Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


La Place Lucien Borne réaménagée en …

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 9 mars 2020 1 commentaire

Lors d’un billet précédent, un lecteur (Dominick P) se demandait si le réaménagement de la Place Lucien Borne, prévu en 2018, allait se faire vu les travaux très importants dans ce coin de la Ville l’été prochain.

Réponse obtenue:

Bonjour M. Gobeil,

Le projet de réaménagement du parc Lucien-Borne est suspendu puisque l’école Joseph-François-Perrault projette un agrandissement de son bâtiment. La modification du parc pourra être analysée à nouveau une fois les travaux de l’école terminés.

Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou.

Revenu Québec parmi les grands oubliés du tramway

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 9 mars 2020 17 commentaires

Stéphanie Martin
Taïeb Moalla
Jean-Luc Lavallée

Revenu Québec, le mégahôpital de l’Enfant-Jésus, l’aéroport ; voilà autant de grands générateurs de déplacements qui ne seront pas desservis à la porte par le futur tramway, mais par des autobus.

Revenu Québec

Le tramway est la colonne vertébrale du réseau structurant de transport en commun qui, avec ses trambus et ses nouveaux parcours Métrobus, permettra d’atteindre 65 % des citoyens de Québec et 80 % des lieux d’emplois dans un rayon de 800 mètres de chacun des arrêts, se targuait la Ville lors de l’annonce du projet. Impossible, donc, de satisfaire tout le monde.

Les quelque 4000 employés du ministère du Revenu, rue de Marly, et les résidents de ce secteur de la Pointe-de-Sainte-Foy trônent assurément au sommet de la catégorie des grands oubliés du tramway.
Ils ont été parmi les plus vocaux avec une pétition de plus de 2000 signatures. Pas moins de 92 % des employés sondés le réclament. Le PDG de Revenu Québec, Carl Gauthier, a ouvertement exprimé sa « déception » dans une lettre aux employés.

Même le gouvernement, en réaction au dépôt de l’étude d’impact, s’interroge encore sur les alternatives offertes aux travailleurs de Marly qui utilisent présentement les Métrobus 800 et 801. La Ville de Québec a cependant fermé la porte à ce « détour » de 1,3 kilomètre, jugé inefficace et trop coûteux (entre 100 M$ et 120 M$).

Mégahôpital sur Henri-Bourassa

Des médecins qui œuvrent à l’Enfant-Jésus, lequel deviendra un mégahôpital d’ici la fin du chantier en 2025, ont également réclamé une meilleure desserte. L’arrêt le plus proche du tramway, sur la 1re Avenue, sera situé à plus d’un kilomètre, alors que le trambus, qui empruntera le chemin de la Canardière, fera débarquer ses passagers à environ 800 mètres de l’entrée de l’hôpital. Ce n’est pas si mal, mais c’est loin d’être idéal pour la clientèle vulnérable, ont-ils plaidé.

La direction du CHU, elle, ne lance pas la pierre à la Ville et se réjouit de la bonification des services annoncée. « Nous, on ne déchire pas notre chemise sur l’offre du RTC, au contraire. Le nouvel hôpital va être desservi par quatre Métrobus directement à la porte. Pour nous, c’est une amélioration certaine du réseau. Même si le tramway ne circule pas sur Henri-Bourassa, ça ne veut pas dire que c’est une mauvaise desserte », souligne la porte-parole du CHU, Geneviève Dupuis.

YQB et le quartier Lebourgneuf

L’aéroport Jean-Lesage (YQB) devra également se contenter d’une desserte en autobus. Quant au quartier Lebourgneuf, un pôle d’emploi majeur, la Ville assure que les nouveaux parcours Métrobus à haute fréquence feront le boulot.

On pourrait également ajouter à la liste des exclus du tramway le secteur de la gare du Palais, du palais de justice et de la SAAQ, qui sera desservi par le trambus. Le ministère de l’Environnement s’inquiète du retrait de certains Express dans le secteur, ce qui forcera des usagers de la banlieue nord à effectuer deux transferts pour se rendre à destination.

Un tunnel dans la cour arrière des gens de la Basse-Ville

Le projet de troisième lien est dorénavant lié au réseau structurant

Les citoyens de la Basse-Ville pourraient subir les contrecoups du projet de tramway, qui s’arrime désormais avec celui du troisième lien, avec un tunnel qui pourrait déboucher dans leur cour. Les organismes Accès transports viables et Vivre en ville ont dénoncé une « catastrophe urbanistique » si l’autoroute à quatre voies planifiée par le gouvernement Legault venait à émerger dans le secteur du Stade Canac, où la Ville de Québec veut plutôt aménager un boulevard urbain. À la fois la Ville de Québec et le gouvernement ont annoncé être en recherche de solutions.

Le ministre des Transports, François Bonnardel, a indiqué en février que « le but, ce n’est pas d’augmenter la congestion routière ».

Lien pour les travailleurs

Le jumelage des deux projets a cependant du bon, jugent plusieurs acteurs, dont la Chambre de commerce de Lévis. Grâce au troisième lien, qui viendra se greffer au projet de réseau structurant, les travailleurs auront un meilleur lien entre les deux rives en transport collectif.

« C’est une solution complète qui est proposée actuellement », se réjouit la directrice générale de la Chambre, Marie-Josée Morency.

Meilleur service à Lévis

Sur ce point, Étienne Grandmont, d’Accès transports viables, est d’accord. « Les résidents de Lévis qui travaillent à Québec, particulièrement ceux qui se rendent sur la colline Parlementaire, verront leur trajet sur le territoire de la Ville de Québec accéléré et fiabilisé. Par ailleurs, la correspondance forcée avec le réseau structurant permettra à la STLévis de récupérer des heures de services qui seront réinjectées à Lévis, permettant d’augmenter la fréquence du transport en commun sur son territoire, au bénéfice des utilisateurs actuels et futurs. »

Où sortir ?

Alors que le ministre des Transports, François Bonnardel, promet de dévoiler très bientôt ses plans précis, Régis Labeaume, lui-même résident de Saint-Roch, a promis de « défendre » les citoyens de ce secteur.
Il a assuré que le tunnel Québec-Lévis « ne peut pas débarquer dans le quartier Saint-Roch ». « Je ne veux pas que les gens de Saint-Roch soient touchés par ça et, quand on y pense, il ne sortira pas là, ça ne fait pas de sens », a indiqué le maire de Québec le mois dernier.

De son côté, le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, a prié l’administration municipale de « prendre un pas de recul » sur le projet de tramway, compte tenu de son arrimage au troisième lien.

Les citoyens de Pie-XII mi-gagnants, mi-perdants

Les citoyens de Pie-XII verront apparaître des rails dans l’emprise d’Hydro-Québec qui longe leur cour arrière. Leur situation est ambiguë, estime Jean Dubé. Ils peuvent se considérer comme perdants s’ils perdent la possibilité de jouir d’un terrain qui ne leur appartenait pas, mais qui leur était loué depuis des années. Ou encore gagnants si la valeur de leur propriété augmente. « Le pire, sur Pie-XII, c’est celui qui est situé au milieu du tracé : il n’a pas d’arrêt proche, il perd du terrain et il a un train qui passe dans son arrière-cour. » À long terme, cela peut être très avantageux, même économiquement, si le réseau est bon et que le citoyen n’a plus besoin d’utiliser sa voiture, renchérit le professeur Alexandre Lebel.

Bruit et vibrations inquiètent

Les études ont déterminé certaines propriétés le long du tracé qui pourraient subir des impacts en raison du bruit et des vibrations du tramway. C’est le cas, par exemple, des établissements qui possèdent des instruments de haute précision et de certains bâtiments situés dans les courbes du tramway. En ce qui concerne le bruit, on prévoit des impacts résiduels faibles sur trois bâtiments isolés. La Ville affirme qu’elle mettra en place des mesures d’atténuation et commandera des études vibratoires plus poussées pour trois sites : l’Hôpital Saint-François d’Assise, le Grand Théâtre et l’INRS. Pour le bruit, les bâtiments touchés sont déclarés « zones de vigilance », et des études détaillées sont à venir. La Commission scolaire des Découvreurs s’est aussi inquiétée du bruit et de la sécurité des élèves, alors que, selon les derniers plans présentés, le tramway circulera directement sur les terrains de l’école secondaire de Rochebelle.

La suite

Voir aussi : Projet - Tramway.

Voici les gagnants du tramway de Québec

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 9 mars 2020 Aucun commentaire

Stéphanie Martin
Taïeb Moalla
Jean-Luc Lavallée

Qui seront les gagnants et les perdants, en 2026, quand le tramway et le trambus circuleront en ville? Pour le savoir, Le Journal a mené de nombreuses entrevues avec des experts et des représentants de plusieurs domaines : économie, urbanisme, santé, tourisme, immobilier. Ils ont identifié ceux qui bénéficieront de l’infrastructure et ceux qui subiront les contrecoups.

Des gains dans les poches des propriétaires

La plupart des édifices situés près du tracé du tramway prendront de la valeur, selon plusieurs experts
Les propriétaires dont les édifices sont situés le long du tracé du tramway seront les premiers à voir le gain dans leurs poches avec l’implantation du réseau structurant.

C’est ce qui se ressort des nombreuses entrevues avec des experts que Le Journal a menées pour dégager les gagnants et les perdants de la mise en place d’un réseau structurant. Ceux-ci notent que la plupart des propriétés situées dans un rayon de 800 mètres d’une station de tramway verront leur valeur augmenter. Cela concerne autant les maisons unifamiliales que les commerces, les édifices de bureaux et les terrains.

Une réalité confirmée par des études menées au pays, notamment par Real Estate Intelligence Network (REIN), qui a recensé la prise de valeur des propriétés autour de réseaux structurants dans les grandes villes canadiennes. «Nos données s’appliquent à tout nouveau projet de réseau structurant» et sont valables aussi pour Québec, a fait valoir Jennifer Hunt, vice-présidente de la recherche.

«Cela va tout à fait dans le sens des conclusions auxquelles on est arrivés dans nos analyses», confirme le professeur François Des Rosiers, de l’Université Laval, qui a mené plusieurs études sur le sujet.

Grands propriétaires

À Québec, les plus importants propriétaires de terrains et d’immeubles commerciaux, comme Ivanhoé Cambridge ou Cominar, situés le long du tracé, seront gagnants sur toute la ligne, analyse Sylvain Méthot, du Groupe Altus. Cominar, par exemple, détient 29 immeubles situés à proximité du tracé, dont Place de la Cité, le complexe Jules-Dallaire et le Delta Québec.

«Quand on a un immeuble commercial ou un édifice à bureaux, avoir un accès rapide pour les employés et la clientèle, c’est sûr que c’est un avantage. Les loyers des immeubles sont beaucoup plus élevés que ceux d’autres immeubles situés en retrait des pôles principaux. Ce qui va amener une plus-value aussi, pour les immeubles, c’est qu’il y a souvent des changements de zonage le long du tracé qui permettent d’augmenter la densité des bâtiments», indique M. Méthot.

Jusqu’à 46 % de plus

Selon REIN, les propriétaires peuvent augmenter leurs loyers jusqu’à 46 % et le taux d’inoccupation des locaux est moins élevé qu’ailleurs dans la ville. Les locataires, quant à eux, paient plus cher, mais peuvent économiser sur leurs coûts de transport, ce qui compense, estime-t-on.

Le professeur Jean Mercier, spécialisé en transports et en politiques publiques à l’Université Laval, mentionne que les riverains pourront se déplacer plus rapidement et à un coût moindre. Si la valeur de leur maison augmente, en contrepartie, les taxes aussi, avise-t-il.

L’accès à la propriété en Haute-Ville sera également plus difficile. Petit bémol aussi pour les maisons situées très près des stations, qui pourraient perdre de la valeur, selon REIN. «Mais ça ne veut pas dire que ça va être nécessairement le cas parce que le tramway n’est pas bruyant. Si, entre la station et la résidence, on met un écran qui masque la vue et atténue le bruit, il se peut très bien qu’il n’y ait pas d’inconvénients», souligne M. Des Rosiers.

Comment la valeur de votre propriété peut fluctuer ?

Les propriétaires d’édifices situés le long du tramway devraient voir la valeur de leurs biens augmenter. Accès transports viables souligne que les grands générateurs de déplacements, comme les établissements d’enseignement et les grands employeurs, en profiteront aussi. « Une occasion de croître sans avoir à construire de nouveaux stationnements », a souligné le directeur général, Étienne Grandmont.

Les propriétaires d’édifices situés le long du tramway devraient voir la valeur de leurs biens augmenter. Accès transports viables souligne que les grands générateurs de déplacements, comme les établissements d’enseignement et les grands employeurs, en profiteront aussi. « Une occasion de croître sans avoir à construire de nouveaux stationnements », a souligné le directeur général, Étienne Grandmont.

ÉDIFICES À LOGEMENTS: La plus forte hausse : 27 à 99 %
COMMERCES: Rayon de 1600 mètres : hausse de 30 %. Achalandage accru : le nombre de piétons augmente dans un rayon de 400 m à 1 km
LOYERS: Hausse de 10 à 46 % à proximité d’une station
PENDANT LES TRAVAUX: Annonce de la construction d’un réseau : gain de 20 % sur les propriétés très près des stations. Baisse de 10 % pendant le chantier
ÉDIFICES DE BUREAUX: À distance de marche d’une station (500 m ou moins) : prix majoré de 28 %. Taux d’inoccupation 34 % moins élevé qu’ailleurs.
MAISON UNIFAMILIALE: Rayon de 800 mètres d’une station : hausse de 10 % à 20 %. Moins de 274 mètres : perte possible de 4 % à 11 % de valeur. *Ces données ont été recueillies par l’organisation pancanadienne Real Estate Intelligence Network (REIN). Elles sont valides dans toutes les villes au Canada pour déterminer l’effet sur la valeur des propriétés près d’un réseau de transport structurant.
5 BÉNÉFICES PROMIS AUX USAGERS: Temps de transit plus rapide. Plus de stationnements incitatifs (6000 en tout).Confort accru.Fiabilité.Fréquence plus grande

Le réseau structurant sera bon pour la santé et pour les transports actifs, croient les spécialistes.
Les études démontrent que pour les gens sédentaires, même une petite augmentation de l’activité physique, comme le fait de marcher pour prendre le transport collectif, peut apporter des «bénéfices énormes», souligne le professeur Alexandre Lebel, spécialisé en santé publique, de l’Université Laval. Il est également chercheur au sein de la Plateforme d’évaluation en prévention de l’obésité du Centre de recherche de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec.

Le réseau structurant sera bon pour la santé et pour les transports actifs, croient les spécialistes.
Les études démontrent que pour les gens sédentaires, même une petite augmentation de l’activité physique, comme le fait de marcher pour prendre le transport collectif, peut apporter des «bénéfices énormes», souligne le professeur Alexandre Lebel, spécialisé en santé publique, de l’Université Laval. Il est également chercheur au sein de la Plateforme d’évaluation en prévention de l’obésité du Centre de recherche de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec.

Ce simple changement d’habitudes peut diminuer jusqu’à 30 % les risques de maladies cardiovasculaires, illustre M. Lebel.

Le réseau structurant contribuera également à réduire la pollution par le bruit et par l’émission de gaz à effet de serre, puisque moins d’autobus circuleront, ajoute-t-il. Un point de vue partagé par Étienne Grandmont, d’Accès transports viables. «La plupart des riverains verront une diminution du bruit et de la pollution atmosphérique.»

Transports actifs

Il note aussi que les transports actifs seront favorisés, car les cyclistes pourraient monter à bord du tramway avec leur vélo sous certaines conditions. Avec les aménagements autour du tramway et les virages interdits aux voitures à plusieurs intersections, «on va redonner la ville aux humains et favoriser d’autres modes de transport actifs», prévoit le professeur et économiste Jean Dubé.

Le transport plus efficace viendra aussi en aide aux personnes avec des limitations financières : avec un bon service qui relie les principaux centres d’activités, les citoyens à faible revenu vont y gagner. Cela rend l’accès à la ville plus équitable, indique Alexandre Lebel.

Les personnes à mobilité réduite ne sont pas en reste puisque les tramways et les trambus seront prévus pour éliminer les obstacles, renchérit M. Grandmont.

Secteur Mendel: une nouvelle desserte qui fera des heureux

«Les plus grands gagnants sont ceux qui habitent là où le tramway va passer et où il n’y avait pas de service.» C’est l’avis de l’économiste Jean Dubé. Il désigne le secteur de Mendel comme l’une des portions de la ville où les citoyens verront le plus les bienfaits apportés par le tramway. Les résidents actuels et futurs du secteur Mendel et Chaudière sont actuellement enclavés et bénéficient d’un service minimal en transport collectif. Grâce au terminus qui sera aménagé tout près et du viaduc qui enjambera le boulevard du Versant-Nord, leur quartier sera désormais connecté aux pôles d’emploi de Sainte-Foy et de la colline Parlementaire. Plusieurs projets d’ensemble résidentiel sont d’ailleurs dans les cartons près du terminus ouest du tramway.

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Voir aussi : Projet - Tramway.

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