
Source: Éric Lefrançois, La Presse, 5 novembre 2008.
(…) Est-ce la fin du tout-voiture dans les grandes agglomérations du monde? Pas dans un futur prochain, même si certaines administrations cherchent des méthodes pour accélérer sa chute. Estimant, avec raison, que le morceau de bitume est une denrée rare, donc coûteuse, certaines villes instaurent des péages et vont même parfois jusqu’à moduler cette «taxe» en fonction des heures creuses ou d’affluence. On réduit aussi l’espace sur la chaussée en créant des voies réservées pour les autobus, en élargissant les trottoirs, en traçant des pistes cyclables, selon le principe qu’un tuyau étroit laisse écouler moins d’eau.
L’ère des villes dessinées pour et par l’automobile s’achève. Hier, elle était garante de prospérité, de vitesse, de liberté, d’accomplissement individuel, de bonheur familial. Elle a envahi l’espace public, chassé les tramways, grignoté les trottoirs. Aujourd’hui, la voilà devenue pestiférée, pis, un fardeau synonyme de bouchons, d’accidents, d’étalement urbain, d’égoïsme. Et surtout de pollution, n’en déplaise aux constructeurs, la voiture propre n’existant pas encore. Elle rejette toujours particules, benzène, dioxyde d’azote et gaz à effet de serre.
Va-t-on un jour en finir avec cet affrontement stérile entre le «tout-voiture» et le «sans-voiture» ? La solution n’est pas de l’éradiquer mais d’en faire un complément aux modes de déplacement réellement adaptés comme les vélos, le métro, les bus. Avant, on parlait du métro comme de la deuxième voiture. C’est l’inverse qui doit se passer. La voiture doit être le deuxième métro. (…)
La suite. À consulter, entre autres billets: Première décennie de Kyoto – Toujours aussi dépendants de la voiture.







