Marie-Christine Gagnon
Radio-Canda
Si vous regardez Québec à partir de Lévis, vous verrez se détacher de l’horizon toutes sortes de formes, des flèches du séminaire aux tourelles du Château Frontenac, à la silhouette reconnaissable entre toutes. Ce joyeux mélange architectural côtoie les formes massives, souvent mal aimées, des tours de béton issues du mouvement brutaliste. L’ensemble peut sembler incohérent; pourtant, c’est ce tout qui forge la signature visuelle si unique de Québec. Alors, si on considère le panorama général de la ville, devrait-on être plus sensibles à ces mastodontes?
Brutalisme vient du mot brute, comme dans matière brute — le fameux béton. Ça, c’est le dénominateur commun, explique Martin Dubois, consultant en architecture et patrimoine chez Patri-Arch, en donnant les grandes lignes de ce type de construction. Un peu partout où le mouvement brutaliste s’est exprimé, la population n’était pas attirée par tout le béton à l’allure austère, voire étrange, de ces édifices au beau milieu des centres-villes.
Les architectes du brutalisme voulaient exprimer une nouvelle façon de voir la ville et de l’habiter, mais cette volonté-là n’a pas été bien saisie, à Québec comme ailleurs. Qualifiés de monstruosités ou de chefs-d’œuvre, ces immeubles laissent peu de place à l’indifférence. Un peu plus d’un demi-siècle plus tard, ils sont redécouverts sous un autre angle, souvent par les photographes qui révèlent une certaine beauté dans cette simplicité. Et parce que, dans certains cas, leurs travaux de maintien ou de revalorisation commencent à s’imposer.


Photo fournie par le Complexe Aloha
