Point de vue (Le Soleil)
Gilles Gallichan
Fermée et désacralisée depuis 2012, l’église Saint-Charles de Limoilou attend toujours sa requalification pour un usage public dans le respect de la valeur architecturale et artistique du monument.
Depuis trois ans, l’organisme Espaces d’initiatives travaille activement à réunir les partenaires qui pourront redonner vie à cet édifice emblématique du quartier Limoilou. Il fait appel à des firmes de professionnels, des architectes et des ingénieurs pour réaliser le carnet de santé et sonder les murs et les fondations. Le but, à moyen terme, est d’ouvrir cette église à tous ceux et celles souhaitant travailler à trouver des solutions aux enjeux sociaux actuels afin d’en faire, à nouveau, un lieu de rencontres et d’activités accessible à tous.
Toutefois, à court terme, l’église Saint-Charles réclame des interventions ponctuelles et urgentes qu’imposent les rigueurs de nos saisons. Depuis des lustres, l’église n’a pas été l’objet de réparations et d’entretiens pourtant nécessaires. Les pigeons ont envahi les combles et dégradent la voûte qui menace de crever sous le poids des fientes accumulées au fil des années. Des carreaux cassés exposent aux intempéries les très beaux vitraux de Bernard Leonard et de Guido Nincheri. Les tableaux du chemin de croix du peintre alsacien Martin Feuerstein souffrent du froid et de l’humidité qui règnent dans l’église, forcément très peu chauffée en hiver. Il en va de même des boiseries sculptées et autres œuvres d’art du décor de l’édifice. Quant aux clochers, on voit la rouille les ronger peu à peu. Il faut rapidement stabiliser ces dégradations en cours.























