Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


Archives pour la catégorie « Projet – Troisième lien »

3e lien : pas de sortie pour les voitures au centre-ville

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 26 octobre 2021 4 commentaires

Source : Olivier Lemieux, Radio-Canada, le 26 octobre 2021

Devant la levée de boucliers au centre-ville de Québec, le gouvernement Legault accepte de modifier son projet de troisième lien : plus question de permettre aux automobilistes de sortir dans le secteur Saint-Roch.

Il s’agit d’un revirement majeur.

Selon les informations obtenues par Radio-Canada, le ministre québécois des Transports, François Bonnardel, s’apprête à annoncer que le tunnel Québec-Lévis ne permettra plus aux automobilistes d’atteindre le centre-ville de la capitale.

Depuis le dévoilement en grande pompe du projet au printemps dernier, la Coalition avenir Québec (CAQ) tient mordicus à permettre aux voitures et camions de sortir de terre pour atteindre le boulevard Charest, dans Saint-Roch.

Or, cet accès est vivement contesté par les résidents des quartiers centraux, qui craignent une augmentation considérable de la circulation automobile.

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Voir aussi : Environnement, Projet - Troisième lien, Transport, Transport en commun.

Sondage: les électeurs de Québec divisés sur le tramway et le 3e lien

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 12 octobre 2021 9 commentaires

Jean-François Néron
Le Soleil

Tramway, troisième lien ou métro léger, les projets de transport divisent les résidents de Québec. Quels impacts sur le discours des candidats et les résultats du 7 novembre?

Un sondage Le Soleil/FM93/Navigator réalisé en ligne entre le 29 septembre et le 6 octobre auprès de 505 électeurs de la Ville de Québec, avec une marge d’erreur de 4%, met en lumière à quel point les projets de transport cause une division au sein de la population.

Ainsi, 49% se disent «très ou plutôt favorables» au tramway. Cette même faveur grimpe à 51% pour le troisième lien (tunnel Québec-Lévis). Un pourcentage qui baisse à 31% pour le métro léger, dont l’appui semble assez fragile. En effet, seulement 8% affirment être «très favorables» et 28% «plutôt favorables».

«Ça explique pourquoi ces sujets ne sont pas aussi présents dans la campagne électorale. Tu as la moitié de la population qui est pour et la moitié qui est contre,» résume Philippe Dubois, chargé de cours et doctorant en sciences politiques à l’Université Laval et chercheur au Groupe de recherche en communication politique. «Peu importe la position des candidats, ils savent qu’il y a 50% des gens qui ne les aimeront pas.»

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Voir aussi : Projet - Troisième lien, Tramway à Québec, Transport, Transport en commun.

La crise climatique face au poids lourd du transport

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 11 octobre 2021 6 commentaires

Étienne Leblanc
Radio-Canada

À 18 ans, ce ne sont pas les affiches de ses artistes chouchous qui tapissent les murs de sa chambre, mais bien une grande carte du Métrobus de Québec, où elle a grandi.

En âge de conduire, elle refuse sans hésiter la voiture que ses parents lui offrent pour pouvoir se déplacer.

Et c’est dès le cégep et l’université qu’elle s’implique activement. Elle met sur pied un comité pour inciter la ville à implanter des voies réservées dans la Capitale-Nationale, un autre comité pour défendre les intérêts des usagers du transport en commun de la ville, et elle organise une semaine spéciale baptisée Le transport en commun : un choix, une fierté.

S’il y a un trait qui définit Catherine Morency, c’est qu’elle n’avance jamais par en arrière.

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Et Catherine Morency s’exprime sur le troisième lien. Il est aussi possible, selon un de nos lecteurs (Insider) de visionner au long la vidéo de cette interview réalisé par Jay Du Temple.

Voir aussi : Étalement urbain, Conférences / évènements, Densification, Environnement, Projet - Troisième lien, Tramway à Québec, Transport, Transport en commun.

Le 3e lien, pas un bon projet

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 27 juillet 2021 12 commentaires

Karine Gagnon
Journal de Québec

Le troisième lien n’est pas un bon projet pour la société, et n’est pas la solution à privilégier à long terme pour réduire la congestion en heures de pointe sur les ponts de Québec alors qu’il risque plutôt de l’accentuer.

C’est la conclusion à laquelle en vient Louis-Philippe Dufour, dans une analyse coûts-bénéfices réalisée l’an dernier et remise à Jean-Philippe Meloche, professeur agrégé et responsable de programme à la maîtrise en urbanisme à l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage de l’Université de Montréal.

Présentée lors de l’exposition des finissants de la faculté de l’aménagement, l’analyse démontre aussi que « les projections démographiques de la région de Québec tendent à suggérer que la congestion en heures de pointe devrait rester plutôt stable dans le futur, ce qui signifie que le problème ne devrait pas s’accentuer ».

Pas rentable

Ainsi, avec un bénéfice net total de -1,79 milliard de dollars, le projet ne serait pas rentable pour la société. On tient compte autant des variations de déplacements que de la population, de la valeur des gains de temps que de la valeur résiduelle de l’infrastructure.

« En effet, les avantages associés au projet sont nettement insuffisants pour contrebalancer les coûts importants de la réalisation du projet », peut-on lire.

L’étudiant affirme qu’il a été surpris de constater à quel point il était facile de désapprouver le projet sans faire d’analyses poussées. « Les résultats étaient très défavorables au projet même si j’analysais le scénario le plus optimiste, en omettant de prendre en compte certaines considérations importantes, comme l’environnement par exemple », a-t-il expliqué au Journal.

Dans son analyse, M. Dufour suggère d’ailleurs que d’autres solutions moins coûteuses soient évaluées, comme les bénéfices qui pourraient résulter de l’augmentation du service de traversier entre Lévis et Québec.

Jamais pertinent

« Il s’agit d’un exercice plus pédagogique que scientifique, mais la méthode utilisée est la bonne, mon étudiant a utilisé les vraies données et a suivi les vraies méthodes », précise le professeur Jean-Philippe Meloche. Ce qui est frappant, selon cet expert, c’est que même s’il y a des limitations à la méthodologie, ce qui mène à une surestimation des avantages du projet, « on se rend compte qu’on n’arrive pas plus à un résultat où le projet serait pertinent. »

M. Meloche remarque aussi qu’au moment de l’analyse, les coûts étaient estimés à un seuil de quatre milliards, qui pourrait plus ressembler aujourd’hui à huit, neuf ou dix milliards selon les données présentées par le ministère des Transports.

« Avec les derniers chiffres qu’on nous a montrés, le projet n’est plus proche du tout d’avoir du sens, et je ne vois pas comment le MTQ pourrait arriver avec des chiffres largement différents de ceux de mon étudiant », observe-t-il.

C’est ce qui pourrait expliquer pourquoi le gouvernement refuse toujours de rendre publique l’étude sur le troisième lien, le MTQ alléguant qu’elle est toujours en cours de réalisation.

« Le fait, note le professeur, que le fédéral n’ait même pas pris la peine d’étudier la situation m’apparaît également comme un signal assez clair que les chiffres ne sont pas là. »

L’article

Voir aussi : Projet - Troisième lien, Transport, Transport en commun.

Une alternative concluante au 3e lien

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 14 juillet 2021 8 commentaires

Karine Gagnon
Journal de Québec

Après une étude de faisabilité concluante, un entrepreneur québécois propose une solution durable et très peu coûteuse à la congestion sur le pont Pierre-Laporte, qui a fait ses preuves au Québec et ailleurs dans le monde.

La barrière amovible de type « zipper » de l’entreprise Barrière QMB permettrait, selon son vice-président Marc-André Séguin, de régler rapidement les problèmes de congestion sur le pont Pierre-Laporte.

En service sur le pont Bisson de Laval depuis trente ans, elle a fait ses preuves dans de nombreuses villes, tant sur des ponts que sur des autoroutes.

« Je ne veux pas entrer dans le débat du troisième lien, mais je souhaite juste vraiment clarifier le fait que c’est une solution absolument faisable, probablement très applicable au pont Pierre-Laporte, et qui pourrait soulager la congestion très rapidement, puisqu’on parle d’une implantation de douze mois », souligne M. Séguin.

M. Séguin réagissait à ma chronique publiée en fin de semaine, dans laquelle j’évoquais cette perspective de gestion en alternance des voies avec une barrière amovible.

Aux heures de pointe, on augmente le nombre de voies disponibles dans la direction la plus achalandée. La Ville de Québec l’avait proposé en 2017 au MTQ, pour le pont Pierre-Laporte.

Solution connue

Dans son analyse, la Ville évoquait l’exemple du pont Bisson de Laval, deuxième endroit au monde où une telle barrière, de conception nord-américaine, a été implantée.

Elle mentionnait aussi le Golden Gate de San Francisco, où la barrière a fait ses preuves malgré l’espace restreint et le volume de trafic très élevé.

Le MTQ connaît évidemment très bien cette solution et l’a analysée, mais il est impossible d’obtenir les résultats.

De son côté, M. Séguin rappelle qu’il « fait affaire avec le MTQ depuis 30 ans (à Laval), donc ils sont au courant que ça existe, mais on a quand même fait nos devoirs (pour le pont Laporte) et on a fait une étude avec une firme de génie qui a démontré sa faisabilité technique. On l’a présentée au ministère il y a un an et demi », précise M. Séguin.

L’entreprise a également eu recours aux services d’un lobbyiste, Robert Milot, afin de présenter le dossier, « informer le ministère de cette solution viable et qui pourrait même être temporaire », explique ce dernier.

Importantes économies

Bien que M. Séguin ne souhaite pas s’immiscer dans ce débat, il apparaît évident qu’un tel système de gestion par alternance des voies pourrait s’avérer une solution de rechange plus qu’intéressante à un tunnel entre Québec et Lévis, dont les coûts pourraient frôler les dix milliards.

Les coûts d’acquisition et d’implantation de la barrière amovible sont estimés entre 20 et 30 millions, auxquels il faut ajouter 1,5 million par année pour l’entretien et les opérations. Dans le cas où le MTQ choisirait plutôt de louer l’équipement, on parle de coûts d’aménagement entre dix et vingt millions.
Questionnée sur la possibilité pour le gouvernement d’envisager une telle solution, la ministre Geneviève Guilbault a fait valoir hier qu’elle ne croyait pas qu’il puisse s’agir d’une option durable pour régler les problèmes de congestion.

Mais Marc-André Séguin assure le contraire, s’appuyant sur de nombreux exemples partout sur la planète.
« Il y en a qui voient ça un peu comme un diachylon, mais plusieurs applications devaient être temporaires et ont été adoptées en permanence », souligne l’entrepreneur. Il donne l’exemple de l’autoroute I-95 à Boston, où la mise en application qui devait être temporaire, le temps de réunir des fonds, a été retenue de façon permanente, étant donné les résultats concluants.

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Voir aussi : Projet - Troisième lien, Transport, Transport en commun.

Troisième lien: descendez jusqu’à 80 mètres sous terre pour le bus

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 28 juin 2021 16 commentaires

Jean-Luc Lavallée
Journal de Québec

S’il se réalise un jour, le tunnel Québec-Lévis pourrait forcer les usagers du transport collectif à descendre jusqu’à une profondeur record de 80 mètres pour prendre l’autobus. Ceux qui voudront traverser le fleuve à bord d’un autobus électrique, via le « troisième lien », pourront le faire à partir des quais de la station « Colline Parlementaire » située à une profondeur inouïe, soit l’équivalent d’une vingtaine d’étages sous terre.

À titre comparatif, la profondeur moyenne des stations du métro de Montréal est de 15 mètres. La plus profonde est la station Charlevoix, située à 29,6 m sous terre.

La plus profonde au Canada sera bientôt la station Édouard-Montpetit du REM (Réseau express métropolitain). Avec ses rails à 72 mètres sous terre, il s’agira même de l’une des plus profondes du monde.

Jusqu’à 80 mètres sous terre

La capitale risque toutefois de détrôner Montréal avec le tunnel Québec-Lévis. La station de la colline Parlementaire, voisine du Complexe G, atteindra une profondeur approximative de « 70 à 80 mètres », a confirmé le MTQ à notre Bureau d’enquête. Impossible d’être plus précis à ce stade-ci.

Deux composantes du Réseau express de la Capitale (REC) y convergeront, chacune dans son tunnel respectif : l’autobus électrique du tunnel et le tramway de la Ville de Québec qui passera également en tunnel au centre-ville à une profondeur entre 15 et 40 mètres.

L’architecte à la retraite Pierre Brisset, qui a étudié les cartes topographiques du secteur, croit que la station située à proximité de l’Assemblée nationale sera encore plus profonde que ne le prétend le MTQ. La colline parlementaire est située sur un plateau rocheux à environ 85 mètres au-dessus du niveau du fleuve, observe-t-il.

Des pentes de 5 % à 6 % dans le tunnel

M. Brisset souligne aussi l’ampleur des défis liés à la construction du tunnel sous-fluvial — évalué entre 6 G$ et 10 G$ — en raison des pentes, notamment. Les pentes les plus abruptes « seront de l’ordre de 5 à 6 % », nous a confirmé le ministère.

« 150 mètres de dénivellation, pour ce type de structure, je n’ai vu ça nulle part ailleurs sur la planète. », relève l’architecte retraité, suggérant que la construction d’un pont réservé au transport collectif entre les deux centres-villes et deux autres ponts routiers à l’est, via l’île d’Orléans, permettraient des économies de plusieurs milliards.

Le gouvernement Legault, qui n’a dévoilé à ce jour aucune étude au sujet des autres options analysées, maintient de son côté que le tunnel de 8,3 km entre les deux centres-villes est la meilleure solution.
Les pentes abruptes ne poseront pas problème, assure-t-on, ajoutant qu’elles sont « comparables à ce que l’on retrouve sur l’autoroute Henri-IV » entre Charest et Hochelaga. Les camionneurs n’auront pas accès au tunnel aux heures de pointe, précise-t-on, afin d’assurer la fluidité du trafic.

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Voir aussi : Projet - Troisième lien, Transport, Transport en commun.

Des bretelles d’autoroutes contraires au bon sens

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 6 juin 2021 9 commentaires

François Bourque
Le Soleil

Le projet de tunnel Québec-Lévis va à contresens de la tendance au démantèlement et à la transformation d’autoroutes urbaines bâties dans des années 50 à 70.
Le New York Times faisait état il y a quelques jours d’une trentaine de projets concrets dans autant de villes américaines.

Le gouvernement Biden vient de donner un nouvel élan au mouvement avec un plan de 20 milliards $US pour reconnecter des quartiers divisés par des autoroutes urbaines.

La direction est donnée. Un peu partout, des élus et acteurs locaux se mobilisent dans les grandes villes comme dans de plus petites.

Boston, Detroit, Buffalo, Syracuse, Rochester, La Nouvelle-Orléans, Dallas, Austin, Kansas City, Seattle, Denver, Atlanta, Arlington, Tampa, etc.

Au Canada, les transformations d’autoroutes sont à ce jour financées à la pièce et on ne sent pas d’appétit pour un programme plus ambitieux.

«Il faudrait que le leadership vienne des provinces ou des villes», expose le président du Conseil du trésor et député de Québec, Jean-Yves Duclos.

Le fédéral a cependant cessé de financer la construction de nouvelles autoroutes, rappelle-t-il. C’est déjà ça.

Cela n’empêche pas d’aller en direction contraire.

L’illustration ci-jointe, tirée d’une vidéo promotionnelle, donne une idée de l’ampleur des structures requises pour faire sortir le tunnel Québec-Lévis dans Saint-Roch.

Il s’agit d’une illustration préliminaire. Il est probable que les nouvelles voies ne passeront pas exactement aux endroits indiqués. Mais si le gouvernement insiste pour brancher le tunnel sur l’autoroute Dufferin-­Montmorency et permettre un accès direct au boulevard Charest, il faudra de nouvelles connexions.

L’illustration ne montre pas le corps principal du tunnel, qui va émerger sur l’autoroute Laurentienne, près du boulevard Hamel.

Mince consolation pour ceux qui souhaitent moins d’autoroutes en ville, le gouvernement accepte de transformer en boulevard l’extrémité sud de Laurentienne. Reste à souhaiter que l’échéance ne soit pas liée à celle du tunnel (2031. NDLR Dans la version papier j’ai indiqué par erreur 2036).

Les autoroutes urbaines au Canada ne transportent pas le même passé ni la même charge sociale qu’aux États-Unis. Il n’y a donc pas le même symbole à vouloir s’en débarrasser.

Chez nos voisins, ces autoroutes sont souvent encore des barrières physiques entre des quartiers noirs et blancs ou ont encouragé la ségrégation.

Des Blancs ont pris l’autoroute pour aller vivre dans de jolies banlieues. Des minorités qui n’en avaient pas les moyens sont restées à l’ombre d’autoroutes ou ont été chassées pour faire place à de grands projets commerciaux et immobiliers.

Là où les enjeux se rejoignent, c’est sur l’impact urbain et environnemental de ces autoroutes. Et sur l’intérêt parfois à en démanteler : baisse de pollution, hausse de valeur de propriétés, potentiel nouveau de développement, amélioration de la qualité de vie, meilleure connectivité des quartiers, etc.

Cela s’accompagne parfois d’un embourgeoisement du voisinage, mais c’est le cas aussi des nouveaux parcs dans des quartiers défavorisés.

Le mouvement de démantèlement d’autoroutes urbaines remonte à une trentaine d’années. Une autoroute de San Francisco endommagée par le tremblement de terre de 1989 n’a pas été reconstruite.

D’autres villes ont suivi, pour des raisons différentes bien sûr.

Il y a de beaux exemples à Mont­réal : conversion de l’autoroute Bonaventure en boulevard Robert-Bourassa; démolition de l’échangeur des avenues du Parc et des Pins, etc.

On en trouve aussi à Québec. Le boulevard «autoroutier» René-Lévesque a été remodelé et plus récemment, le boulevard Champlain.

Le démantèlement de bretelles de l’autoroute Dufferin-­Montmorency, au milieu des années 2000, procédait de la même logique. Améliorer le paysage et la qualité de vie.

Le maire L’Allier rêvait à l’époque de les remplacer par un parc et un grand escalier vers la haute-ville.

J’ai souvent pensé depuis qu’on aurait dû en profiter pour retirer aussi la bretelle de la rue Fleurie pour dégager un espace encore plus intéressant.

Des étudiants de l’école d’architecture de l’Université Laval avaient même proposé d’exploser complètement l’autoroute aérienne entre la colline Parlementaire et la rivière Saint-Charles.

Ce «geste extrême» aurait transformé (pour le mieux) le paysage de Saint-Roch. Le jury de la charrette (atelier de travail) avait d’ailleurs primé cette idée.

Cela aurait été une catastrophe pour le réseau routier, avait alors commenté le service des transports de la Ville.

La crainte des impacts sur la circulation est toujours ce qui freine les réflexions sur les autoroutes urbaines.

Rochester, NY, avait aussi cette crainte lorsqu’elle a démantelé 1,6 km de son «Inner Loop» pour en faire un boulevard urbain, raconte le New York Times.

La Ville était cependant résolue à un virage majeur : cesser d’essayer d’amener et de sortir rapidement les gens du centre-ville; viser plutôt à rendre le centre-ville plus agréable à vivre et plus attractif.

Il n’y a pas eu d’effet catastrophique sur la circulation à Rochester qui envisage maintenant l’abandon d’un second segment du «loop».

À l’époque des grands chantiers d’infrastructure des années 50, 60 et 70, des villes ont résisté mieux que d’autres à la tentation des autoroutes.

Vancouver et Halifax n’en avaient pas voulu en bordure de l’eau dans leurs centres-ville. Elles s’en félicitent sans doute aujourd’hui.

D’autres cherchent à réparer leurs mauvais choix.

On ne peut pas dire que Québec a été très avant-gardiste ou visionnaire avec ses autoroutes Champlain et Dufferin-Montmorency le long du fleuve. Et avec celle de la colline Parlementaire.

D’autres projets routiers qui auraient balafré davantage le centre-ville ont heureusement été laissés en plan. L’autoroute à flanc de falaise dans le coteau Sainte-Geneviève, par exemple.

Il est toujours plus simple de ne pas construire un projet hasardeux que d’essayer de le déconstruire plus tard, lorsqu’on constate que c’était une erreur.

Dans les années 90, la mairesse Boucher proposait de transformer l’autoroute Duplessis en boulevard urbain. Elle parlait aussi d’enfouir Henri-IV dans un tunnel pour la traversée de Sainte-Foy.

Le ministère des Transports qui tenait (et tient toujours à ses autoroutes) l’avait vite rappelée à la «raison».

À défaut de retirer des autoroutes entières, de petits gestes peuvent parfois contribuer à réduire l’empreinte du modèle autoroutier en milieu urbain.

Québec vient par exemple de gommer la bretelle au coin du chemin des Quatre-Bourgeois et de la route de l’Église. On dit bravo. Cela va dans la bonne direction.

L’usure du temps est souvent un élément déclencheur pour réfléchir à l’avenir des autoroutes. À cause des coûts énormes de reconstruction et parce que l’occasion se présente d’imaginer autre chose.

À l’approche de la date d’expiration des grands ouvrages autoroutiers de l’époque, je ne sens pas chez nous que cela soulève beaucoup d’intérêt.

On reconstruit échangeurs, autoroutes et ponts d’étagement à coup de centaines de millions de dollars à la fois. Sans débat public, comme si tout allait de soi et était essentiel à la vie de la ville.

Tout le monde ne peut pas s’improviser expert de la gestion du réseau routier. Mais il serait intéressant de se demander parfois s’il y a d’autres hypothèses possibles. Même si c’était pour en conclure qu’il est nécessaire de reconstruire.

Québec n’est pas la seule à remplacer des ouvrages de béton et d’asphalte. Elle en profite parfois pour leur donner plus d’ampleur et ajouter des voies.

Reconstruire des bretelles d’autoroutes en plein centre-ville défie cependant l’entendement. Cela va à contresens de toutes les valeurs d’urbanisme et de qualité de vie en ville.

Ce modèle d’une autre époque ne tient plus la route. Que l’on soit convaincu ou pas de la nécessité d’un tunnel Québec-Lévis.

L’impact urbain n’est jamais mesuré dans les sondages sur le troisième lien.

On y évoque parfois les coûts, l’utilité pour la sécurité, on mesure les préférences de localisation, etc. Mais pas les conséquences urbaines.

En juin 2018, peu avant l’élection de la CAQ, un sondage Léger (1600 répondants) donnait au troisième lien un appui de 90 % à Lévis et de 76 % à Québec.

Un nouveau Léger (1000 répondants) publié il y a quelques jours (Journal de Québec) ne lui donnait plus qu’une légère majorité (46 % pour, 43 % contre) dans la RMR Québec.

Moins que le Mainstreet-­Capitale-Nationale (1521 répondants) commandé par la Coalition avenir Québec : 60 % pour et 40 % contre.

Je serais curieux de voir la réponse si la question était la suivante : Pour ou contre un troisième lien de 10 milliards dont l’utilité n’est pas démontrée et qui serait construit sur un modèle urbain passé date?

L’article

Voir aussi : Projet - Troisième lien.

Le boulet

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 22 mai 2021 27 commentaires

Michel David
Le Devoir

Bien avant que la CAQ ne prenne le pouvoir, un conseiller de François Legault avait prédit sous le sceau de la confidence que le « troisième lien » deviendrait un véritable boulet.

À l’époque, la grande région de Québec–Chaudière-Appalaches était — et demeure — le pilier sur lequel la CAQ s’appuyait. En 2012, elle y avait fait élire près de la moitié de ses députés. C’est encore là que la victoire écrasante à l’élection partielle dans Louis-Hébert, en octobre 2017, avait pavé la voie au triomphe de l’année suivante. Ce que Québec voulait, la CAQ le voudrait aussi.

L’idée d’ajouter un « troisième lien » entre Québec et la rive sud, que ce soit un nouveau pont ou un tunnel, n’est pas nouvelle. On en parlait déjà il y a plus de cinquante ans. Un premier rapport, suivi de bien d’autres, proposait déjà un tracé en 1968. Ses partisans diront que la volonté politique n’y était pas. Les autres, que le bon sens l’a emporté.

En 2014, la Chambre de commerce de Lévis relance l’idée d’un tunnel, dont le coût était estimé à 500 millions. Un an plus tard, une nouvelle étude de l’École polytechnique parle plutôt de 4 milliards. En 2017, le gouvernement Couillard crée un bureau d’étude. L’année suivante, il annonce que le projet ira de l’avant, sans toutefois en préciser la forme. Le maire Labeaume s’y oppose. Visionnaire, il prédit que le coût pourrait atteindre 10 milliards.

Peu importe, après l’élection de 2018, M. Legault donne le feu vert à son ministre des Transports, François Bonnardel, qui planchera sur le projet envers et contre tout jusqu’au lancement officiel du « Réseau express de la Capitale » lundi dernier.

Au cours des derniers jours, tout a été dit sur l’ineptie de ce projet, son caractère rétrograde, son inutilité, son impact sur l’environnement et l’étalement urbain, son coût démentiel. On avait ri de la mégalomanie du défunt maire de Lévis Jean Garon, quand il s’était mis en tête de relier Québec et sa ville par un métro. Finalement, on aurait peut-être dû l’écouter.

Jusqu’à présent, M. Legault est sorti renforcé des controverses qui ont marqué son mandat. Sa position dans le débat sur la laïcité a rallié une nette majorité de francophones et la « nouvelle loi 101 »s’annonce tout aussi populaire. Sans parler de sa gestion de la pandémie, qui laisse ses homologues provinciaux pantois.

Malgré ses lacunes, son « Plan pour une économie verte » a été perçu comme un pas dans la bonne direction. L’enterrement de la réforme du mode de scrutinconstitue un véritable reniement de la promesse qu’il avait faite, mais cela n’a pas suscité une grande indignation.

De façon générale, on a reconnu que M. Legault a été guidé par le souci du bien commun. Quand il a commis des erreurs, il a su le reconnaître et s’en excuser. Dans le cas du « troisième lien », on n’arrive pas à voir comment l’intérêt peut trouver son compte, mais il s’est maintenant trop engagé pour espérer qu’il se ravise. Pour la première fois, le consensus se fera contre lui.

Dans son « Nouveau projet pour les nationalistes du Québec », la CAQ réclamait le droit exclusif d’établir les priorités dans les projets d’infrastructure et le transfert en bloc des budgets prévus à cet effet dans les ententes fédérales-provinciales.

Si ce pouvoir doit être utilisé à si mauvais escient, plusieurs se demanderont s’il est bien avisé de le transférer au Québec. Le chamaillage incessant avec Ottawa est sans doute agaçant et semble parfois relever de l’enfantillage, mais on se surprend à penser qu’il a peut-être une certaine utilité.

Le gouvernement Trudeau ne contribuerait qu’à la partie du « troisième lien » qui peut être considérée comme du transport en commun, soit la voie réservée aux autobus, ce qui pourrait représenter environ 1 milliard, soit à peine 10 % du coût total.

Cette faible participation coûtera peut-être des votes aux libéraux de Justin Trudeau à Québec, mais elle semblera encore trop généreuse ailleurs. Les conservateurs ont appuyé le projet depuis le début, mais n’ont jamais précisé à quelle hauteur ils le financeraient et ils ne le feront sans doute pas.

Le Bloc québécois, qui n’aura jamais à prendre une telle décision, a tenté de ménager la chèvre et le chou. Yves-François Blanchet avait déclaré d’entrée de jeu que la décision d’aller de l’avant revenait à Québec. Il s’était également dit rassuré qu’on ait prévu « des équipements à caractère environnemental et de transport collectif ». En politique, il faut être prêt à avaler des couleuvres, mais celle-là est quand même un peu grosse.

Québec-Lévis: une pétition contre le troisième lien obtient plus de 25 000 signatures en moins de 48 heures Journal de Québec

Voir aussi : Projet - Troisième lien, Transport, Transport en commun.

Se mettre la tête dans le tunnel

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 22 mai 2021 3 commentaires

François Bourque
Le Soleil

Incapable de démontrer que le troisième lien aurait l’impact promis pour réduire la congestion sur les ponts, le gouvernement de la CAQ se rabat sur l’argument de l’économie régionale.
Le tunnel est «nécessaire» au développement de Québec, de Lévis et de l’Est-du-Québec pour les 100 prochaines années, tente de nous convaincre le premier ministre François Legault.

Le dévoilement de nouveaux détails au début de la semaine a relancé la mobilisation contre le projet.

Voici que même des maires de l’Est-du-Québec se demandent à quoi leur servirait ce troisième lien que le gouvernement veut leur mettre sur le dos.

Aucune ville ou pays au monde n’a jamais creusé à ce jour de tunnel aussi gros que les 19 mètres de diamètre envisagés ici.

Pas de tunnel comparable, nulle part. Ceux qui s’en approchent par leur diamètre sont tous plus courts que les 8,3 km du Québec-Lévis :

Un tronçon du tunnel de l’aéroport de Hong Kong (71 millions de passagers par année) a 17,6 mètres de diamètre et 650 mètres de long. Le tunnel de l’autoroute SR -99 à Seattle, agglomération de 4 millions d’habitants, a 17,5 mètres de diamètre et 3,2 km de long.

Outre la fierté peut-être de battre des records, on peut se demander pourquoi choisir un tunnel si gros.

«C’est immense» et cela mène «aux limites de la technologie», analyse le professeur Bruno Massicotte, de l’École Polytechnique de Montréal.

Il faudra construire un tunnelier sur mesure pour lequel peu d’entreprises pourraient soumissionner. Pas l’idéal quand on veut limiter les coûts.

Dans son étude du troisième lien en 2016, M. Massicotte avait préféré un lien à deux tubes qu’il jugeait moins risqué au plan technique et financier.

Saint-Pétersbourg (Russie) a renoncé en 2015 à un tunnel-­record de 19 mètres sous la rivière Neva et le centre-ville historique (longueur de 3,5 km).

Un seul entrepreneur avait montré de l’intérêt. Le projet a été relancé en 2019, cette fois avec deux tubes plus petits (10,3 mètres).

M. Massicotte s’étonne que le ministère des Transports ait déjà annoncé son choix d’un tube unique avec circulation sur deux niveaux.

«C’est l’entrepreneur qui aura le dernier mot» sur le choix des technologies et des moyens pouvant répondre aux besoins et cibles financières de l’appel d’offres.

Si on s’y rend un jour, allais-je dire. Mais on sait que le gouvernement de la CAQ est buté sur ses promesses électorales.

Il s’est obstiné à déménager le Salon de jeux de Québec que personne ne demandait et pour des motifs que personne ne comprend encore. Cela nous a coûté 10 M$. Cette fois, l’obstination pourrait coûter 10 milliards $ et nous n’en sommes qu’aux estimés préliminaires.

Même l’état des finances publiques post-pandémie ne semble pas vouloir la freiner. Comme s’il suffisait de dire qu’on planifie sur 100 ans pour justifier ce qu’on n’arrive pas à faire autrement.

Y aura-t-il trop de voitures ou pas assez dans le tunnel Québec-Lévis? me demande un lecteur.

Il a noté la contradiction apparente dans l’argumentaire des opposants : pas assez de déplacements pour justifier un troisième lien, mais si on le construit, ses voies vont se remplir jusqu’à la congestion.

Dit comme cela, ça semble en effet paradoxal. Démêlons un peu les choses.

1. L’insuffisance de l’achalandage

L’insuffisance de l’achalandage est un argument de court terme. Il décrit la situation actuelle des déplacements entre Lévis et Québec.

On parle de 5000 véhicules à l’heure de pointe du matin en provenance de l’est de Lévis, de Bellechasse et autres localités de l’est (enquête Origine-­Destination 2017). Ce sont les «clients naturels» d’un futur tunnel.

Les modélisations du ministère des Transports (MTQ) obtenues par Le Soleil donnent des résultats du même ordre : 10 900 véhicules dans le tunnel le matin (prévisions pour 2036), dont 6000 à 7000 en direction nord.

Au total, le MTQ parle de 50 000 à 55 000 véhicules par jour au total des deux directions.

Pourquoi j’insiste sur l’heure de pointe? Parce que c’est le seul moment (ou presque) où les ponts sont congestionnés et que surgit la tentation d’un nouveau lien. À part les jours de verglas où on voudrait une solution de rechange pour le pont Laporte.

Les projections suggèrent que le tunnel aurait un impact limité sur le trafic des ponts.

2. Un tunnel encombré?

Le risque de voir le tunnel s’encombrer est un argument de moyen et long terme.

On parle du phénomène de la «demande induite» voulant qu’une nouvelle route génère de nouveaux usagers et de nouveaux déplacements.

Cette réalité est bien documentée par la recherche. J’ai déjà décrit cette fatalité du tafic.

Quand une nouvelle route s’ouvre, des citoyens l’occupent. Ils n’ont plus de raisons de limiter leurs déplacements ou d’éviter l’heure de pointe. S’ils prenaient le traversier ou l’autobus à cause du trafic, ils reviendront peut-être à l’auto.

De nouveaux citoyens viendront se loger près du tunnel ou plus loin vers l’est, sachant qu’ils pourront entrer facilement au centre-ville.

La nouvelle capacité routière sera ainsi progressivement grugée par de nouveaux déplacements et un jour, tout sera à recommencer. Il «faudra» un quatrième lien, de nouvelles voies sur la 20, etc.

«La congestion ne disparaît jamais», rappelle Marie-­Hélène Vandersmissen, directrice du département de géographie de l’Université Laval et spécialiste des transports. «Sauf lors d’une crise économique. Ou en pandémie».

Il n’y aura pas de congestion le premier matin. Pour la suite, ça dépendra de la vitalité de l’économie, de l’appétit de croissance des villes de la périphérie, de la fermeté à protéger les terres agricoles, de l’essor du télétravail, de la hausse du parc automobile, etc.

Le taux de croissance de la population de Québec est à peu près le même que l’inflation. Entre 1,5 % et 2 %, incluant l’immigration. Un rythme modeste et les nouveaux citoyens ne vont pas tous s’installer aux portes du tunnel.

Cela suggère que ce tunnel ne sera pas encombré de sitôt.

Mais cela veut dire aussi peu de nouveaux clients pour un tunnel de 10 milliards $ qui n’en compte déjà pas beaucoup.

Nous voici donc avec un projet de tunnel-record, pharaonique, pour un besoin qui n’est toujours pas démontré. Ce troisième lien continue de nous surprendre. Et pas pour les bonnes raisons.

L’article

Voir aussi : Projet - Troisième lien, Transport, Transport en commun.

Tramway : des données d’achalandage trop optimistes, mais le bon projet pour Québec

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 21 mai 2021 1 commentaire

Louise Boisvert
Radio-Canada

Même si elles jugent les données d’achalandage de la Ville un peu trop optimistes, deux firmes embauchées par la CAQ pour évaluer le projet de réseau structurant confirment que le tramway est le bon mode de transport pour Québec.

Ces deux études ont été réalisées il y a plusieurs mois. Le gouvernement voulait évaluer le projet de réseau structurant qui venait de subir plusieurs modifications.

En juin dernier, à la veille des audiences du BAPEBureau d’audiences publiques sur l’environnement sur le projet de réseau structurant, la Ville avait retiré le trambus, entre autres, pour respecter le budget de 3,3 milliards de dollars. Elle avait également ajouté une desserte des banlieues dans la couronne périphérique.

Le ministère des Transports du Québec (MTQ) a alors commandé sa propre étude d’achalandage à la firme Civilia, une entreprise québécoise spécialisée en modélisation, située sur la Rive-Sud de Montréal.

Le rapport a été remis en janvier dernier, au moment où le projet commençait à déraper. Le gouvernement venait de mettre un terme à une entente sur le tracé avec la Ville de Québec.

Depuis des mois, le ministre des Transports et la ministre responsable de la région répétaient sur toutes les tribunes qu’ils attendaient les conclusions d’une étude sur l’achalandage. On affirmait que le retrait du trambus avait un impact sur l’attractivité du tramway et que le tracé devait être revu et corrigé.

Toutes ces réflexions apparaissent dans l’étude de Civilia. Le rapport fait une cinquantaine de pages. Même si les experts reconnaissent que le tramway était l’épine dorsale du projet structurant, on souligne que l’achalandage estimé par la Ville est supérieur à leurs propres résultats.

On reconnaît que la méthode retenue par la Ville de Québec pour analyser l’achalandage est une approche couramment utilisée, mais les résultats comportent quelques écarts par rapport aux données projetées par le MTQministère des Transports du Québec. Par exemple, on note un écart qui varie entre 17 % et 25 % pour le nombre total de déplacements anticipé en tramway.

Tracé raccourci

Cette étude évalue plusieurs scénarios sur les déplacements avec ou sans tramway, avec ou sans le projet de desserte des banlieues de la Ville de Québec. Elle propose également un scénario inédit à l’époque, celui de couper le tracé du tramway aux deux extrémités.

La modélisation démontre qu’il y a un faible potentiel de déplacement dans le secteur Le Gendre et à la hauteur de la 76e Rue à Charlesbourg. L’étude conclut qu’il y aurait une opportunité pour réduire la longueur du tracé.

Les experts suggèrent que le tracé à l’ouest devrait commencer près de la rue Marly, là où se situe l’édifice de Revenu Québec. À l’est, on propose deux lignes : une première jusqu’à la 41e Rue et une deuxième au pôle D’Estimauville.

Ce scénario ressemble à la proposition faite au maire de Québec avant que la chicane éclate au grand jour l’hiver dernier.

Regard européen

La deuxième étude a été réalisée par une firme française. L’étude de Jean-Marc Charoud se penche sur le projet dans son ensemble. Il ne fait aucun doute pour l’expert que le tramway est le bon mode de transport, peu importe le tracé retenu.

Il souligne également que les données d’achalandage à l’est se comparent. Il existe peu de différence entre les données du tronçon compris entre le pôle Saint-Roch et la 41e Rue et le pôle Saint-Roch et D’Estimauville.

Il souligne toutefois le tracé jusqu’à D’Estimauville a un meilleur potentiel d’attraction auprès des usagers en raison du réseau d’autobus express qui dessert Beauport.

Le MTQministère des Transports du Québec a publié ces deux études sur son site Internet.

La Ville de Québec n’a pas souhaité commenter les études publiées.

Réseau express de la capitale

Par ailleurs, le ministère des Transports (MTQ) n’a pas l’intention à court terme de dévoiler publiquement les données modélisées du projet de tunnel Québec-Lévis. Lundi, lors du dévoilement du Réseau express de la Capitale (REC), le directeur du Bureau de projet a mentionné que 55 000 véhicules allaient emprunter le troisième lien tous les jours entre les deux rives.

Cette donnée a été présentée sans plus de détails, malgré les demandes des journalistes. Deux jours plus tard, le MTQ a répondu par courriel.

Le ministère explique une partie de sa démarche en évoquant les critères qui ont guidé sa réflexion, mais il n’apporte pas de précisions quant au nombre de véhicules recensés.

Il est toutefois précisé que les « débits de circulation mentionnés lors du breffage technique sont basés sur des prévisions de circulation en 2036 ».

Voir aussi : Projet - Troisième lien, Transport, Transport en commun.