont participé aux ateliers de maîtrise en architecture, sous la direction de François Dufaux, entre 2005 et 2007. Le projet portait sur le monastère des Augustines et l’hôpital de L’Hôtel-Dieu de Québec.
«Dans mon groupe, on avait creusé le projet d’agrandissement de l’hôpital. Quatre équipes avaient étudié différents scénarios : avec ou sans la tour, avec une partie de tour, etc. Les seuls scénarios qui marchaient étaient ceux où on se débarrassait de la tour pour revenir au quadrillage du vieil hôpital.»
«On s’est rendu compte qu’avec la tour, on ne pouvait pas organiser l’agrandissement de façon efficace, parce qu’elle a été implantée en diagonale, en contradiction avec l’ensemble.»
La SHQ appelle à la vigilance dans le dossier de l’Hôtel-Dieu.
Voir aussi : Arrondissement La Cité - Vieux-Québec, Institutionnel, Projet - Hôtel-Dieu.
* Avec Martin Otis et Gérald Gobeil
Émission du 15 janvier 2012 Michel Monette, animateur
Voir aussi : Publications & ressources Internet.
Antoine Robitaille
Le Devoir
14 janvier 2012
Je pense beaucoup à lord Dufferin ces temps-ci. Bon, vous riez. Attendez, c’est plutôt à pleurer. Tous les jours, à Québec, je me rends à pied sur la colline parlementaire. Sur mon chemin, je dois longer le chantier de «L’Étoile». Un gros truc: près de 300 copropriétés, sur Grande-Allée. L’enveloppe extérieure du nouvel immeuble est presque complétée. Neuf étages de banalité compassée, gracieuseté d’un architecte, Pierre Martin. Belle idée que celle de promouvoir la densification urbaine. C’est ce qui rend possible le développement des rues commerçantes vivantes. Et ça relègue les bagnoles au rang de nuisance. Bravo. Mais L’Étoile a un côté noir: pour la construire, il a fallu démolir la superbe chapelle des Franciscaines, grande comme une église et qui datait de 1898.
Les promoteurs, Première classe et Ogesco, ont décidé de garder la partie avant, le monastère, qui donne sur Grande-Allée. Mais au lieu de l’intégrer à l’édifice qu’ils voulaient construire, ils l’ont totalement isolée. Le pauvre bout d’édifice a l’air d’un homme-tronc. Ogesco l’a dépouillé de ses trois clochetons argentés, qui gisent sur le sol à côté de cette portion d’immeuble négligée, aux fenêtres ouvertes aux quatre vents. Des sources proches de la Commission d’urbanisme disent que le véritable but des promoteurs, à terme, est de raser cette vieille chose, ce qui donnerait plus de lumière aux condominiums neufs. On connaît la chanson: «C’est vétuste, trop dégradé, il n’y a plus rien à faire avec ça.» À deux pas de «L’Étoile», un autre promoteur a acheté l’église Saint-Coeur-de-Marie — où Alfred Hitchkock et Robert Lepage ont tourné des scènes respectivement de I Confess et du Confessionnal — afin d’ériger une tour de condos de 25 étages . Il n’a pas encore obtenu les permis…
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Le lien avec lord Dufferin? Devenu gouverneur du Canada en 1872, il en était venu à appuyer ceux qui militaient contre la démolition des fortifications de Québec. La ville était alors dirigée par une bourgeoisie à l’esprit moderniste cherchant à «en finir avec les vieux murs», note le géographe Rémi Guertin dans La capitale sans ville (Trois-Pistoles, 2011). La position de Dufferin a convaincu les élites de changer leur fusil d’épaule. Si un grand Britannique disait que les remparts désuets pouvaient avoir de la valeur, il fallait le croire! Certes, les petites portes d’origine, dans les fortifications, furent démolies, puis élargies et reconstruites selon l’inspiration du «gothic revival», nouveau à Québec. Cela conduira à la création du «style château» — mélange d’un passé fantasmé et d’une inspiration nouvelle — devenu caractéristique à Québec (Château Frontenac, gare du Palais, etc.). Dans sa thèse, Rémi Guertin développe une théorie intéressante sur le geste de Dufferin. Il parle d’un «piège paysager» et critique une vision conçue pour le tourisme anglo-saxon. Peut-être.
Il demeure que le Québec qui enchante, qui inspire, qui attire, encore aujourd’hui, a pour racine un geste fort de conservation, celui de Dufferin. On peut en dire autant d’un autre, celui de lord Grey, qui eut l’intelligence, quelques décennies plus tard, d’aménager les plaines d’Abraham.
Contrairement à ces lords, le maire de Québec d’aujourd’hui, Régis Labeaume, ne s’émeut guère des démolitions récentes sur Grande-Allée. Lorsque je l’ai interrogé sur cette question en 2009, il m’a répondu qu’il fallait construire le «patrimoine de l’avenir». Belle pirouette. Je me demande toutefois si les millions en argent public dépensés actuellement pour le hockey et les festivals — on casse notre tirelire publique pour faire venir des vedettes rock aux fortunes déjà colossales — ne seraient pas mieux investis, au moins en partie, dans plusieurs gestes à la Dufferin: conserver, restaurer, extrapoler, enjoliver. Nos vieilles églises, par exemple, le mériteraient. Bon, vous riez encore! Pourtant, je suis très sérieux, comme un lord.
Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Condo, Patrimoine et lieux historiques.
Annie Morin
Le Soleil
(Québec) Tous les accès routiers au Colisée, et donc à l’emplacement du futur amphithéâtre, seront revus et corrigés dès cette année par la Ville de Québec et le ministère des Transports.
Le vice-président du comité exécutif de la Ville de Québec, François Picard, a expliqué hier au Soleil que l’élimination de la bretelle d’accès à l’autoroute Laurentienne Nord, en provenance du boulevard Wilfrid-Hamel Ouest, entraînera des réactions à la chaîne
Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Infrastructures sportives.