Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


Passerelle cyclopiétonne de Limoilou: sitôt inaugurée, sitôt vandalisée

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 20 juillet 2021 12 commentaires

Marc Allard
Le Soleil

Inaugurée il y a à peine cinq jours, la passerelle de la Tortue, qui enjambe la rivière Saint-Charles et relie le Vieux-Limoilou à l’écoquartier de la Pointe-aux-Lièvres, a déjà été vandalisée.

La Ville de Québec a reçu un signalement lundi à propos des graffitis peints sur des blocs de béton à l’entrée et à la sortie de la passerelle cyclopiétonne, construite et aménagée au coût de 6,1 millions $.

Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Institutionnel.

Notre patrimoine, notre fierté

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 19 juillet 2021 Commentaires fermés sur Notre patrimoine, notre fierté

Régis Labeaume
Maire de Québec

Depuis le 1er avril 2021, suivant l’adoption de la loi 69 par l’Assemblée nationale, les municipalités du Québec disposent de nouvelles responsabilités et doivent s’adapter à un nouveau cadre réglementaire en ce qui a trait à la sauvegarde du patrimoine bâti. Il s’agit d’une première réponse gouvernementale au rapport publié par la vérificatrice générale du Québec en juin 2020. Toutefois, certaines inquiétudes L’enjeu du patrimoine revêt une importance particulière à Québec, le berceau de la francophonie en Amérique du Nord. Avec quatre sites patrimoniaux déclarés comprenant près de 2700 bâtiments, notre cadre bâti et son architecture reflètent plus de 410 ans d’histoire. Il fait partie intégrante du charme et de la renommée internationale de la capitale nationale.

À titre de maire d’une ville du patrimoine mondial de l’UNESCO, ma première préoccupation a toujours été de m’assurer que mon administration suive la voie de l’exemplarité et de l’innovation en matière de gestion du patrimoine.

Des exemples

Voici quelques exemples parmi plusieurs autres investissements que nous avons réalisés afin de requalifier et de mettre en valeur certains actifs patrimoniaux: la transformation de l’ancien temple Wesley en Maison de la littérature, la mise en valeur du site historique et archéologique de l’Îlot des Palais, la rénovation de la maison Dauphine, de la bibliothèque Monique-Corriveau, du bâtiment abritant le Grand Marché de Québec, du couvent de Beauport, de la grange du Domaine de Maizerets et plus récemment l’acquisition de la maison Pollack pour la transformer en maison de la diversité.

Sans oublier la création, par l’administration municipale, d’une enveloppe de 30M$ pour la mise à niveau des huit églises jugées à valeur patrimoniale élevée, et ce, en partenariat avec le ministère de la Culture et des Communications. Ce geste représente une première au Québec.

Plus encore, ces derniers jours, la Ville a fait en sorte de protéger la maison Villeneuve-Renaud située sur le terrain de la future centrale de police et datant de 1898 en la déplaçant sur un autre terrain à proximité. Une vocation appropriée et des travaux de restauration seront réalisés au cours des prochains mois. De cette façon, la Ville peut réaliser le projet de centrale de police tout en assurant la protection du patrimoine.

Pas uniquement une responsabilité publique

Mais comme le reconnait le vérificateur général de la Ville de Québec dans son rapport publié en juillet 2021, la protection du patrimoine n’est pas exclusivement une responsabilité publique. Au contraire, elle est partagée avec l’ensemble des propriétaires de biens immobiliers patrimoniaux.

Comme partout au Québec, mon administration a dû composer, au fil des ans, avec plusieurs enjeux inhérents à la protection et à la mise en valeur du patrimoine, incluant les propriétaires insoucieux, les coûts et la difficile recherche de nouvelles vocations pour certains bâtiments dont plusieurs ont été laissés vacants trop longtemps.

Or, la vocation d’un édifice patrimonial est tout aussi importante que l’entretien de la pierre pour en assurer la pérennité. L’abandon n’est ni plus ni moins que le pire ennemi du patrimoine et, malheureusement, l’adoption de la Loi 69 n’aura pas permis de donner à la Ville de Québec tous les pouvoirs qu’elle aurait souhaités pour intervenir plus efficacement en amont de la dégradation d’un immeuble.
Certes, comme nous l’avions suggéré, l’amende maximale pour une infraction au règlement relatif à l’occupation et à l’entretien des bâtiments pourra maintenant atteindre un niveau équivalent à celui d’une démolition illégale, soit 250 000 $. Il s’agit d’une avancée intéressante. Toutefois, les villes devront toujours composer avec d’importantes contraintes.

La première étant que la Ville ne peut évidemment pas se porter acquéreur de tous les immeubles patrimoniaux menacés et, même avec beaucoup de volonté, il s’est avéré très difficile d’intervenir rapidement et efficacement par le passé. La maison Pollack en est un bel exemple. La Ville de Québec a entamé les démarches d’acquisition de gré à gré ou par expropriation en septembre 2017, et ce n’est que 3 ans et demi plus tard, le 26 avril 2021, qu’elle en est enfin devenue propriétaire. Il y aura toujours des cas où nous nous buterons à la volonté de certains spéculateurs d’étirer au maximum l’élastique judiciaire, jusqu’à ce que le temps fasse son œuvre et que l’édifice finisse par être irrécupérable.

Une question de coûts

La seconde contrainte, et c’est l’un des principaux enjeux inhérents à la préservation du patrimoine, est la question des coûts. Malgré l’adoption récente de l’Entente de développement culturel entre la Ville et le ministère de la Culture et des Communications et la bonification de l’enveloppe destinée aux programmes de subventions existants, l’adoption de la Loi 69 n’était pas accompagnée d’une enveloppe budgétaire suffisante pour pallier les coûts élevés de restauration ni même d’incitatifs fiscaux. Le vérificateur général de la Ville de Québec admet aussi d’emblée que les ressources à la disposition des villes pour aider les propriétaires d’immeubles patrimoniaux sont limitées.

La Ville de Québec se réjouit que le gouvernement du Québec ait favorablement donné suite à sa suggestion de réduire le délai pour entamer les démarches d’acquisition d’un immeuble patrimonial pour lequel un avis de détérioration a été émis et dont les travaux n’ont pas été effectués à 60 jours.

Il est aussi très important de rappeler que la Ville mise sur un outil unique au Québec avec sa Commission d’urbanisme et de conservation (CUCQ) à laquelle près de 17 000 bâtiments sont assujettis dans le cadre du processus de délivrance des permis de construction.

Cette instance décisionnelle, bientôt centenaire, est composée de 6 experts en architecture et en patrimoine et de 3 membres du conseil municipal qui ensemble prennent des décisions sur la base de critères étoffés adoptés par règlement au conseil de la Ville et de l’état des connaissances en patrimoine bâti.
La CUCQ traite de manière indépendante des instances politiques pas moins de 3000 dossiers annuellement. Il est déplorable qu’un nouveau cadre législatif provincial ne tienne pas compte de cette spécificité de la Ville de Québec, surtout qu’un important exercice de révision est en cours pour la rendre plus performante et transparente.

À notre sens, confier aux 22 élus du conseil municipal la responsabilité de réviser les décisions des membres de la CUCQ en matière de démolition ne ferait qu’alourdir le processus tout en représentant un risque que des décisions soient prises sur la base de critères arbitraires.

Développer de nouveaux projets

Aussi, je veux insister sur le fait que le patrimoine a besoin d’âmes et de vitalité pour survivre et s’épanouir. C’est primordial. Cela passe indéniablement par le développement de nouveaux projets, même à l’intérieur du site patrimonial du Vieux-Québec que l’on ne peut pas placer sous une cloche de verre. Il faudra accepter de faire des compromis si l’on veut attirer plus de citoyens dans le Vieux-Québec, et bonifier la qualité des projets qui doivent atteindre un minimum de rentabilité pour se réaliser et être viables.

Cependant, nous aurons également besoin d’une plus grande flexibilité et d’ouverture du ministère de la Culture et des Communications pour que des projets finissent par se réaliser, sans quoi les terrains et les immeubles vacants risquent de le demeurer longtemps.

La créativité et les investissements de nos partenaires privés qui construisent la ville de demain seront aussi nécessaires. Il faut les inviter à entrevoir la préservation des témoins du patrimoine bâti non pas comme un frein à la mise en valeur de leurs propriétés, mais comme une contribution à la mémoire de nos ancêtres qui ont défriché le territoire, et comme un geste fort pour la collectivité. Les exemples de reconversion intelligente et rentable abondent aux quatre coins de la planète. Il faut juste innover et y croire!

Il faut oser, être créatif et amener le développement à être l’allié de l’entretien et de la mise en valeur de notre patrimoine, notre fierté et notre richesse collective.

Le texte intégral

Voir aussi : Histoire, Patrimoine et lieux historiques, Québec La cité.

Deux projets résidentiels presque côte à côte chemin Sainte-Foy

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 19 juillet 2021 Commentaires fermés sur Deux projets résidentiels presque côte à côte chemin Sainte-Foy

Vincent Pichard
Radio-Canada

Les riverains du chemin Sainte-Foy, entre les avenues des Érables et Casot, vont être aux prises avec des travaux de construction au cours des prochains mois. Deux projets immobiliers se préparent dans le secteur.

Actuellement, nous sommes en démarche pour finaliser nos permis. On a eu les avis préliminaires de la commission de l’urbanisme qui est favorable à notre projet, dévoile Yves Doyon, le PDG de Norplex, qui a choisi de revaloriser la résidence des Sœurs de la Sainte-Famille-de-Bordeaux, située au 350 de la rue Père-Marquette.

Celle-ci va être restaurée et intégrée à une nouvelle construction moderne de plusieurs étages. L’ensemble comprendra 60 condos d’une, deux ou trois chambres. Tous avec terrasse et coin bureau. Le constructeur met aussi en avant une piscine sur le toit, une salle d’entraînement commune et une aire de stationnement intérieur.

En chiffres, cela donne des superficies de 65 à 185 m2 environ selon les appartements, pour un prix de vente allant de 250 000 $ à 750 000 $.

Norplex a rendu public son projet il y a moins de deux semaines. Une pancarte a été plantée en bordure du chemin Sainte-Foy. Aussitôt les personnes intéressées se sont manifestées. Des offres d’achat ont déjà été déposées pour une dizaine de condos.

« Plus de 200 personnes nous ont contactés pour ce projet dans Montcalm, ajoute Yves Doyon.

Ce dernier se défend de se lancer dans une construction immobilière de grande ampleur qui défigurerait le quartier.

On respecte le zonage intégralement. On aurait pu demander un ou deux étages de plus. On a décidé de ne pas le faire, pour que ça s’inscrive dans un contexte normal du bâti du quartier Montcalm. Et puis construire un ou deux étages de plus et lancer une polémique, ce n’est pas notre approche ».

Concernant les grands arbres qui bordent présentement le chemin Sainte-Foy, le constructeur confirme qu’ils seront abattus. Mais il précise que d’autres seront plantés.

« Il y en aura plus après la réalisation de notre projet qu’avant. Les arbres actuels ne sont pas tous en bon état. On va tout de même préserver un arbre d’une grande valeur sur la rue Père-Marquette ».

Le chantier devrait commencer cet automne et s’étendre tout au long de l’année prochaine, en vue d’une livraison des appartements début 2023.

Un autre projet résidentiel sortira de terre non loin. Il verra le jour chemin Sainte-Foy lui aussi, mais de l’autre côté, à proximité de l’avenue de l’Alverne, et sera mené par Ogesco. Mais à ce sujet, le silence et le mystère demeurent.

Nous travaillons pour un client qui n’a pas encore communiqué sur ce projet. Nous ne pouvons rien dire, rétorque un porte-parole d’Ogesco.

L’article

Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Condo.

Qu’adviendra-t-il du vieil édifice du marchand de vaisselle Renaud et cie de la rue Saint-Paul ?

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 18 juillet 2021 1 commentaire

Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil

Un projet résidentiel d’une quarantaine de logements, dans la rue Saint-Paul du Vieux-Port de Québec, est embourbé «dans les sables mouvants administratifs», déplore le promoteur Yves Doyon, président du Groupe Norplex. Pendant ce temps, l’édifice de «bonne» valeur patrimoniale, qui a longtemps abrité le commerce de vaisselle Renaud et cie, se dégrade.

Le bâtiment de bonne dimension affiche les adresses 80 et 82, rue Saint-Paul. Voisin de l’École du Barreau, il est greffé à des entrepôts faisant face à la rue Quai Saint-André, en bordure du bassin Louise.

«On veut restaurer cet îlot, avec les entrepôts qui sont de l’autre côté», explique l’homme d’affaires, au cours d’un échange téléphonique avec Le Soleil. «C’est un projet qu’on travaille depuis plusieurs années.»

Norplex a acquis cette propriété commerciale en 2015. Depuis les années 1930, elle appartenait à la famille Rondeau, dont les générations successives ont exploité le commerce Renaud et cie.

«Dès qu’on a acheté l’immeuble, on était prêt à faire un projet», soutient Yves Doyon. «On est en demande de permis depuis 5 ans. On est prêt à construire. […] On parle d’habitation. On veut ajouter des résidents dans le secteur.»

Selon la dernière mouture des plans déposés, la façade ancienne de la rue Saint-Paul serait restaurée. Le reste de la structure érigée vers 1903, ainsi que les hangars de la rue Quai Saint-André, seraient démontés pour faire de la place à la nouvelle construction avec stationnement souterrain.

Le rez-de-chaussée sur Saint-Paul demeurerait commercial. Le reste du futur bâtiment serait aménagé en appartements ou copropriétés. «On est en mesure d’amener une quarantaine d’unités de résidence dans cet immeuble.» Il évalue son investissement à «au moins une quinzaine de millions».

Blocage ?

Le promoteur immobilier a toutefois l’impression que les instances gouvernementales freinent la transformation des vieux bâtiments du quartier. Notamment le ministère de la Culture, qui doit approuver tous les projets immobiliers dans le site historique du Vieux-Québec. «Il y a une résistance à ce qu’il se produise des choses. […] On se sent complètement bloqué.»

«Les fonctionnaires à la Ville sont intéressés à voir les choses avancer», évalue-t-il. Mais il perçoit une résistance au palier gouvernemental supérieur. «Tout est sur le neutre avec le ministère de la Culture.»

Yves Doyon n’est pas le premier investisseur à tenir ce discours au cours d’un entretien avec Le Soleil. Sur la rue Saint-Paul, le promoteur Nicolas Paradis dénonce l’intransigeance de l’État qui n’apprécie pas sa vision pour trois immeubles. Un peu plus loin, sur Saint-Vallier Est, Synchro immobilier se sent aussi lésé.

À l’abandon

Tandis que les visions des fonctionnaires et des promoteurs s’affrontent, les bâtiments anciens dépérissent. M. Doyon convient que le 80-82, rue Saint-Paul «a l’air à l’abandon». Il affirme aussi que l’intérieur n’est plus récupérable.

La Ville de Québec semble du même avis. Dans le rôle d’évaluation municipal, la valeur du bâtiment est fixée à 100 $. Le terrain, par contre, vaudrait 709 900$.

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LA VILLE ACCOMMODANTE

La Ville de Québec s’affiche favorable au projet de construction de Norplex sur la rue Saint-Paul. Elle est prête à modifier sa réglementation afin de l’autoriser.

«Le propriétaire promoteur du 80-82, rue Saint-Paul souhaite procéder à d’importants travaux de restauration du bâtiment existant et agrandir ce dernier du côté de la rue Quai Saint-André à la suite de la démolition des anciens hangars attenants de ce côté de la propriété», lit-on dans un document officiel récent.

«Les travaux prévus visent la consolidation de ce bâtiment qui possède une valeur patrimoniale importante afin d’assurer sa conservation. De plus, sa transformation ainsi que son agrandissement permettront de renforcir le cadre bâti de ce milieu urbanisé depuis plusieurs siècles. La fonction résidentielle contribuera également au dynamisme et à l’animation du milieu dans l’objectif d’attirer de nouveaux résidents dans le Vieux-Québec.»

«Ce projet est d’intérêt public puisqu’il permet la conservation d’un bâtiment patrimonial et la consolidation du cadre bâti du secteur en plus de contribuer à l’atteinte de l’objectif d’attirer de nouveaux résidents.»

Zone inondable

Le problème, c’est que ce terrain se trouve en zone inondable. Et que le Schéma d’aménagement de la Ville ainsi que les normes gouvernementales québécoises interdisent la construction en zone inondable.

Il est toutefois possible d’obtenir une dérogation. Dans ce dossier, la Ville juge que ce serait opportun. Elle propose donc au ministère des Affaires municipales de modifier le Schéma d’aménagement du territoire pour que Norplex puisse aller de l’avant.

La suite

Un billet précédent en novembre 2020 avec illustrations du projet.

Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Commercial, Condo, Logement locatif ou social, Urbanisme.

Nouveau projet: Cartier Rive Gauche

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 17 juillet 2021 1 commentaire

Le site internet du projet réalisé par Norplex

* Le projet serait au 350 Chemin Ste-Foy alors que l’immeuble voisin est au 383

Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Condo.

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