Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


Tramway : nouvelle rencontre entre Labeaume et Bonnardel

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 10 mars 2021 9 commentaires

Louise Boisvert
Radio-Canada

Régis Labeaume confirme qu’il présentera une troisième version de son projet de tramway d’ici la fin de la semaine.

Le maire de Québec a fait cette déclaration en marge d’une conférence de presse mercredi. Il n’a pas voulu dévoiler précisément la date et l’heure de la rencontre. Celle-ci doit avoir lieu en compagnie de la ministre responsable de la Capitale-Nationale, Geneviève Guilbeault, et du ministre des Transports, François Bonnardel.

Régis Labeaume voulait rencontrer le premier ministre François Legault directement pour lui présenter son projet. Celui-ci a accepté, mais a exigé que le maire rencontre d’abord François Bonnardel et Geneviève Guilbault.

C’est la troisième fois qu’on propose un changement, a fait valoir le maire de Québec, confiant de convaincre cette fois-ci le gouvernement de donner le feu vert au projet.

L’échéancier respecté?

Il croit même que cette nouvelle mouture pourrait permettre de lancer, d’ici quelques semaines, la prochaine étape des travaux. L’appel de proposition pourrait être fait avant la fin du mois, ce qui permettrait de respecter l’échéancier prévu.

« Ce qu’on propose c’est un compromis logique et intelligent. Ce n’est pas un compromis politique ».
Régis Labeaume, maire de Québec

Régis Labeaume entend plaider que le projet de tramway est le seul pour assurer une relance économique dans un contexte de pandémie. Il répète que la Ville de Québec ne doit pas être laissée pour compte en retardant inutilement le projet.

L’article

Suite:

Voir aussi : Projet - Tramway, Transport, Transport en commun.

Abattage de l’arbre au boulet

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 10 mars 2021 Commentaires fermés sur Abattage de l’arbre au boulet

Québec, le 10 mars 2021 – La Ville de Québec procédera bientôt à l’abattage de l’orme d’Amérique, mieux connu sous le nom de l’arbre au boulet, situé au coin des rues Saint-Louis et du Corps-de-Garde dans le Vieux-Québec. Afin d’immortaliser cet arbre centenaire ayant su alimenter l’imaginaire collectif, une partie du tronc, des branches et le chasse-roue qui se trouve en son socle seront conservés et transformés en œuvre d’art publique qui, à terme, sera installée à l’emplacement exact de l’orme.

« Les importantes cavités présentes à la base de l’arbre nous ont menés à l’inspecter régulièrement afin d’analyser son état de santé et sa résistance mécanique, a déclaré le maire de Québec, M. Régis Labeaume. À l’automne dernier, les conclusions du rapport d’une firme externe en foresterie urbaine ont fait état de la précarité structurale de l’orme et du risque élevé qu’il se casse ou tombe au sol, lors de conditions de vents forts par exemple et entraîne un incident dramatique. Afin d’assurer la sécurité des citoyens et des bâtiments limitrophes, l’orme sera abattu la semaine prochaine. »

Méthodologie d’analyse et résultats
Des analyses de pointe de résistographie et de tomographie de l’orme d’Amérique de la rue Saint-Louis ont permis de constater que la proportion de vide interne et de carie (pourriture du bois) varie de 59 % à 73 % sur les parties du tronc situées entre 80 et 258 cm du sol, affectant ainsi sa résistance mécanique.

La possibilité qu’un événement grave puisse se produire si l’arbre casse ou tombe au sol a été calculée avec la méthode Quantified Tree Risk Assessment (QTRA). La firme spécialisée en foresterie urbaine a donc réalisé une estimation du degré de risque d’accident à partir de la condition actuelle du tronc combinée aux données d’achalandage du secteur.

« Les hypothèses obtenues démontrent des niveaux de risque d’accident d’une chance sur 35 à une chance sur 526, selon des périodes d’achalandage élevé ou faible du secteur, a annoncé Mme Marie-Josée Savard, vice-présidente du comité exécutif responsable de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme. Les estimations se situent nettement au-dessus d’un risque de 1 sur 1 000 qui correspond, selon la méthode QTRA, à un seuil intolérable pour la sécurité du public. La possibilité d’installer un système de retenue pour stabiliser l’orme de façon sécuritaire a été évaluée, mais rejetée étant donné les restrictions qu’un tel dispositif aurait engendrées sur la rue Saint-Louis et du risque que malgré tout, l’arbre continue de se détériorer. »

Une source d’inspiration pour l’artiste Paryse Martin
Même s’il doit être abattu, l’arbre ne disparaîtra pas complètement du paysage. En effet, lors de la coupe, certaines parties de l’orme seront conservées et moulées par l’Atelier du bronze d’Inverness et serviront à la réalisation d’une œuvre d’art publique.

« L’orme d’Amérique est l’arbre emblématique de la Ville de Québec, a ajouté Mme Alicia Despins, responsable de la culture, de la technoculture et des grands événements. La décision d’abattre celui de la rue Saint-Louis, cet arbre qui contribuait à la canopée urbaine et qui était reconnu pour le chasse-roue à sa base, n’a pas été prise à la légère. Nous souhaitions rendre hommage à ce majestueux colosse afin d’atténuer cette perte. Nous avons donc fait appel à l’artiste professionnelle Paryse Martin pour réaliser une œuvre d’art publique qui mettra en valeur la mémoire historique et poétique de cet orme majestueux. »

« Mon concept préliminaire est de suggérer l’idée du fragment d’arbre persistant et élégant qui dure dans le temps, auquel un personnage s’intégrera, comme si l’arbre et l’humain s’unissaient dans une collaboration fertile, a déclaré Mme Paryse Martin, artiste professionnelle. Pour donner de l’ampleur et de la hauteur à la sculpture, des branches de l’orme seront intégrées au personnage. Celles-ci symboliseront l’arborescence, la généalogie, les femmes. »

Le processus créatif sera enrichi d’ateliers de médiation culturelle auxquels des résidants, identifiés par la Table de concertation et le Conseil de quartier du Vieux-Québec, seront invités.

Un montant de 308 000 $ plus taxes est prévu pour la réalisation de l’œuvre.

Le communiqué

L’histoire de l’arbre au boulet Jean-Marie Lebel, historien.

Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Histoire, Patrimoine et lieux historiques.

Un tramway nommé discorde

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 9 mars 2021 Commentaires fermés sur Un tramway nommé discorde

Valérie Gamache
Radio-Canada

La ville de Québec verra-t-elle un jour un tramway circuler de nouveau dans ses rues? Pour l’instant, le projet de transport collectif tarde à entrer en gare et suscite de vives tensions entre le premier ministre François Legault et le maire Régis Labeaume. Elles ont atteint un sommet il y a quelques semaines, lorsque le gouvernement a décidé de revoir le tracé élaboré par la Ville.

Depuis, Québec est le théâtre d’hostilités ouvertes entre le Parlement et l’Hôtel de Ville. On a la désolante impression que Québec est traité comme un village. On a la désolante impression qu’on nous regarde de haut, a déclaré le maire Labeaume. Régis Labeaume n’est ouvert à aucun changement! a répliqué François Legault.

Qu’est-ce qui freine le projet? Les analystes de la scène politique de Québec avancent quelques hypothèses.

Est-ce qu’on est dans une guerre de pouvoir? Il y a beaucoup de gens à la CAQ qui voudraient montrer que le vrai patron à Québec, c’est le gouvernement de la CAQ, ce n’est plus M. Labeaume, évoque François Bourque, chroniqueur au quotidien Le Soleil.

Lorsque le gouvernement a décidé de prendre le contrôle de la table à dessin, le premier ministre a expliqué qu’il souhaitait que le tracé desserve mieux les banlieues de Québec.

Ce n’est pas un hasard, selon François Bourque. On dit beaucoup que c’est le caucus des députés de la région qui est le plus résistant et ces députés proviennent de la périphérie, dit-il. Ils entendent les citoyens critiquer le projet, dire qu’il n’y a rien pour eux.

La moitié de la population de Québec s’oppose au projet de tramway. Ce niveau d’adhésion commence à peser dans la balance, selon Philippe Dubois, chercheur en communication politique à l’Université Laval. « Les députés de la CAQ anticipent les prochaines élections et on entend beaucoup que c’est un projet pour le centre-ville ».

La CAQ détient 9 circonscriptions sur un total de 11 dans la région de Québec; seules les circonscriptions du centre-ville échappent au gouvernement.

« Je pense que, dans le caucus de Québec, il y a des gens qui sont un peu nerveux, qui veulent s’assurer que si le gouvernement adopte ou pas un projet, ça ne leur reviendra pas dans les pattes», poursuit le doctorant, qui s’intéresse aux relations entre le gouvernement et le monde municipal.

L’oeuf ou la poule

En septembre 2018, François Legault avait ainsi formulé ses promesses pour la capitale nationale : Un gouvernement de la CAQ s’engage à réaliser un troisième lien […] On s’engage aussi à ce qu’il y ait un réseau de transport structurant dans la ville de Québec avec une connexion sur le troisième lien vers la ville de Lévis.

La grande promesse de la CAQ pour la région de Québec, c’était le troisième lien, ce n’était pas le tramway, rappelle François Bourque.

Pourtant, le projet de transport structurant est beaucoup plus avancé que celui du troisième lien, une situation qui pourrait donner envie au gouvernement de gagner du temps. Il y a un jeu très clairement politique : plus le gouvernement tarde à approuver le tramway, plus ça donne une chance de faire avancer le projet de troisième lien, soutient le chroniqueur.

Mais le temps passe et l’élection municipale approche.

Régis Labeaume n’a pas encore décidé s’il allait solliciter un cinquième mandat, mais la discorde entourant le tramway pourrait l’y inciter. M. Labeaume est encore populaire malgré l’usure du temps et il l’a dit clairement : il souhaite laisser un legs à la ville de Québec, et ça ne sera pas son amphithéâtre. On peut comprendre pourquoi, dit François Bourque.

L’article

Plus de 70% des gens d’affaires de Québec appuient le tramway Olivier Lemieux (Radio-Canada). Un extrait: Selon des résultats obtenus par Radio-Canada, 69 % des membres de la CCIQ se disent favorables au projet de tramway, contre 28 % qui se disent défavorables. À peine 3 % des répondants sont indécis. Le sondage interne a été mené par la Chambre de commerce pendant la semaine du 1er mars.Au total, 321 entrepreneurs ont accepté de répondre au questionnaire

Voir aussi : Projet - Tramway, Transport, Transport en commun.

Tramway: le Conseil de quartier du Cap-Rouge veut «protéger la partie ouest du tracé»

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 8 mars 2021 10 commentaires

Taïeb Moalla
Journal de Québec

Le Conseil de quartier du Cap-Rouge en appelle directement à Geneviève Guilbault, vice-première ministre et députée du secteur, pour «protéger la partie ouest du tracé du tramway». Dans une lettre ouverte rendue publique lundi matin et signée de son président Louis Martin, cet organisme sans but lucratif insiste sur les «nombreux impacts positifs directs et indirects du projet pour les citoyens du quartier» et sollicite une rencontre avec Mme Guilbault.

Le Conseil de quartier (CDQ) estime tout d’abord que le terminus Le Gendre, situé dans le secteur Chaudière, «a un pouvoir d’attractivité sans pareil pour encourager les résidents provenant de l’Ouest à utiliser le tramway et les transports en commun».

Aussi, la réalisation de la Côte Mendel, qui doit relier le secteur Chaudière à la Pointe-de-Sainte-Foy, est primordiale pour «désenclaver ce quartier de banlieue ceinturé par des autoroutes», soutient M. Martin. Ce dernier rappelle que cette revendication date déjà de plusieurs années et qu’elle fait partie des engagement électoraux de 2017 de Geneviève Guilbault, députée de Louis-Hébert.

Déplorant le «manque de transport en commun» dans le quartier, l’organisme réitère que les étudiants et les travailleurs de Cap-Rouge attendent depuis longtemps une amélioration de la desserte et que certains d’entre eux sont contraints de quitter le quartier à cause justement de cet enjeu.

Lundi en milieu de matinée, le cabinet de la ministre Guilbault a indiqué qu’il ne réagira pas à la lettre.

Il y a deux semaines, le maire Labeaume a révélé que le gouvernement Legault veut couper plusieurs portions du tracé du tramway incluant celle à Le Gendre.

Autres arguments

Dans sa missive, le CDQ use d’autres arguments pour tenter de convaincre la ministre de l’importance du tracé à l’ouest.

Soulignant que le secteur Le Gendre est actuellement composé de nombreux terrains vacants, l’organisme précise que le développement «a été mis à l’arrêt» à la suite de l’arrivée de deux grandes surfaces (IKEA et Décathlon).

«Le territoire est actuellement caractérisé par des aménagements peu conviviaux pour les piétons et les cyclistes, étant donné les infrastructures dédiées à l’automobile (bretelles d’accès, stationnements de surface, absence de trottoirs)», regrette-t-on.

Conscient que «des infrastructures du réseau structurant (…) réalisées en milieux actuellement boisés entraîneront la perte de certains milieux humides», le CDQ estime toutefois que «ces impacts environnementaux seront largement compensés par la hausse du transport en commun et par la mise en valeurs des espaces boisés résiduaires».

L’article

Voir aussi : Projet - Tramway, Transport, Transport en commun.

Le retour de Duplessis

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 6 mars 2021 16 commentaires

André Gervais
Libre opinion
Le Devoir

Dans les années 50, mon coin de pays était réputé pour ses « beurrées d’asphalte » étendues dans les rangs peuplés de bons électeurs de l’Union nationale. Les libéraux étaient évidemment faciles à localiser, c’était ceux qui vivaient dans la section du rang laissée en gravier. On ne gère évidemment plus le développement routier de cette façon, Dieu merci.

Enfin, c’est ce que je croyais. Parce qu’à Québec, quand je vois le comportement du gouvernement dans le dossier du tramway, je ne peux m’empêcher de me remémorer Duplessis et sa gang.

Ça fait bien 15 ans qu’on nous promet un réseau de transport collectif digne de ce nom pour la ville de Québec, la seule ville de 500 000 habitants au Canada qui ne possède toujours pas un tel réseau.

Pour ce qui est du projet de tramway, j’ai assisté à toutes les rencontres d’information, j’ai lu une bonne partie de la documentation et j’ai suivi les audiences du BAPE. J’ai pu ainsi constater le haut degré de professionnalisme de l’équipe de gestion de projet. Une bonne chose, parce qu’on voit bien que le développement de tels projets de transport doit s’appuyer sur la science.

Le projet actuel a bien du sens et est soutenu par la plupart des experts du domaine, en plus des gens d’affaires, des organismes environnementaux et d’une majorité de la population. Le financement a été accordé et il est prêt à être déployé depuis plusieurs mois. Mais le gouvernement tergiverse.

On mentionne que le projet devrait mieux desservir les banlieues, sans qu’on sache trop de quoi il en retourne. Lorsqu’on questionne le premier ministre là-dessus, il répond qu’il ne sait pas, il vient de Montréal…

Une entente semblait être intervenue avant Noël, ce qui amenait alors le premier ministre à parler d’une annonce imminente. Il nous apprenait toutefois récemment que le projet avait été rejeté après des consultations « à l’interne » !

Le gouvernement a donc décidé de tout prendre en main. Le MTQ ne possède à peu près pas d’expertise dans ce domaine, mais ce n’est pas grave. Pourquoi passer des années à faire des études et des travaux d’analyse pour bâtir un projet qui se tient quand on a la chance de s’appuyer sur les conseils avisés de la ministre Guilbault et des députés caquistes de la région ? Le mépris de la science, comme dans le temps de Duplessis.

Que le projet actuel soit perfectible, c’est fort possible, même probable. Toutefois, j’ai appris à la longue que « la perfection est l’ennemi du possible ». Peut-être aurait-on pu envisager le développement de ce projet en pensant que d’autres phases suivraient pour éventuellement l’améliorer ? On lisait dernièrement que le REM en est déjà à planifier la phase 3… Est-ce qu’on ne pourrait pas appliquer la même philosophie au projet de Québec ? Et tant qu’à y être, la même flexibilité dans le financement ?

Le texte

Voir aussi : Projet - Tramway, Projet - Troisième lien, Transport, Transport en commun.

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