Québec Urbain

L’Urbanisme de la ville de Québec en version carnet…


La 3e avenue dans le rétroviseur

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 28 mars 2019 Commentaires fermés sur La 3e avenue dans le rétroviseur

Pascale Guéricolas
Le Fil

Un étudiant à la maîtrise en histoire a offert un retour sur le passé de la célèbre artère commerciale de Limoilou.

À l’invitation de la Société historique de Limoilou, René Laliberté a fait renaître la réalité de la 3e avenue des années 1950, dans une salle comble du Centre communautaire Jean-Guy Drolet. C’était l’occasion pour cet étudiant en histoire de partager avec le public ses recherches effectuées dans le cadre d’un cours sur la ville de Québec. La diversité des 110 commerces qui avaient pignon sur rue à l’époque a frappé le chercheur. «On retrouvait dans le secteur pas moins d’une vingtaine de commerces d’alimentation, des boutiques de vêtements, des quincailleries, dont certaines comme Juneau et Frères existent encore. Sans oublier un cinéma de 800 places, où se trouve aujourd’hui Demers bicyclettes et skis de fond, et une église baptiste devenue une habitation», raconte le conférencier lui-même natif de Limoilou.

La lecture du journal local le Courrier de Limoilou ainsi que celle des annuaires téléphoniques Marcotte, qui recensaient les habitants rue par rue, lui ont permis de reconstituer une tranche de vie de cette artère. Une artère où demeuraient aussi bien des ouvriers des usines des alentours que des membres de professions libérales ou de petits entrepreneurs. Déjà à l’époque, les commerçants lançaient régulièrement des concours et des promotions pour inciter la population du quartier à magasiner sur la 3e avenue, tout comme le fait aujourd’hui la Société de développement commercial.

Il faut dire que Limoilou, annexé à la ville de Québec en 1909, connaît une progression fulgurante dans la première moitié du vingtième siècle. De 1901 à 1927, le nombre d’habitants est multiplié par sept, passant à 30 000 personnes en 1930. Un groupe de promoteurs se lance dans la construction de bâtiments d’au moins deux étages, avec un dégagement de trois mètres entre la façade et le trottoir. En trois décennies, ils font surgir de terre le quartier tel qu’on le connaît, en se dotant de normes communes qui donnent une unité architecturale à cet ensemble immobilier. Pour bâtir des rues rectilignes, à partir d’un plan géométrique qu’on compare souvent à celui de New York, ils utilisent les terrains d’un immense domaine agricole acheté aux héritiers Anderson. Le chantier-école de l’Université Laval y a d’ailleurs fait des fouilles l’été dernier.

Comme le rappelle René Laliberté, Anthony Anderson profite, au milieu du 19e siècle, de l’engouement des Britanniques pour le bois provenant du Québec. Son fils, Hedley, développe un hameau autour de la 3e rue, alors appelé Hedleyville, avant qu’un grave incendie ne ravage quelques dizaines de bâtiments dans ce nouveau secteur en 1892. Très rapidement, la construction reprend cependant. Les quartiers adjacents de Québec manquent d’espace et il faut loger les ouvriers qui travaillent pour le chemin de fer ou l’usine de pâtes et papier. Voilà comment Limoilou se greffe aux autres quartiers centraux de Québec, pour devenir aujourd’hui un lieu de résidence de choix pour les citoyens, qui apprécient ses rues ombragées et sa riche vie locale.

L’article et La suite Vivre à Limoilou au 19e siècle

Voir aussi : Arrondissement La Cité-Limoilou, Histoire, Patrimoine et lieux historiques.

Un projet de 30 M$ sur le boulevard Laurier

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 28 mars 2019 8 commentaires

*Illustration: Journal de Québec et Acero

Jean-Michel Genois-Gagnon
Journal de Québec

Le groupe immobilier ACERO prévoit construire un immeuble de sept à neuf étages sur le boulevard Laurier, à un jet de pierre de l’hôtel Alt Québec. La facture du projet devrait avoisiner les 30 millions $.

Mercredi, le promoteur a dévoilé sur les réseaux sociaux les premières images de son édifice de verre avec des locaux pour bureaux ainsi que commerciaux. Si tout se déroule selon ses plans de l’entreprise, la première pelletée de terre pourrait se faire dès l’automne prochain. La livraison est prévue pour 2021.

«Avant de débuter le chantier, il faut toutefois obtenir les plans finaux pour la construction du tramway sur le boulevard Laurier. Cela pourrait avoir des impacts sur l’implantation finale du projet», explique au Journal le président d’ACERO, Benoît Raymond. «Nous voulons construire un édifice de prestige. Un joyau pour Québec. Nous avons déjà deux étages de louer», poursuit-il.

Le promoteur mentionne que le zonage pour son site permettrait une construction jusqu’à 17 étages. En raison de la superficie de son terrain, soit 22 000 pieds carrés, il envisage au maximum neuf étages. Un stationnement souterrain de 5 étages sera également aménagé.

Par ailleurs, ACERO démarrera au cours des prochaines semaines la construction d’un nouvel édifice de 30 000 pieds carrés sur la rue Semple, à Québec. Un projet immobilier de 5 millions $. La firme de génie-conseil Pageau Morel a déjà confirmé qu’elle serait l’un des locataires.

Pour le projet visant la construction d’une tour de 18 étages et 123 logements sur le site de l’église Saint-François-d’Assise, dans Limoilou, ACERO affirme aussi attendre les plans finaux du tramway pour statuer sur l’échéancier des travaux.

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* Merci à un très fidèle lecteur (Nathan)

Un billet précédent de Martin Otis

Voir aussi : Arrondissement Ste-Foy / Sillery / Cap-Rouge, Commercial.

Tramway : une trentaine de personnalités pressent les gouvernements d’agir

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 28 mars 2019 30 commentaires

Carl Marchand
Radio-Canada

Une trentaine de personnalités du monde des affaires de la région de Québec pressent les gouvernements fédéral et provincial de conclure une entente pour le financement du tramway.

« Selon nous, il est essentiel que la ville de Québec, comme Montréal, les deux grands pôles urbains québécois, se dote de réseaux de transports efficients, modernes et durables », écrivent-ils dans une lettre ouverte.

Parmi les signataires, on compte notamment la rectrice de l’Université Laval, Sophie D’Amours, Martine Péloquin, vice-présidente et directrice générale de la raffinerie Jean-Gaulin de Lévis d’Énergie Valéro et Jean-François Chalifour, président-directeur général de SSQ Assurance.

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La lettre et tous ses signataires

Voir aussi : Projet - Tramway.

Toujours sur le transport structurant

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 27 mars 2019 6 commentaires

Le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin, s’obstine. Mercredi, comme il l’a fait périodiquement depuis plus d’un an, l’élu municipal a réclamé la tenue d’un référendum sur le projet de réseau structurant de transport en commun de la Ville de Québec. (Baptiste Ricard-Châtelain, Le Soleil).

L’article

La Chambre de commerce et d’industrie de Québec (CCIQ) presse les gouvernements supérieurs de s’entendre sur le financement du futur réseau structurant de transport en commun. La compétitivité de la capitale serait en jeu. (Baptiste Ricard-Châtelain, Le Soleil).

L’article

Voir aussi : Projet - Tramway, Projet - Troisième lien.

Phare et tramway: le scénario du pire

Par Envoyer un courriel à l’auteur le 27 mars 2019 9 commentaires

François Bourque
Le Soleil

CHRONIQUE / La Ville de Québec émettra les permis de construction du Phare même si le projet de tramway devait être abandonné.

Le scénario est peu probable, vu l’état d’avancement du projet de tramway et la disponibilité de l’argent public tant à Québec qu’à Ottawa.

Malgré tout ce théâtre politique sur les modalités de financement, on voit mal comment le projet de Québec pourrait être mis de côté.

J’ai pourtant sursauté en entendant le numéro 2 de l’administration Labeaume, Rémy Normand, rappeler cette fatalité du monde municipal : une ville a l’obligation de délivrer un permis lorsque la demande respecte le zonage et que la Commission d’urbanisme est d’accord. Ce sera vrai pour le Phare comme pour tout autre projet. Tramway ou pas. La loi est ainsi faite, que celle-ci plaise ou pas.

Ce qui m’a dérouté, ce n’est pas tant ce rappel des obligations de la Ville que la désinvolture dans la façon de dire. «Le Phare est une décision privée… Il n’y a pas de lien entre le Phare et le tramway… Ce sont deux projets totalement indépendants.»

Il me semble au contraire que ce projet du Phare est éminemment public, tant par les coûts collectifs d’infrastructure qu’il commande que par son impact dans la vie et le paysage de la ville.

Les deux projets ne sont peut-être pas liés au plan légal. Mais au plan urbain, c’est une aberration d’envisager un Phare sans transport en commun structurant.

L’impact serait catastrophique sur la circulation déjà congestionnée à l’entrée de la ville. D’autant plus qu’on ignore encore comment le ministère des Transports entend réaménager les échangeurs de la tête des ponts. Et qu’on ignore aussi où et comment sera raccordé le réseau de transport de Lévis. Cela fait beaucoup d’inconnus pour émettre des permis de construction dans un secteur aussi sensible.

Aux citoyens qui se sont inquiétés ces dernières années de l’impact du Phare sur la circulation, on a toujours répondu que le tramway/SRB permettrait de limiter cet impact.

Ce n’était pas la seule mesure envisagée, mais je comprenais que celle-là constituait une sorte de contrat social pour rendre le projet plus acceptable ou moins inquiétant.

Le plus étonnant restait à venir. C’est venu cette fois du responsable des transports à la Ville. Il a rapporté que lors de réflexions internes, on s’est demandé ce qui se passerait dans l’hypothèse d’un Phare sans tramway. La réponse : «On aura probablement des réaménagements du boulevard Laurier qui vont être différents de ce qu’on connaît aujourd’hui pour essayer de se donner un peu plus de capacité automobile pour combler l’absence d’un réseau de transport structurant.»

J’espérais avoir mal entendu, mais je me trompais. C’est vraiment ce qui a été dit : on compenserait l’absence de tramway par davantage de voies d’autoroutes à l’entrée de la ville. «Pas la solution optimale», dira-t-il plus tard, mais ça passerait par plus de capacité pour l’auto. Comme si un tramway et des autoroutes étaient interchangeables. Ni M. Normand ni le DG de la Ville ne se sont opposés.

Les bras me sont tombés. Je pensais vraiment que Québec était rendue ailleurs.

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Voir aussi : Arrondissement Ste-Foy / Sillery / Cap-Rouge, Projet - Le Phare de Québec, Projet - Tramway, Transport, Transport en commun.

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