Stéphanie Martin
Journal de Québec
Les associations de marchands sont divisées sur l’idée de Régis Labeaume de rendre les artères commerciales piétonnières cet été.
«Sur chaque artère, on vit tous la même réalité. On a des commerçants qui sont 100% pour les artères piétonnes. On en a d’autres qui sont mi-figue, mi-raisin. Et on en a d’autres qui sont 100% contre», résume Marie-Noëlle Bellegarde-Turgeon, directrice générale de la Société de développement commercial (SDC) du Faubourg Saint-Jean-Baptiste.
L’idée, souligne Mme Bellegarde-Turgeon, c’est de ne pas nuire aux commerçants, dans une période où ils subissent déjà beaucoup de pression.
«Oui, les rues piétonnes, mais pas à n’importe quel prix. Il faut que ce soit bénéfique pour tous», soutient-elle. La SDC sondera donc ses membres afin d’avoir le pouls de l’artère dans les prochaines semaines.
Sur la 3e Avenue, Isabelle Madrid confirme que les marchands ne demandent pas que l’artère soit fermée aux autos. Sauf peut-être à certains moments ciblés.
La veille, le maire de Québec, Régis Labeaume, s’était dit prêt à aller très loin dans le concept de rues piétonnières.
«Ça dépend de jusqu’où sont prêtes à aller les associations de marchands. On pourrait fermer ça tout l’été, si elles veulent. C’est à eux autres de choisir», avait-il laissé savoir.
Corridors sanitaires
Or, la réalité sur le terrain est que les commerçants ont surtout besoin en ce moment de corridors sanitaires. Ceux-ci consistent en un élargissement temporaire des trottoirs afin de permettre aux passants de circuler sans être entravés par les clients qui doivent faire la file sur les trottoirs en raison des mesures de distanciation sociale dans les commerces.
Le maire estime cependant que cela «ne changerait pas grand-chose». «On considère que [l’idée] de corridors sanitaires pourraient être envisagée. Il semble y avoir moins d’ouverture pour cette avenue-là, mais on continue quand même de la proposer», fait valoir le directeur général de la SDC Montcalm, Jean-Pierre Bédard. L’idée est également souhaitée sur la 3e Avenue.
Voir aussi : Commercial.
Dans le contexte de la COVID-19, le conseil d’administration du Réseau de transport de la Capitale (RTC) a décidé lors de la séance du 6 mai de ne pas procéder à une augmentation de sa grille tarifaire le 1er juillet. Cela s’applique autant au transport en commun régulier qu’au transport adapté.
Même si la montée se fait actuellement par la porte arrière, le RTC rappelle que tous les clients doivent détenir un titre de transport valide, car celui-ci pourrait être vérifié en tout temps.
Voir aussi : Transport en commun.
Stéphanie Martin
Journal de Québec
Des citoyens de Saint-Roch ont eu le «choc» d’apprendre que contrairement aux plans initiaux, le tramway pourrait circuler sous leurs fenêtres.
On envisage un changement de tracé pour le tramway dans Saint-Roch. Au bout de la rue de la Couronne, au lieu d’emprunter l’autoroute Laurentienne jusqu’au pôle d’échanges situé sur l’ancien terrain de la Croix-Rouge, il continuera tout droit et passera sur la rue du Chalutier, près des habitations.
Un citoyen de Québec, Frédéric Dufour, a eu la surprise d’apprendre cette nouvelle lors d’une réunion d’information menée par le bureau de projet du réseau structurant de transport commun (RSTC) et qui s’adressait aux propriétaires du secteur. Il a alors réalisé que le tramway passerait à quelques mètres de sa copropriété et de ses fenêtres. « Je me suis dit : c’est une aberration. »
Les propriétaires sont selon lui « très anxieux » face à ce nouveau scénario de tracé. « Les impacts sont immenses pour les résidents », affirme-t-il en mentionnant le bruit, la perte d’intimité et la perte des stationnements privés.
« Je ne suis pas contre le projet de transport structurant. Au contraire, souligne M. Dufour, mais là, le RTC dépasse les bornes ! Nous sommes tous sous le choc et estomaqués. »
Haute fréquence
La rue du Chalutier est une artère où très peu d’autos circulent, fait-il remarquer. Le tramway, en revanche, circulera à haute fréquence. « Ça passe tellement proche de nos copropriétés ! Les résidents vont regarder par leurs fenêtres et ils vont voir les visages des passagers du tramway. »
Les citoyens qui habitent un peu plus au nord et qui font face au terrain où la démolition a duré plusieurs mois seront aussi affectés par le passage du tramway, estime-t-il. « J’ai dit au RTC : si vous trouvez que j’ai une grosse réaction, attendez de voir celle des résidents de l’autre côté. Ça a été l’enfer pour ces gens-là. »
Le bureau de projet a fait valoir que le nouveau tracé était moins compliqué que celui qui était préconisé avant, et qui forçait à négocier deux courbes avant de se rendre sur le pont Drouin. Il a aussi mentionné que des mesures d’atténuation allaient être mises en place. Cela n’a pas convaincu les résidents. « On est sacrifiés », laisse tomber Frédéric Dufour.
Du côté de la Ville de Québec et du bureau de projet du RSTC, on n’a pas voulu commenter la présentation faite aux citoyens et les scénarios de tracés.
« Enjeux spécifiques »
Le porte-parole David O’Brien s’est limité à dire que « cette rencontre avec les résidants du secteur de la rue du Chalutier s’inscrit dans une série de rencontres citoyennes de proximité. […] Il est nécessaire pour la Ville de procéder à ces échanges avec la population afin d’aborder des enjeux locaux très spécifiques. »
Voir aussi : Projet - Tramway.
Taïeb Moalla
Journal de Québec
La tour principale du Phare de Québec culminera à 45 étages, soit 20 de moins que prévu. Des changements majeurs, incluant l’arrivée d’un nouveau partenaire d’affaires, sont au menu du mégaprojet privé, a appris Le Journal.
Le vaste projet va compter 60 % moins de bureaux que prévu. Les unités d’habitation seront diminuées et la salle de spectacle de 1250 places ne verra tout simplement pas le jour. Aussi, le nombre total de cases de stationnement sera abaissé. Par contre, il est prévu que la capacité hôtelière soit augmentée.
La dernière mouture du Phare, sur laquelle nous avons pu mettre la main, n’a donc plus grand-chose à voir avec celle dévoilée, en grande pompe, début 2015. Il y a cinq ans, on parlait d’un nouveau «symbole» pour Québec et on vantait l’avènement du plus haut gratte-ciel à l’est de Toronto.
Certes, il est toujours question de quatre tours à bâtir à Sainte-Foy, à la tête des ponts. Mais la tour principale ne fera plus que 45 étages. Les trois autres tours devaient respectivement s’élever à 51, 30 et 18 étages, selon les derniers plans dévoilés par Groupe Dallaire en juin 2018. Or, les nouvelles esquisses consultées laissent penser que ces hauteurs seront également revues à la baisse.
Nouveau partenaire principal
Si le Groupe Dallaire demeure un partenaire financier du projet, on note l’avènement d’un nouveau partenaire principal – COGIR Immobilier – qui administre entre autres près de 20 000 logements au Québec, en Ontario et aux États-Unis, incluant un réseau de 50 résidences privées pour aînés.
Plus spécifiquement, DevMcGill, division de développement de COGIR, sera désormais aux manettes. DevMcGill est à l’origine du projet mixte luxueux Humaniti dans le Quartier international de Montréal.
Prêt pour la fin 2024?
Le souhait des promoteurs du Phare est désormais de relancer rapidement le projet pour pouvoir amorcer la construction en octobre 2021. Si tout va bien, on prévoit achever les travaux en trois ans, soit vers la fin 2024.
Des modifications réglementaires seront nécessaires. On évoque notamment le retrait de l’obligation de construire un pôle d’échange pour le tramway. Il s’agit là d’une formalité, puisque l’administration Labeaume a annoncé, début 2020, que ce pôle ne sera finalement pas situé sous le Phare.
Voir aussi : Arrondissement Ste-Foy / Sillery / Cap-Rouge, Commercial, Projet - Le Phare de Québec.