Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


Protéger le patrimoine avec une loi qui a manifestement besoin d’être revisée

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 7 mai 2019 Commentaires fermés sur Protéger le patrimoine avec une loi qui a manifestement besoin d’être revisée

Jean-François Nadeau

Le Devoir 04.05.2019

Après la démolition intempestive de la maison du patriote Boileau à Chambly, la perspective de voir rasé le monastère des Moniales à Berthierville a eu l’effet d’un électrochoc dans les milieux voués à la protection du patrimoine. « Les municipalités ne sont pas outillées pour répondre à la nécessité de protéger le patrimoine », explique en entrevue au Devoir Renée Genet, directrice d’Action patrimoine, le plus important regroupement d’organismes du genre au Québec.

« Ce n’est pas juste Berthierville », partout au Québec, « chaque année, chaque semaine », nous nous trouvons dépossédés de nos bâtiments patrimoniaux, en moins de deux, rappelait le 29 avril Catherine Dorion, députée de Taschereau, à l’occasion d’une séance d’étude des crédits du ministère de la Culture et des Communications dirigé par Nathalie Roy. Celle-ci, très attentive, a affirmé qu’elle en arrivait aux mêmes conclusions : « Les conclusions auxquelles vous arrivez, je suis en train de les vivre, je vis les mêmes », lui a répondu la ministre Nathalie Roy, en ne cachant pas un certain désarroi devant le manque d’attention portée au patrimoine dans plusieurs municipalités.

« Il y a une loi actuellement qui s’appelle Loi sur le patrimoine culturel, a expliqué la ministre. La loi a été adoptée. Il y a eu une réforme en 2011. […] Elle a été mise en vigueur en 2012. Et une loi, c’est en l’appliquant qu’on voit dans quelle mesure on peut travailler avec, ce qui existe à l’intérieur, ce qui n’existe pas à l’intérieur. Les constats auxquels vous arrivez, je fais pas mal les mêmes. […] Qu’on agisse à la pièce, en catastrophe, ça devient vraiment problématique. »

En vertu des pouvoirs conférés par la loi de l’État québécois, les municipalités ont le pouvoir de citer des bâtiments pour les protéger, au nom de l’intérêt collectif. Or, dans bien des cas, constatent les spécialistes, les municipalités prêtent moins attention à la protection du patrimoine qu’aux intérêts des promoteurs.

Un bel exemple

À cet égard, le monastère des Moniales de Berthierville, construit en 1934 selon les plans d’un architecte de l’École des beaux-arts, apparaît exemplaire. Après avoir décidé d’accorder très rapidement un permis de démolition au nouveau propriétaire, la municipalité a vu sa décision être contestée par des groupes de défense du patrimoine, avant d’être invalidée par le ministère de la Culture. La ministre Nathalie Roy a finalement annoncé, le 29 avril, qu’elle demandait au Conseil du patrimoine de classer ce lieu à titre de patrimoine national.

Tout comme dans plusieurs autres cas du genre dans d’autres municipalités, Berthierville se défend d’avoir mal agi. « Pendant près de sept ans, Berthierville a agi pour tenter de trouver une solution dans le dossier du monastère pour éviter sa démolition », affirme au Devoir la directrice générale de la Ville, Sylvie Dubois, au lendemain de l’annonce faite par la ministre. « Entre 2012 et 2018, la Ville a été interpellée par divers promoteurs pour discuter du zonage du secteur en rapport avec leurs projets, explique Sylvie Dubois. La Ville s’est toujours montrée réceptive à tout projet afin de préserver le bâtiment. »

Une vingtaine de représentants de groupes communautaires et d’organismes voués à la santé s’étaient réunis le 16 janvier 2019 pour structurer un projet de reconversion du monastère. « Nous n’avons eu aucun encouragement de la mairesse [Suzanne Nantel], qui était présente à cette séance et qui était très négative face à tout projet de relance du site », affirme au Devoir un des participants de cette rencontre.

L’avocat Louis-V. Sylvestre avait pour sa part présenté dès 2014 un autre plan de reconversion du site, en prenant en compte, lui aussi, le fait qu’il « ne se trouve plus de centre communautaire multifonctionnel à Berthierville ». Il affirme avoir été accueilli très froidement par l’administration municipale. En entrevue au Devoir, M. Sylvestre soutient que la mairesse avait tout de suite rejeté ce projet. Pour l’avocat, ce dossier illustre bien « le conflit entre la préservation du patrimoine bâti et l’appât fiscal ». Les municipalités, censées protéger le patrimoine commun, sont essentiellement tributaires de revenus perçus par les taxes foncières. Comment concilier la protection du patrimoine commun avec la recherche de revenus de taxation supplémentaires ?

Citation au combat

La municipalité de Berthierville, confirme au Devoir sa directrice générale, n’a jamais considéré citer ce bâtiment, comme la loi lui permet de le faire et comme la Municipalité régionale de comté (MRC) d’Autray l’encourageait à le faire. Pourquoi ? « Ce n’est pas l’option qui a été retenue », se contente de dire Sylvie Dubois.

La citation est un statut légal qu’une municipalité peut attribuer à un bien patrimonial. En citant un bâtiment, explique le ministère, « la municipalité reconnaît formellement sa valeur patrimoniale. Elle assure la protection du bien et favorise sa transmission aux générations futures ». Le bien patrimonial cité est inscrit au Registre du patrimoine culturel, ce qui contribue à sa mise en valeur auprès de la collectivité. Il empêche légalement sa destruction. Et le lieu peut alors profiter, à certaines conditions, de subventions gouvernementales pour la restauration de l’ordre de 25 %.

Le 5 avril dernier, le nouveau propriétaire du site, l’entrepreneur André Saint-Martin, affirmait que dès l’été 2018 « un inspecteur en urbanisme et environnement de la MRC d’Autray » lui avait confirmé « qu’il serait possible de démolir le bâtiment » si tel était son souhait.

Le permis de démolition, affirme au Devoir la directrice générale de Berthierville, « a été délivré en vertu de la réglementation en vigueur à l’issue de la transaction entre le promoteur et les propriétaires ». Comme la municipalité s’était refusée à citer le bâtiment tel qu’on le lui avait pourtant recommandé, le nouveau propriétaire pouvait donc en disposer. Le même scénario se rejoue, à des échelles différentes, partout et tout le temps sur le territoire québécois.

« Si on prend l’exemple de la France, ils ont procédé à l’inverse, affirme la ministre Nathalie Roy. Tout est protégé d’emblée. Ils ont décidé de tout protéger, de tout classer. Lorsque quelqu’un achète quelque chose, il le sait que c’est patrimonial. Il le sait qu’il y a une valeur, qu’il y a une protection. Pas ici. Ici, c’est l’inverse. Ici, on classe à la pièce. » On laisse aux municipalités le soin de faire les premiers pas en matière de protection. Un pas que la plupart ne font pas.

Réécrire la loi ?

La députée de Taschereau faisait remarquer, dans ses questions lors de l’étude des crédits, qu’il devrait y avoir, en matière de patrimoine, des mesures incitatives mais aussi punitives. Ce à quoi la ministre Nathalie Roy rétorquait à raison qu’il y en a déjà. « Dans la loi, il y en a ! Mais la question est de savoir dans quelle mesure il est pertinent de les appliquer. Entre autres, il y a cette ordonnance que j’ai utilisée à quelques reprises depuis que je suis arrivée en poste. […] Il y a [aussi] une mesure dans la loi qui fait que je pourrais envoyer des amendes de 190 000 $. Mais on arrive à quoi avec une amende de 190 000 $ si la personne ne s’occupe pas davantage du bâtiment ? »

Il est bien, croit la directrice générale d’Action patrimoine, que la ministre Nathalie Roy se pose des questions sur l’efficacité de la loi dans sa forme actuelle. « On n’oblige pas les municipalités à se munir des outils juridiques et réglementaires pour protéger le patrimoine. C’est bien de faire des inventaires des biens patrimoniaux exceptionnels, comme la MRC d’Autray l’a fait dans le cas du monastère de Berthierville. Mais, au bout du compte, les municipalités ne les protègent pas. Il y a beaucoup de lacunes. »

Voir aussi : Patrimoine et lieux historiques.

Dix lieux phares du quartier Saint-Sacrement

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 4 mai 2019 Commentaires fermés sur Dix lieux phares du quartier Saint-Sacrement

Source : Le Journal de Québec et Société Historique de Québec

Saint-Sacrement est un quartier méconnu de la haute-ville. C’est pourquoi la Société historique de Québec tient actuellement son activité «Le printemps Saint-Sacrement» pour mieux le faire connaître.
Aujourd’hui, l’urbaniste-stagiaire Laurent Aubin vous propose de le redécouvrir à travers 10 lieux. Suivez le guide.

Les dix lieux phares.

Voir aussi : Arrondissement La Cité - Haute-ville, Histoire.

Boucler la boucle du tramway

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 4 mai 2019 6 commentaires

François Bourque
Le Soleil

CHRONIQUE / Intéressante cette idée d’un tramway «périphérique» courant sur les deux rives avec une traversée par le pont de Québec et une autre par un tunnel centre-ville à centre-ville entre Québec et Lévis. «Je trouve que cette proposition est la plus intelligente et intéressante que j’ai entendu depuis le début du débat sur un troisième lien», m’a écrit un lecteur il y a quelques jours. C’est aussi mon avis.

Il y a là dans cette idée du groupe GIRAM (1) une possibilité concrète d’améliorer les déplacements en heure de pointe pour un grand nombre de citoyens de la rive-sud.

Tant pour ceux qui traversent vers la rive nord le matin que pour ceux qui se déplacent «est-ouest» dans l’axe Saint-Nicolas/campus Desjardins.

Un troisième lien autoroutier près de l’île d’Orléans, même s’il était pourvu d’un lien de transport en commun, n’aurait pas le même effet à cause du long détour qu’il implique.

Les citoyens du GIRAM n’ont pas tout réinventé. Ils proposent de retourner au scénario initial du tramway/SRB de 2011, un projet plein de bon sens, mais qui fut mis de côté pour des raisons budgétaires.

Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, on s’en souvient, avait fait marche arrière lorsqu’il avait pris conscience des coûts que sa ville aurait dû supporter.

Ce recul a provoqué une rupture politique avec le maire de Québec, mais n’enlève rien aux mérites qu’avait le projet.

En ces jours plus «fastes» où il y a davantage d’argent des gouvernements pour le transport collectif, la logique voudrait qu’on y revienne.

Il est décevant de voir que le ministère des Transports du Québec (MTQ) se contente plutôt d’un lien par autobus par le pont de Québec.

(…)

L’hypothèse du GIRAM de boucler la boucle du tramway par un tunnel sous le fleuve entre les centres-ville est plus embryonnaire et audacieuse. Plus ambiguë aussi quant à l’achalandage possible et aux effets sur l’étalement urbain.

Cette idée de tunnel n’est pas tout à fait nouvelle non plus. Des professeurs de génie civil l’avaient évoquée déjà dans les années 1980. On en reparle depuis de temps en temps, sans jamais à ma connaissance l’avoir sérieusement analysée.

J’en avais fait le titre d’une chronique à l’automne 2016 : «Et si ce troisième lien était un métro?»

La suite

Voir aussi : Projet - Tramway, Projet - Troisième lien, Transport, Transport en commun.

Québec: l’église Saint-Cœur-de-Marie menace de s’effondrer

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 3 mai 2019 12 commentaires

Pierre-Antoine Gosselin
Journal de Québec

QUÉBEC | Le propriétaire de l’église Saint-Cœur-de-Marie de Québec, Louis Lessard, déplore qu’un dégât d’eau majeur au sous-sol de l’imposante structure, découvert en mars dernier, ait sérieusement fragilisé la bâtisse de la Grande Allée.

En avril dernier, le promoteur immobilier a demandé à la firme d’ingénieurs de Québec Douglas Consultants de constater l’étendue des dégâts. Dans un rapport datant du 1er mai, on peut lire: «De fait, une fuite d’eau au sous-sol a créé d’importants dommages à la structure. Cette fuite aurait été causée par un branchement d’eau par la Ville de Québec pour une raison inconnue, alors que l’entrée d’eau avait été coupée volontairement pour éviter les bris.»

On peut notamment y voir de nombreuses photos montrant des fissures et des blocs de béton qui se seraient déplacés en raison du dégât d’eau. Ce rapport pour le moins alarmant, signé par l’ingénieur Olivier Lantin, recommande l’installation immédiate d’un périmètre de sécurité autour du bâtiment et la démolition de l’église.

Le copropriétaire Loïk Lessard a fait installer des clôtures de sécurité autour de l’église jeudi après-midi. La Société immobilière Lessard a envoyé une mise en demeure à la Ville de Québec afin de se dégager de toute responsabilité advenant un effondrement qui causerait des dommages matériels ou physiques. La société exige également que la Ville de Québec procède immédiatement à la démolition des lieux à ses frais.

«La solution est la démolition, il y va de la sécurité de tous les passants et résidents du secteur. Ce n’est pas notre responsabilité. La Ville doit payer, puisque ce dégât résulte de [son] erreur», a expliqué Loïk Lessard, le fils de Louis Lessard.

Rappelons qu’un important litige persiste entre le promoteur et la Ville depuis plusieurs années. Louis Lessard poursuit la Ville pour plus de 16 millions de dollars en raison d’une mésentente sur la vocation de l’église Saint-Cœur-de-Marie. Parmi les projets que l’actuel propriétaire des lieux a proposés par le passé figure la réfection de l’église en tour de condos. Tous les projets ont été refusés par la Ville, qui souhaite garder l’église intacte.

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Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou.

Séance du comité plénier, le 7 mai, concernant le rapport financier et la reddition de comptes financière 2018

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 3 mai 2019 Commentaires fermés sur Séance du comité plénier, le 7 mai, concernant le rapport financier et la reddition de comptes financière 2018

Québec, le 3 mai 2019 – Le conseil municipal tiendra une séance du comité plénier, le mardi 7 mai à 9 h 30. Celle-ci aura pour objet le rapport financier et la reddition de comptes financière 2018.

Lors d’une séance du comité plénier, seuls les sujets inscrits à l’ordre du jour peuvent faire l’objet de discussions.

Mardi 7 mai à 9 h 30
Séance du comité plénier concernant le rapport financier et la reddition de comptes financière 2018
Hôtel de ville de Québec 2, rue des Jardins, 1er étage Salle du conseil

Télédiffusion et webdiffusion de la séance

Cette séance du comité plénier sera diffusée en direct sur MAtv (Vidéotron, région de Québec : HD 609, SD 9), à 9 h 30, et sera rediffusée en soirée à compter de 23 h. On peut aussi la visionner en direct ou en différé sur le ville.quebec.qc.ca. Les personnes intéressées peuvent aussi prendre connaissance de l’ordre du jour à cette même adresse.

Voir aussi : Conférences / évènements.

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