Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


Archives pour la catégorie « Projet – Tramway »

Repenser la mobilité à la faveur de la crise

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 16 mai 2020 Commentaires fermés sur Repenser la mobilité à la faveur de la crise

Louis Gagné
Radio-Canada

Baisse de l’achalandage dans les transports en commun, regain de popularité de la marche et du vélo, retour à l’auto solo pour certains : la crise sanitaire a jusqu’ici bouleversé les habitudes de déplacement des Québécois. Si plusieurs de ces changements ne sont que temporaires en raison du caractère ponctuel de la crise, ils donnent néanmoins matière à réflexion quant à l’avenir des différents modes de transport.

L’avènement du télétravail à vitesse grand V a réduit considérablement le nombre de déplacements sur le réseau routier au cours des dernières semaines. Dans ce contexte, certains s’interrogent sur la pertinence de financer à coups de milliards des infrastructures comme le tramway et le troisième lien, d’autant que la mise sur pause de l’économie a obligé les gouvernements à s’endetter lourdement.

Je pense que ces projets-là devraient être presque mis sur la glace et être revus suite à ce qui va arriver avec notre transport dans les prochains mois et les prochaines années, a déclaré cette semaine le président de Mallette, Mario Bédard, en entrevue à TVA.

Le chef de l’opposition à l’hôtel de ville de Québec, Jean-François Gosselin, s’interroge également sur la pertinence de ces deux projets.

Les investissements qui devront être consacrés à l’amélioration des soins et des services offerts aux aînés, dont la crise a révélé les nombreuses failles, obligeront les pouvoirs publics à établir des priorités, dit le chef de Québec 21.

Quelle est la pertinence encore des grands projets? Là-dedans, j’inclus le tramway, j’inclus aussi le troisième lien. Les coûts, la pertinence, les impacts, tout ça doit être réévalué, insiste M. Gosselin.

Oui au tramway, non au 3e lien

S’il est d’accord pour que le projet de troisième lien soit mis de côté, le directeur général d’Accès transports viables, Étienne Grandmont, croit que le projet de tramway demeure pertinent, surtout dans le contexte économique actuel.

C’est un projet qui est extrêmement porteur pour l’économie du Québec, mais il est aussi extrêmement important pour les autres enjeux comme les changements climatiques et l’étalement urbain sur le territoire agricole, affirme M. Grandmont en entrevue à Radio-Canada.

Il ajoute que la crise sanitaire a mis au jour notre dépendance à l’endroit du transport en commun. Sans lui, bon nombre de travailleurs des services essentiels n’auraient pas été en mesure de poursuivre leurs activités durant la pandémie, fait remarquer le directeur général.

Étienne Grandmont soutient que la baisse d’achalandage est ponctuelle et finira par se résorber.

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Voir aussi : Projet - Tramway, Projet - Troisième lien, Transport, Transport en commun.

Du gros bon sens et de l’audace

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 14 mai 2020 2 commentaires

François Bourque
Le Soleil

CHRONIQUE / Sortir le pôle d’échange de Sainte-Foy du sous-sol du Phare et le rapprocher de la Route de l’Église tenait du gros bon sens.
Ce scénario révisé va réduire les coûts, accroître la vitesse du tramway, raccourcir le trajet, faciliter les connexions avec les autobus de Lévis et du RTC et simplifier la conception de la station.

Il amène le pôle d’échange au coeur du centre-ville d’affaires de Sainte-Foy plutôt qu’à la périphérie du quartier, adossé aux autoroutes.

C’est en parfaite cohérence avec le Plan particulier d’urbanisme (PPU) de Sainte-Foy qui prévoit un nouvel axe d’urbanisation nord-sud entre Laurier et l’aréna. À la différence qu’on ne savait pas à l’époque que c’est un tramway qui y passerait.

Le pôle Sainte-Foy sera aménagé entièrement en surface plutôt qu’en sous-sol, ce qui permettra un bâtiment lumineux et une simplicité de circulation pour les usagers.

Une partie de la mer des stationnements de surface entre les immeubles d’Iberville et le Canadien Tire va du coup disparaître. C’est une autre bonne idée.

En fait, il y a tellement d’avantages à cette nouvelle localisation qu’on se demande pourquoi le Bureau de projet s’est entêté si longtemps à ne pas l’envisager.

Encore l’automne dernier, lorsque je posais des questions à ce sujet, la ville et le Bureau maintenaient avoir fait le meilleur choix avec le Phare et ne pas vouloir le remettre en question.

La seule explication que je peux trouver est qu’on ne voulait pas alors déplaire au promoteur Dallaire avec qui la ville s’était déjà entendue pour loger chez lui le pôle d’échange.

«Au fil des mois, on s’est rendu à l’évidence», a résumé le maire Régis Labeaume en point de presse mercredi. Rester au Phare devenait impossible au plan technique et financier, a-t-il convenu. Le gros bon sens aura donc fini par l’emporter.

Les changements proposés à la desserte du quartier Saint-Roch sont d’une autre nature. On ne parle plus seulement d’un choix pragmatique, mais d’une vision et d’audace.

Il en fallait pour oser «sortir» la circulation de transit de la rue de la Couronne afin de la réserver au tramway, aux piétons, aux vélos et à des déplacements locaux.

Le résultat s’annonce spectaculaire. La rue de la Couronne deviendra la nouvelle signature de l’urbanité et de la qualité de vie du quartier Saint-Roch.

Le Bureau de projet a amené de «l’intelligence» a noté avec raison le maire Labeaume. «Ça va changer dramatiquement» le «beat du quartier», dit-il. La rue de la Couronne, ce sera «flamboyant».

Un changement tel que «Saint-Roch ne sera plus jamais fragile», prédit-il. «Jean-Paul (L’Allier) avait fait la première partie de la job»; on vient «consolider» et «terminer».

Ça fait une peu présomptueux, de le dire comme ça, mais il est un fait que cela aura un effet décisif sur l’énergie et l’ADN du quartier.

Depuis plus de 40 ans que je conduis, il m’arrive encore parfois de me demander laquelle des rues de la Couronne ou Dorchester est sens unique vers le nord. Il faut que je me concentre pour m’en souvenir.

Il n’y aura désormais plus de confusion possible. On saura que la rue de la Couronne est le joyau de ce quartier.

Outre la reconfiguration des axes routiers, il est prévu démanteler la passerelle aérienne au-dessus de l’autoroute Laurentienne et ajouter une place publique devant le pôle d’échange.

On parle ici aussi d’un «choix politique» qui va changer le visage du secteur et renforcer la vocation de boulevard urbain pour l’extrémité sud de l’autoroute.

Penser y faire sortir le tunnel du MTQ en provenance de Lévis n’en deviendra que plus incongru. Pour ne pas dire irresponsable.

Des automobilistes devront revoir leurs habitudes et leurs trajets. Il en sera ainsi un peu partout le long du trajet du tramway. Ici, des interdits de virages à gauche. Là, des intersections où il ne sera plus possible de traverser, des sens uniques inversés, etc.

Le prix à payer sera parfois une hausse de la circulation de transit dans des rues résidentielles. C’est regrettable. Sans compter les inconvénients pendant les chantiers. Mais on ne peut pas penser transformer la ville sans déranger quelques habitudes.

Ce qui doit guider les choix, c’est d’abord la recherche de l’intérêt commun. On voudra ensuite, dans la mesure du possible, essayer d’atténuer les impacts négatifs lorsque des intérêts particuliers s’en trouvent lésés.

Échaudée par l’aventure du Phare, l’administration Labeaume reprend le plein contrôle de son projet et se recentre sur les «fonctionnalités» du transport en commun.

La vision initiale de pôles d’échanges construits avec le privé et offrant une variété de services (cafés, dépanneurs, nettoyeur, boutiques, garderies, bureaux aux étages supérieurs, etc) n’est plus à l’ordre du jour.

Je trouve ça dommage.

On s’était fait à l’idée de ces lieux de transit animés pour occuper le temps avec des espaces de détente et services de proximité sur le chemin du travail, de l’école ou du retour à la maison.

Le maire Labeaume, qui s’était fait le grand promoteur de cette vison a changé d’idée. «J’ai déchanté», dit-il.

Il a donné plusieurs explications :

1- Avoir les «mains libres» et être «indépendant»; ne plus dépendre du rythme et des intérêts de promoteurs privés. On est d’accord avec lui.

2- Les règles de financement fédéral font que les dépenses pour grossir les stations et y loger des services privés non liés au transport n’auraient pas été admissibles. Je ne connaissais pas cette règle.

3- Québec dit vouloir se «plier à des règles de sécurité» et à une tendance dans le monde à construire des stations lumineuses où les gens ne s’attardent pas et où il n’y a «aucun lieu pour se cacher».

Va pour des stations lumineuses, mais c’est la première fois que j’entends parler d’une «norme» ou d’une tendance de sécurité visant à aseptiser les stations de transports collectifs.

J’ai posé la question à Christian Savard, le dg de Vivre en Ville qui est habituellement bien renseigné sur ces choses. Jamais entendu parler non plus, dit-il.

Si tendance il y a, elle ne s’est pas rendue à ses oreilles encore. La tendance connue en sécurité est plutôt que plus un espace public est habité et animé, plus il est sécuritaire.

4-La viabilité commerciale n’est pas toujours au rendez-vous dans les stations de transports collectifs. Hors des heures de pointe, l’achalandage est plus modeste, a-t-on constaté dans d’autres villes canadiennes.

C’est là que des bureaux ou services aux étages supérieurs pourraient faire une différence. Québec a cependant choisi que ces commerces seront construits dans d’autres immeubles. Souhaitons que ce ne soit pas trop loin des stations.

La question allait finir par venir.

Et la COVID? La pandémie, la peur du transport collectif, la croissance probable du télétravail, le ralentissement économique. Le projet de tramway est-il toujours aussi pertinent?

«Encore pertinent», dit croire le maire Labeaume. À cause de la hausse de population et des nouveaux déplacements à venir. Et même si cette hausse était moindre que prévu à cause du télétravail, les gens se questionneront.

Voudront-ils payer une deuxième voiture qui restera à rien faire deux ou trois jours par semaine? Le transport collectif pourrait alors y gagner.

L’argument est intéressant.

Encore plus si cela permet de changer le paysage et l’énergie de la ville. Je sais qu’il faut se méfier des dessins d’artistes qui servent à vendre les projets, mais il me semble que j’ai déjà hâte d’aller marcher sur la rue de la Couronne qu’on voit sur l’image. J’aurai l’impression d’être un peu ailleurs. Quelque part en voyage.

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Une entrevue avec Daniel Genest, directeur du projet du réseau structurant Radio-Canada.

Voir aussi : Projet - Tramway.

Réseau structurant de transport en commun : Tramway dans Saint-Roch : une intégration à l’échelle humaine

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 13 mai 2020 7 commentaires

Québec, le 13 mai 2020 — La Ville de Québec a dévoilé aujourd’hui la transformation qu’elle entend mener dans le quartier Saint-Roch dans le cadre de l’implantation du réseau structurant de transport en commun. Réfléchi afin de bonifier la qualité de vie urbaine et de garantir la sécurité des usagers, le nouvel aménagement changera le visage du secteur au bénéfice des résidants, des commerçants, des usagers du transport en commun et des adeptes du transport actif, tout en assurant la fluidité de la circulation automobile dans le secteur.

« Nous posons aujourd’hui un geste fort en faveur de la mobilité durable, a déclaré M. Régis Labeaume, maire de Québec. Avec cette vision du transport en commun et du transport actif, nous confirmons notre volonté de mieux intégrer les divers modes de déplacement sur notre territoire en plus d’offrir des choix de mobilité à tous les citoyens. Ce nouvel aménagement répond aux problématiques identifiées dans l’insertion que nous avions présentée aux citoyens en juin 2019. »

Un axe fort de mobilité dans la rue de la Couronne

La rue de la Couronne connaîtra une transformation majeure alors qu’elle accueillera la plateforme du tramway au centre de sa chaussée. Celle-ci sera bordée par de larges trottoirs de part et d’autre pour accroître la sécurité sur un axe piétonnier important de la ville. La canopée urbaine sera aussi bonifiée par l’ajout d’arbres et de plantations, le tout participant à réduire l’effet d’îlots de chaleur au centre-ville.

L’intégration du transport actif (marche et vélo) se trouve au cœur de la vision déployée pour le quartier Saint-Roch. Les nouveaux aménagements prévus faciliteront les déplacements, tout en créant des liens entre les pôles centraux du quartier comme le jardin Jean-Paul-L’Allier, la bibliothèque Gabrielle-Roy et sa place publique, la rivière Saint-Charles, le parc Victoria et l’artère commerciale de la rue Saint-Joseph.

Des segments partagés avec les automobiles seront aussi intégrés afin d’assurer la circulation locale, le déneigement et la collecte des matières résiduelles. Il est envisagé que les automobilistes puissent, quant à eux, franchir la plateforme du tramway à cinq intersections soit à l’angle du boulevard Charest ainsi que des rues du Prince-Édouard, De La Salle, Saint-Joseph et De Sainte-Hélène. Ces traversées seront gérées à l’aide de feux de circulation.

Le réaménagement prévu modifiera les habitudes de circulation et les façons d’accéder au quartier, notamment par le changement de certains sens de circulation. Une signalisation adéquate sera déployée, tant pendant les travaux que lors de la mise en service, afin de bien informer les résidants, les commerçants et les usagers se destinant ou transitant par le secteur.

Un pôle d’échanges fonctionnel et bien intégré

La Ville de Québec a annoncé du même coup une modification au tracé du tramway desservant le pôle d’échanges de Saint-Roch. Le tramway poursuivra son cheminement vers le nord en demeurant dans l’axe de la rue de la Couronne au lieu d’emprunter une portion de l’autoroute Laurentienne. Cette modification assurera un aménagement plus fonctionnel du pôle en facilitant l’accès aux autobus qui y feront une connexion. Il réduira également les conflits aux intersections traversées, entre autres à l’angle de l’autoroute Laurentienne et des rues de la Croix-Rouge et des Embarcations. La Ville collaborera avec les résidants touchés par le changement de tracé afin de déployer les mesures d’atténuation nécessaires à la préservation de leur qualité de vie.

Le pôle d’échanges de Saint-Roch offrira une forte connectivité entre les différents modes de transport et un niveau de service élevé. Le pôle inclura notamment des bâtiments d’attente confortables pour les usagers, 18 quais d’autobus, une place publique ainsi qu’un dépose-minute aménagé à proximité de l’autoroute. De nombreux espaces pour les vélos seront aussi inclus, dont plusieurs seront sécurisés.

Grâce au tracé révisé, le tramway pourra emprunter l’actuel pont Drouin afin de traverser la rivière Saint-Charles et de desservir le Vieux-Limoilou. Finalement, l’intersection de la rue des Embarcations et de l’autoroute Laurentienne sera réaménagée pour assurer une traversée sécuritaire vers le parc Victoria. L’aménagement proposé favorise ainsi une reconnexion de la trame urbaine en créant des cheminements conviviaux entre les quartiers Saint-Roch, Vieux-Limoilou et Saint-Sauveur. Ils s’inscrivent également dans la poursuite de la revitalisation du secteur.

Une transformation de la rue Dorchester

Le nouvel aménagement de la rue de la Couronne implique le déplacement des voies de circulation automobile vers la rue Dorchester. À terme, les trois voies direction sud qui s’y trouvent, dont une réservée au transport en commun, laisseront leur place à deux voies de circulation dans chaque direction. Le remplacement des autobus qui empruntent la côte d’Abraham par le tramway en souterrain permettra de retirer plusieurs véhicules dans cette artère congestionnée. Les trottoirs seront aussi maintenus de chaque côté de la voie.

Des travaux préparatoires assurant le réaménagement de la rue Dorchester seront amorcés dès 2021 afin de pouvoir y relocaliser la circulation durant la construction du réseau structurant. Ces travaux seront aussi arrimés avec la réfection en cours de la bibliothèque Gabrielle-Roy et de sa place publique.

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Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Projet - Tramway.

Un pôle d’échanges revu et corrigé à Ste-Foy

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 13 mai 2020 12 commentaires

Source : Taïeb Moalla, Le Journal de Québec, le 13 mai 2020

Le pôle d’échanges de Sainte-Foy prendra place sur les stationnements actuels de l’Industrielle Alliance, derrière le Canadian Tire, selon des documents obtenus par Le Journal. Un pont d’étagement sera construit sur le boulevard Laurier pour permettre aux voitures de passer sous le tramway. C’est ce que le maire Labeaume annoncera mercredi matin dans un point de presse portant sur les «concepts retenus» pour les pôles d’échanges de Saint-Roch et de Sainte-Foy.

En arrivant de l’est, le tramway empruntera le boulevard Laurier comme prévu. Il tournera ensuite à droite (vers le nord) dans ce qui deviendra le prolongement de l’avenue Roland-Beaudin.

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Le communiqué de la Ville

la présentation de la Ville

Voir aussi : Arrondissement Ste-Foy / Sillery / Cap-Rouge, Projet - Tramway.

Des résidents de Saint-Roch «sous le choc» devant le nouveau tracé du tramway

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 6 mai 2020 38 commentaires

Stéphanie Martin
Journal de Québec

Des citoyens de Saint-Roch ont eu le «choc» d’apprendre que contrairement aux plans initiaux, le tramway pourrait circuler sous leurs fenêtres.

On envisage un changement de tracé pour le tramway dans Saint-Roch. Au bout de la rue de la Couronne, au lieu d’emprunter l’autoroute Laurentienne jusqu’au pôle d’échanges situé sur l’ancien terrain de la Croix-Rouge, il continuera tout droit et passera sur la rue du Chalutier, près des habitations.

Un citoyen de Québec, Frédéric Dufour, a eu la surprise d’apprendre cette nouvelle lors d’une réunion d’information menée par le bureau de projet du réseau structurant de transport commun (RSTC) et qui s’adressait aux propriétaires du secteur. Il a alors réalisé que le tramway passerait à quelques mètres de sa copropriété et de ses fenêtres. « Je me suis dit : c’est une aberration. »

Les propriétaires sont selon lui « très anxieux » face à ce nouveau scénario de tracé. « Les impacts sont immenses pour les résidents », affirme-t-il en mentionnant le bruit, la perte d’intimité et la perte des stationnements privés.

« Je ne suis pas contre le projet de transport structurant. Au contraire, souligne M. Dufour, mais là, le RTC dépasse les bornes ! Nous sommes tous sous le choc et estomaqués. »

Haute fréquence

La rue du Chalutier est une artère où très peu d’autos circulent, fait-il remarquer. Le tramway, en revanche, circulera à haute fréquence. « Ça passe tellement proche de nos copropriétés ! Les résidents vont regarder par leurs fenêtres et ils vont voir les visages des passagers du tramway. »

Les citoyens qui habitent un peu plus au nord et qui font face au terrain où la démolition a duré plusieurs mois seront aussi affectés par le passage du tramway, estime-t-il. « J’ai dit au RTC : si vous trouvez que j’ai une grosse réaction, attendez de voir celle des résidents de l’autre côté. Ça a été l’enfer pour ces gens-là. »

Le bureau de projet a fait valoir que le nouveau tracé était moins compliqué que celui qui était préconisé avant, et qui forçait à négocier deux courbes avant de se rendre sur le pont Drouin. Il a aussi mentionné que des mesures d’atténuation allaient être mises en place. Cela n’a pas convaincu les résidents. « On est sacrifiés », laisse tomber Frédéric Dufour.

Du côté de la Ville de Québec et du bureau de projet du RSTC, on n’a pas voulu commenter la présentation faite aux citoyens et les scénarios de tracés.

« Enjeux spécifiques »

Le porte-parole David O’Brien s’est limité à dire que « cette rencontre avec les résidants du secteur de la rue du Chalutier s’inscrit dans une série de rencontres citoyennes de proximité. […] Il est nécessaire pour la Ville de procéder à ces échanges avec la population afin d’aborder des enjeux locaux très spécifiques. »

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Voir aussi : Projet - Tramway.

«J’ai ma passe» veut un coup d’accélérateur pour le tramway

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 30 avril 2020 1 commentaire

Taïeb Moalla
Journal de Québec

Avançant des arguments économiques, environnementaux et sociaux,  »J’ai ma passe» réclame, dans une lettre au premier ministre Legault, «l’accélération de la réalisation» du réseau de transport structurant de Québec.

«Il apparaît essentiel, selon nous, de prioriser l’accélération des six projets de transport en commun structurant identifiés au budget du Québec, notamment le Réseau structurant de transport en commun de Québec, qui est le projet de cet ordre le plus avancé à l’échelle provinciale», écrivent les signataires dans cette lettre rendue publique jeudi matin.

D’après eux, «malgré la pression qu’exerce la pandémie sur les finances publiques, le Réseau structurant a le potentiel de constituer un véritable moteur de relance et d’avoir des retombées économiques, environnementales, sanitaires et sociales importantes pour la région».

Appelé à réagir, le cabinet du ministre des Transports, François Bonnardel, s’est limité à dire que «la liste des chantiers qui reprendront ou qui seront accélérés sera connue au moment opportun».
Au cours des dernières semaines, le maire Labeaume a toutefois assuré avoir eu des discussions avec le premier ministre Legault au sujet d’une possible accélération de la réalisation du mégaprojet de 3,3 milliards$ qui doit normalement voir le jour à l’automne 2026.

Divers arguments

Dans sa missive, «J’ai ma passe» cite une étude commandée par la Chambre de commerce du Montréal métropolitaine qui conclut que «le transport en commun a un impact sur l’économie québécoise près de trois fois supérieur à celui du transport privé par automobile, tant en matière d’emploi que d’argent».
Sur le plan environnemental, on rappelle que le réseau structurant de Québec permettra un gain de 151 000 tonnes de CO2 sur 15 ans.

Socialement parlant, on insiste sur notre «dépendance collective» aux transports collectifs dans ce contexte de pandémie. «Sans ces services, des milliers d’emplois jugés essentiels n’auraient pu être maintenus, entraînant des conséquences sociales et économiques encore plus graves», fait-on remarquer.
J’ai ma passe compte 70 commerçants participants et plus de 15 entreprises ou employeurs majeurs à titre de partenaires financiers ou de soutien. Le regroupement revendique plus de 18 000 adhérents.

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La lettre

Voir aussi : Projet - Tramway, Transport, Transport en commun.

Le monorail au même coût que le tramway

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 29 avril 2020 6 commentaires

Stéphanie Martin
Journal de Québec

Le ministère de l’Environnement a demandé à la Ville de Québec d’apporter plus de précisions sur son projet de tramway, notamment sur le coût comparatif des modes de transport, la réduction des gaz à effet de serre et les gains de temps. Voici les faits saillants des réponses fournies par la Municipalité.

Le monorail tout aussi intéressant

Le monorail coûterait le même prix que le tramway, à long terme, conclut la firme Systra. « Si le tramway est le mode le moins cher pour les périodes d’évaluation de 30 et 60 ans, pour les autres périodes (40, 80 et 120 ans), le monorail devient aussi intéressant que le tramway avec des coûts très similaires », a écrit la firme. Celle-ci a évalué le coût annuel au kilomètre, du tramway, du train léger, du monorail et du métro.

Le métro toujours le plus cher

Le métro demeure le plus coûteux des modes, et ce, même à long terme, ajoute Systra. En incluant des coûts d’investissement, d’entretien, d’opération et de remplacement des équipements, sur un horizon de 120 ans, le métro arrive au sommet de la pyramide des coûts. Et ce même en tenant compte du coût de renouvellement de la machinerie, qui est moins élevé que pour les autres modes.

28 M$ de GES en moins

On estime à près de 28 millions $ la valeur de la réduction des tonnes de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2050 avec la venue du tramway. En réponse au ministère, qui lui demandait de démontrer la « rentabilité sociale » du projet, la Municipalité a présenté les calculs de la firme AECOM, qui a traduit en argent les quelque 150 000 tonnes de GES qui disparaîtront de l’atmosphère grâce au transfert modal, soit le passage de la voiture au tramway.

1 G$ en gain de temps

Les gains de temps apportés par le tramway sont évalués à près de 1 milliard $ d’ici 2050. La Ville de Québec a présenté au ministère ses estimations sur la valeur que représente le temps gagné grâce au tramway. Les gains lors d’un déplacement pour le travail et les études ont plus de valeur, selon la Ville. Ainsi, les nombreuses minutes gagnées grâce à un mode efficace de transport ont une valeur de 919 millions $, selon la Ville.

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Voir aussi : Projet - Tramway, Transport, Transport en commun.

Tramway sur la 1re Avenue: le seul scénario possible, estime la Ville

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 1er avril 2020 20 commentaires

Jean-François Néron
Le Soleil

Virages difficiles, nombreuses expropriations, augmentation du temps de parcours. Compte tenu des contraintes d’insertion dans la trame urbaine de la 3e Avenue ou du boulevard Henri-Bourassa, la Ville de Québec estime que le choix de la 1re Avenue demeure le meilleur pour y faire circuler le tramway.

C’est la réponse fournie par le Bureau de projet du réseau structurant de la Ville de Québec à l’une des 147 questions complémentaires posées en début d’année par le gouvernement du Québec dans le cadre de son processus d’études environnementales.

«Lors de la consultation publique, rappelle le ministère de l’Environnement, un citoyen a proposé de déplacer le tracé du tramway de la 1re Avenue à la 3e Avenue afin d’éviter que tout le trafic routier de la 1re Avenue converge vers les avenues parallèles à celle-ci, ce qui pourrait soulever des enjeux sur le plan de la cohabitation avec les piétons et les cyclistes et risquerait d’affecter la qualité de vie des résidents de ces avenues.

Pour une première fois, la Ville affirme clairement avoir étudié deux autres scénarios et explique pourquoi elle les rejette.

Le premier envisageait de faire circuler le tramway sur la 3e Avenue. Dans cette analyse, elle juge problématique le virage de la 3e Avenue et de la 4e rue, qui obligerait la démolition du bâtiment au nord-ouest de l’intersection. De plus, précise le document, «l’insertion de la plateforme du tramway devrait supprimer une voie de circulation, les stationnements sur rue dans les deux sens, les voies cyclables ainsi que tous les gonflements de trottoir».

Enfin, un second virage serré sur la 18e rue et un troisième pour reprendre le trajet de la 1re Avenue et poursuivre le tracé jusqu’à la 76e rue nécessiteraient d’autres expropriations, sans compter que la circulation sur la 18e rue subirait des impacts majeurs, souligne-t-on.

Le second scénario écarté est celui du boulevard Henri-Bourassa. Encore une fois, cette option, soulève la Ville, comporte de nombreuses contraintes. Après avoir emprunté la 1re Avenue du pont Drouin jusqu’à la 18e rue, le tramway devrait tourner vers l’est jusqu’à Henri-Bourassa et faire un autre virage problématique (à faible rayon) vers le nord et rouler jusqu’à la 70e rue, où il reprendrait la direction de la 1re Avenue. Cette option rendrait aussi difficile l’entrée au Centre d’exploitation et d’entretien secondaire de la 41e Rue.

En plus des contraintes techniques, qui obligent des acquisitions et des démolitions à la hauteur des deux virages, la Ville estime que ce scénario «prolonge le tracé du tramway de 1,4 km, ce qui représente une augmentation de 4 minutes de parcours entre le centre-ville et le Terminus Charlesbourg.»

Dans les deux cas, l’efficacité de la desserte n’égale pas celle de la 1re Avenue, juge la Ville. «Cet axe constituait la liaison directe entre Québec et le Trait-Carré depuis l’époque de colonisation du territoire. De ce fait, la trame urbaine des quartiers attenants s’est greffée à la 1re Avenue.»

Dernier argument en faveur du tracé de la 1re Avenue, la Ville évoque qu’une analyse socioéconomique a démontré que ce tracé «dessert des milieux plus propices à l’utilisation du transport en commun. La plupart des indicateurs (densité, marchabilité, âge, défavorisation et revenu) ont démontré qu’un tramway sur la 1re Avenue est plus avantageux du point de vue de l’équité sociale».

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Voir aussi : Projet - Tramway.