
Source: Yves Randon (Québec), Le Soleil (Carrefour des lecteurs), 19 février 2008.
Grâce à Chloé Legris et à Radio-Canada (Découverte), nous avons pu nous familiariser avec la «pollution lumineuse». De même que les opposants au bruit inutile parlent d’un «droit au silence», ne pourrions-nous pas faire valoir notre «droit à l’obscurité»?
Depuis quelque temps, Québec est devenue une «ville lumière», c’est-à -dire une ville où la pollution lumineuse y est extrême : Château Frontenac, Pont de Québec, Musée national des beaux-arts, Parlement et autres édifices publics, églises, remparts de la vieille ville (avec en prime, ce ridicule et infantilisant light show des canons qui crachent leurs petites lueurs orangées)… Tout est «mis en valeur» par un suréclairage électrique. À cela s’ajoutent, comme partout ailleurs, des projecteurs commerciaux toujours plus violents, des lampadaires qui éblouissent souvent plus qu’ils n’éclairent, et une myriade d’ampoules et de spots parfaitement inutiles.
Tout cela surstimule le système nerveux — c’est sûrement excellent pour le commerce des antidépresseurs! Pourquoi toutes ces lumières? Pour faire beau? Mais la beauté, c’est d’abord un contact avec ce qui est naturel. Et la beauté, la nuit, ne vient-elle pas d’abord des étoiles et de la lune avec son éclairage si poétique, c’est-à -dire si plein de vérité?
À consulter aussi, ce billet: Gaspillage d’énergie à Québec; Vers une révision de l’éclairage?.








