Jean-François Néron
Le Soleil
Virages difficiles, nombreuses expropriations, augmentation du temps de parcours. Compte tenu des contraintes d’insertion dans la trame urbaine de la 3e Avenue ou du boulevard Henri-Bourassa, la Ville de Québec estime que le choix de la 1re Avenue demeure le meilleur pour y faire circuler le tramway.
C’est la réponse fournie par le Bureau de projet du réseau structurant de la Ville de Québec à l’une des 147 questions complémentaires posées en début d’année par le gouvernement du Québec dans le cadre de son processus d’études environnementales.
«Lors de la consultation publique, rappelle le ministère de l’Environnement, un citoyen a proposé de déplacer le tracé du tramway de la 1re Avenue à la 3e Avenue afin d’éviter que tout le trafic routier de la 1re Avenue converge vers les avenues parallèles à celle-ci, ce qui pourrait soulever des enjeux sur le plan de la cohabitation avec les piétons et les cyclistes et risquerait d’affecter la qualité de vie des résidents de ces avenues.
Pour une première fois, la Ville affirme clairement avoir étudié deux autres scénarios et explique pourquoi elle les rejette.
Le premier envisageait de faire circuler le tramway sur la 3e Avenue. Dans cette analyse, elle juge problématique le virage de la 3e Avenue et de la 4e rue, qui obligerait la démolition du bâtiment au nord-ouest de l’intersection. De plus, précise le document, «l’insertion de la plateforme du tramway devrait supprimer une voie de circulation, les stationnements sur rue dans les deux sens, les voies cyclables ainsi que tous les gonflements de trottoir».
Enfin, un second virage serré sur la 18e rue et un troisième pour reprendre le trajet de la 1re Avenue et poursuivre le tracé jusqu’à la 76e rue nécessiteraient d’autres expropriations, sans compter que la circulation sur la 18e rue subirait des impacts majeurs, souligne-t-on.
Le second scénario écarté est celui du boulevard Henri-Bourassa. Encore une fois, cette option, soulève la Ville, comporte de nombreuses contraintes. Après avoir emprunté la 1re Avenue du pont Drouin jusqu’à la 18e rue, le tramway devrait tourner vers l’est jusqu’à Henri-Bourassa et faire un autre virage problématique (à faible rayon) vers le nord et rouler jusqu’à la 70e rue, où il reprendrait la direction de la 1re Avenue. Cette option rendrait aussi difficile l’entrée au Centre d’exploitation et d’entretien secondaire de la 41e Rue.
En plus des contraintes techniques, qui obligent des acquisitions et des démolitions à la hauteur des deux virages, la Ville estime que ce scénario «prolonge le tracé du tramway de 1,4 km, ce qui représente une augmentation de 4 minutes de parcours entre le centre-ville et le Terminus Charlesbourg.»
Dans les deux cas, l’efficacité de la desserte n’égale pas celle de la 1re Avenue, juge la Ville. «Cet axe constituait la liaison directe entre Québec et le Trait-Carré depuis l’époque de colonisation du territoire. De ce fait, la trame urbaine des quartiers attenants s’est greffée à la 1re Avenue.»
Dernier argument en faveur du tracé de la 1re Avenue, la Ville évoque qu’une analyse socioéconomique a démontré que ce tracé «dessert des milieux plus propices à l’utilisation du transport en commun. La plupart des indicateurs (densité, marchabilité, âge, défavorisation et revenu) ont démontré qu’un tramway sur la 1re Avenue est plus avantageux du point de vue de l’équité sociale».
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